TASLIMA NASREEN
L'écrivain bangladaise Taslima Nasreen agressée par des musulmans en Inde
jeudi 9 août, 07 h 22
HYDERABAD (AFP) - Des activistes d'un groupe musulman indien ont agressé jeudi en public l'écrivain bangladaise Taslima Nasreen exilée après avoir été menacée de mort par des islamistes au Bangladesh et en Inde.
Mme Nasreen était au club de la presse de la ville d'Hyderabad, dans le sud de l'Inde, lorsque 60 partisans d'un parti musulman ont violemment perturbé la réception du lancement de l'un de ses livres traduits, a expliqué la police.
La télévision a montré des hommes jetant à la figure de la romancière des bouquets de fleurs, des vases et un cartable et tentant de la frapper avec des chaises. Mme Nasreen, choquée, s'en est sortie avec quelques bleus et a été évacuée. L'un de ses accompagnateurs a été blessé.
Le président du groupe politique incriminé, le parti Majlis-e-Ittehadul-Muslimeen, a défendu une agression contre un écrivain jugé "anti-islamique". "Ce qu'ils ont fait est bien et tous les musulmans d'Hyderabad vont féliciter notre parti pour cela", a garanti Salauddin Owaisiwill sur la chaîne Headlines.
"Vous ne pouvez pas écrire n'importe quoi juste pour la gloire. Vous devez respecter les sentiments des gens", a plaidé le patron de cette formation qui soutient le Parti du Congrès à l'assemblée de l'Andhra Pradesh, dont Hyderabad est la capitale. Cette "cité high-tech" compte 38% de musulmans sur 6,5 millions d'habitants.
En mars, un autre groupe musulman indien avait offert 11.000 dollars à qui décapiterait Mme Nasreen.
L'écrivain a fui le Bangladesh en 1994, après des menaces de mort. Elle avait été condamnée à un an de prison dans son pays natal en 2002 notamment pour son roman "Lajja" ("honte"), décrivant des persécutions perpétrées par la majorité musulmane contre le communauté hindoue. Le livre interdit avait provoqué des manifestations islamistes.
Mme Nasreen souhaitait s'établir dans l'Etat indien du Bengale occidental, mais New Delhi lui a refusé la citoyenneté. Elle avait fui en Suède et vit depuis principalement entre l'Europe, les Etats-Unis et l'Inde.
Sources : dépêche AFP
Dernière modification par france (09-08-2007 21:49:35)
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AYAAN HIRSI ALI
Née en 1969 à Mogadiscio en Somalie et fille d'un célèbre opposant à la dictature, Ayaan Hirsi Ali a connu très tôt l'exil, puis les camps de réfugiés, avant de partir en 1992 pour les Pays-Bas. Elle choisit le métier d'interprète avant de devenir une figure clé de la politique néerlandaise. Porte-parole de son parti pour la question de l'intégration elle dénonce sans relâche la position des femmes dans l'islam. Menacée de mort par les fondamentalistes, elle vit actuellement aux Etats-Unis sous protection permanente.
Sa notoriété a dépassé le cadre des Pays-Bas lorsque, le 2 novembre 2004, le cinéaste Theo Van Gogh, avec lequel elle avait réalisé le film Submission a été assassiné à Amsterdam.
Son autobiographie Ma vie rebelle a paru aux éditions Robert Laffont en octobre 2006. Elle a aussi publié Insoumise chez Robert Laffont en 2005.
Dans Insoumise (pocket 2006), elle présente un réquisitoire d'une femme libre et courageuse pour que la culture musulmane connaisse son siècle des Lumières.
Sources : Pocket
Dernière modification par france (09-08-2007 21:52:04)
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NAWAL SAADAWI
Nawal el Saadawi est une écrivaine égyptienne née en 1931 près du Caire.
