Les proverbes sur l'amourL'amour est une chose si belle et chacun a sa propre façon de l'exprimer.

Certaines personnes aiment les chansons ou la poésie, et d'autres utilisent simplement des citations d'amour ou même des proverbes d'amour pour essayer de mettre en mots le plus merveilleux des sentiments...

L'amour ne peut être défini, et c'est pour cette raison que les cultures du monde entier ont inventé un très large éventail de proverbes et de dictons sur l'amour au fil des ans. Voici notre sélection de 100 des meilleurs proverbes d'amour du monde entier.

Parfois, la seule façon d'exprimer un sentiment, de donner un conseil ou d'énoncer une vérité est d'utiliser un proverbe ancien.

Il existe des centaines de proverbes d'amour, mais en connaître quelques uns est un moyen facile d'impressionner votre amoureux. De nombreux proverbes énoncent des vérités l'amour de soi, l'amour familial et l'amour perdu.

Mise à jour le mercredi 17 août 2022 à 18h37

Détacher de nos sélections de proverbes, maximes et dictons une rubrique dédiée à Femmes, à l'Amitié, à l'Amour et au Mariage, en proposant pour ceux sélectionnées leur signification était une évidence tant on n'a cessé et on ne cessera jamais d'écrire sur ces quatre grands thèmes.






Nous vous proposons ici une sélection de citations et proverbes sur l' amour.



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Proverbes sur l'amour





A battre faut l'amour

A battre faut l'amour. Faut est ici la troisième personne de l'indicatif du verbe faillir, et ce proverbe, tiré du latin, injuria solvit amorem, signifie que les mauvais traitements font cesser l'amour. — Cependant le cas n'est point sans exception. On sait que les femmes moscovites mesuraient l'amour qu'elles inspiraient à leur mari sur la violence avec laquelle elles étaient battues, et qu'il n'y avait ni paix ni contentement pour elles avant d'avoir éprouvé la pesanteur du bras marital. Exper'untia testalnr feminas moscoviticas verberibns placari. (Drex., de Jejutno, lib. I, cap. u.)
Une chanson d'un troubadour anonyme attribue le même goût aux filles de Montpellier. Las castanhas al brasier Peton quan no son mordudas ; Las fillas de Mounpelier Ploron quan no son battudas. Ce qu'un ancien traducteur a rendu vers pour vers de cette manière : Les châtaignes au brasier Pètent quand ne sont mordues ; Les filles de Montpellier Pleurent quand ne sont battues. On voit dans le Voyage en Grèce de Pouqueville que les femmes albanaises considèrent comme des marques d'amour les coups qu'elles reçoivent de leur mari. Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, si connu dans l'histoire sous le nom de Guillaume le Conquérant, fit longtemps une cour assidue à Mathilde de Flandre, qui le traitait avec une froideur dédaigneuse. L'ayant rencontrée, en 1047, dans une rue de Bruges, lorsqu'elle revenait de la messe, il la saisit, la renversa, la roula dans la boue et la battit outrageusement. La jolie Mathilde, soit que cette déclaration d'amour un peu brutale la convainquît de la violente passion de son amant, soit que la peur de le voir réitérer la même scène la disposât mieux pour lui, le traita désormais avec moins de rigueur et consentit enfin à l'épouser en 10à2. Les deux époux devinrent des modèles de tendresse conjugale. Cette anecdote est rapportée dans la Vie de la reine Mathilde, etc., par Strickland, t. I, ch. i.
Au reste, la violence dont usa Guillaume envers Mathilde était une conséquence logique de la passion qu'il avait' pour elle, et on a vu maintes fois, avant lui et après lui, plus d'un amoureux dédaigné outrager publiquement sa belle inhumaine, dans l'espérance qu'un tel outrage l'empêchant de trouver un autre époux, elle consentirait enfin à s'unir avec lui. Il y a encore une exception très-remarquable au proverbe, et ce sont les deux amants les plus célèbres qui l'ont fournie. Abeilard fustigeait quelquefois son Héloïse, qui ne l'en aimait pas moins. Lui-même, parlant à elle-même, rappelle la chose dans une de ses lettres, où il confesse d'un cœur contrit les scandaleux excès de sa passion immodérée : In ipsis diebus dominical Passionis, te nolentem ac dissuadentem sxpius minis ac flagellis ad consensum trahebam. — « Les jours mêmes de la Passion du Seigneur, lorsque tu me refusais ce que je demandais ou que tu m'exhortais à m'en priver, ne t'ai-je pas souvent forcée par des menaces et des coups de fouet à  céder à mes désirs? » Ausone avait deviné le cœur d'Héloi'se, lorsqu'il disait en peignant les qualités d'une maîtresse accomplie (épigr. Lxvh) : « Je veux qu'elle sache recevoir des coups, et qu'après les avoir reçus elle prodigue ses caresses à son amant. »
L'auteur des Mémoires de l'Académie de Troges, facétie spirituelle attribuée au comte de Caylus, mais que l'on croit plus généralement être de Groslcy, a examiné d'une manière plaisante jusqu'à quel point est fondée l'opinion que battre est une preuve d'amour. Voyez dans cet ouvrage (pag. 205 et suivantes) la Dissertation sur l'usage de battre sa maîtresse. Après tant de faits généraux et particuliers, qui contredisent le proverbe, ne serait-on pas tenté de croire qu'il est l'expression d'une opinion erronée, et que Sganarelle a raison de dire à sa femme, à laquelle il vient de donner des coups : « Ce sont petites choses qui sont de temps en temps nécessaires dans l'amitié, et cinq ou six coups de bâton entre gens qui s'aiment ne font que ragaillardir l'affection. » (Médecin malgré lui, act. I, se. m.) •


Aimer à la franche marguerite

Aimer à la franche marguerite. Cette locution, employée pour dire être dans une disposition d'amour pleine de sincérité et de confiance, fait allusion à une superstition amoureuse bien connue dans les campagnes, et que je vais expliquer.

