Définition du Littré : Monter
Monter
Nature : v. n.
Prononciation : mon-té
Etymologie : Mont ; provenç. montar ; catal. muntar ; espagn. et ital. montar.
Aller en un lieu plus haut que celui où l'on était. Monter à une échelle. Monter à un arbre, sur un arbre. Les écureuils montent au haut des arbres. En allant du bord de la mer vers l'intérieur on monte toujours.
Monter chez quelqu'un, aller dans son logis, situé au premier étage ou plus haut.
Monter à cheval, se mettre sur un cheval. Il monta à cheval et partit.
Monter à l'assaut, attaquer une place afin de l'emporter de vive force.
Monter en voiture, entrer dans une voiture.
Monter sur un trône, aller de marche en marche s'asseoir sur un trône.
Monter dans la chaire, monter les degrés qui conduisent à la chaire d'une église.
Fig. Monter sur le Parnasse, composer des vers, se livrer à la poésie.
Monter à un tribunal, monter les degrés de l'estrade où un tribunal est placé.
S'élever dans l'air. Il n'y a point d'oiseau qui monte plus haut que l'aigle. Le ballon monta lentement. La flamme montait plus haut que les maisons.
Terme de marine. La mer monte pendant le flux.
Monter se dit de l'ascension d'un liquide dans des tuyaux, dans un bassin, etc. Le mercure qui monte dans un thermomètre. La séve monte aux arbres. Dans un réservoir, dans un bassin qui n'a point d'écoulement, l'eau monte de manière à se trouver de niveau, soit avec sa source, soit avec le point où l'on en a détourné le cours. Le baromètre monte, c'est-à-dire le mercure qui est dans le baromètre s'élève. On dit de même : le thermomètre monte.
Monter se dit des végétaux qui grandissent et s'élèvent. Cet arbre monte trop, on le laisse trop croître.
Les astres, le soleil montent sur l'horizon, ils s'élèvent, se rapprochent du zénith.
Ce mur monte trop haut, il a trop d'élévation.
Fig. Passer à un poste, à un degré au-dessus de celui qu'on occupait. Il était sergent, il est monté à la sous-lieutenance. Il était lieutenant et il est monté au grade de capitaine. Cet officier a monté en grade. Cet écolier était en troisième, il est monté en seconde.
Fig. Obtenir quelque chose d'élevé.
Monter se dit des substances capiteuses qui font impression sur le cerveau.
Il se dit de choses morales ou abstraites que l'on suppose prendre leur essor vers le ciel.
Fig. Atteindre un degré élevé, au sens moral, avec un nom de chose pour sujet. Le luxe monte tous les jours.
Terme de musique. Aller du grave à l'aigu, par intervalles conjoints ou disjoints. Ce chanteur monte jusqu'à l'ut.
Fig. Hausser de prix, croître en valeur. Le blé a monté jusqu'à trente francs l'hectolitre. La rente monte, toutes les valeurs ont monté.
Monter, faire un total.
V. a. Parcourir en s'élevant, en passant d'un lieu bas à un lieu haut. Monter une côte.
Porter, transporter quelque chose en haut, l'y élever. Monter le blé au grenier. On monte les gros fardeaux avec des grues.
Monter un cheval, être monté sur un cheval.
Synonyme de saillir ; se dit surtout de l'accouplement du cheval et de la jument.
Monter un navire, y être embarqué.
Monter un cavalier, lui fournir un cheval et l'équipement.
Monter une horloge, une montre, un réveille-matin, un tournebroche, etc. en rehausser les contre-poids ; ce qui a été cause qu'on s'est servi du mot monter, par extension, pour dire : bander les ressorts sans plus songer à l'ancien mécanisme qui consistait à hausser les poids.
Disposer les pièces d'une machine, d'un appareil de manière qu'ils puissent fonctionner, servir.
Mettre en place, quand il s'agit des pièces d'un navire. Monter le gouvernail, les pompes, etc. Lorsque toutes les pièces de ce vaisseau [un certain modèle] seront entièrement achevées, il faudra que vous le fassiez monter deux, trois ou quatre fois en votre présence, et que vous ne vous étonniez pas si, dans les premières fois, les charpentiers sont longtemps, parce que, dans l'usage, ils s'apprendront à le monter dans le temps nécessaire, Colbert à Arnoul, 1678, dans JAL.
Monter un théâtre, le dresser pour qu'on puisse y jouer.
Monter un violon, une harpe, une guitare, un piano, y mettre de nouvelles cordes au ton qu'elles doivent avoir.
Accroître, élever. Monter son train et sa dépense.
Terme de peinture. Monter sa couleur, rendre la couleur de son tableau plus vigoureuse qu'on n'avait fait d'abord.
Fig. et familièrement. Monter la tête à quelqu'un, ou, simplement, le monter, lui inspirer quelque idée qui s'empare de lui jusqu'à l'exalter.
Se monter, v. réfl. Être gravi. La côte se monta péniblement.
Recevoir un cavalier, en parlant du cheval ou autre bête de somme. Ce cheval se monte difficilement.
Se monter, se procurer un cheval.
Il se dit des pièces d'un appareil qu'on dispose. Cette machine se montera quand on voudra.
Fig. S'élever, se hausser. Il s'est monté à un ton qu'il ne soutiendra pas.
Il se dit aussi des choses qui croissent, s'augmentent.
Former un certain total. Son armée se montait à vingt mille hommes.
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.
