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Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc. , je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit à la majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. Après avoir rendu tout d’abord stupide leur bétail domestique, et soigneusement pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors du parc où ils sont enfermés, ils leur montrent ensuite le danger qu’il y aurait de marcher tout seul.

Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient

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Les Lumières se définissent comme la sortie de l’homme hors de l’état de minorité, où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l’incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d’un manque d’entendement, mais d’un manque de résolution et de courage pour s’en servir sans être dirigé par un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières. La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, alors que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs ; et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs.

Les Lumières se définissent comme la sortie de l’homme hors de l’état de minorité, où il se maintient par sa

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Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l’Europe et au genre humain, je la regarderais comme un crime.

Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de

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Le mal que l’on fait dans la durée d’un jour empêche les germes de vertu qui commençaient à rejaillir de se développer et les détruit. Une fois que les germes de vertu se sont ainsi vus empêchés à maintes reprises de se développer, le souffle bienfaisant du soir ne suffit pas à les conserver. Dès que le souffle du soir ne suffit plus à les conserver, la nature de l’homme, alors, ne diffère pas beaucoup de celle de la brute. Les hommes, en voyant que la nature de cet homme ressemble à celle d’une brute, croient qu’il n’a jamais possédé le sens inné de la raison.

Le mal que l’on fait dans la durée d’un jour empêche les germes de vertu qui commençaient à rejaillir de

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Soudain, je ne sais comment, le cas fut subit, je n’eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent à se jeter et à sauter en mer après, à la file. La foule était à qui le premier y sauterait après leur compagnon. Il n’était pas possible de les en empêcher, comme vous savez du mouton le naturel, toujours suivre le premier, quelque part qu’il aille.

Soudain, je ne sais comment, le cas fut subit, je n’eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire,

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Quand donc l’avis contraire au mien l’emporte, cela ne prouve autre chose sinon que je m’étais trompé, et que ce que j’estimais être la volonté générale ne l’était pas. Si mon avis particulier l’eût emporté, j’aurais fait autre chose que ce que j’avais voulu, c’est alors que je n’aurais pas été libre.

Quand donc l’avis contraire au mien l’emporte, cela ne prouve autre chose sinon que je m’étais trompé, et que ce

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Ce que c’est que le Moi, je n’en sais rien. La conscience ? une répulsion épouvantable de l’Innommé, du mal tramé, car le JE vient quand le coeur l’a noué enfin, élu, tiré hors de ceci et de cela, contre ceci et pour cela, à travers l’éternelle supputation de l’horrible, dont tous les non-moi, démons, assaillent ce qui sera mon être. ..

Ce que c’est que le Moi, je n’en sais rien. La conscience ? une répulsion épouvantable de l’Innommé, du mal

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