Telle est la disposition du cœur de l'homme que, dans toutes les passions qu'il éprouve, il ne saurait jamais s'affranchir d'une sorte de'superstition. On dirait que, ne trouvant dans le monde réel rien qui réponde pleinementaux besoins d'émotion et desympathie produits par l'exaltation de son être, il cherche à âtendre ses rapports dans un monde merveilleux. C'est surtout dans l'amour que se manifeste cette disposition. L'amant est curieux, inquiet, il veut pénétrer l'avenir pour lui arracher le secret de sa destinée. Il rattache ses craintes et ses espérances à toutes les pratiques mystérieuses que son imagination lui fait croire capables de changer la volonté du sort et de la disposer en sa faveur. Il veut trouver dans tous les objets de la nature des assurances contre les craintes dont il est assiégé. Il les interroge sur les senliments de celle qu'il adore. Les fleurs, qui lui présentent son image, lui paraissent surtout propres à révéler l'oracle de l'amour. Lorsqu'il va rêvant dans la prairie, il cueille une marguerite, il en arrache les pétales l'un après l'autre, en disant tour à tour : « M'aime-t-elle? — pas du tout, — un peu, beaucoup, — passionnément, » dans la persuasion que ce qu'il tient à savoir lui sera dit par celui de ces mots qui coïncidera avec la chute du dernier pétale. Si ce mot est pas du tout, il gémit, il se désespère ; si c'est passionnément, il s'enivre de joie, il se croit destiné à la suprême félicité, car la marguerite est trop franche pour le tromper.
Les amoureux villageois emploient aussi la plante vulgairement appelée pissenlit pour savoir s'ils sont aimés. Ils soufflent fortement sur les aigrettes duveteuses de cette plante, et s'ils les font toutes envoler d'un seul coup, c'est un signe certain qu'ils ont inspiré un véritable amour. Les bergers de Sicile, comme on le voit dans la troisième idylle de Théocrite, se servaient d'une feuille de la plante que ce poête nomme télêphilon (espèce de pavot). Ils la pressaient entre leurs doigts de manière à la faire claquer; car ils regardaient ce claquement comme un heureux présage que leur tendresse ne pouvait manquer d'être payée de retour. Les jeunes paysans anglais, lorsqu'ils aiment, ont soin de porter dans leur poche des boutons d'une certaine plante qui sont appelés, en raison d'un tel usage : bachelor's buttons (boutons de jeunes gens), persuadés que la manière dont ces boutons s'ouvrent et se flétrissent dpit leur faire connaître s'ils réussisiront ou non auprès de l'objet de leur passion. Shakspeare a rappelé cette coutume dans les Jogeuses Bourgeoises de Windsor (act. III, se. H).


Aimer mieux de loin que de près

Aimer mieux de loin que de près. Expression qui a beaucoup de rapport avec ce vers qu'Alcyone adresse à Céyx, dans les Métamorphoses d'Ovide fliv. XI, fab. xi) : . Jam via longa placet, jam sum tibi carior absens. Il est bien vrai qu'on aime mieux certaines personnes lorsqu'on n'est plus auprès d'elles, celles surtout qui sont d'un caractère peu conciliant, parce que leurs défauts, rendus moins sensibles et presque effacés par l'éloignement, ne contrarient plus la tendre impulsion du cœur, d'où le proverbe russe : Ensemble à charge, séparés, supplice, proverbe qui peut avoir été suggéré par ce joli vers latin : Nec possttm tecum vivere, nee sine te. Je ne puis vivre avec toi ni sans toi. Mais ce n'est pas là ce qu'on entend d'ordinaire quand on dit aimer mieux de loin que de près. Cette phrase n'a pas été faite pour exprimer ce que madame de Sévigné appelle si heureusement les unions de l'absence, et elle ne s'emploie guère que pour signifier qu'on ne se soucie point d'avoir un commerce assidu avec une personne.


Aimer n'est pas sans amer

Aimer n'est pas sans amer. Ou plus simplement aimer est amer. Ce jeude mots était un vrai calembour dans l'ancien temps, où l'on disait amer pour aimer. Le sens est suffisamment expliqué par cette apostrophe à l'amour tirée des Stances sur le déplaisir d'un départ, partie FV, liv. xi du roman d'Astrée. Que nos sages Gaulois savoient bien ta coustume, Lorsque, pour dire aimer, ils prononçoient amer! Amers sont, bien tes fruits, et pleines d'amertume Sont toutes les douceurs qu'on a pour bien aimer.

Amour et mort rien n'est plus fort

Amour et mort rien n'est plus fort, Rien ne résiste à l'amour ni à la mort. Il n'est d'homme ici-bas qui soit exempt d'amour non plus que de trépas. (Régnier.) C'est la belle pensée du Cantique des cantiques, où l'époux dit à la Sulamite : « Placez-moi comme un sceau sur votre cœur, parce que l'amour est fort comme la mort.» Pone me ut signaculum super cor tuum, quia fortis est ut mors dilectio (vin, 6).


Amour et seigneurie ne souffrent compagnie

Amour et seigneurie Ne souffrent compagnie Proverbe pris de ce vers du livre III de l'Art d'aimer d'Ovide : A'on bene ctim suciis régna Venusqtie mancnt. vers dont M. J. Janin, dans sa charmante étude sur le poête latin, a donné cette traduction : Et le trône et l'amour ne se partagent pas. « L'amour, dit Pascal, est un tyran qui ne souffre  point de compagnon; il veut régner seul; il faut que  toutes les passions ploient et lui obéissent. » (Discours sur les passions de l'amour.) Il en est de même du pouvoir souverain, il exclut tout partage et toute rivalité. On dit, dans un sens analogue : L'amour et l'ambition ne souffrent point de compagnon.

amour sied bien aux jeunes gens et déshonore les vieillards

L'amour sied bien aux jeunes gens et déshonore les vieillards. C'est à peu près la pensée exprimée dans ce vers de Labérius : Amare juveni fntctus est, crimen scni. Suivant Ovide, Vénus en cheveux blancs est ridicule : i Est in canitie iidiculosa Venus. Le même poète condamne l'amour sénile comme chose honteuse : Turpe seuilis amor. « C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux. » (La Bruyère, ch. xi.) L'amour, chez le vieillard, est-il donc une énormité si odieuse et mérite-t-il d'être flétri comme un crime? C'est une question que Saint-Évremond me parait avoir traitée et résolue d'une manière charmante. Voici ce que dit cet aimable épicurien, qui se plaisait à réchauffer l'hiver de sa vie de quelques rayons du feu de son printemps. « Vous vous étonnez mal à propos que les vieilles gens aiment encore, car leur ridicule n'est pas à se laisser toucher, c'est à prétendre imbécilement de pouvoir plaire. Pour moi, j'aime le commerce des  belles personnes autant que jamais ; mais je les trouve aimables sans dessein de m'en faire aimer. Je ne compte que sur mes sentiments, et cherche  moins avec elles la tendresse de leur cœur que celle du mien... Le plus grand plaisir qui reste aux vieillards, c'est de vivre;
Saint-Évremont a raison, et l'on a tort de blâmer, de ridiculiser le vieillard qui cherche à ranimer sa vie défaillante par un amour purement platonique. Laissez-le se retremper discrètement dans cette fontaine de Jouvence et goûter le plaisir d'aimer pour compensation du malheur de ne pouvoir plus plaire, comme le dit ce vers latin traduit par Apulée d'un vers grec de Ménandre. Amarc liceat, si potiri non licet.
Lorsqu'un vieux fait l'amour La mort court à l'entour. C'est à-dire que l'amour physique abrège la vie du vieillard. Le regain de cet amour dans le cœur du vieillard est souvent le signe et la cause de sa fin prochaine, et, sous ce double rapport, il ressemble au gui qui fleurit sur un arbre mourant.


