La nature éteint les livres. L’herbe recouvre la pensée. Le vert absorbe l’encre. On traverse une terre comme on épuise un amour. On est changé par ce qu’on traverse. Le paysage afflue dans le corps. Le vent s’engouffre dans le sang. Le ciel remonte au coeur. On regarde des oiseaux qui s’affairent dans un arbre abondant, chevelu. Ils s’appellent, se répondent, le bec éclaboussé d’ombre.
La nature éteint les livres. L’herbe recouvre la pensée. Le vert absorbe l’encre. On traverse une terre comme on épuise un amour. On est changé par ce qu’on traverse. Le paysage afflue dans le corps. Le vent s’engouffre dans le sang. Le ciel remonte au coeur. On regarde des oiseaux qui s’affairent dans un arbre abondant, chevelu. Ils s’appellent, se répondent, le bec éclaboussé d’ombre. Christian Bobin