Définition du Littré : Eau
Eau
Nature : s. f.
Prononciation : o ; mais au pluriel on prononce les ô. B
Etymologie : Génev. aigue ; picard, iau, ieu ; wallon, aiwe ; Berry, aie (effe, signifiant eau, se trouve dans le nom de plusieurs localités du Berry) ; bourguig. éa ; provenç. aigua, aiga ; catal. aygua ; espagn. et portug. agua ; anc. ital. aigua ; ital. mod. acqua ; du latin aqua ; gaeliq. ab, abh, aba, eau ; kimry, ew ; goth. ahva ; anc. Haut allem. oha ; zend, âfs ; sanscr. ap ou âpas. Le mot eau de la langue littéraire actuelle provient d'une forme picarde qui était iaue et se prononçait sans doute iave ; du moins en vers elle est toujours de deux syllabes ; puis elle s'est contractée en eau monosyllabe, et la forme eve ou eghe est restée dans la catégorie des patois. Il n'y a pas d'autre étymologie à chercher que le latin aqua, qui a donné régulièrement eve ou ewe, comme equa, cavale, avait donné ive ou iwe.
Signification du mot Eau
Substance liquide, transparente, sans saveur ni odeur, réfractant la lumière et susceptible de dissoudre un grand nombre de corps. Eau de source, de pluie. Eau courante, dormante. L'eau se trouve dans la nature à trois états, solide, liquide, gazeuse. Une goutte d'eau.
Dans l'ancienne philosophie naturelle, l'un des quatre éléments qui constituaient toute chose.
Terme de chimie. Corps composé, qui résulte de la combinaison de 88,91 parties d'oxygène avec 11,09 d'hydrogène en poids, et, en volume, de 1 d'oxygène et de 2 d'hydrogène.
Mer, rivière, étang, lac.
Eau jaillissante, eau qui sort de terre par un jet.
Eaux minérales, eaux qui se sont chargées de substances fixes ou volatiles dans leur filtration à travers certains terrains.
Eau de riz, eau d'orge, eau dans laquelle on a fait bouillir du riz, de l'orge.
Eau bénite, eau consacrée par le prêtre.
Pluie. Il tombe de l'eau. Le ciel est couvert, nous aurons de l'eau. Le ciel se fond tout en eau. Il va venir de l'eau.
Suc des fruits, des légumes. Ces pêches, ces melons ont beaucoup d'eau.
Larmes.
Salive, seulement dans cette locution : L'eau en vient à la bouche.
Sueur. L'eau lui coulait du front.
Sérosité. Ampoules pleines d'eau. L'eau qui sort quand on lève un vésicatoire.
Urine. Lâcher ou faire de l'eau.
Au pluriel. Eaux, nom vulgaire du liquide amniotique, de celui qui entoure le foetus dans l'oeuf.
Terme de vétérinaire. Eaux aux jambes, maladie cutanée qui a son siége au pied et à la partie inférieure de la jambe, chez le cheval, et dont le symptôme caractéristique est le suintement d'une humeur à travers les pores de la peau.
Lustre, brillant des diamants et des perles. Dans le commerce, on entend par eau la transparence du diamant, Dict. des arts et mét. Amsterd. 1767, au mot joaillier.
Eau-de-vie, le produit de la distillation du vin et des liqueurs spiritueuses. Eau-de-vie de Cognac. Eau-de-vie de grain.
Dans l'ancienne chimie on appelait eau tout liquide qui semblait à la vue avoir à peu près la consistance de l'eau, soit que l'eau y entrât pour la plus grande partie, comme dans l'eau-forte, l'eau seconde, etc. soit qu'elle n'y fût que pour très peu, comme dans l'eau-de-vie.
Eau, liqueur artificielle extraite de diverses substances ou préparée avec diverses substances.
Eau d'ange, ancienne eau aromatique, analogue à l'eau de rose ou à celle de fleur d'orange.
Eaux et forêts, voy. .
Certains sens des définitions du Littré seraient dans un dictionnaire
actuel marqués par un terme d'usage du type "discriminant" , "péjoratif" ou "raciste" ce qui n'était pas de règle à l'époque du Littré.
Les définitions sont issues du Littré et reflètent un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.
Étymologie : n.f (du grec etumos , vrai et logos science : Etude scientifique de l'origine des mots, origine ou filation d'un mot.
Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.