Amoureux des onze mille vierges

Amoureux des onze mille vierges. On appelle ainsi celui qui devient amoureux de toutes les femmes qui s'offrent à sa vue. Cette expression rappelle la légende des onze mille vierges. Voici ce que l'abbé Salgues a dit sur cetle légende, qui passe aujourd'hui pour apocryphe. « Croyez-vous que sainte Ursule soit partie de Londres pour la basse Bretagne, avec onze mille vierges qui devaient épouser les onze mille soldats du capitaine Conan, son fiancé, et peupler le pays ? Croyez vous qu'une tempête miraculeuse les ait jetées dans les bouches du Rhin, cl qu'elles aient remonté le fleuve jusqu'à la ville de Cologne, alors occupée par les Huns, qui servaient l'empereur Gratien? Croyez vous que ces impertinents aient voulu leur faire la cour un peu trop brusquement, et qu'irrités d'être repoussés avec trop de fierté ils les aient mises à mort pour leur apprendre à vivre? Nos bons aïeux le croyaient certainement, puisqu'ils célébraient annuellement, le 22 octobre, la fêle de ces chastes héroïnes. Mais, comme il n'est rien dans le monde sans contradiction, des critiques sourcilleux et difficiles ont contesté la vérité de ces récits. Ils ont fait d'abord observer que le nombre de onze mille vierges était un peu fort, qu'on aurait eu de la peine à le trouver dans les meilleurs temps du christianisme, et c

iic le martyrologe de AVandelbert, composé en 850, et l'un des plus estimés des connaisseurs, n'en a porté le nombre qu'à mille, ce qui est encore beaucoup. Ensuite ils ont soutenu qu'il fallait pousser la réduction encore plus loin, et ils ont porté l'esprit de réforme jusqu'à effacer d'un trait de plume dix mille neuf cent quatre-vingt-neuf vierges, de sorte qu'ils n'en ont voulu accorder que onze ; ce qui doit laisser beaucoup de places vacantes en paradis, lis se sont autorisés d'une inscription qu'ils ont interprétée à leur manière : Sancta Ursula Et XI M. V. Ceux qui tiennent pour les onze mille vierges ont traduit: Sainte Ursule et onze mille vierges. Mais nos critiques assurent que cette interprétation est fautive et erronée, et veulent que l'on traduise sainte Ursule et onze martyres vierges.


Amoureux transi

Amoureux transi. Cette expression, dont on se sert pour désigner un amoureux timide, novice, froid, fait allusion à un ancien usage des justiciables volontaires de certaines cours d'amour, espèces d'énergumènes qui avaient fondé, sous le règne de Philippe V, une société ou confrérie nommée la ligue des amants, dont l'objet était de prouver l'excès de leur passion par une opiniâtreté invincible à braver les ardeurs de l'été et les glaces de l'hiver. Dans les chaleurs extrêmes, ils allumaient de grands feux pour se chauffer et ils ne sortaient de chez eux qu'enveloppés d'épaisses fourrures; au contraire, quand il gelait à pierre fendre, ils se couvraient très légèrement et allaient par le froid, par la neige ou par la pluie, soupirer à la porte de leurs maîtresses, où ils se tenaient jusqu'à ce qu'ils les eussent aperçues, étant parfois tellement morfondus et transis dans l'attente, dit un vieux chroniqueur, qu'on entendait claquer leurs dents comme les becs des cigognes : la crainte des catarrhes et des fluxions de poitrine n'était rien pour eux auprès du plaisir qu'ils paraissaient prendre à baiser la serrure ou le verrou de cette porte. Ils avaient pour se distinguer certaines devises et certaines démonstrations d'une singularité extraordinaire. Tel confrère élisait son domicile à l'enseigne de la Passion, rue du Sacrifice, paroisse de la Sincérité ; tel autre demeurait sur la place de la Persévérance, hôtel de l'Assiduité


Amours qui commencent par anneaux finissent souvent par couteaux

Amours qui commencent par anneaux finissent souvent par couteaux. Les mariages d'inclination sont rarement heureux, parce qu'ils sont presque toujours mal assortis. La passion qui porte seule à les contracter ne permet pas de voir les incompatibilités de caractère qui devraient les empêcher. Mais ces incompatibilités, se découvrant et se faisant sentir à mesure que celte passion diminue, les deux époux en viennent bientôt à se détester aussi cordialement qu'ils s'étaient aimés. Les Provençaux ont ce proverbe très expressif : Qui d'amour si prend d'enrabi si quitte. « Qui se prend avec amour se quitte avec rage. » Il y a très-peu d'exemples d'une alliance prospère qui ait été contractée dans l'ivresse de l'amour. Le dégoût survient, et à sa suite le cortège des ennuis, des repentirs, des tracasseries et des querelles. « J'ai vu bien des mariages où l'on commençait par ressentir une telle passion, que l'on aurait voulu se manger mutuellement : au bout de six mois, on était séparé. » (Luther, Propos de table.)


Après l'amour le repentir

Après l'amour le repentir. Hélas ! nous ne pouvons aimer toujours, et bien souvent le repentir nous prend où l'amour nous laisse. Les amours s'en vont et les douleurs demeurent, dit le proverbe espagnol :  Un troubadour anonyme a comparé l'amour à l'églantier, dont les fleurs passent et tombent en peu de temps, tandis que les épines restent toujours. Guarini a dit de l'amour dans son Pastorfido: « La racine en est douce et le fruit amer »


Baiser le verrou

Baiser le verrou. S'est dit pour rendre hommage, par allusion à un usage féodal qui voulait que le vassal se prèsenta chez son seigneur pour lui rendre hommage, et, en son absence, baisât la serrure ou le verrou de la porte du manoir seigneurial.Les amoureux transis  ne manquaient jamais de baiser la serrure ou le verrou de la porte devant laquelle ils allaient chaque jour soupirer leur martyre.
1 Le mot serviteur était autrefois synonyme d'amant
Les amants, à Rome, se conduisaient aussi de cette manière, comme nous l'apprend Lucrèce, vers la fin du livre IV de son poëme. « Cependant, l'amant en larmes, à qui l'accès est interdit, orne sa porte de fleurs et de guirlandes, répand des parfums sur les poteaux dédaigneux et imprime sur le seuil de tristes baisers. » Cela se faisait de même en signe d'adieu, lorsqu'on s'éloignait avec regret d'un lieu chéri. Rutilius, exprimant la douleur qu'il ressentait de partir de Rome, a dit : Crebra relinquendis infigimus oscula partis. .Nous imprimons de fréquents baisers aux portes qu'il faut quitter. »


