http://membres.lycos.fr Le calembour : Jeu de mots fondé sur l'homonymie (mots prononcés de la même façon mais différents par le sens) et la polysémie (mots ayant plusieurs sens). On peut substituer un son ou une suite de sons à un autre. On peut remplacer un mot par un mot homophone. on peut découper une suite de sons da façon différente. Le calembour s'applique à des expressions figées, bien connues ou à des situations que le contexte permet de décoder
- Il n'y a que la vérité qui baisse.
- Jamais deux sans toi.
- Le vieux est l'ennemi du bien. (Robert Galisson, Le Distractionnaire)
Selon Victor Hugo, le calembour est "l a fiente de l'esprit qui vole ". Ce qui ne l'a pas empêché d'écrire: Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu hais. (qui tu es)
Il existe différentes manières de produire des calembours :
On peut substituer un son (ou une suite de sons) à un autre. On obtient alors un mot (ou un groupe de mots) nouveau:
- Avoir le cou tôt sous la gorge. (pour le " couteau ")
- Boire du petit laid. (pour " petit lait ")
- Chercher l'appétit bête. (pour " la petite bête ") (Robert Galisson, Le Distractionnaire)
On peut remplacer un mot par un mot homophone, c'est-à-dire par un mot qui se prononce de la même façon mais qui s'écrit différemment:
- Entre deux mots, il faut choisir le moindre, dit Paul Valéry, s'inspirant de " entre deux maux, il faut choisir le moindre ".
On peut découper une suite de sons de façon différente, c'est-à-dire élargir l'homophonie à tout un groupe de mots.
C'est le cas par exemple des vers holorimes. Ce sont deux vers qui riment entièrement, le second reproduisant phonétiquement le premier:
- Gal, amant de la reine, alla, tour magnanime
- Galamment de l'arène à la Tour Magne, à Nîmes.
- Aidé, j'adhère au quai. Lâche et rond, je m'ébats
- Et déjà, des roquets tâchés rongent mes bas.
On peut jouer sur la polysémie d'un mot. Notamment sur le sens propre et le sens figuré
- Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. (Jean Cocteau, Le Sang d'un poète)
- J'ai eu la faiblesse de montrer des signes extérieurs de richesse alors que ma richesse est toute intérieure ! (Raymond Devos)
- Il aime les femmes distantes, mais de près. (Jean Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu)
Hors ligne
Tiens on a changé d'aire de jeu. J'arrive !
Hors ligne
Dans une équipe, où presque tous les éléments sont absents, il faut savoir jouer à tout les postes, changer de tactique, et aussi varier le jeu.
Hors ligne
ARRÊT-MALADIE : Certificat qui, lorsqu'il est en bonne et due forme, signifie que son bénéficiaire, lui, ne l'est pas
PROTHÉSISTE : Personne qui fait des pieds et des mains pour que ses patients puissent retrouver l'usage de leurs membres
ASSIDUITÉ : Pratique régulière qui doit cependant ne pas être prolongée excessivement. Par exemple, une personne qui ne saute jamais un repas risque de faire de l'assiduité gastrique
BOUCHE À BABOUCHE : Technique de réanimation utilisée dans les pays musulmans, qui consiste à mordre violemment le pied de la victime
BRAS DONNEUR : Geste effectué par le bras lorsqu'on le replie après avoir donné son sang
CHIATIQUE : Sciatique auvergnate particulièrement douloureuse
CHIRURGIEN DES ARMÉES : Médecin qui aime bien remuer le couteau dans l'appelé
CHIRURGIEN ESTHÉTIQUE : Marchand d'âge
FORMOL : Liquide permettant la conservation des corps, car si la vie est très dure, la mort est fort molle.
GASTÉROPODE : Spécialiste à consulter d'urgence en cas de gastro
GENGIVITE : Maladie dont mourut Gengis Khan
Hors ligne
C'est fort intéressant Mustafa. Parfois, je m'emmêle les pinceaux dans ces différents jeux de mots. Par contre, je n'ai pas oublié que je te dois un tautogramme. Je le mijote.
Hors ligne
De tous temps, dans toutes les langues, le calembour cette "fiente de l'esprit qui vole" selon Hugo (qui en commit pourtant plus d'un comme l'a écrit Mustafa) est LE jeu de mots par excellence.
Si les classiques le dédaignèrent (Voltaire : "C'est l'esprit de ceux qui n'en ont pas"), Homère, Aristophane, Plaute, Cicéron et, plus près de nous Shaskespeare, Rabelais, Hugo, Jarry, Allais n'hésitèrent pas à pratiquer cet art de l'homophonie.
