Définition du Littré : Abandonner
Abandonner
Nature : v. a.
Prononciation : a-ban-do-né
Etymologie : Abandon ; bourguig. ebandenai ; provenç. et espagn. abandonar ; ital. abbandonnare.
Signification du mot Abandonner
Remettre à la discrétion de.... au soin de..., céder, faire cession. Abandonner son sort à la Providence. J'ai abandonné le soin de mes affaires à un homme intelligent. Abandonner tout au vainqueur. Abandonner le reste au ciel. Abandonner cela à la fortune. Abandonner un ecclésiastique au bras séculier. Vous vous plaignez de cet homme ; je vous l'abandonne : c'est-à-dire pensez-en ce qu'il vous plaira ; faites à son égard ce que vous voudrez. Je vous abandonne ce point, je vous cède là-dessus. Il abandonne ses biens à ses créanciers.
Livrer à Abandonner une ville au pillage. Abandonner à la merci de.... Il abandonna la barque au courant du fleuve. Dieu abandonne souvent les méchants à leur sens réprouvé.
Renoncer à. Abandonner une bâtisse. Abandonner ce qu'on a pris. Abandonner une entreprise, une guerre commencée. Abandonner la lutte. Abandonner le barreau. Abandonner ses travaux. Abandonner une vaine tentative. Abandonner une profession. Abandonner son opinion pour celle d'un autre. J'abandonne le reste, c'est-à-dire je le passe sous silence.
Délaisser, déserter, laisser sans secours, se séparer de.... Abandonner son général, son poste, le parti qu'on avait embrassé. Il abandonna le parti du sénat pour celui du peuple. J'abandonne la cause commune. Philoctète fut abandonné dans l'île de Lemnos. Abandonner un enfant, l'exposer et le laisser à la charité publique. Abandonner sa femme et ses enfants. Les médecins ont abandonné ce malade, c'est-à-dire ils l'ont laissé, ne sachant plus lui être utiles en rien. Avec un nom de chose pour sujet : Son courage l'abandonna. L'appétit, le sommeil l'ont abandonné.
Quitter, lâcher. Abandonner l'Italie. Abandonner Paris. Abandonner la ville pour les champs. Abandonner ses armes. N'abandonne pas le gouvernail. Tenez ferme ; n'abandonnez pas cette corde. Abandonner les étriers, les quitter et quelquefois les perdre.
Négliger, ne pas cultiver. Il ne faut pas abandonner vos liaisons dans le monde.
En fauconnerie, abandonner l'oiseau, le lâcher dans la campagne pour l'égayer.
Se remettre à, se laisser aller à, se livrer à. S'abandonner à la fortune, au vainqueur, au gré de la tempête. S'abandonner au chagrin, à la douleur, à la joie, aux pleurs, à toutes sortes de plaisirs, à la débauche. Il s'abandonne sans réserve au goût de la magnificence. Personne ne s'abandonne à ce point à sa colère.
Perdre courage, se manquer à soi-même. Vous êtes perdu si vous vous abandonnez. Il les exhorte à ne pas s'abandonner.
Se négliger. Il ne faut pas s'abandonner ainsi (se négliger dans le maintien, dans l'habillement), quand on veut plaire.
Se lancer sans ménagement. Dans l'improvisation, cet orateur s'abandonne. L'épée à la main, il s'abandonna sur son adversaire, au risque de s'enferrer.
Avoir de l'abandon. Ne vous roidissez pas, abandonnez-vous. Cet acteur ne s'abandonne pas assez.
En parlant des enfants. Il s'abandonne déjà, il commence à faire quelques pas seul et sans être soutenu.
En parlant des femmes, se livrer.
Terme d'équitation. Ce cheval s'abandonne, il ralentit sa marche
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.