Beaux pleurs d'amour valent mieux que ses ris

Beaux pleurs d'amour valent mieux que ses ris. Bels plors d'amor mais valon que sos ris. Proverbe formulé probablement par le troubadour Bernard de Ventadour, qui l'a placé dans une de ses pièces, immédiatement après cette réflexion passée aussi en proverbe : Peu aime qui n'est pas sujet à la tristesse. Il y a, en effet, dans les tristesses de l'amour je ne sais quelle douceur secrète dont on a dit que les anges seraient jaloux. Ce charmant proverbe a été reproduit ou imité dans beaucoup de langues, par une foule de poêtes érotiques ; les deux meilleures imitations que j'en connaisse sont ce vers sur l'amour cité par Saint Évremond : Tous les autres plaisirs ne valent pas ses peines. et ceux-ci de la chanson délicieuse de la Fontaine, qui est chantée à Psyché pour l'engager à aimer : Sans cet amour, tant d'objels ravissants, Lambris dorés, bois, jardins et fontaines, N'ont point d'objets qui ne soient languissants» Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines.

C'est tous les jours la fête du regard pour les amants

C'est tous les jours la fête du regard pour les amants. On nommait autrefois fête du regard une entrevue publique qu'avaient un fiancé et une fiancée, en présence de leurs parents et amis, ordinairement le dimanche qui précédait la bénédiction nuptiale. Carpentier en a parlé dans son Glossaire, et a cité, en preuve du fait, des lettres de rémission de 1374, où se trouve cette phrase : Comme le jour « de Nostre-Dame le suppliant feut alez voir la feste « du regard qui se faisoit en l'hostel du prevost des « marchands (de Paris) d'une sienne fille, etc. » C'est sans doute de cette fête, nommée aussi le beau dimanche, qu'est venu le proverbe employé pour signifier que deux amants ont toujours les yeux fixés l'un sur l'autre, avec un -plaisir dont rien ne saurait les distraire.
« Oh ! que ne puis-je, s'écrie Pétrarque, considérer un jour entier du moins, ces yeux dont l'amour « dirige les mouvements! Dans cette contemplation « divine, je voudrais oublier autrui et moi-même; je voudrais suspendre jusqu'au battement de ma paupière. » Cette exclamation passionnée rappelle un vers charmant du poëme grec Héro et Léandre : « J'ai fatigué mes yeux à la regarder; je n'ai pu me rassasier de la voir. » Saadi, dans son style oriental, fait dire à un amant ravi en extase tandis qu'il contemple sa maîtresse : « Je verrais une flèche partir devant moi et venir chercher mes yeux, que je ne pourrais les détourner d'elle. »


C'est trop aimer quand on en meurt.

C'est trop aimer quand on en meurt. Proverbe que Gilles de Nuits ou des Noyers dius Nuceiïensis), dans son recueil d'Adages français, traduits en vers latins, Adagia gallica a rendu par ce pentamètre : Semper amor nimius dum fera mors sequiiur. Ce proverbe est du moyen âge, où le culte de l'amour pouvait faire des martyrs. Il trouve rarement son application dans notre siècle d'égoïsme. On dit, au contraire, aujourd'hui : Mort d'amour et d'une fluxion de poitrine. Le troubadour Pons de Breuil avait écrit, à ce que nous apprend Nostradamus, un roman jadis trèsgoûté, dont le titre était : Las amors enrabgadas de Andrieu de Fransa : Les amours enragées d'André  de France. » Il se pourrait que le proverbe fût venu d'une allusion au héros de ce roman, mort d'amour pour une reine du pays, et fréquemment cité comme le parfait modèle des amants. Le Romancero espagnol nous offre l'histoire de l'amoureux don Bernaldino, qui disait : « Ma gloire  est à bien aimer, » et qui se tua de désespoir parce que le père de son amie Léonor avait emmené cette belle en pays lointain. Ses vassaux, désolés de sa mort, lui élevèrent un mausolée tout de cristal, où ils gravèrent une épitaphe touchante terminée par ces deux vers :
Aqui esta don Bernaldino Que murio por bien amar. « Ci-gît don Bernaldino, qui mourut pour bien aimer. » Sahid, fils d'Agba, demandait un jour à un jeune Arabe : « A quelle tribu appartiens-tu? — J'appartiens à celle chez laquelle on meurt d'amour. — Tu es donc de la tribu des Arza? — Oui, j'en suis et je m'en glorifie. » Ajoutons que cette tribu, célèbre par son caractère d'amour passionné, a fourni presque tous les noms qui figurent dans un livre ou nécrologe arabe fort curieux, intitulé : Histoire des Arabes morts d'amour.


Ce ne sont pas les plus belles qui font les grandes passions.

Ce ne sont pas les plus belles qui font les grandes passions. La raison de cette observation proverbiale est très bien développée dans ce passage de l'Essai sur le Goût, par Montesquieu : « II y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible, une grâce naturelle qu'on n'a pu définir et qu'on a été forcé d'appeler le je ne sais quoi ; il me semble que c'est un effet naturellement fondé sur la surprise. Nous sommes touchés  de ce qu'une personne nous plaît plus qu'elle ne  nous a paru d'abord devoir nous plaire, et nous sommes agréablement surpris de ce qu'elle a su vaincre des défauts que les yeux nous montrent et que le cœur ne croit plus. Voilà pourquoi les femmes laides ont très-souvent des grâces et qu'il est rare que les belles en aient ; car une belle personne fait ordinairement le contraire de ce que nous avions attendu ; elle parvient à nous paraître  moins aimable; après nous avoir surpris en bien, elle nous surprend en mal ; mais l'impression du bien est ancienne et celle du mal est nouvelle. « Aussi les belles personnes font-elles rarement les grandes passions, presque toujours réservées à celles qui ont des grâces, c'est-à-dire des agréments que nous n'attendions pas et que nous n'avions pas sujet d'attendre. » Ajoutons cette réflexion de la Bruyère : « Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu' éperdument,  car il faut que ce soit par une étrange faiblesse de  son amant ou par de plus secrets et de plus invincibles charmes que ceux de la beauté. »


Conter fleurettes

Conter fleurettes. Cette expression, qui signifie tenir des propos galants, est venue, suivant la remarque de Le Noble, de ce qu'il y avait en France, sous Charles VI, des pièces de monnaie marquées de petites Heurs et nommées, pour cette raison, florettes ou fleurettes, de même qu'on nomme encore florins une monnaie d'or ou d'argent qui portait primitivement l'empreinte d'une fleur. Ainsi conter fleurettes aurait d'abord signifié compter de l'argent aux belles pour les séduire, ce qui est bien souvent le moyen le plus persuasif.


D'oiseaux, de chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille douleurs.

