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Marie, qui voudrait votre nom retourner, - Il trouverait Aimer: aimez-moi donc, Marie; - Votre nom de nature à l'amour vous convie, - Il faut votre jeunesse à l'amour adonner.
[ Ronsard ]
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Tartempion a écrit :
Je savais bien que j'allais vous faire tous bien rire !
Bonne nuit à tous !
Bonne nuit à tous !
11/06 à 00:38:18
dicocitations a écrit :
Pour Liberté : Une marie couche toi là est une fille facile ou une prostituée.
--> Alain Barrière
Regardes-toi, Marie-couche-toi-là
Tes yeux, ta peau fanée déjà, tes seins trop lourds
À force d'amour, Marie couche toujours
Tu ne vaux plus rien et ta monnaie n'a même plus cour
Tous les marins, tous les troubadours
Ces coeurs perdus trop vite aimé au fil des jours
S'en sont allés, Marie sans détour
Vers d'autre bras dès que venait le petit jour
Pourtant t'étais belle Marie
Pourtant t'étais tellement jolie
Dans ce printemps où tu souriais à la vie
Pourtant que c'était beau l'amour
Pourtant que c'était pur l'amour
Et puis soudain, tout a basculé dans ta vie
Regardes-toi, Marie-couche-toi-là
Personne ne croit plus un mot de tes discours
À force d'amour, Marie couche toujours
Tu ne sais plus que faire semblant au jour le jour
Tous les chemins, tous les grands parcours
Les petites joies qui font la vie de tous les jours
Les a brûlé, Marie sans retour
T'en as trop vite vite vite fait le tour
Pourtant t'étais belle Marie
Pourtant t'étais tellement jolie
Dans ce printemps où tu souriais à la vie
Pourtant que c'était beau l'amour
Pourtant que c'était pur l'amour
Et puis soudain tout a basculé dans ta vie
Et maintenant Marie les tourments
Rien ne va plus, les jeux sont faits depuis longtemps
Alors tu vas, Marie sans éclat
Comme tu peux et comme te mènes tes pas
Pour retrouver, Marie tes amours
Pour retrouver le doux parfum des anciens jours
Tu te laisses aller plus souvent qu'à ton tour
Faut bien filer quand le gris et le noir vous tourne autour
Et tu t'en moques, Marie, du temps perdu
Un verre de moins, un verre de plus
Qu'est que ça fou quand c'est fichu
Et tu t'en moques, Marie, du temps qui va
Rien n'ait changé, les souvenirs, c'est fait pour ça
Et tu prends l'âge Marie, et sans chichi
L'île aux trésors te rends toujours
Tes p'tits marins, tes troubadours
Et tu retrouves, Marie, ton paradis
Et recommence la sarabande des amours
--> Alain Barrière
Regardes-toi, Marie-couche-toi-là
Tes yeux, ta peau fanée déjà, tes seins trop lourds
À force d'amour, Marie couche toujours
Tu ne vaux plus rien et ta monnaie n'a même plus cour
Tous les marins, tous les troubadours
Ces coeurs perdus trop vite aimé au fil des jours
S'en sont allés, Marie sans détour
Vers d'autre bras dès que venait le petit jour
Pourtant t'étais belle Marie
Pourtant t'étais tellement jolie
Dans ce printemps où tu souriais à la vie
Pourtant que c'était beau l'amour
Pourtant que c'était pur l'amour
Et puis soudain, tout a basculé dans ta vie
Regardes-toi, Marie-couche-toi-là
Personne ne croit plus un mot de tes discours
À force d'amour, Marie couche toujours
Tu ne sais plus que faire semblant au jour le jour
Tous les chemins, tous les grands parcours
Les petites joies qui font la vie de tous les jours
Les a brûlé, Marie sans retour
T'en as trop vite vite vite fait le tour
Pourtant t'étais belle Marie
Pourtant t'étais tellement jolie
Dans ce printemps où tu souriais à la vie
Pourtant que c'était beau l'amour
Pourtant que c'était pur l'amour
Et puis soudain tout a basculé dans ta vie
Et maintenant Marie les tourments
Rien ne va plus, les jeux sont faits depuis longtemps
Alors tu vas, Marie sans éclat
Comme tu peux et comme te mènes tes pas
Pour retrouver, Marie tes amours
Pour retrouver le doux parfum des anciens jours
Tu te laisses aller plus souvent qu'à ton tour
Faut bien filer quand le gris et le noir vous tourne autour
Et tu t'en moques, Marie, du temps perdu
Un verre de moins, un verre de plus
Qu'est que ça fou quand c'est fichu
Et tu t'en moques, Marie, du temps qui va
Rien n'ait changé, les souvenirs, c'est fait pour ça
Et tu prends l'âge Marie, et sans chichi
L'île aux trésors te rends toujours
Tes p'tits marins, tes troubadours
Et tu retrouves, Marie, ton paradis
Et recommence la sarabande des amours
10/06 à 23:39:28
lib a écrit :
Ha ha ! Quel est l'équivalent de "Marie couche toi là" ! D'où vient cette expression plutôt sotte ?
