Définition du Littré : Souffler

Souffler
Nature : v. n.
Prononciation : sou-flé
Etymologie : Bourguig. sofflai ; wallon, soflé ; provenç. sofflar, sufflar ; espagn. soplar ; portug. soprar ; ital. soffiare ; du lat. sufflare, de sub, sous, et flare, souffler, de même radical que l'anglais to blow, souffler, et l'all. blasen.

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Signification du mot Souffler

Pousser l'air d'une façon quelconque. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus.

Particulièrement. Faire du vent en poussant de l'air par la bouche. Souffler dans un instrument à vent.

Souffler sur, éteindre en soufflant.

Souffler sur, se dit aussi des sorciers qui se servaient de leur souffle comme d'un moyen d'enchantement.

Respirer avec peine, avec effort. Il souffle après avoir chanté.

Souffler aux oreilles de quelqu'un, lui parler souvent pour le gagner, pour le séduire. Les flatteurs lui soufflent sans cesse aux oreilles.

Terme rural. Se dit des taupes dans la saison où elles travaillent.

Dans les moulins à poudre, lorsque les matières ne sont pas assez humectées dans les mortiers, elles en sortent en poussière sous les coups du pilon ; on dit alors que le mortier ou la matière souffle, Aide-mémoire d'artillerie du général de Gassendi.

Chercher la pierre philosophale ; locution qui vient des fourneaux que les alchimistes entretenaient en soufflant.

V. a. Faire du vent sur une chose. Souffler le feu.

Terme d'artillerie. Souffler les canons, y brûler une petite quantité de poudre pour en faciliter le nettoyage.

Souffler le verre, souffler l'émail, former du verre ou de l'émail, en soufflant avec la bouche dans un tuyau de fer pour la verrerie, et de verre pour l'émail, tuyau dont on trempe le bout dans la matière liquide.

Souffler l'orgue, donner du vent aux tuyaux d'orgue par le moyen des soufflets.

Souffler un veau, un mouton, faire pénétrer de l'air entre la chair et la peau, afin d'en séparer celle-ci plus aisément.

Terme de marine. Appliquer un soufflage à un navire (ce qui est en quelque sorte le souffler)....Que le côté du vaisseau où on a employé du bois vert est beaucoup plus léger que l'autre, qu'ainsi il ne peut pas bien porter la voile, et qu'on est obligé de le souffler ou de lui faire de grands radoubs, Corresp. de Colbert, III, 2, p. 306. J'armai à Rochefort l'Ambitieux ; et, comme c'était un vaisseau neuf qui ne portait point du tout la voile, je me trouvai dans la nécessité de le faire souffler, Mém. de Villette, 1692, dans JAL.

Terme de chasse. Ce chien a soufflé le poil au lièvre, il a presque appuyé le museau dessus et il l'a manqué.

Envoyer par le souffle.

Souffler quelque chose à l'oreille de quelqu'un, lui dire quelque chose tout bas.

Fig. Suggérer, inspirer.

Souffler quelqu'un, lui dire tout bas, quand la mémoire lui manque, ce qu'ils doit répéter tout haut.

Terme de jeu de dames. Souffler une dame, l'ôter à son adversaire, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre une autre dame qui était en prise.

Boire d'un trait.

Se souffler, v. réfl. Être soufflé. Le verre se souffle.





Attention  Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.

Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

Le Littré : Le dictionnaire de Référence de la langue française