D'oiseaux, de chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille douleurs. Ce vieux proverbe, qu'on trouve dans le grand Testament de Villon, atteste combien les anciens seigneurs français devaient prendre à cœur tout ce qui concernait la fauconnerie, la vénerie, les tournois de la galanterie, quatre objets importants de leurs occupations et de leurs goûts. — On sait qu'ils professaient un culte chevaleresque pour les dames et qu'ils regardaient l'oiseau, le chien et l'épée comme des symboles qui caractérisaient les prérogatives de leur rang. Quand ils voyageaient, ils avaient toujours leur chien favori auprès d'eux, l'épervier surle poing et l'épêe au côté. S'ils étaient faits prisonniers dans quelque combat, la loi ne leur permettait pas d'offrir pour rançon ces attributs de leur noblesse, mais elle leur laissai! la faculté de livrer des centaines de paysans de leurs terres.
Le fait suivant, rapporté par Abbon de Saint-Germain dans son poème latin sur le siège de Paris, est encore une preuve frappante de l'importance qu'ils attachaient particulièrement à leurs oiseaux. Douze gentilshommes près de périr dans la tour du PetitPont, à laquelle les Normands qui l'assiégeaient avaient mis le feu, donnèrent la volée à leurs autours pour les empêcher de tomber entre les mains de ces barbares, qu'ils jugeaient indignes d'une si précieuse conquête.


En amour trop n'est pas assez

En amour trop n'est pas assez. On sait que ce charmant proverbe a été formulé par Beaumarchais, qui a dit dans le Mariage de Fignro : « En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez. » (Act. IV, se. i.) Mais il faut remarquer pourtant que cet ingénieux auteur, en le formulant, peut avoir été inspiré par cet autre proverbe : Pour l'avarice trop n'est pas assez, ou bien par ce délicieux passage de Montesquieu : «Lorsque l'amour renaît après lui-même, lorsque tout promet, que  tout demande, que tout obéit ; lorsqu'on sent qu'on a tout et que l'on sent qu'on n'a pas assez, lorsque  l'âme semble s'abandonner et se porter au delà de la nature même, etc. » Après tout, Beaumarchais n'a fait qu'appliquer heureusement à l'amour une observation déjà faite sut- toute passion extrême dont les désirs, suivant


En amour un blessé guérit l'autre

En amour un blessé guérit l'autre. L'amour compense le mal qu'il fait en blessant deux cœurs : il met dans la plaie de l'un le baume de celle de l'autre. Pourquoi donc les amants se plaignent-ils tant de ses rigueurs? Ne feraient-ils pas mieux de s'entendre pour les adoucir, en usant du remède qu'il leur a donné? C'est ce que pense l'auteur du roman de Flamenca. Ce troubadour, après quelques remarques sur les effets de l'amour, conclut que ce qu'il y a de meilleur pour les cœurs en peine, c'est leur mutuelle assistance, car, dit-il, l'Us nafrutz pot guerir l'autre. Un blessé peut guérir l'autre.


Faire l'amour en toute saison est ce qui distingue l'homme des bêtes

Faire l'amour en toute saison est ce qui distingue l'homme des bêtes. « Il n'est permis aux animaux de se livrer aux plaisirs de l'amour qu'en une saison de l'année.  L'homme seul peut les goûter en tout temps jusque  dans l'extrême vieillesse. » (Entretiens de Socrate, i, 19.) Cette observation proverbiale a été réunie par Beaumarchais, d'une manière piquante et spirituelle, à une autre observation également proverbiale, dans cette phrase que le jardinier Antonio, pris de vin, adresse à la comtesse Almaviva : « Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, madame, il n'y a que que ça qui nous distingue des autres bêtes. » (Mariage de Figaro, act. II, se. xxi.) On connaît la répartie de madame de la Sablière à son oncle, qui la moralisait eu lui disant : « Quoi ! ma nièce, toujours et toujours des amours!... mais  les bêtes mêmes n'ont qu'un temps pour cela. — « Eh! mon oncle, c'est que ce sont des bêtes. »


Feindre d'aimer est pire que d'être faux monnayeur

Feindre d'aimer est pire que d'être faux monnayeur. Cette maxime proverbiale est sans doute du temps des Amadis, où le faux amour était plus décrié que la fausse monnaie.

Filer le parfait amour

Filer le parfait amour. C'est nourrir longtemps un amour tendre et romanesque. — Cette façon de parler fait allusion à la conduite d'Hercule filant aux pieds de la reine Omphale. Elle fut probablement introduite dans notre langue à l'époque où les confrères de la Passion représentaient le mystère d'Hercule sur leur théâtre. On sait que ce titre de mystère, consacré à certains ouvrages dramatiques, s'appliquait à un sujet profane comme à un sujet religieux.

Froides mains, chaudes amours

Froides mains, chaudes amours. Nous disons encore : Il a les mains fraîches, il doit être fidèle, et cela en vertu d'un axiome de chiromancie d'après lequel les mains froides ou fraîches sont le signe caractéristique d'un tempérament amoureux, parce que la chaleur du sang ne les quitte qu'afin de se concentrer dans le cœur,regardé comme le principal organe de la passion. Nous avons aussi ce proverbe corrélatif : Chaudes mains, froides amours.


Heureux au jeu, malheureux en amour

Heureux au jeu, malheureux en amour. La passion du jeu captive celui qui s'y livre en proportion du gain qu'il y trouve, et lui fait oublier tout le reste. Dans cette situation, il néglige sa maîtresse, et celle-ci se dédommage par des infidélités; telle est probablement la raison de ce proverbe, qui doit être fort ancien, puisque le troubadour Bérenger de Puivert l'a rappelé dans les vers suivants : Pois de datz no sui aventures
Ben degra aver calque domna conquisa. « Puisque je n'ai point de chance aux dés, je devrais bien avoir quelque dame conquise. » Nous avons encore cet autre proverbe corrélatif : Malheureux au jeu, heureux en amour, lequel est fondé sur la supposition que le joueur maltraité de la fortune revient à sa belle, dont la reconnaissance et la fidélité font son bonheur. Supposition fréquemment démentie. Quoi qu'il en soit, tous les joueurs ressemblent à celui de Regnard, qui oublie sa belle Angélique lorsqu'il gagne, et lui adresse des invocations quand il a perdu.

Il faut aimer pour être aimé.