La règle de ce jeu d'esprit (serait-ce le plus vieux du monde ?) consiste simplement à substituer à un mot un autre mot de même sonorité mais de sens différent, en somme de le remplacer par son homonyme.
Nombre de textes sacrés, religieux ou ésotériques ont utilisé ces mots à double sens. Lorsque Jésus vit pour la première fois le pêcheur Simon, il l'accueillit ainsi : "Tu es Simon, mais tu seras appelé Képhas". Or, Képhas en araméen signifie pierre. (Pierre). ...
Si le texte français nous restitue un calembour parfait (Pierre et pierre), cette magie du verbe disparaît totalement dans les autres langues (Peter et stein en allemand), (Peter et stone en anglais).
Le premier écrivain de notre langue, Rabelais, truffa son écriture de calembours. En voici un bon spécimen à l'intention des adorateurs de la dive bouteille :
"O compaing ! sécrie Pantagruel en célébrant le vin), si je montasse aussi bien comme j'avale, je fusse déjà au)-dessis de la sphère de la lune ...!".
(Avaler s'employait aussi bien pour descendre) - aller en aval - que pour faire descendre, comme il est utilisé aujourd'hui).
Dessinateurs de blasons, forgeurs de calembredaines, peintres d'enseignes firent du calembour un art populaire.
"A l'épi scié".
"Au lit on dort" (au Lion d'Or)
"Au p'tit chien" (opticien)
"Honni soit qui mal y panse" (sur les relais de poste) ont orné nombre d'enseignes.
D'ailleurs, notre siècle garde encore l goût du Zanzi Bar, du Beau Bar (ici l'ondine), du Bar Bac, du Bar à Tin, etc...
Le siècle des Lumières allait voir la naissance d'un prodigieux calembouriste, le marquis de Bièvres. Auteur d'une lettre à la comtesse Tation, des Sentiments patriotiques de l'abbé Quille, de la Fée Lure, ainsi que de l'article Kalembour (!) de l'encyclopédie de Diderot, ce divin marquis voulait mettre le temps en cage lorsqu'il était serein ou n'hésitait pas à commander à son pâtissier un gâteau de sa voix.
Son style est parfois proche du calembour à rallonges :
'Je sus comme un cochon résister à leurs armes
Et je pus comme un bouc dissiper vos alarmes."
Vervingentorixe, Acte I, Scène I.
Nous rejoignons ici le répertoire des écoliers : "Comment vas-tu yau de poêle ?" "Pas mal, Akoff". "Et toi, la matelas ?". "Ca vate au pied".
Qui, dans son enfance, ne s'est jamais laissé emporter par le pur plaisir incantatoire des kyrielles : "J'en ai marre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval, etc" où la vivacité rythmique de la langue offre de multiples combinaisons.
In : L'esprit des jeux Jean-Michel Varenne et Zéno Bianu chez Albin Michel Espaces libres
Hors ligne
D'où vient cette jubilation verbale, cette liberté par rapport à la syntaxe, dont les analyses linguistiques ne peuvent rendre compte ? Remarquons, en premier lieu, que cette tendance qui consiste à plier le langage au moule de la mélodie ne se manifeste pas seulement chez les enfants; nourrices, hypnotiseurs ou chamanes recherchent également des rythmes périodiques pour provoquer le sommeil, et les slogans DUBO DUBON DUBONNET, les comptines (pomme de reinette et pomme d'api), les proverbes (Qui vivra verra) obéissent à la même nécessité mélodique. D'après certains psychanalystes, cette recherche du rythme trouverait sa source au stade de l'embryon, dans la perception du rythme cardiaque maternel tour à tour en phase (rythme simple) ou en opposition (rythme complexe) avec celui du foetus. Ces jeux musicaux pourraient ainsi contribuer à recréer l'atmosphère prénatale.
In : L'esprit des jeux Jean-Michel Varenne et Zéno Bianu chez Albin Michel Espaces libres
Hors ligne
Rayon de braquage : Zone de banlieue où il est dangereux de garer son véhicule si on ne veut rien se faire piquer Dernier cri : Obsession féminine fatale à l’homme, car une femme qui veut que son mari lui achète une robe dernier cri aura toujours le dernier mot
Décharge: Attestation demandée aux condamnés à la chaise électrique, au cas où celle-ci tombe en panne
Crache-test : Dégustation de vin effectuée à des fins de sécurité.
Extrême ponction : Impôt dont le montant est tellement élevé qu’il peut être fatal au contribuable
Biturebo : Moteur préféré des chauffards ivrognes
(Surtout faut pas mettre les doigts.)
