Au New College d'Oxford, le 30 mars 1663, le professeur Robert Grove est retrouvé mort dans son cabinet. Ce personnage historique a été chassé de sa chaire en 1648 à cause de ses sympathies royalistes. Il la retrouve treize ans plus tard. Sa carrière donne l'idée du trouble contexte historique dans lequel Iain Pears a choisi de placer cet épais roman policier. Historien de formation, spécialiste du 17e siècle en Angleterre, l'auteur tisse donc l'intrigue à l'époque de la restauration Stuart. Après la guerre civile des années 1640, la chute du roi Charles Ier, exécuté en 1649 et la dizaine d'années de dictature du puritain Cromwell. C'est le retour des Stuart mais la situation politique est troublée, les règlements de compte se succèdent. Parallèlement, une grande effervescence intellectuelle anime les esprits. La mort de Robert Grove est le mystère du livre. Des traces d'arsenic rendent l'hypothèse d'un assassinat très probable. La servante du professeur, Sarah Blundy, est alors jugée et condamnée. Elle est très vite soupçonnée parce que Robert Grove a refusé d'aider sa mère malade, une guérisseuse sérieusement suspectée d'être sorcière. Tels sont les faits dont quatre versions sont données par des témoins. Le premier est un gentilhomme vénitien, fasciné par l'anatomie et la circulation sanguine. Le fils d'un royaliste accusé de trahison fait le second récit. Le troisième est celui d'un mathématicien xénophobe aux scrupules politiques inexistants. Enfin, un obscur historien, érudit et curieux, s'efforce d'enquêter avec rigueur. Ce roman imprévisible, à la fois thriller ingénieux et roman historique construit comme un savant puzzle, a suscité l'enthousiasme des critiques à sa parution. De plus, Iain Pears, spécialiste de l'époque, résout l'énigme de l'intérieur, c'est à dire que ses personnages raisonnent selon leur temps et leur imaginaire.
Ce livre, longtemps interdit, est devenu légendaire. Le festin nu est une descente aux enfers de la drogue - morphine, héroïne, cocaïne, opium... Sujétion, délivrance et rechute, tel est le cycle qui constitue l'un des problèmes du monde moderne. Suite d'épisodes enchevêtrés et disparates où se mêlent hallucinations et métamorphoses, clowneries surréalistes et scènes d'horreur à l'état pur, cauchemars et délires poético-scientifiques, érotisme et perversions, Le festin nu est d'une veine à la fois terrifiante, macabre, et d'un comique presque insoutenable.
En 1890, George du Maurier suggéra à son ami Henry James un sujet de roman où il était question de rencontres dans des rêves, dont l'envers console de l'endroit des jours, d'incursions dans le passé, d'un captif et de la femme qu'il aime, partageant leurs aventures avec des personnages de jadis et même les enfants qu'ils avaient été. Henry James déclina l'offre, mais encouragea Du Maurier à se mettre au travail. Peter Ibbetson parut en 1891 et obtint un grand succès.
Ce livre a été une bombe. Il a éclaté dans le ciel de New York, au lendemain de la Première Guerre mondiale, comme le manifeste d'une génération. Scott Fitzgerald décrivait la vie nouvelle, libre, hardie de la jeunesse. Le jeune provincial du Middle West, fraîchement débarqué, avait écrit sans le savoir une bible, celle de l'âge du jazz.
Jenny Fields ne veut pas d'homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d'écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n'est jamais loin… Un livre culte, à l'imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.
Né en 1942, John Irving est l'un des plus grands romanciers américains de sa génération. Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, a connu un succès mondial et a été porté à l'écran. Tous les romans de cet auteur sont disponibles en Points.
Lawrence dépeint trois femmes, trois générations, trois sortes d'amour : l'amour-idéal, l'amour-charnel, l'amour-qui-se-fuit. Ce livre évoque l'incessante bataille que livrent quelques êtres pour se libérer des contraintes sociales et, une fois retrouvé l'état de nature, naître pour de bon à la vérité de soi.
Accroupi dans la neige, il tirait des branchettes du fouillis de bois mort et les posait directement sur la flamme. Il savait qu'il ne pouvait risquer un échec. Quand il fait soixante-quinze degrés au-dessous de zéro, on ne peut pas échouer dans sa première tentative de construire un feu. Construire un feu, l'un des "récits du Klondike" écrits par Jack London (1876-1916) an tournant du siècle, fut, dit-on, le livre de chevet de Lénine.
Selon F. McCourt, rien ne peut se comparer à la misère qui sévissait en Irlande. C'est celle-là qu'il a vécue, dès lors que ses parents ont quitté New York pour regagner l'Irlande de leurs origines. Avec retenue et simplicité, il raconte le père alcoolique, la mère résignée, l'humidité qui pénètre gens et objets, le patriotisme irlandais issu de siècles de répression, les prêtres "pompeux"… Aîné de sa famille, Frankie surveille ses petits frères, tout en faisant lui-même les quatre cents coups. L'auteur a su retrouver son regard d'enfant dans cette magnifique autobiographie qui lui a valu notamment le prix Pulitzer 1997.
En plein XIXe siècle, dans le pays qui est en passe de devenir le plus industrialisé du monde, Thoreau tourne le dos à la civilisation et s'installe seul, dans les bois, à un mille de tout voisinage, dans une cabane qu'il a construite lui-même, au bord de l'étang de Walden, Massachusetts. Il ne doit plus sa vie qu'au travail de ses mains. C'est là qu'il commence à écrire Walden, grand classique de la littérature américaine, hymne épicurien, souvent loufoque, à la nature, aux saisons, aux plantes et aux bêtes, toutes choses et tous êtres qui ne sont, selon les propres dires de Thoreau, que « l'envers de ce qui est au-dedans de nous ».
Biographie
Né en 1817 à Concord, Massachusetts. Après avoir été pendant quelques temps maître d'école dans sa ville natale, fait la connaissance d'écrivains et de poètes (Nathaniel Hawthorne, Emerson). En 1860, après une vie partagée entre l'écriture, les vagabondages, la petite entreprise familiale de crayons et les prises de position publiques en faveur des opprimés ou des anarchistes, Thoreau contracte la tuberculose et meurt à Concord en 1862, après que la guerre civile a éclaté.