Définition du Littré : Chambre

Chambre
Nature : s. f.
Prononciation : chan-br'
Etymologie : Picard, cambe, cambre ; provenç. cambra ; espagn. camara ; ital. camera ; allem. Kammer ; du latin camera ou camara, où l'accent est sur ca, toit vouté, en grec, voûte.

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Signification du mot Chambre

Une pièce d'une maison, et principalement celle qui est affectée à l'usage particulier d'une personne, pour y coucher, travailler. Chambre à coucher, de parade, parquetée, carrelée, haute, basse, en galetas, à feu, vide. Meubles, robe, pot de chambre.

Musique de chambre, celle qui est faite pour être jouée dans les salons, à la différence de la musique d'église ou de théâtre qui doit être exécutée devant une assistance très nombreuse et déploie par conséquent des ressources bien plus étendues. La musique de chambre comprend les morceaux de chant à une, deux, trois ou quatre voix, avec ou sans accompagnement, et plus spécialement encore les morceaux de musique instrumentale où les parties ne sont pas doublées ; tels sont les duos, trios, quatuors, quintettes, etc. tandis que les symphonies et les concertos, avec accompagnement d'orchestre, où il y a de dix à vingt premiers violons, autant de seconds, autant de basses, etc. sont des pièces de concert et non de la musique de chambre. Avant l'invention de l'opéra, la musique se divisait en musique d'église ou sacrée et en musique de chambre. Il y avait encore celle qui servait à la danse, et l'on dansait généralement aux sons de chansons rhythmées que les Italiens appelaient ballate. Nous avions en France les chansons à danser ; celles-ci étaient des espèces de rondes avec un refrain que l'on répétait après chaque couplet. La musique de chambre se composait d'abord de madrigaux ou de chansons à 4, 5, 6 voix, quelquefois même davantage ; chaque partie était écrite ou imprimée sur de petits cahiers que l'on distribuait aux exécutants suivant le caractère de leurs voix ; les madrigaux et les chansons se chantaient souvent à la fin des repas. Plus tard, et avant que l'on écrivît de la musique uniquement destinée aux instruments, ceux-ci jouaient seuls les diverses parties destinées aux voix ou les doublaient, suivant leur diapason ; c'est pourquoi sur certains recueils de madrigaux imprimés en Italie au XVIe siècle on trouve ces paroles : da suonare e da cantare, pour jouer et pour chanter. Un peu avant le milieu du XVIIe siècle, la cantate fut inventée ; les cantates étaient des espèces de scènes détachées dans lesquelles se succédaient des récitatifs et des airs ; elles étaient écrites pour une voix avec une basse chiffrée ou non chiffrée, qui servait pour l'accompagnement du clavecin ; il y en avait aussi à deux voix. Les cantates de Porpora et d'Alexandre Scarlatti ont joui d'une grande célébrité ; celles de Clérambault ont eu de la vogue en France au commencement du XVIIIe siècle ; mais depuis longtemps ce genre de composition a cessé d'être en usage. Aujourd'hui on entend généralement par musique de chambre celle qui est exprimée par la définition mise en tête de l'article, Note de M. , FARRENC, sur l'histoire de la musique de chambre.

La chambre, pris absolument, signifie la chambre du roi, et par extension, les officiers de la chambre. Huissier, musique de la chambre. La chambre est entrée.

Dans les vaisseaux, certains espaces où couchent les principaux officiers, où se tient le conseil, etc. La chambre du capitaine. La chambre des passagers.

Assemblée qui entre en partage de la puissance législative. Il y avait sous la monarchie constitutionnelle la chambre des pairs et la chambre des députés. Dans les états généraux, le clergé, la noblesse et le tiers état formaient trois chambres. Convoquer, dissoudre une chambre. Siéger à la chambre. Chambre des représentants. Chambre des seigneurs.

Lieu où se réunit une assemblée qui porte le nom de chambre.

Nom de diverses juridictions spécifiées par une seconde désignation. Chambres de l'édit ou mi-parties, chambres instituées par l'édit de Nantes et composées par moitié de catholiques et de protestants. Chambre des comptes, chambre qui a été remplacée par la cour des comptes. Chambre de justice ou chambre ardente, commission nommée pour connaître des malversations de deniers publics, etc. Plus anciennement, on nommait chambre ardente deux tribunaux qui prononçaient la peine du feu, l'un dans les cas d'hérésie, l'autre dans les crimes d'empoisonnement. Chambre aux deniers, bureau qui tenait la comptabilité de la bouche du roi.

Nom d'assemblées chargées de la discipline d'un corps, ou réunies en vue de certains intérêts. Chambre de commerce, d'assurance. Chambre des notaires, des avoués, des huissiers, des commissaires priseurs. Chambre syndicale, littéraire.

En quelques villes on nomme chambre ce qu'à Paris on nomme cercle.

En termes d'optique, chambre noire, obscure (voy. , adj.), chambre claire (voy. ).

Vide, cavité. Il se forme souvent des chambres à la fonte quand la matière coule mal ; le tir en produit aussi quelquefois dans les bouches à feu.

Vide qu'on pratique dans une selle, un bât ou un collier de cheval.

Terme de chasse. Endroit de la forêt où le cerf se repose pendant le jour.





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Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.

Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

Le Littré : Le dictionnaire de Référence de la langue française