Dernière modification par Mustafa (14-02-2008 04:11:34)
Hors ligne
Pourquoi alors mets-tu des choses où l'on a ... envie de mettre le doigt ... ? Tu veux nous attirer dans un engrenage hein ?
Hors ligne
Qui s'y frotte, s'y pique!!!
Hors ligne
Qui s'y ... frite s'y poque, voyons !
Hors ligne
France, t'as déjà poqué?... ![]()
Hors ligne
Balle dans la bouche: Technique parfois utilisée pour se suicider. A prendre avec un verre d’eau
Auvers sur Oise : Petit village d’Ile de France qui fut fatal à Van Gogh, mort d'une Auvers dose
Bonheur : Sensation de bien-être qui peut conduire à l'imprudence. Si vous nagez dans le bonheur, il est conseillé de rester là où vous avez pied.
Clinton (Bill) : Ancien président des États-Unis, impliqué dans l'affaire Lewinski, pour laquelle il a toujours exigé en vain une reconstitution.
Crevure : Crevasse en glace bien dure.
Dictateur : Chef d'état n'admettant pas la contradiction; si tu n'es pas de son côté, quels que soient tes arguments, il dit que t'as tort.
Hors ligne
T'as JA-MAIS poqué ????!!! A ton âge !!!! ![]()
Hors ligne
Tu ne vas tout de même pas me dire que je n'ai pas l'âge de... poquer, mais je possède toujours mon pokémon... 
Hors ligne
Gladiateur : Intermittent du spectacle de l'époque romaine, qui cessait souvent le travail pour protester contre ses conditions de travail, particulièrement les glaivistes.
Homme politique : Individu qui, même réélu haut la main, doit savoir un jour ou l'autre lever le pied, quitte à se voir remplacer au pied levé par un vote à main levée.
Milliardaire : Individu qui, pour assurer son quotidien vit de ses rentes, alors qu'un SDF vide ses poches.
Télévision : Type de média qui, au vu de certaines émissions débiles, semble parfois prendre les téléspectateurs pour des demeurés, auquel cas la question à se poser est « Et si on était niais ?
Hors ligne
La grand Hugo fut lui-même un inépuisable calembourdier ; il excellait particulièrement dans l'à-peu-près, forme volontairement décadente du calembours propre au détournement des maximes :
"Il faut battre son père quand il est chauve;
Vends ta femme et n'aie point d'oreilles".
Hors ligne
Disette : Repas frugal composé très exactement d’un oeuf et d’une huître (n’hésitez pas à recompter)
Eunuques : Corporation dont la devise est : ‘et que ça ne se reproduise plus !’
Marin-pêcheur : Individu qui se lève tôt et qui se couche avec les poulpes
Hors ligne
Poquera bien qui poquera le dernier !
Hors ligne
Que le dernier poquera le premier!
Hors ligne
Mustafa, va te faire poquer ailleurs ! Pique-poqueur !
Hors ligne
Pique-poqueur pique-poqueur, bique beau-coeur!!! ![]()
Hors ligne
Dernier cri : Obsession féminine fatale à l’homme, car une femme qui veut que son mari lui achète une robe dernier cri aura toujours le dernier mot
Critique de la raison pure : Théorie du philosophe Kant selon laquelle la raison est un instrument de pensée tellement puissant qu’elle ne doit pas être utilisée pure, mais toujours être mélangée à de l’eau avant emploi
Sado-masos : Personnes particulièrement fidèles, qui n’oublient jamais de se fouetter un bon anniversaire
Hors ligne
Théâtre : Salle de spectacle où il est conseillé de s'asseoir au premier rang, car si la pièce est ennuyeuse, au moins on en sort rasé de près
Queue leu leu : Bout tabou
Baie des Cochons : Endroit où John Kennedy est allé se fourvoyer, l’ayant prise de loin pour une BD cochonne
Hanté : Lieu à éviter. Mieux vaut habiter une maison en L qu'un château hanté
Hors ligne
Ivresse des profondeurs : Phénomène particulièrement dangereux pour les pratiquants de la plongée sous-marine, qui doivent donc éviter de consommer une bouteille d'oxygène entière, mais plutôt se contenter d’une demi-bouteille, voire d’un pichet de 25 cl
Multiplication des pains : Altercation entre apôtres ayant tourné au pugilat général
Ouï-dire : Rumeur qui a pu être prononcée, contrairement au non-dit
Policier de proximité : Policier qui tire à bout portant
Hors ligne