Définition du Littré : Tomber

Tomber
Nature : v. n.
Prononciation : ton-bé
Etymologie : Berry, tomber, tumber, timber ; tomber sur une pierre cornue, être mal avec sa femme ; wallon, toumé : lorrain , teumei ; champ. tumer ; provenç. et espagn. tumbar ; ital. tomare, tomber la tête la première, culbuter. Diez fait deux verbes différents de tumer et tumber ; il rattache tumber au scandinave tumba, tomber la tête en avant, ou bien au latin tumba , tombe qui a signifié aussi monceau. Il rattache tumer à l'ancien haut-allem. tumon ; anglo-saxon, tumbjan ; suédois, tumla ; allem. mod. taumeln ; angl. to tumble, verbes qui signifient tournoyer, trébucher, sauter. Il ne paraît pas qu'on puisse séparer ainsi tumer et tumber ; dans l'ancienne langue c'est tumer seul qu'on trouve, avec le double sens de tomber et de sauter. Plus tard, les deux se disent, et enfin tumber exclut absolument tumer, qui est resté dans quelques patois. Or tumer, par l'intercalation d'un b à coté de l'm, a pu facilement devenir tumber ; mais tumber n'a pu également devenir tumer ; c'est en effet l'ordre que l'historique présente : il faut donc admettre que la source de notre verbe est dans la seconde étymologie indiquée par Diez, qui l'a été aussi par Pott.

Voir les citations du mot Tomber

Aller de haut en bas, en vertu de son propre poids. Voilà la pluie qui tombe.

Avec pluie, neige, grêle, brouillard, etc., tomber s'emploie plus ordinairement à l'impersonnel. Il tombe une pluie froide. Il est tombé ce matin beaucoup de grêle. Il tombe de l'eau.

Tomber, mourir. (à partir de là on peut distinguer le sens de tomber, suivant qu'il a pour sujet une personne ou une chose.)

Succomber.

Ne pas pouvoir se soutenir.

Tomber aux pieds, aux genoux de quelqu'un, s'y jeter poussé par un sentiment de respect ou de crainte.

Tomber sur, se jeter sur, à l'improviste, attaquer avec violence. Il tomba sur lui avec fureur et le frappa.

Faire rencontre inopinée. Ces navires marchands tombèrent dans une flotte de vaisseaux ennemis. Il tomba au milieu de gens qui lui étaient inconnus.

Arriver à l'improviste chez quelqu'un.

Passer d'une rue, d'un quartier dans un autre.

Fig. Tomber sur un vers, sur un passage, le trouver sans le chercher.

Recevoir du hasard telle situation.

Tomber en ou tomber dans, être affecté de telle maladie.

Terme de chasse. Tomber en défaut, se dit des chiens qui perdent la piste de la bête.

Fig. Tomber en, dans, être réduit à, être jeté dans. Tomber dans la pauvreté, dans la misère.

Fig. Tomber de.... en, éprouver successivement, passer par.

Fig. Tomber en, dans, faire quelque chose qui mérite blâme. Tomber dans le galimatias. Cet auteur tombe dans l'affectation, dans le précieux. Ce peintre tombe quelquefois dans la manière.

Fig. Tomber dans, se laisser aller à.

Fig. Perdre une haute position, possession.

Absolument. Pécher. Le juste tombe sept fois le jour.

Fig. Décroître, perdre de ses forces, de son mérite.

Absolument. Éprouver une chute au théâtre.

Tomber d'accord avec quelqu'un, convenir avec lui.

Tomber à quelque chose, s'y conformer, y atteindre.

Fig. Tomber dans, être sujet à quelque prescription.

Tomber, avec un nom de chose pour sujet, ne plus se soutenir. Ces bâtiments tombent de vétusté.

Se détacher, en parlant de parties du corps vivant. Depuis sa fièvre les cheveux de cet enfant tombent beaucoup. La gangrène fit tomber les orteils. L'eschare ne tomba que le vingtième jour.

Tomber sur, se dit d'objets qui sont entraînés sur d'autres.

Être vaincu, se rendre.

En parlant des institutions, des empires, des cités, des familles, etc. déchoir, diminuer, périr.

Perdre en autorité, en crédit, en vogue. Cette mode commence à tomber. Cette théorie, ce système tombe devant les faits.

En parlant des ouvrages dramatiques, ne pas réussir.

Cesser, être discontinué, abandonné.

Laisser tomber, ne pas donner d'attention à, ne pas s'occuper de.

Arriver, s'approcher, en parlant de la nuit, du soir. La nuit tombe.

S'apaiser, se calmer. La fièvre tombe.

Terme de marine. Un mât, un navire tombe sur l'avent ou sur l'arrière, lorsque, au lieu de conserver la position verticale, il a une inclinaison du côté de la proue ou du côté de la poupe.

Être pendant. De beaux cheveux lui tombent sur les épaules. Son manteau lui tombe sur les talons.

On dit que des regards tombent sur quelqu'un, quand on le regarde comme d'en haut.

Terme de marine. Un navire tombe sous le vent d'un point quelconque, lorsque, loin de se rapprocher de ce point, placé plus près que lui de l'origine du vent, il s'en éloigne.

Il se dit d'un coup qui vient d'en haut. Le coup lui tomba d'aplomb sur la tête.

Céder, disparaître.

Faiblir, manquer.

Tomber en, dans, arriver à, avec une idée de déchéance, de détérioration.

Dégénérer en. Cela tombe dans le maniéré.

Devenir l'objet, la possession.

Échoir.

Tomber sous la main, se présenter fortuitement.

Tomber dans l'esprit, dans la tête, se présenter à l'esprit.

Être tourné fortuitement sur un sujet. L'entretien tomba sur un tel.

Tomber sur, avoir son point principal en.

Tomber sur, être porté sur, attaquer.

Tomber sur, s'appliquer à.

Tomber bien ou mal, arriver heureusement ou malheureusement, à propos ou à contre-temps. Cela tombe bien.

Faire jonction, aboutir. Ce chemin tombe dans tel autre.

Coïncider par le temps.

Terme d'imprimerie. Faire tomber les pages les unes sur les autres, faire que la page du recto et celle du verso se correspondent exactement.

Tomber sous, appartenir à la classe de.

Ne pas garder la même élévation, en parlant de la voix.

Tomber, qui se construit d'ordinaire avec l'auxiliaire être dans les temps composés, peut aussi recevoir l'auxiliaire avoir.

Attention  Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.

Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

Le Littré : Le dictionnaire de Référence de la langue française