10/06 à 22:01:18
Bobland a écrit :
Merci Liberté de ces précisions utiles, mais les vieilles âneries sont plus persistantes que d'autres .
Tartempion, je connais comme tout monde cette expression pas très flatteuse au beau sexe, et comme d'habitude pour le masculin cette provocation n'a pas son pendant, même si ils font la même action ......
Tartempion, je connais comme tout monde cette expression pas très flatteuse au beau sexe, et comme d'habitude pour le masculin cette provocation n'a pas son pendant, même si ils font la même action ......
10/06 à 11:06:45
Tartempion a écrit :
Cette poésie est très jolie.....
Moi je connais l'expression : "Marie, couche toi là"
Moi je connais l'expression : "Marie, couche toi là"
10/06 à 00:57:36
liberté a écrit :
Je précise quand même, au cas où des Français croiraient vraiment dans cette grosse blague belge de "une fois", qu'il s'agit de la traduction de "eens" en flamand qui veut tout dire sauf une fois (un peu, etc) et qui a donc contaminé le français de BRUXELLES.
L'expression "une fois" (qui ne veut donc pas dire une fois au sens propre en français) n'est donc (plus) utilisée que par certains (vieux) vrais Bruxellois dont le français est pollué par la proximité du flamand. En Wallonie (Liège, Namur, Charleroi, etc), PERSONNE ne dit "une fois" et ne comprend même pas.
L'expression "une fois" (qui ne veut donc pas dire une fois au sens propre en français) n'est donc (plus) utilisée que par certains (vieux) vrais Bruxellois dont le français est pollué par la proximité du flamand. En Wallonie (Liège, Namur, Charleroi, etc), PERSONNE ne dit "une fois" et ne comprend même pas.
09/06 à 23:43:49
liberté a écrit :
Oui, une fois !
09/06 à 13:31:51
Bobland a écrit :
Je vois la phrase dans le sens que j'ai décrit . Après libre à vous dicocitations de donner d'autres versions, mais aujourd'hui vous êtes particulièrement en verve.
Oui Liberté la foi ne connait pas, je n'accepte que LE foie soit de veau avec une bonne sauce ou mon pauvre foie qui en voit de toutes les couleurs .
Maintenant tout le monde n'est pas obligé d'être un mécréant de mon acabit .
Oui Liberté la foi ne connait pas, je n'accepte que LE foie soit de veau avec une bonne sauce ou mon pauvre foie qui en voit de toutes les couleurs .
Maintenant tout le monde n'est pas obligé d'être un mécréant de mon acabit .
09/06 à 11:41:22
liberté a écrit :
Voyons Bobland, un peu de bonne foi !
On a le droit de faire de la poésie et d'aimer une Marie !
On a le droit de faire de la poésie et d'aimer une Marie !
09/06 à 11:31:41
dicocitations a écrit :
Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose.
La grace dans sa fueille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur;
Mais battue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, fueille à fueille declose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif ou mort ton corps ne soit que roses.
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose.
La grace dans sa fueille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur;
Mais battue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, fueille à fueille declose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif ou mort ton corps ne soit que roses.