Il  faut aimer pour être aimé. Proverbe rapporté par Sénèque : Si vis amart, ama (Epist. ix), et très-bien expliqué dans ce passage de J. J. Rousseau : « On peut résister à tout, hors à la bienveillance, et il n'y a pas de moyen plus sûr de gagner l'affection des autres que de leur donner la sienne. On sent qu'un tendre cœur ne demande qu'à se donner, et le doux sentiment qu'il cherche le vient chercher à son tour. » II y a dans une passion véritable une puissance d'attraction qui finit par triompher, non-seulement de l'indifférence, mais de la haine, et c'est avec raison qu'un grave archevêque de Paris, monseigneur de Péréfixe, a dit : « Le philtre de l'amour, c'est l'amour même. »


Il est un Dieu pour les amants

Il est un Dieu pour les amants. De même que pour les fous, les enfants et les ivrognes, parce que les amants, non moins exposés que ces trois espèces d'individus à une foule d'accidents funestes, y échappent comme eux par un bonheur inespéré qu'on prend pour l'effet, d'une protection spéciale du ciel. C'est de l'antiquité païenne qu'est venue cette idée proverbiale de l'intervention d'un dieu qui les préserve des dangers dont ils sont menacés. Elle se trouve exprimée dans la vingt-neuvième élégie du second livre de Properce. Ce poëte suppose qu'un amant est à l'abri du péril sous la garde des immortels, que la douleur d'être abandonné de l'objet de son amour peut seule lui donner la mort, et même que, si la douce présence de sa maîtresse venait le rappeler à la vie, fût-il déjà descendu dans la barque infernale, l'immuable Destin ne l'empêcherait pas de revoir la lumière.


Il fait bon voir vaches noires en bois brûlé, quand on aime

II fait bon voir vaches noires en bois brûlé, quand on aime Les amants se plaisent à bercer leur tendre rêverie de félicités imaginaires ; « il faict bon voir vasches noyres en boys bruslé, quand on jouit de ses amours. » (Rabelais, liv. II, c. xii.) Voir vaches noires en bois brûlé est une locution qui signifie se forger d'agréables chimères, poursuivre de douces illusions, comme font les vachers lorsque, placés devant leur feu, ils rêvent au bonheur d'avoir de bonnes vaches noires, réputées meilleures laitières que les autres, et croient les voir apparaître avec leurs mamelles pendantes dans les figures fantastiques que les tisons en se consumant offrent à leurs yeux. Les vaches noires en bois brûlé sont les châteaux en Espagne des vachers.


Il faut aimer pour être aimé.

Il faut aimer pour être aimé. Proverbe rapporté par Sénèque : Si vis amart, ama (Epist. ix), et très bien expliqué dans ce passage de J. J. Rousseau : « On peut résister à tout,  hors à la bienveillance, et il n'y a pas de moyen  plus sûr de gagner l'affection des autres que de  leur donner la sienne. On sent qu'un tendre cœur ne demande qu'à se donner, et le doux sentiment qu'il cherche le vient chercher à son tour. » II y a dans une passion véritable une puissance d'attraction qui finit par triompher, non-seulement de l'indifférence, mais de la haine, et c'est avec raison qu'un grave archevêque de Paris, monseigneur de Péréfixe, a dit : « Le philtre de l'amour, c'est l'amour même. »

Les Italiens ont ce proverbe : Chi non arde non incende. Qui n'est pas en feu n'enflamme point.


Il n'y a point d'amour sans jalousie

Il n'y a point d'amour sans jalousie. Saint Augustin a dit : Qui non zelat non amat. (Adv. Adamant., Xhi.) «Qui n'est point jaloux n'aime point. » — Le 21e article du Code d'amour porte : Ex vera zelotgpia affectus semper crescit amandi. « La vraie jalousie fait toujours croître  l'amour.
Molière, dans les Fâcheux, a consacré la quatrième scène du second acte de cette comédie à cette controverse sentimentale, qui est terminée par ce vers, digne de Molière : Le jaloux aime plus, mais l'autre aime bien mieux. On dit aussi : La jalousie est-la sœur de l'amour, proverbe qui a suggéré au chevalier de Boufllers ce joli quatrain : L'amour, par ses douceurs et ses tourments étranges, Nous fait trouver l'enfer et le ciel tour à tour : La jalousie est la sœur de l'amour, Comme le diable est le frère des anges. Cette dernière a encore donné lieu à la comparaison proverbiale : La jalousie naît de l'amour comme la cendre du feu pour l'étouffer.

Il n'y a point d'éternelles amours ni de félicité parfaite

Il n'y a point d'éternelles amours ni de félicité parfaite. Cette félicité qu'on cherche toujours sans jamais la trouver est la pierre philosophale de l'âme, et ces amours sans fin par lesquelles on espère y parvenir ne sont que des illusions qui passent aussi vite que les fleurs des champs. Les Chinois en assimilent la courte durée à celle des roses par cette jolie métaphore proverbiale : Il n'y a pas de roses de cent jours; et l'on peut dire, eu continuant leur idée, que rêver l'éternité des amours, c'est, suivant une charmante expression de M. V. Hugo, rêver l'éternité des roses.


Il n'y a point de laides amours

Il n'y a point de laides amours. Ou, suivant un autre proverbe, « Tout cœur passionné, dit Bossuet, embellit dans son imagination l'objet de sa passion ; « il lui donne un éclat que la nature ne lui donne pas, et il est ébloui de ce faux éclat. La lumière du  soleil, qui est la vraie joie des yeux, ne lui paraît pas aussi belle. » « Ce n'est pas la nature qui rend la femme belle, c'est l'amour.Car sa beauté pour nous c'est notre amour pour elle. » Th. Gauthier Un proverbe roman dit :  N'est pas beau ce qui est beau, mais est beau ce qui agrée. — Ce proverbe s'est conservé en Provence et en Italie : « Quiconque aime une grenouille, prend cette grenouille pour Diane. » C'est Diane Limnatis, déesse des marais et des étangs, dont il est ici question. Cette remarque n'est pas inutile pour faire sentir l'analogie d'un tel rapprochement. Les habitants de l'île de Cypre avaient érigé des autels à Vénus Barbue. Les Romains adoraient Vénus Louche, comme on le voit dans le second livre de l'Art d'aimer d'Ovide, et dans le Festin de Trimalcion par Pétrone. Ils employaient même proverbialement l'hémistiche d'Ovide : « Si elle est louche, elle ressemble à Vénus, en parlant d'une belle qui avait le rayon du regard un peu faussé. Horace nous apprend qu'un certain Balbinus trouvait une grâce particulière dans le polype qu'Agna sa maîtresse avait au nez. Il observe que les amants ressemblent à Balbinus (serm. i,3). Il n'en est aucun en effet qui n'aime, comme on dit, jusqu'aux taches et aux hernies de sa belle.
Le meilleur développement du proverbe Il n'y a point de laides amours, est dans les vers suivants, tirés de la traduction libre que Molière avait faite de Lucrèce, et placés dans la cinquième scène du second acte du Mianthrope : .... L'on voit tes amants vanter toujours leur choix ; Jamais leur passion n'y voit rien de blâmable, Et dans l'objet aimé tout leur paraît aimable. Ils comptent les défauts pour des perfections, Et savent y donner de favorables noms : La pâle est au jasmin en blancheur comparable, La noire à faire peur, une brune adorable ; La maigre a de la taille et de la liberté, La grasse est dans son port pleine de majesté ; La malpropre, sur soi, de peu d'attraits chargée, Est mise sous le nom de beauté négligée ; La géante parait une déesse aux yeux; La naine, un abrégé des merveilles des deux ; L'orgueilleuse a le cœur digne d'une couronne, La fourbe a de de l'esprit, la sotte est toute bonne ; La trop grande parleuse est d'agréable humeur, Et la muette garde une honnête pudeur : C'est ainsi qu'un amant dont l'ardeur est extrême Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime. Le proverbe n'est pas toujours cité tel que je lai rapporté : on y fait quelquefois une addition, en disant : Il n'y a point de belle prison ni de laides amours.


