Définition du Littré : Courir
Courir
Nature :
Prononciation : kou-rir
Etymologie : Bourg. cori ; Berry, courre ; picard, keurir ; provenç. et esp. correr ; ital. correre ; du latin currere. L'ancienne conjugaison est courre, corre, reproduisant l'accent latin cúrrere ; c'est de là que vient le futur, je courr-ai ; s'il venait de courir, il serait je courir-ai, les futurs venant de l'auxiliaire avoir combiné avec l'infinitif. Courir provient d'un changement de la conjugaison latine, currire pour cúrrere, changement qui n'est pas rare.
Signification du mot Courir
Aller avec une grande vitesse.
Jouter à la course. Ceux qui devaient courir n'attendaient que le signal pour s'élancer dans la carrière. Alexandre ne voulut pas courir dans les jeux olympiques, à moins que des rois n'y courussent.
Fig.
Marcher vite sans précisément courir, aller en hâte, se dépêcher, s'empresser. Vous ne marchez pas, vous courez. Courir aux armes. Tout le pays se souleva et courut aux armes.
Courir après quelqu'un ou quelque chose, aller à sa recherche.
Aller et venir çà et là. Il est toujours à courir.
Faire des courses, des démarches. Il a couru toute la journée pour ses affaires.
Terme de commerce. Courir franc, ne rien payer pour salaire d'une négociation.
Abonder, en parlant de vermine et de petits animaux nuisibles. Les souris courent dans cette maison. Les poux courent sur cette chemise.
Avoir un mouvement de progression, en parlant des choses. Sa plume courait sur le papier.
Couler. Le sang court dans les veines.
Être répandu, passer de main en main. Les billets de ce négociant courent sur la place, on cherche à s'en défaire.
En parlant de maladies, sévir d'une façon épidémique. Les maladies qui courent. La scarlatine court dans ce canton, elle a enlevé beaucoup d'enfants. Il courait alors une fièvre dangereuse. Il a couru cette année des dyssenteries.
Être en voie de, être près d'arriver au terme. Ma provision de bois court à sa fin.
Se passer, en parlant du temps. L'année qui court. On lui a donné trois mois qui courent à partir de tel jour.
Être compté, en parlant des intérêts, loyers, appointements. Ses intérêts, ses gages courent depuis un an.
S'étendre, se prolonger. Le chemin court entre des vignes au bord du lac. Cette côte court est-ouest, c'est-à-dire va droit d'orient en occident. Ces rochers courent sud-ouest, environ trois lieues.
En termes de filature, on dit qu'un fil de laine, de soie, etc. court, quand il fournit beaucoup d'ouvrage.
V. a. Poursuivre à la course.
Fig. Rechercher avec empressement. Courir les honneurs. Cet ecclésiastique courait les bénéfices.
S'exercer dans une lice à différents jeux d'adresse. Courir la bague, la tête, courir en essayant d'atteindre avec une lance une bague, une tête. En Espagne on court les taureaux.
Courir le cachet, se dit d'un professeur qui donne des leçons en ville.
Parcourir. J'ai couru toute la ville sans le trouver.
Courir la poste, voyager en poste, aller fort vite ; et fig. se dépêcher outre mesure.
Terme de guerre. Faire une incursion rapide. Courir le plat pays. Les ennemis laissèrent dans la place une garnison qui se mit à courir toute la contrée.
Terme de marine. Courir des bordées, ou courir des bords, aller alternativement à droite et à gauche.
Suivre une profession où l'on a des émules. Courir la carrière littéraire.
Être en train d'accomplir une certaine année de son âge.
Courir les aventures, se disait des chevaliers qui allaient à la recherche des exploits guerriers.
Hanter, fréquenter. Courir les bals, les maisons de jeu, les théâtres, les salons.
Être répandu, propagé. Cette aventure court les salons.
Terme de marine. Courir les coutures, presser les étoupes qui en ont besoin.
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.