Définition du Littré : Donner
Donner
Nature : v. a.
Prononciation : do-né
Etymologie : Berry, douner ; wallon, diner ; bourg. denai ; provenç. et espagn. donar ; portug. doar ; ital. donare ; du latin donare, de donum, don ; comparez le grec, le sanscrit da, le latin dare.
Faire don ou donation de quelque chose à quelqu'un. Donner des étrennes. Donner l'aumône. Il lui a donné cette maison en toute propriété.
Accorder. Donner sa fille en mariage à quelqu'un.
Procurer. Donner un précepteur, des maîtres à son fils. La passion donne de l'éloquence. Cela donne du poids à votre opinion, la confirme, l'appuie.
Causer. Cela lui a donné bien de la peine. Donner de l'appétit. Cela donne bonne opinion de lui.
Communiquer, transmettre. Donner la peste. Il est à craindre que cet enfant ne donne la rougeole, la coqueluche à ses frères.
Donner la vie, engendrer, amener à l'existence.
Faire le sacrifice de. Donner sa vie, son sang pour la patrie.
Remettre. Je le lui ai donné à lui-même. Je lui ai donné le flambeau dans les mains. Donner un paquet au messager.
Attribuer, supposer. On lui donne un tel pour collaborateur. Quel âge lui donne-t-on ? Quelques voyageurs donnent au Sénégal un cours de huit cents lieues. On ne donnerait pas cinquante ans à cet homme qui toutefois en a près de soixante-dix. Elle donne son enfant à un tel, c'est-à-dire elle dit qu'un tel est le père de cet enfant.
Donner quelqu'un, quelque chose pour, vouloir faire passer quelqu'un, quelque chose pour.
Donner un rival, en parlant d'une femme qui préfère un homme à un autre.
Fournir. Donner des sûretés, un gage. Donner des preuves, des marques d'estime.
Apporter, présenter. Donnez-moi mes habits, un siége.
Il se dit de certaines munificences qu'on fait. donner un repas, une fête. Donner un bal.
Donner une pièce, se dit de l'auteur qui fait représenter une pièce de théâtre.
Octroyer, concéder. Donner audience. Donner un délai. On lui donna la meilleure place.
Consacrer.
Donner à, abandonner.
Familièrement. Donner du Monseigneur à quelqu'un, lui donner ce titre par flatterie.
Exposer, énoncer. Donner ses raisons. Donner pour prétexte. Donner la description d'un objet.
Imposer, prescrire, assigner. Donner un pensum. Donner un nom à une plante, un titre à un ouvrage.
Appliquer sur une personne. Donner des remèdes. Donner les sacrements. Donner la question.
Donner, en parlant de choses qui fournissent. Cette fontaine donne de l'eau à toute la ville.
Produire. Ces terres ont beaucoup donné l'année dernière. Son commerce lui donne de quoi vivre. Cette école a donné des peintres célèbres.
Donner un enfant, se dit, par rapport au mari ou même à l'État, d'une femme qui met un enfant au monde.
Donner, suivi de certains noms, forme une locution dont le sens correspond à celui du verbe dont le nom dérive, ou du moins est déterminé par le nom. Donner assaut. Donner la bastonnade. Donner à quelqu'un son congé.
Permettre.
Donner la main, présenter la main pour qu'on la prenne, ce qui est une sorte de civilité. La réconciliation est faite ; il lui a donné la main, ils se sont donné la main.
Terme de peinture. Donner une couche, étendre une couche de peinture, un enduit, sur un objet.
Donner le feu trop chaud, trop ardent à la viande, la faire rôtir à trop grand feu. Dans le même sens, donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie.
Terme de jeu. Distribuer. Donner les cartes. Et, absolument, donner. C'est à vous à donner.
Terme de manége. Donner carrière à un cheval, le laisser libre de courir.
Terme de vénerie. Donner à courre, détourner et remettre l'animal que l'on chasse.
Terme de marine. Donner la bande, se dit d'un bâtiment incliné sur le côté.
Donner à, suivi d'un verbe à l'infinitif, présenter, remettre. Donnez-nous à manger. Il lui donna un livre à lire. Donnez-moi ce paquet à porter.
Familièrement. Le donner en dix, en cent, donner quelque chose à deviner ou à faire ou à supporter ; locution dans laquelle le est un mot indéterminé (voy. ).
En donner du long et du large à quelqu'un, lui en donner tout du long de l'aune, le battre violemment ou lui en faire accroire.
Se donner, donner à soi, acheter pour soi. Je me suis donné une montre pour mes étrennes. Il se fit habiller depuis les pieds jusqu'à la tête et se donna du linge.
Donner à la grosse, placer son argent à la grosse aventure.
Heurter contre. La voiture donna contre la muraille. Le navire alla donner contre un écueil.
Donner dans un piége, dans un filet, être pris à ce piége, dans ce filet.
Donner sur un plat, y revenir à plusieurs fois, en manger à plusieurs reprises.
Donner dans un passage, s'y engager. La troupe donna dans une rue étroite et s'y embarrassa.
Charger dans un combat. Le régiment donna vaillamment, et fut très maltraité.
Être situé. La maison donne sur la rue. Les croisées donnent sur le jardin.
Donner des deux, piquer vigoureusement de l'éperon le cheval pour accélérer sa marche.
Terme de marine. S'allonger, en parlant d'un cordage ou d'une toile à voile.
Donner se dit, en quelques circonstances, pour faire entendre un son. Donner du cor, en sonner. Le chien donne de la voix, il aboie en chassant.
Se donner, faire don de soi-même.
Se vouer.
Se livrer, se rendre.
Se donner, dans le style élevé, en parlant d'une femme qui prend un mari.
S'offrir, se présenter.
Être publié. Il s'est, depuis quelque temps, beaucoup donné de brochures sur les affaires publiques.
S'adonner.
Se donner pour, se faire passer pour.
Se dit d'une bataille qui s'est engagée.
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.