Il ne faut pas découvrir le pot aux roses

Il ne faut pas découvrir le pot aux roses. C'est-à-dire les choses qu'on veut tenir secrètes, et particulièrement les mystères de la galanterie ou de l'amour. La rose, dont le Tasse a dit d'une manière si charmante : Quanta si mostra men, tanto e più bella, « Moins elle se montre, plus elle est belle, la rose c'était dans l'antiquité le symbole de la discrétion, et la riante mythologie avait consacré cette idée en racontant que l'amour avait fait présent de la première rose qui parut sur la terre à Harpocrale, dieu du silence, pour l'engager à cacher les faiblesses de Vénus. De même que la rose a son bouton enveloppé de ses feuilles, on voulait que la bouche gardât la langue captive sous les lèvres . Quand on faisait une confidence à quelqu'un, on avait soin de lui offrir une rose comme une recommandation expresse de respecter les secrets dont il devenait dépositaire. Cette fleur figurait surtout dans les festins : tressée en guirlandes destinées à couronner le front et la coupe des convives, ou placée par bouquets sous leurs yeux, elle servait à leur rappeler que les doux épanchements nés de la liberté qui régne dans les banquets doivent toujours être sacrés. Nos bons aïeux avaient adopté cet aimable usage, qu'ils rendaient plus significatif encore en exposant sur la table un vase de roses sous un couvercle, et le proverbe est venu de cet usage, qui n'est peut-être pas entièrement tombé en désuétude, car des personnes dignes de foi m'ont assuré l'avoir vu, et moi-même j'en ai été témoin dans une petite ville du département de l'Aveyron. Les Allemands, pour recommander de ne pas trahir une confidence, se servent de la formule suivante : Ceci est dit sous la rose. Cette formule est également familière aux Anglais, et voici comme elle a été expliquée par Newton dans l'Herbier de la Bible, p. 233-254 : « Quand « d'aimables et gais compagnons se réunissent pour faire bonne chère, ils conviennent qu'aucun des joyeux propos tenus pendant le repas ne sera divulgué, et la phrase qu'ils emploient pour garantie « de leur convention est que tous ces propos doivent être considérés comme tenus sous la rose car ils ont coutume de suspendre une rose au-dessus de la tabie, afin de rappeler à la compagnie l'obligation du secret. »

Il ne faut pas jouer avec le feu ni avec l'amour

Il ne faut pas jouer avec le feu ni avec l'amour. Parce que, dans l'un et l'autre cas, on court risque d'être brûlé. Ovide remarque, dansle premier livre de l'Art d'aimer, qu'on a vu souvent dès personnes, qui d'abord faisaient semblant d'aimer, finir par aimer sérieusement, et passer de la feinte à la réalité.

L'absence est l'ennemie de l'amour

L'absence est l'ennemie de l'amour. « L'absence, dit un écrivain anglais, tue l'amant ou l'amour. » Il s'agit ici de l'absence prolongée et non de l'absence passagère, car celle-ci agit sur l'amour à l'inverse de Un peu d'absence fait grand bien. La longue absence l'éteint et la courte absence le rallume. Il en est de l'absence comme de la diète, qui est nuisible ou salutaire au malade, selon qu'il y a excès ou mesure dans sa durée.


L'absence est pire que la mort

L'absence est pire que la mort. L'absence cause plus de souffrances que la mort aux personnes sensibles, qui quelquefois aiment mieux cesser de vivre que de continuer de vivre dans l'éloignement de l'objet de leur affection. Un distique du chevalier Vatan donne, par un sophisme ingénieux, une autre explication de ce lieu commun proverbial, si fréquemment et si longuement développé dans toutes les correspondances épistolaires des amants condamnés par le sort barbare à gémir, éloignés l'un de l'autre. De deux amants la mort ne fait qu'un malheureux, C'est celui qui survit ; mais l'absence en fait deux.


L'amant écoute du cœur les prières de sa belle

L'amant écoute du cœur les prières de sa belle. Ce proverbe, plein de délicatesse dans la pensée et dans l'expression, s'emploie pour signifier qu'un amant a une sorte d'intuition qui lui fait sentir, deviner les désirs de sa maîtresse et qu'il ne pense qu'à les prévenir. — II est traduit de ce texte roman : L'amoros au- de cor los precs de sa donna. Racine a dit heureusement dans son Andromaque, par une expression dans le genre de celle du proverbe, qui lui était probablement inconnu : Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux. (Acte IV, se. v.) Écouter du cœur offre la même beauté poétique que parler du cœur.


L'amant se transforme en l'objet aimé

L'amant se transforme en l'objet aimé. Quand on est véritablement amoureux, on prend l'esprit de la personne qu'on aime, on pense d'après elle, on sent par son cœur, on voit par ses yeux, on renonce, pour ainsi dire, à ce qu'on est soi-même pourjdevenir ce qu'elle est et ne faire plus qu'un avec elle. Tel est le sens de cette maxime proverbiale dont madame de Moite-ville a fait l'application à la reine épouse de Louis XIV, dans le passage suivant de ses Mémoires : « Si elle était chagrine, c'est parce que, « selon ce que disent les philosophes, l'amant se transforme en l'objet aimé, et que, voyant le roi  triste, il était impossible qu'elle fût gaie. »
M. Michelet a exhumé des œuvres de Morin, auteur peu connu qu'il appelle « un homme du moyen age  égaré dans le dix-septième siècle, » le vers charmant que voici : Tu sais bien que l'amour change en lui ce qu'il aime. Ce vers, que M. Michelet loue avec raison, n'est qu'une variante du proverbe beaucoup plus ancien


L'âme d'un amant vit dans un corps étranger

L'âme d'un amant vit dans un corps étranger. Cet adage ingénieux, rapporté par Plutarque dans la Vie de Marc-Antoine, signifie qu'un amant est tout entier à sa passion et ne s'appartient pas à lui-même. Suivant un autre adage, l'âme d'un amant vit plus dans ce quelle aime que dans ce quelle anime. Anima plusvivit ubi amatquamubi animat,parce que, disent les philosopbes, elle est par nécessité là où elle anime, tandis qu'elle est par choix et par inclination là où elle aime.


