Définition du Littré : Arrêter

Arrêter
Nature : v. a.
Prononciation : a-rê-té, et non ar-té, faute commise dan
Etymologie : Bourguig. érétai ; Berry, airter, airreter ; picard, arter ; provenç. arrestar, arestar ; ital. arrestare ; de ad, à, et restare, rester, c'est-à-dire faire rester, et non, comme le veulent quelques étymologistes, de l'allemand Rest ou Rast, repos. Une petite particularité vient en confirmation de ce qui est établi d'ailleurs : on trouve dans l'ancien français ce verbe conjugué parfois irrégulièrement, arresteü au participe, arestut, au parfait défini ; c'est qu'en effet restare se conjuguait en latin comme stare, et que, dans le vieux français, stare avait donné esteü, estut, etc.

Voir les citations du mot Arrêter

Empêcher d'avancer, de marcher, retenir. Arrêter un vaisseau. La flotte était arrêtée par le mauvais temps. La foule l'arrêta quelque temps à son entrée. Le retranchement arrêta l'ennemi. Il faut arrêter la pendule, pour la remettre à l'heure.

Empêcher, en parlant des personnes et des choses. Chaque jour quelque chose m'arrête. On fut arrêté par la lettre du préfet. Que cela ne vous arrête pas. Aucune considération ne peut l'arrêter (l'empêcher d'agir comme il l'a résolu). Le chirurgien arrêta le sang qui coulait. Arrêter le feu ou l'incendie.

Maintenir, attacher, fixer. Les objets légers sont arrêtés par des poids. Arrêter ses regards sur quelque chose. Arrêtez ce volet que le vent fait battre. Arrêter un point en cousant, faire un noeud au bout d'une couture, pour que le fil n'échappe pas. Rien ne peut arrêter cet esprit frivole.

Régler, déterminer, décider, résoudre. Arrêter le prix du blé. On arrêta le lieu du rendez-vous. Il a été arrêté qu'on se réunirait chez vous.

En termes de peinture ou de composition littéraire, fixer les contours, les masses, les parties principales. Arrêter une esquisse.

Saisir quelqu'un, le faire prisonnier. Il fit arrêter le chef. La police arrêta les perturbateurs.

S'assurer par précaution de quelqu'un ou de quelque chose. Arrêter un cuisinier. J'avais arrêté un logement.

Interrompre quelqu'un. Il m'arrêta là-dessus. En cet endroit il arrêta l'orateur.

Terme de chasse. Le chien a arrêté une compagnie de perdrix : il en a indiqué la présence en s'arrêtant, et il les tient immobiles devant lui.

Arrêter, exercer le vol sur les routes. Des voleurs ont arrêté la diligence. Ce voyageur a été arrêté.

En termes d'agriculture, couper la sommité d'une tige ou d'une branche, pour y suspendre la végétation.

En termes judiciaires, saisir-arrêter, faire une saisie-arrêt ou opposition.

Cesser de marcher, faire halte. Nous arrêtâmes plusieurs jours à Bordeaux.

Demeurer dans un lieu.

Insister sur.

Cesser de parler, d'agir. Il n'arrête pas, il marche sans cesse, il travaille sans cesse.

En termes de manége, arrêter et rendre, faire des demi-temps d'arrêt.

En termes d'escrime, prendre un coup d'arrêt.

Suspendre sa marche.

Cesser d'agir.

Se fixer, se déterminer. Après avoir écouté diverses propositions, il s'arrêta à la première.

S'appesantir, insister. Il s'arrêta longtemps sur les services qu'il vous a rendus.

Attention  Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.

Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

Le Littré : Le dictionnaire de Référence de la langue française