09/06 à 10:48:07
dicocitations a écrit :
Je vous envoye un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Cheutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes flétries,
Et comme fleurs, periront tout soudain.
Le tems s'en va, le tems s'en va, ma Dame,
Las ! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame :
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle :
Pour-ce aimés moy, ce-pendant qu'estes belle.
Vient de trier de ces fleurs épanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Cheutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes flétries,
Et comme fleurs, periront tout soudain.
Le tems s'en va, le tems s'en va, ma Dame,
Las ! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame :
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle :
Pour-ce aimés moy, ce-pendant qu'estes belle.
09/06 à 10:47:53
dicocitations a écrit :
Marie, vous passez en taille, et en visage,
En grâce, en ris, en yeux, en sein, et en téton,
Votre moyenne soeur, d'autant que le bouton
D'un rosier franc surpasse une rose sauvage.
Je ne dis pas pourtant qu'un rosier de bocage
Ne soit plaisant à l'oeil, et qu'il ne sente bon ;
Aussi je ne dis pas que votre soeur Thoinon
Ne soit belle, mais quoi ? vous l'êtes davantage.
Je sais bien qu'après vous elle a le premier prix
De ce bourg, en beauté, et qu'on serait épris
D'elle facilement, si vous étiez absente.
Mais quand vous approchez, lors sa beauté s'enfuit,
Ou morne elle devient par la vôtre présente,
Comme les astres font quand la Lune reluit.
En grâce, en ris, en yeux, en sein, et en téton,
Votre moyenne soeur, d'autant que le bouton
D'un rosier franc surpasse une rose sauvage.
Je ne dis pas pourtant qu'un rosier de bocage
Ne soit plaisant à l'oeil, et qu'il ne sente bon ;
Aussi je ne dis pas que votre soeur Thoinon
Ne soit belle, mais quoi ? vous l'êtes davantage.
Je sais bien qu'après vous elle a le premier prix
De ce bourg, en beauté, et qu'on serait épris
D'elle facilement, si vous étiez absente.
Mais quand vous approchez, lors sa beauté s'enfuit,
Ou morne elle devient par la vôtre présente,
Comme les astres font quand la Lune reluit.
09/06 à 10:47:41
dicocitations a écrit :
Marie, vous avez la joue aussi vermeille
Qu'une rose de mai, vous avez les cheveux
De couleur de châtaigne, entrefrisés de noeuds,
Gentement tortillés tout autour de l'oreille.
Quand vous étiez petite, une mignarde abeille
Dans vos lèvres forma son doux miel savoureux,
Amour laissa ses traits dans vos yeux rigoureux,
Pithon vous fit la voix à nulle autre pareille.
Vous avez les tétins comme deux monts de lait,
Qui pommellent ainsi qu'au printemps nouvelet
Pommellent deux boutons que leur châsse environne.
De Junon sont vos bras, des Grâces votre sein,
Vous avez de l'Aurore et le front, et la main,
Mais vous avez le coeur d'une fière lionne.
Qu'une rose de mai, vous avez les cheveux
De couleur de châtaigne, entrefrisés de noeuds,
Gentement tortillés tout autour de l'oreille.
Quand vous étiez petite, une mignarde abeille
Dans vos lèvres forma son doux miel savoureux,
Amour laissa ses traits dans vos yeux rigoureux,
Pithon vous fit la voix à nulle autre pareille.
Vous avez les tétins comme deux monts de lait,
Qui pommellent ainsi qu'au printemps nouvelet
Pommellent deux boutons que leur châsse environne.
De Junon sont vos bras, des Grâces votre sein,
Vous avez de l'Aurore et le front, et la main,
Mais vous avez le coeur d'une fière lionne.
09/06 à 10:47:08
dicocitations a écrit :
Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie,
Votre amour ne se peut en meilleur lieu donner.
S'il vous plaît pour jamais un plaisir demener,
Aimez-moi, nous prendrons les plaisirs de la vie,
Pendus l'un l'autre au col, et jamais nulle envie
D'aimer en autre lieu ne nous pourra mener.
