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<12345La recherche du grand homme est le rêve de la jeunesse et la plus sérieuse occupation de l'âge mûr.
C'est un des mystères attachés à la condition humaine, et la définition de sa folie essentielle, que le domaine de l'inexistant ait presque toujours la part la plus belle par rapport au domaine de l'existant.
L'homme a peu de chances de cesser d'être un tortionnaire pour l'homme, tant qu'il continuera à apprendre sur la bête son métier de bourreau.
Correspondance Lettres à ses amis et quelques autres.
[ Marguerite Yourcenar ]

Quand un homme désire tuer un tigre, il appelle cela sport. Quand un tigre le tue, il appelle cela férocité.
Je suis le frère en Dieu de tout ce qui vit, de la girafe et du crocodile, comme de l'homme et le concitoyen de tout ce qui habite le grand hôtel garni de l'univers.
Entre la pitié envers les bêtes et la bonté d'âme, il y a un lien étroit : on peut dire sans hésiter, quand un individu est méchant pour les bêtes qu'il ne saurait être homme de bien.
La cruauté envers les bêtes est la violation d'un devoir de l'homme envers lui-même.
Les âmes des bêtes sont des formes substantielles, a dit Aristote ; et après Aristote, l’école arabe ; et après l’école arabe, l’école angélique ; et après l’école angélique, la Sorbonne ; et après la Sorbonne, personne au monde.
Quelle pitié, quelle pauvreté, d’avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n’apprennent rien, ne perfectionnent rien, etc. !.
Les naturels sanguinaires à l'endroit des bêtes témoignent d'une propension naturelle à la cruauté.
Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé pour l'arrêter comme trop prompt, si imprudents que nous errons dans des temps qui ne sont point nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient, et si vains que nous songeons à ceux qui ne sont rien, et échappons sans réflexion le seul qui subsiste. C'est que le présent d'ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue parce qu'il nous afflige, et s'il nous est agréable nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l'avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance pour un temps où nous n'avons aucune assurance d'arriver.
Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s'entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut en effet récolter la joie et l'amour.
Il est important, je crois, de reconnaître et d’accepter le fait que les opinions philosophiques et religieuses sont des visions subjectives, in exportables, sauf entre ceux qui s’y reconnaissent. La « vérité absolue » est un mythe dangereux qui fonde les intolérances et les guerres de religion. Celui qui croit détenir la vérité veut l’imposer aux autres. L’inquisition utilise la force et même la mort comme moyen de persuasion….
Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous dit de ceux qui ne pensent pas comme nous.
Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous le soyons jamais.
Le principal problème dans le monde est la peur et la haine primitive manifestées à l’égard de ceux qui sont différents. Il ne faut pas se faire d’illusions; ni la prospérité matérielle ni le progrès technologique ne parviendront seuls à purger les âmes de leur noirceur.
À la fin de son dernier mandat, le président des États-Unis, Bill Clinton, rappelait aux homosexuels qu’ils sont une partie indissociable de l’Amérique.
[ Bill Clinton ]

