Quel est l’auteur de la phrase : C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous

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Quel est l’auteur de cette affirmation ?

C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.

Est-ce ?

  1. Thomas More
  2. Érasme
  3. Machiavel

 

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    C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.

    Est un condensé de ce qu’écrit Erasme dans l’Eloge de la folie.

    Il n’est point de prudence plus pernicieuse que celle qui ne fait pas s’accommoder au temps & aux circonstances; & qui voudrait que la comédie ne fût point une comédie. Buvez, ou allez vous-en, disaient autrefois les Grecs à leurs convives; & ils avaient raison. La vraie prudence consiste, puisque nous sommes hommes, à ne pas vouloir être plus sage que notre nature ne le comporte. Il faut ou supporter de bonne grâce les folies de la multitude, ou se laisser entrainer avec elle par le torrent des erreurs.

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      C’ est une grande folie que de vouloir être sage tout seul.
      Réflexions ou Sentences et Maximes morales (1664), 231
      François, duc de La Rochefoucauld

      Dicocitations a répondu il y a
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        Éloge de la folie de Erasme
        Ô toi ! Le plus fou de tous les hommes, toi qui aspire à la sagesse, pèse un peu, je te prie, toutes les peines, toutes les inquiétudes qui déchirent jour et nuit ton âme, jette un coup d’œil sur les épines que cette sagesse sème sur tous les instants de ta vie, et tu connaîtras enfin de quelle foule de maux je préserve mes favoris !

        Éloge de la folie de Erasme
        C’est donc moi qui procure au vieillard le délire qui le fait extravaguer ; mais aussi c’est ce délire heureux qui chasse loin de lui toutes ces inquiétudes, tous ces chagrins qui tourmentent le sage.

        Éloge de la folie de Erasme
        – Les gens de ce monde tiennent sur moi bien des propos, et je sais tout le mal qu’on entend dire de la Folie, même chez les fous. C’est pourtant moi, et moi seule, qui réjouis les Dieux et les hommes.

        « L’homme, cependant, étant né pour gouverner les choses, aurait dû recevoir plus qu’une petite once de raison. » Eloge de la folie, XVII

        Éloge de la folie de Erasme
        Accordez aussi aux fous une qualité qui n’est pas à dédaigner : seuls, ils sont francs et véridiques.

        Dicocitations a répondu il y a
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          Erasme qui est l’auteur de l’Éloge de la folie

          Quelques citations.

          La folie des amants est la plus douce de toutes les folies.

          [Les hommes] donnent à la folie tant de formes différentes, ils en inventent chaque jour un si grand nombre de nouvelles, que mille Démocrites suffiraient à peine pour rire de leurs extravagances : et ces mille Démocrites, s’ils existaient, pourraient bien fournir eux-mêmes de quoi rire à quelque autre nouveau Démocrite.

          Si vous trouvez à mon discours trop de pétulance ou de loquacité, songez que je suis la Folie et que j’ai parlé en femme. Souvenez-vous cependant du proverbe grec : « Souvent un fou même raisonne bien bel », à moins que vous ne pensiez que ce texte exclue les femmes. Vous attendez, je le vois, une conclusion. Mais vous êtes bien fous de supposer que je me rappelle mes propos, après cette effusion de verbiage. Voici un vieux mot : « Je hais le convive qui se souvient»; et voici un mot neuf : « Je hais l’auditeur qui n’oublie pas. » Donc, adieu ! Applaudissez, prospérez et buvez, illustres initiés de la Folie !

          Le Christ, dans les psaumes sacrés, dit à son Père : « Vous connaissez ma folie. »
          (…)
          Sa compagnie de prédilection est celle des petits enfants, des femmes et des pêcheurs. Même parmi les bêtes, il préfère celles qui s’éloignent le plus de la prudence du renard. Aussi choisit-il l’âne pour monture, quand il aurait pu, s’il avait voulu, cheminer sur le dos d’un lion ! Le Saint-Esprit est descendu sous la forme d’une colombe, non d’un aigle ou d’un milan. L’Écriture sainte fait mention fréquente de cerfs, de faons, d’agneaux. Et notez que le Christ appelle ses brebis ceux des siens qu’il destine à l’immortelle vie. Or, aucun animal n’est plus sot ; Aristote assure que le proverbe « tête de brebis », tiré de la stupidité de cette bête, s’applique comme une injure à tous les gens ineptes et bornés. Tel est le troupeau dont le Christ se déclare le pasteur. Il lui plaît de se faire appeler agneau lui-même, C’est ainsi que le désigne saint Jean: « Voici l’agneau de Dieu ! » et c’est la plus fréquente expression de l’Apocalypse.

          Que signifie tout cela sinon que la folie existe chez tous les mortels, même dans la piété ? Le Christ lui-même, pour secourir cette folie, et bien qu’il fût la sagesse du Père, a consenti à en accepter sa part, le jour où il a revêtu la nature humaine et « s’est montré sous l’aspect d’un homme », ou quand il s’est fait péché pour remédier aux péchés. Il n’a voulu y remédier que par la folie de la Croix, à l’aide d’apôtres ignorants et grossiers ; il leur recommande avec soin la Folie, en les détournant de la Sagesse, puisqu’il leur propose en exemple les enfants, les lis, le grain de sénevé, les passereaux, tout ce qui est inintelligent et sans raison, tout ce qui vit sans artifice ni souci et n’a pour guide que la Nature.

          Il les avertit de ne pas s’inquiéter, s’ils ont à discourir devant les tribunaux ; il leur interdit de se préoccuper du temps et du moment et même de se fier à leur prudence, pour ne dépendre absolument que de lui seul.

          Voilà pourquoi Dieu, lorsqu’il créa le monde, défendit de goûter à l’arbre de la Science, comme si la Science était le poison du bonheur. Saint Paul la rejette ouvertement, comme pernicieuse et nourricière d’orgueil ; et saint Bernard le suit sans doute, lorsque, ayant à désigner la montagne où siège Lucifer, il l’appelle : Montagne de la Science.

          Voici sans doute une preuve qu’il ne faut pas oublier. La Folie trouve grâce dans le Ciel, puisqu’elle obtient seule la rémission des péchés, alors que le sage n’est point pardonné.

          Ce qui distingue le fou du sage, c’est que le premier est guidé par les passions, le second par la raison

          Les femmes courent après les fous ; elles fuient les sages comme des animaux venimeux.

          Dicocitations a répondu il y a
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            Érasme est un prénom. Enfant naturel d’un homme qui deviendra prêtre, notre auteur n’a pas de nom. On le verra se désigner lui-même sous le nom de Desiderius (Désiré, parfois traduit Didier) Erasmus, mais Desiderius n’est jamais qu’une approximative traduction latine du mot grec Erasmos.

            C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.

            Dicocitations a répondu il y a
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