Si faut-il bien aimer au monde quelque chose :
Celui qui n'aime point, celui-là se propose
Une vie d'un Scythe, et ses jours veut passer
Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh, qu'est-il rien de doux sans Vénus ? las ! à l'heure
Que je n'aimerai point, puissé-je trépasser !
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie,
Votre amour ne se peut en meilleur lieu donner.
S'il vous plaît pour jamais un plaisir demener,
Aimez-moi, nous prendrons les plaisirs de la vie,
Pendus l'un l'autre au col, et jamais nulle envie
D'aimer en autre lieu ne nous pourra mener.
Si faut-il bien aimer au monde quelque chose :
Celui qui n'aime point, celui-là se propose
Une vie d'un Scythe, et ses jours veut passer
Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh, qu'est-il rien de doux sans Vénus ? las ! à l'heure
Que je n'aimerai point, puissé-je trépasser !
09/06 à 10:46:43
dicocitations a écrit :
Marie, que je sers en trop cruel destin,
Quand d'un baiser d'amour votre bouche me baise,
Je suis tout éperdu, tant le coeur me bat d'aise.
Entre vos doux baisers puissé-je prendre fin !
Il sort de votre bouche un doux flair, qui le thym,
Le jasmin et l'oeillet, la framboise et la fraise
Surpasse de douceur, tant une douce braise
Vient de la bouche au coeur par un nouveau chemin.
Il sort de votre sein une odoreuse haleine
(Je meurs en y pensant) de parfum toute pleine,
Digne d'aller au ciel embaumer Jupiter.
Mais quand toute mon âme en plaisir se consomme
Mourant dessus vos yeux, lors pour me dépiter
Vous fuyez de mon col, pour baiser un jeune homme.
Quand d'un baiser d'amour votre bouche me baise,
Je suis tout éperdu, tant le coeur me bat d'aise.
Entre vos doux baisers puissé-je prendre fin !
Il sort de votre bouche un doux flair, qui le thym,
Le jasmin et l'oeillet, la framboise et la fraise
Surpasse de douceur, tant une douce braise
Vient de la bouche au coeur par un nouveau chemin.
Il sort de votre sein une odoreuse haleine
(Je meurs en y pensant) de parfum toute pleine,
Digne d'aller au ciel embaumer Jupiter.
Mais quand toute mon âme en plaisir se consomme
Mourant dessus vos yeux, lors pour me dépiter
Vous fuyez de mon col, pour baiser un jeune homme.
09/06 à 10:46:29
dicocitations a écrit :
Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse.
Sus ! debout ! allons voir l'herbelette perleuse,
Et votre beau rosier de boutons couronné,
Et vos oeillets mignons auxquels aviez donné,
Hier au soir de l'eau, d'une main si soigneuse.
Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeux
D'être plus tôt que moi ce matin éveillée :
Mais le dormir de l'Aube, aux filles gracieux,
Vous tient d'un doux sommeil encor les yeux sillée.
Çà ! çà ! que je les baise et votre beau tétin,
Cent fois, pour vous apprendre à vous lever matin.
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse.
Sus ! debout ! allons voir l'herbelette perleuse,
Et votre beau rosier de boutons couronné,
Et vos oeillets mignons auxquels aviez donné,
Hier au soir de l'eau, d'une main si soigneuse.
Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeux
D'être plus tôt que moi ce matin éveillée :
Mais le dormir de l'Aube, aux filles gracieux,
Vous tient d'un doux sommeil encor les yeux sillée.
Çà ! çà ! que je les baise et votre beau tétin,
Cent fois, pour vous apprendre à vous lever matin.
09/06 à 10:46:14
dicocitations a écrit :
Marie, baisez-moi
Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas,
Mais tirez-moi le coeur de votre douce haleine ;
Non, ne le tirez pas, mais hors de chaque veine
Sucez-moi toute l'âme éparse entre vos bras ;
Non, ne la sucez pas ; car après le trépas
Que serais-je sinon une semblance vaine,
Sans corps, dessus la rive, où l'amour ne démène
(Pardonne-moi, Pluton) qu'en feintes ses ébats ?