Médecin psychiatre et féministe elle est emprisonnée en 1981 pour s'être opposée à la loi du parti unique sous Anouar el-Sadate. Son livre Mémoires de la prison des femmes relate cet épisode. Libérée sous Moubarak elle fonde en 1982 l’Association arabe pour la solidarité des femmes qui est interdite en 1991.
Elle a publié en janvier 2007 une pièce de théâtre en arabe intitulée Dieu démissionne à la réunion au sommet. Jugé blasphématoire par l’université islamique du Caire, ce livre a été retiré de la vente avant même l'ouverture du procès qui lui est intenté.
Nawal El Saadawi nait à Kafr Tahla, dans le delta de la basse Égypte. Son père est fonctionnaire au ministère de l’éducation ; sa mère est issue d’une famille bourgeoise. Contrairement aux habitudes, ils envoient à l’école leurs neuf enfants, et pas seulement les garçons. Nawal El Saadawi est bonne élève et, en 1949, entre en faculté de médecine.
Diplômée de l’Université du Caire en 1955, elle étudie ensuite à la Columbia University (New York) où elle obtient sa maîtrise en santé publique, en 1966.
Elle fait un premier mariage avec Ahmed Helmi, étudiant en médecine et militant pour la liberté, dont elle divorce. Son second mari est un riche traditionaliste, avec lequel Nawal El Saadawi rompt lorsqu’il s’oppose au fait qu’elle écrive — activité qu’elle exerce depuis l’enfance. En 1964, elle épouse Sherif Hetata, médecin et romancier qui traduit en anglais plusieurs de ses livres. Sa fille et son fils sont également écrivains.
Une fois diplômée, elle travaille comme médecin à l’université, et durant deux ans au Centre de santé rurale à Tahla. De 1958 à 1972, elle est directrice générale de l’éducation à la santé publique, au ministère de la santé. Elle est en même temps éditeur responsable du magazine Health et secrétaire général auxiliaire de l’Association égyptienne de médecine. En 1972, elle est révoquée de son poste au ministère pour avoir publié Les femmes et le sexe, qui traite de sexualité, de religion et du traumatisme de l’excision – autant de sujets tabous dans le pays. Sa mère, musulmane traditionaliste, a insisté pour que sa fille soit circoncise à l’âge de six ans. Health est interdit et les livres de Nawal El Saadawi sont censurés. « Tout, dans ce pays, est dans les mains de l’État et sous son contrôle direct ou indirect », écrit-elle plus tard dans ses Mémoires d’une prison de femmes, « grâce à des lois reconnues ou tacites, par la tradition ou par une peur de l’autorité depuis longtemps établie et profondément enracinée. »
Elle commençe alors à publier des essais, tels que Al mar’a wal sira’ al-nafsi (1976), qui traite de la femme et du conflit psychologique, ou La face cachée d’Ève (1977), publié à Beyrouth. Mémoires d’une prison de femmes fut publié à Londres, par les Presses Féminines. Après son roman La chute de l’Iman, en 1987, publié au Caire, elle a commencé à recevoir des menaces de la part de groupes fondamentalistes. En 1993, elle est jugée pour hérésie et condamnée à mort.
De 1973 à 1978, elle exerçe son métier d’écrivain à l’Institut supérieur de littérature et de science. Elle est également chercheur à la faculté de Médecine de l’université Ain Shams, au Caire, et travaille pour les Nations unies en tant que directrice du Centre africain de recherche et de formation pour les femmes en Éthiopie (1978-1980). Elle est également conseillère pour la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique occidentale, au Liban. En 1981, elle s’oppose à la loi du parti unique édictée par Anouar el-Sadate. Elle est arrêtée et emprisonnée durant deux mois dans la prison pour femmes de Qanatir, pour infraction à la Loi de protection des valeurs contre le déshonneur. La prison lui est déjà familière, puisqu’elle y a mené des études dans les années 1970 auprès des détenues. Après la mort du président Sadate, elle est libérée. Avant d’être ramenée chez elle, elle est présentée au nouveau président, Hosni Moubarak. En 1982, elle fonde l’Association arabe pour la solidarité des femmes, qui est interdite en 1991. Lorsque son nom apparaît sur une liste fondamentaliste de condamnés à mort, elle s’envole avec son mari pour les États-Unis, où elle enseigne à la Duke University et à la Washington Sate University à Seattle. En 1996, elle revient en Égypte.
