Tout est toujours compliqué, alambiqué, dans les sentiments. Tout le monde voudrait dire je t’aime, être heureux. Etre heureux définitivement, sans altération, sans ramification ; sans amplification mais sans dégénérescence : on en appelle à du fixe, à de l’immobile, à de l’immarcescible. Non il y a toujours une tumeur qui sourd, un orage qui fait ses gammes quelque part, une horreur qui tonne. On ne peut s’acheter, une fois pour toutes, cette tranquillité qui apaise, ronronne pourrait mourir avec nous, doucement.
Tout est toujours compliqué, alambiqué, dans les sentiments. Tout le monde voudrait dire je t’aime, être heureux. Etre heureux définitivement, sans altération, sans ramification ; sans amplification mais sans dégénérescence : on en appelle à du fixe, à de l’immobile, à de l’immarcescible. Non il y a toujours une tumeur qui sourd, un orage qui fait ses gammes quelque part, une horreur qui tonne. On ne peut s’acheter, une fois pour toutes, cette tranquillité qui apaise, ronronne pourrait mourir avec nous, doucement. Yann Moix