Pendant que nous vivons, entr'aimons-nous, Marie,
Amour ne règne pas sur la troupe blêmie
Des morts, qui sont sillés d'un long somme de fer.
C'est abus que Pluton ait aimé Proserpine ;
Si doux soin n'entre point en si dure poitrine :
Amour règne en la terre et non point en enfer.
Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas,
Mais tirez-moi le coeur de votre douce haleine ;
Non, ne le tirez pas, mais hors de chaque veine
Sucez-moi toute l'âme éparse entre vos bras ;
Non, ne la sucez pas ; car après le trépas
Que serais-je sinon une semblance vaine,
Sans corps, dessus la rive, où l'amour ne démène
(Pardonne-moi, Pluton) qu'en feintes ses ébats ?
Pendant que nous vivons, entr'aimons-nous, Marie,
Amour ne règne pas sur la troupe blêmie
Des morts, qui sont sillés d'un long somme de fer.
C'est abus que Pluton ait aimé Proserpine ;
Si doux soin n'entre point en si dure poitrine :
Amour règne en la terre et non point en enfer.
09/06 à 10:45:25
dicocitations a écrit :
Amourette
Marie, à tous les coups vous me venez reprendre
Que je suis trop léger, et me dites toujours,
Quand je vous veux baiser, que j'aille à ma Cassandre,
Et toujours m'appelez inconstant en amours.
Je le veux être aussi, les hommes sont bien lourds
Qui n'osent en cent lieux neuve amour entreprendre.
Celui-là qui ne veut qu'à une seule entendre,
N'est pas digne qu'Amour lui fasse de bons tours.
Celui qui n'ose faire une amitié nouvelle,
A faute de courage, ou faute de cervelle,
Se défiant de soi, qui ne peut avoir mieux.
Les hommes maladifs, ou matés de vieillesse,
Doivent être constants : mais sotte est la jeunesse
Qui n'est point éveillée, et qui n'aime en cent lieux.
Marie, à tous les coups vous me venez reprendre
Que je suis trop léger, et me dites toujours,
Quand je vous veux baiser, que j'aille à ma Cassandre,
Et toujours m'appelez inconstant en amours.
Je le veux être aussi, les hommes sont bien lourds
Qui n'osent en cent lieux neuve amour entreprendre.
Celui-là qui ne veut qu'à une seule entendre,
N'est pas digne qu'Amour lui fasse de bons tours.
Celui qui n'ose faire une amitié nouvelle,
A faute de courage, ou faute de cervelle,
Se défiant de soi, qui ne peut avoir mieux.
Les hommes maladifs, ou matés de vieillesse,
Doivent être constants : mais sotte est la jeunesse
Qui n'est point éveillée, et qui n'aime en cent lieux.
09/06 à 10:45:09
dicocitations a écrit :
Je ne suis seulement amoureux de Marie
Je ne suis seulement amoureux de Marie,
Anne me tient aussi dans les liens d'Amour,
Ore l'une me plaît, ore l'autre à son tour :
Ainsi Tibulle aimait Némésis, et Délie.
On me dira tantôt que c'est une folie
D'en aimer, inconstant, deux ou trois en un jour,
Voire, et qu'il faudrait bien un homme de séjour,
Pour, gaillard, satisfaire à une seule amie.
Je réponds à cela, que je suis amoureux,
Et non pas jouissant de ce bien doucereux,
Que tout amant souhaite avoir à sa commande.
Quant à moi, seulement je leur baise la main,
Les yeux, le front, le col, les lèvres et le sein,
Et rien que ces biens-là d'elles je ne demande.
Second livre des Amours
Je ne suis seulement amoureux de Marie,
Anne me tient aussi dans les liens d'Amour,
Ore l'une me plaît, ore l'autre à son tour :
Ainsi Tibulle aimait Némésis, et Délie.
On me dira tantôt que c'est une folie
D'en aimer, inconstant, deux ou trois en un jour,
Voire, et qu'il faudrait bien un homme de séjour,
Pour, gaillard, satisfaire à une seule amie.
Je réponds à cela, que je suis amoureux,
Et non pas jouissant de ce bien doucereux,
Que tout amant souhaite avoir à sa commande.