On jugerait bien plus sûrement un homme d’après ce qu’il rêve que d’après ce qu’il pense.
Un fou, ce n'est que les idées ordinaires d'un homme mais bien enfermées dans une tête. Le monde n'y passe pas à travers sa tête et ça suffit. Ça devient comme un lac sans rivière une tête fermée, une infection.
C'est bon les villes inconnues ! C'est le moment et l'endroit où on peut supposer que les gens qu'on rencontre sont tous gentils. C'est le moment du rêve. On peut profiter que c'est le rêve pour aller perdre quelque temps au jardin public.
On prend tout pour des chagrins d'amour quand on est jeune et qu'on ne sait pas. ..
C'est plus compliqué et plus pénible que la défécation notre effort mécanique de la conversation. Cette corolle de chair bouffie, la bouche, qui se convulse à siffler, aspire et se démène, pousse toutes espèces de sons visqueux à travers le barrage puant de la carie dentaire, quelle punition ! Voilà pourtant ce qu'on nous adjure de transposer en idéal. C'est difficile. Puisque nous sommes des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. Amoureux ce n'est rien c'est tenir ensemble qui est difficile.
Les riches n'ont pas besoin de tuer eux-mêmes pour bouffer. Ils les font travailler les gens comme ils disent. Ils ne font pas le mal eux-mêmes, les riches. Ils payent. On fait tout pour leur plaire et tout le monde est bien content. Pendant que leurs femmes sont belles, celles des pauvres sont vilaines. C'est un résultat qui vient des siècles, toilettes mises à part. Belles mignonnes, bien nourries, bien lavées.
Le délire scientifique plus raisonné et plus froid que les autres est en même temps le moins tolérable d'entre tous. Mais quand on a conquis quelques facilités pour subsister même assez chichement dans un certain endroit, à l'aide de certaines grimaces, il faut bien persévérer ou se résigner à crever comme un cobaye. Les habitudes s'attrapent plus vite que le courage et surtout l'habitude de bouffer.
C'est simplement comme l'eau profonde, elle a des reflets et pourtant aucun objet ne s'y réfléchit. L'intensité du silence a ses reflets de cigales.
Aujourd’hui les histoires les plus surprenantes nous arrivent par le petit écran ou par les journaux. Alors, pourquoi écrire ? Justement parce que c’est autre chose. Parce que cela procède d’un rendez-vous surnaturel.
Qui peut croire qu’on écrit simplement pour faire un livre ?.
Ô vie terrestre et rampante, tu ne pourras nier que l’écriture est une consolation.
Comment peut-on créer la vie avec des mots ? Car, enfin, écrire c’est le contraire de vivre. Pour raconter le temps, il faut s’enfermer soi-même dans une mortelle saison, d’où l’on sent mieux le temps qui passe et qu’on en est le passager.
Je ne peux écrire qu’en songeant que ce sera bientôt l’heure de mourir.
Il faut tellement croire à la vie pour écrire. Nous devrions tous faire un testament en nous imprimant dans la roche, la pierre, la terre.
Comment se protéger derrière un masque quand on entend le raclement de la pelle qui creuse la fosse ?.
Que j’écrive ou non, la face du monde n’en sera pas changée. Et pourtant, c’est un peu comme si j’étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
Les livres m’apparaissent comme les tombes d’êtres aimés qu’on oublie de visiter. Oui, les livres ont à voir avec la mort.
J’aime la page que je vais écrire comme une amoureuse qui court à son rendez-vous.
Écrire ne serait donc qu’un leurre, une autre compromission avec le temps.
Je ne sais rien faire avec le vide. Il me faut le remplir avec tous ces mots. Pétrir les mots. La terre. Le pain. Pétrir d’autres chairs pour de dérisoires résurrections. Il faut que la vie soit pétrie. Giflée. La course haletante. L’eau vive et froide. Surtout froide.
Quand j’ai écrit ce que je voulais (et surtout ce que je ne voulais pas), j’ai moins peur que le temps passe.
Même sans prendre un crayon, j’ai toujours écrit. Écrire est devenu pour moi une manière de combler le temps entre l’intolérable naissance et l’intolérable mort.
Il est très curieux de constater que dans l'armée, les statistiques le prouvent, la mortalité augmente bizarrement en temps de guerre.
Charles a raison, la plupart des hommes se contentent d'un boulot, d'un toit, de quelques heures de repos le dimanche et ils s'estiment heureux comme ça ; heureux d'être tranquilles, pas d'être en vie ! Que leurs voisins souffrent, tant que la peine ne rentre pas chez eux, ils préfèrent ne rien voir ; faire comme si les mauvaises choses n'existaient pas. Ce n'est pas toujours de la lâcheté. Pour certains, vivre demande déjà beaucoup de courage.
C'est fou comme le fait de bénéficier d'une reconnaissance, aussi infime soit-elle, peut vous mettre du baume à l'âme. Finalement, se sentir anonyme auprès des gens qui vous côtoient est une souffrance bien plus importante qu'on ne le suppose, c'est comme si on était invisible.
Des années durant j'avais lutté contre mon coeur parce que j'avais peur de la tristesse, de la souffrance, de l'abandon. J'avais toujours su que le véritable amour était au-dessus de tout cela et qu'il valait mieux mourir que de ne pas aimer. Mais je pensais que seuls les autres avaient du courage. Et maintenant, en cet instant, je découvrais que j'en étais moi aussi capable. Même s'il signifiait séparation, solitude, tristesse, l'amour valait bien le moindre centime de son prix.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]

L'amour est toujours nouveau. Peu importe que l'on aime une fois, deux fois, dix fois, dans sa vie - on se trouve toujours devant une situation inconnue. L'amour peut nous mener en enfer ou au paradis, mais il nous mène toujours quelque part. Il faut l'accepter, parce qu'il est ce qui nourrit notre existence. Si nous nous dérobons, nous mourrons de faim en ayant sous les yeux les branches chargées de fruits de l'arbre de la vie, sans oser tendre la main pour les cueillir. Il faut aller chercher l'amour où qu'il soit, quand bien même cela peut signifier des heures, des jours, des semaines de déception et de tristesse. Parce que, dès le moment où nous partirons en quête de l'amour, lui aussi partira à notre rencontre. Et nous sauvera.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]

Il est inutile de parler d'amour, car l'amour possède sa propre voix, et parle de lui-même.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]

Aimer est comme une drogue. Au début, tu as une sensation d'euphorie, d'abandon total. Le lendemain, tu en veux davantage. Ce n'est pas encore l'intoxication, mais tu as apprécié la sensation, et tu crois pouvoir en rester maître. Tu penses à l'être aimé pendant deux minutes et tu l'oublies trois heures durant. Mais, peu à peu, tu t'habitues à cet être, et tu en deviens complètement dépendant. Alors, tu penses à lui trois heures durant et tu l'oublies pendant deux minutes. S'il n'est pas à proximité, tu éprouves la même sensation que les drogués quand ils sont en manque. Et de même que les drogués volent et s'humilient pour se procurer ce dont ils ont besoin, tu es prêt à faire n'importe quoi pour l'amour.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]

Seul celui qui est heureux peut répandre le bonheur autour de lui.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]

L'univers nous aide toujours à nous battre pour nos rêves, si bêtes qu'ils puissent paraître. Parce que ce sont nos rêves, et nous sommes seuls à savoir combien il nous a coûté de les rêver.
Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré
[ Paulo Coehlo ]