Œuvre
Nawal el Saadawi a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le Prix du Conseil Supérieur de Littérature (1974), le Prix littéraire de l’amitié franco-arabe (1982), ou le Prix littéraire de Gubran (1988). Les premières nouvelles de Nawal ont été publiées dans des journaux et des magazines. Ses premiers romans ont paru dans les années 1950. En 1958, elle fait ses débuts de romancière avec Mémoires d’une femme docteur, un roman partiellement autobiographique. Ce livre est considéré comme l’œuvre fictionnelle pionnière dans le féminisme moderne du monde arabe, même si, à la fin, la protagoniste révoltée accepte son sort. Dans les années 1970, Nawal a commencé à critiquer ouvertement le système patriarcal et à aborder des sujets tabous, tels que la circoncision féminine, l’avortement, la sexualité, les abus sexuels sur les enfants, et les différentes formes d’oppression des femmes. Lors d’un séjour à Addis Abeba (1978), elle rédigea Le voile où la protagoniste révèle ses pensées au lecteur, mais pas à son amant. L’oppression sexuelle et sociale est mise en relation avec la doctrine religieuse dans son court roman Elle n’a pas sa place au paradis (1972).
Femme au degré zéro (1975) est partiellement inspiré par ce que Nawal a pu collecter comme témoignage à l’Université Ain Shams sur la santé mentale des femmes. Dans la prison pour femmes de Qanatir, elle a rencontré le personnage principal, Fridaws, une femme abusée dans son enfance et dont la recherche de liberté finit en quête de revanche et dans le meurtre de son souteneur. Un psychiatre l’interviewe à la veille de son exécution. La mort lui semble une victoire : « Je ne veux rien. Je n’espère rien. Je ne crains rien. C’est pour ça que je suis libre. Parce que, tout au long de notre vie, ce sont nos désirs, nos espoirs, nos craintes qui nous asservissent. » Le livre a été traduit en français sous le titre Ferdaous, une voix d’enfer par Assia Djebar et Assia Trabelsi.
Caractéristiques de l'œuvre de Nawal el Saadawi
Les caractéristiques de l’écriture de Nawal el Saadawi sont le mélange entre fiction et données réelles, sa connaissance des sciences médicales, les détails autobiographiques, et la description de maladies sociales. Certaines lectrices féministes en Occident ont critiqué ses romans qu’ils jugent répétitifs dans leurs thèmes et projets, sans remettre en cause les normes occidentales de narration, ainsi que l’a fait Saadawi.
Suite au procès intenté à Nawal Saadawi par l'université Al-Azhar pour apostasie et non respect des religions, de nombreuses voix se sont élevées pour soutenir l'écrivaine dont celle de Fadela Amara. Une pétition a été lancée.
Liens externes
Biographie de Nawal el Saadaoui par Vincent Engel.
Lettre à Ségolène et Nicolas par Fadela Amara
Note sur Mémoires de la prison des femmes par France Isabelle-Langlois
Note sur Mémoires de la prison des femmes par Olivia Marsaud
Rencontre avec Nawal el Saadawi par Fatiha Saïdi]
Comité de soutien à Nawal el Saadawi
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Nawal_el_Saadawi »
Catégories : Naissance en 1931 • Femme de lettres • Écrivain égyptien • Femme féministe
Nawal Saadawi a écrit de nombreux romans. Elle était réfugiée en Belgique début 2007.