Quant à moi, seulement je leur baise la main,
Les yeux, le front, le col, les lèvres et le sein,
Et rien que ces biens-là d'elles je ne demande.
Second livre des Amours
09/06 à 10:44:37
dicocitations a écrit :
Bobland a écrit : " De quelle Marie parle Ronsard à votre avis ? Celle des culs bénis sans doute pour sortir une telle paraphrase ! je ne me sens pas concerné par cet amour marial ! "
Pas du tout !
En 1555 Ronsard tombe amoureux d'une "fleur angevine de quinze ans", Marie Dupin. Cette jeune paysanne le fera renoncer aux complications pétrarquistes que lui inspirait Cassandre. Pour 'Marie', il composera des poèmes érotiques simples et clairs.
Pas du tout !
En 1555 Ronsard tombe amoureux d'une "fleur angevine de quinze ans", Marie Dupin. Cette jeune paysanne le fera renoncer aux complications pétrarquistes que lui inspirait Cassandre. Pour 'Marie', il composera des poèmes érotiques simples et clairs.
09/06 à 10:44:08
Bobland a écrit :
De quelle Marie parle Ronsard à votre avis ? Celle des culs bénis sans doute pour sortir une telle paraphrase !
je ne me sens pas concerné par cet amour marial !
je ne me sens pas concerné par cet amour marial !
09/06 à 10:22:23
fantaisie a écrit :
Que l'amour s'adonne à la jeunesse,
Et non point de vieilliesse épargnée
Pour qu'aimer, de nos coeurs, soit ivresse
Malgré les blancs cheveux, mains frippées,
La Nature nous convie aux fruits
Sucrés : s'aimer encore une nuit
De douceurs, se presser de châleurs,
Donner l'un à l'autre jusqu'aux lueurs,
Le grand sentiment que sa jeunesse
est un sourire d'enfant candide;
Puis pointe le soleil ; et est-ce
Pour autant ,fin d'un roman avide?
Et non point de vieilliesse épargnée
Pour qu'aimer, de nos coeurs, soit ivresse
Malgré les blancs cheveux, mains frippées,
La Nature nous convie aux fruits
Sucrés : s'aimer encore une nuit
De douceurs, se presser de châleurs,
Donner l'un à l'autre jusqu'aux lueurs,
Le grand sentiment que sa jeunesse
est un sourire d'enfant candide;
Puis pointe le soleil ; et est-ce
Pour autant ,fin d'un roman avide?
09/06 à 05:46:50
dicocitations a écrit :
Marie, qui voudrait votre nom...
Marie, qui voudrait votre nom retourner,
Il trouverait Aimer ; aimez-moi donc, Marie;
Votre nom de nature à l'amour vous convie,
Il faut votre jeunesse à l'amour adonner.
S'il vous plaît pour jamais votre ami m'ordonner,
Ensemble nous prendrons les plaisirs de la vie,
D'une amour contre-aimée, et jamais autre envie
Ne me pourra le coeur du vôtre détourner.
Si faut-il bien aimer au monde quelque chose;
Celui qui n'aime point, pour son but se propose
Une vie de Scythe, et ses jours veut passer
Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh ! qu'est-il rien de doux sans Vénus ? Las, à l'heure
Que je n'aimerai plus, puissé-je trépasser!
Marie, qui voudrait votre nom retourner,
Il trouverait Aimer ; aimez-moi donc, Marie;
Votre nom de nature à l'amour vous convie,
Il faut votre jeunesse à l'amour adonner.
S'il vous plaît pour jamais votre ami m'ordonner,
Ensemble nous prendrons les plaisirs de la vie,
D'une amour contre-aimée, et jamais autre envie
Ne me pourra le coeur du vôtre détourner.
Si faut-il bien aimer au monde quelque chose;
Celui qui n'aime point, pour son but se propose
Une vie de Scythe, et ses jours veut passer
Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh ! qu'est-il rien de doux sans Vénus ? Las, à l'heure
Que je n'aimerai plus, puissé-je trépasser!
09/06 à 00:01:12
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