Définition du Littré : Venir
Venir
Nature :
Prononciation : ve-nir
Etymologie : Berry, veindre, veinre ; wallon, vini ; prov. et esp. venir ; port. vir ; it. venire ; du latin venire ; ombrien, ben . On remarquera veindre, qui suppose venire (i bref), au lieu de venire (i long).
Signification du mot Venir
Se transporter d'un lieu dans celui où se trouve la personne qui parle ou à qui l'on parle. D'où venez-vous ? Il est venu ici, ou, simplement, il est venu. Je viens pour vous dire. Venez nous voir. Il vient de Rome. Il est venu à pied, à cheval, en voiture. Qu'il vienne, je l'attends.
Terme de marine. Venir à, gouverner de manière à obtenir un résultat donné. Venir au vent, se dit d'un bâtiment qu'on incline de manière à recevoir plus de vent dans ses voiles.
Arriver à l'endroit où est la personne qui parle. Quel jour vient le courrier ? Il est parti de Lyon, et vient demain.
Aller d'un lieu plus éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. Il est venu de Rome à Lyon.
Aller d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement quand celui qui parle demande qu'on l'accompagne. Je pars pour Lyon, voulez-vous venir avec moi ? Venez avec nous aux Tuileries.
Aller et venir, se dit de ceux qui vont, qui partent, et qui reviennent.
Il se dit des choses inanimées, qui ont un mouvement. La lumière vient de côté. Le vent vient du nord.
Être apporté, en parlant des choses. Cette denrée vient de l'Orient.
Quelquefois venir, devant un infinitif, ne fait guère que renforcer l'idée exprimée par cet infinitif.
Faire venir quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis de venir.
En parlant des liquides contenus dans un vaisseau, sortir. Le vin ne vient plus que goutte à goutte. On a voulu le saigner, mais le sang ne vint pas.
Monter, s'élever. Il ne me vient pas à l'épaule. Les eaux viennent jusqu'au premier étage.
Tomber fortuitement en la possession, en parlant des choses. Être transmis d'âge en âge, en parlant de traditions, de livres, d'ouvrages.
Venir au monde, naître.
Apparaître à la surface du corps. Une ébullition lui est venue.
Survenir fortuitement, par accident, inopinément. Un malheur ne vient jamais seul. Tout lui vient à souhait. Cela lui vient bien à point. Impersonnellement. Je crains qu'il ne vienne une bourrasque, de la pluie. Il lui vint une grosse fièvre.
Au jeu de la paume, laissez-moi venir ce coup-là, laissez-moi le jouer.
Venir par succession, échoir, avec un nom de choses pour sujet. Après la mort du père, les biens viennent aux enfants. Les biens qui viennent du côté de la mère.
Échoir par quelque hasard. J'ai mis à la loterie, et il m'est venu un bon billet.
Arriver suivant l'ordre des temps. Ceux qui viendront après nous. Il viendra un temps.
Fig. Il se dit des choses qui sont supposées se mouvoir. Les arts sont venus de telle contrée. Le choléra vient de l'Inde. La peste vient de l'Égypte.
Intervenir, se rencontrer à la traverse.
Être issu, être sorti. C'est un homme qui vient de bon lieu. Il vient de bas lieu. Le chien doguin vient du dogue et du petit danois.
Dériver, en parlant de mots, de langues. Ce mot vient de tel autre. Le français vient, pour la plus grande partie, du latin. Cette expression vient du grec. Amiral vient de l'arabe.
Provenir, être reçu de. L'or et l'argent viennent d'Amérique.
Émaner, procéder.
Se former dans l'esprit, dans la mémoire, dans le coeur, en parlant d'idées, de sentiments.
Naître, être produit. Cette plante vient de bouture. La vigne ne vient pas dans ce pays. Les melons viennent là en pleine terre. Ce semis commence à venir. Les dents viennent à cet enfant. Il lui est venu deux dents.
Avoir une certaine croissance. Cet arbre vient bien, vient mal. Cet enfant ne vient pas bien.
Il se dit de ce qui s'accomplit, vient comme il faut. Venir à maturité, en maturité.
Venir à rien, diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. Il maigrit, il vient à rien. Si vous laissez tant bouillir cette sauce, elle viendra à rien.
Venir à, avec un nom de personne pour sujet, passer à ce qui est de notre objet. Venir au fait. Venir à la conclusion.
Venir à une chose, se résoudre à la faire, à l'accepter.
Se porter à quelque chose d'excessif. Il vint à un tel point d'insolence.... Il vint jusqu'à me déclarer....
Venir à, réussir à, atteindre. Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises.
Venir se construit avec la particule en qui lui donne plus de force en indiquant à l'esprit quelque chose d'antécédent d'où l'on part.
En venir, aborder un sujet sur lequel on hésite.
Venir à, suivi d'un infinitif marque quelque chose d'inattendu, de fortuit. Nous vînmes à parler de telle chose. S'il venait à mourir. Je vins tout à coup à me le rappeler. La chose viendra à se savoir.
Venir de, suivi d'un infinitif, se dit d'une chose faite depuis peu de temps.
S'en venir, v. réfl. Même sens que venir.
S. m. Le venir, l'action de venir, usité seulement en cette locution : l'aller et le venir
Mouvement de va-et-vient, voy. .
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.