Sources : Wikipedia faute de pouvoir faire mieux pour l'instant
Dernière modification par france (09-08-2007 22:03:04)
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15 novembre Journée Mondiale De l’Écrivain En Prison
Toute vraie démocratie respecte la liberté d’expression parce qu’elle est sa pierre angulaire. Aujourd’hui, cette liberté est très fragile et en grand danger. Dans de nombreux pays, les auteurs risquent de subir de sévères châtiments tels que le bâillonnement, la prison, la disparition ou la mort du simple fait d’exercer leur droit à la liberté d’expression.
La mort d’Anna Politkovskaya en Russie et celle de Hrant Dink en Turquie sont les exemples les plus criants et révoltants du crime. Pour éveiller la conscience publique au sort tragique de ces écrivains et journalistes, la 27ème Journée de l’Écrivain en Prison sera organisée le 15 novembre par le Comité de défense des écrivains en prison du PEN International basé à Londres. Le Comité a recensé environ mille cas de gens de plume persécutés pour leurs écrits ou leurs opinions dissidentes pendant les douze derniers mois. Plusieurs centaines d’entre eux ont été arrêtés, torturés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Plus de quarante écrivains et journalistes ont été tués, assassinés ou ont disparus, en Afghanistan, Bangladesh, Brésil, Chine, Colombie, Irak, Mexique, Nigeria, Pakistan, Palestine, Philippines, Russie, Turquie et Venezuela. Dans la liste des États répressifs en matière de la liberté d’expression, on découvre : l’Algérie, le Bangladesh, la Biélorussie, la Birmanie, la Chine, Cuba, l’Érythrée, l’Iran, le Mexique, l’Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Vietnam, etc.
La Journée de l’Écrivain en Prison se déroulera donc sous le signe de solidarité et du soutien envers tous les confrères et consoeurs qui sont la proie des intolérances et des dictatures, sans oublier leurs familles harcelées, intimidées ou menacées. Le comité du PEN International souhaite aussi fixer son regard sur les cas de Zargana Maung Thura, poète et comédien birman, Normando Hernanez Gonzalez, journaliste cubain, Fatou Jaw Manneh, journaliste gambien, Yaghoub Yadali, romancier iranien et Jamshid Karimov, journaliste ouzbek. Lors de diverses manifestations, la douloureuse tragédie des écrivains persécutés et emprisonnés sera évoquée par des milliers de membres de 145 Centres du PEN International dans 104 pays, dont les trois Centres Suisses Allemand, Romand et Italien et Réto-Romanche.
En commémorant cet événement, le Centre des Écrivains Vietnamiens en Exil rappelle que sous le régime de Hanoi, la liberté d’expression, la liberté de la presse et les publications indépendantes n’ont jamais existé. Durant le dernier semestre, dans la plus grave campagne de répression depuis vingt ans, une vingtaine d’écrivains, journalistes, avocats et défenseurs des droits humains ont été brutalisés et détenus arbitrairement. Nombreux ont été condamnés à de lourdes peines de prison à la suite des procès dignes de l’époque stalinienne. Parmi les quatre avocats condamnés figure la cyberdissidente Le Thi Cong Nhan (28 ans), membre du barreau de Hanoi et de l’Union Internationale des Avocats. Pour réduire au silence une autre avocate et cyberdissidente, Bui Kim Thanh (48 ans), la Sécurité l’a internée dans un hôpital psychiatrique en Novembre 2006 et l’a relâchée seulement sous pression internationale en juillet 2007. Et une autre femme de plume a été agressée et est emprisonnée sans jugement depuis le 21 avril 2007 : Tran Khai Thanh Thuy (47 ans), enseignante, journaliste, écrivaine et poète, membre de l’Union des écrivains et du Club des femmes poètes de Hanoi. Arrêtée pour interrogations et intimidation plusieurs fois pour ses écrits publiés sur internet depuis septembre 2006, Tran Khai Thanh Thuy souffre du diabète et de la tuberculose avancée alors que les conditions de détention sont déplorables.
NGUYÊN HOÀNG BAO VIÊT *
Centre des Écrivains Vietnamiens en Exil (CEVEX). membre du Centre Suisse Romand du PEN International.
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