L'amour apprend les ânes à danser

L'amour apprend les ânes à danser. La légèreté et la souplesse singulières avec les quelles les ânes, au mois de mai, bondissent et se trémoussent dans la prairie auprès des ânesses, ont donné lieu à ce proverbe, dont le sens métaphorique est que l'amour polit le naturel le plus inculte.


L'amour des parents descend et ne remonte pas

L'amour des parents descend et ne remonte pas. Helvétius a dit : « L'homme hait la dépendance. De là peut-être sa haine pour ses père et mère et le proverbe fondé sur une observation commune et constante : L'amour des parents descend et ne remonte pas. » Il a pris le proverbe dans un sens affreusement exagéré. Le véritable sens est que l'amour des père et mère pour les enfants surpasse celui des enfants pour les père et mère. La nature, veillant à la conservation des espèces, a voulu donner la plus grande énergie au sentiment paternel et maternel, afin d'enchaîner les parents à tous les soins nécessaires pour protéger la frêle existence des enfants; et nous voyons qu'elle a agi ainsi dans tous les animaux comme dans l'homme. Elle n'a pas développé de même, il est vrai, le sentiment filial; mais de celte disproportion qu'elle a laissée dans l'amour il y a bien loin jusqu'à la haine. L'une est dans la nature et l'autre est dénaturée, dit la Harpe, en réfutant l'opinion d 'Helvétius dans une de ses belles pages dont je viens de reproduire les traits principaux, et qui se termine par ces paroles remarquables : « Le plus funeste effet de ces calomnieux paradoxes, c'est qu'en les lisant l'ingrat et le fils dénaturé pourront se dire qu'ils sont comme les autres hommes. Méritent-ils le nom de philosophes, ceux qui n'ont écrit que pour la justification des monstres? »
Les Arabes disent : Le cœur d'un père est dans son fils, le cœur d'un fils est dans la pierre.


L'amour divulgué est rarement de durée

L'amour divulgué est rarement de durée. On dit aussi : Le secret est la garde la plus assurée de l'amour. — II en est de l'amour comme d'un parfum qui se conserve quand on le tient renfermé, et qui se gâte quand on l'évente. Ce proverbe est une traduction littérale de l'article treizième du Code d'amour. — Amor raro consuevit durare vulgatus. Nous avons encore ce proverbe : Le secret, le vin et l'amour ne valent rien quand ils sont éventés.


L'amour égalise toutes les conditions

L'amour égalise toutes les conditions. L'amour ne peut souffrir ni barrières ni distinctions entre les amants, dont il se plaît à confondre les existences. Il veut qu'ils méconnaissent toutes les prérogatives du rang et de la fortune pour vivre sous le régime bienfaisant de l'égalité, et chacun d'eux obéit à cette loi d'autant plus volontiers qu'il la trouve sanctionnée par son propre cœur. « Son vœu  le plus cher, a'_ dit M. Michelet dans son livre intitulé le Peuple, c'est de se faire un égal sa crainte, « c'est de rester supérieur, de garder un avantage que l'autre n'a pas. » Non bene conveniunt née in una sede morantur Majestas et amor. (Ovide, Métam. H, fab. xix.) « La majesté et l'amour ne s'accordent point et ne demeurent point ensemble. »


L'amour est comme la lance d'Achille, qui blesse et guérit

L'amour est comme la lance d'Achille, qui blesse et guérit. Comparaison proverbiale qui exprime la même idée que ce vers de P. Syrus :
Amoris vulnus sanal idem qui facit. « En amour, qui fait la blessure la guérit. »
Les mythologues et les poètes racontent que Télèphe ayant été blessé par Achille ne put être guéri de sa plaie que par un emplâtre composé de la rouille du fer dont il avait été blessé. « Le jeune roi de Mysie trouva la guérison de sa blessure dans la lance même d'Achille, dont il avait été blessé. » Vulnus in Herculeo qiise quondam fecerat hosle, Vulneris auxilium Pelias hasta tulit. (Ovide, ttemed. amor., i, 47.) « La lance d'Achille cicatrisa la blessure qu'elle-même avait faite au fils d'Hercule. » De là cette comparaison de l'amour avec la lance d'Achille, comparaison heureuse que Bernard de Ventadour a, le premier, employée dans une pièce de vers où il parle d'un baiser qu'il a reçu de la belle Agnès de Montluçon, femme du vicomte Èble. Ce troubadour s'écrie qu'un si doux baiser va le faire mourir, si un autre de la même bouche ne vient lui rendre la vie, et il le compare à la lance d'Achille qui faisait une blessure dont il n'était pas possible de guérir, si l'on n'en était blessé une seconde fois.

L'amour est comme un flambeau, plus il est agile, plus il brûle

L'amour est comme un flambeau, plus il est agile,  plus il brûle. Cette comparaison proverbiale est prise du vers suivant de P. Syrus, qui dit l'amant, et non l'amour : Elle est parfaitement juste : « Les âmes propres à l'amour, dit Pascal, demandent une vie d'action qui éclate en événements nouveaux. Comme le dedans est mouvement, il faut aussi que le dehors le soit, et cette manière de vivre est un merveilleux acheminement à la passion. C'est de là que ceux de la cour sont mieux reçus dans l'amour que ceux de  la ville, parce que les uns sont tout de feu, et que les autres mènent une vie dont l'uniformité n'a  rien qui frappe : la vie de tempête surprend, frappe et pénètre. (Discours sur les passions de l'amour.) Les femmes savent très-bien que celui qui aime ne conserverait pas longtemps son ardeur si elle restait inactive, et qu'il a besoin, pour l'entretenir, pour l'enflammer, d'une vie d'agitation, de remuement et de secousses, enfin d'une vie de tempête. Aussi remarquez avec quels soins prévoyants elles s'appliquent à préserver leurs adorateurs des dangers du calme, à les tenir constamment en haleine par la nouveauté des impressions qu'elles leur font éprouver, à les faire passer rapidement et sans relâche d'une situation paisible à une situation émouvante, à leur faire voir du pays, comme on dit. Hommes peu clairvoyants, qui leur reprochez d'agir ainsi par coquetterie, par humeur, par caprice, par bizarrerie, etc., ne nommerez-vous jamais les choses par leur vrai nom, et les jugerez-vous toujours sur les apparences"* Reconnaissez donc que toutes ces manières d'être, qui vous semblent d'étranges inégalités de caractère, ne sont, la plupart du temps, chez ces enchanteresses, que des procédés d'un art merveilleux par lequel elles veulent se rendre plus aimables et plus aimées, en renouvelant sans cesse leur beauté par des changements inattendus, ainsi que vos cœurs, par des désirs variés, et, loin de les accuser de troubler votre repos, rendez-leur grâce de multiplier vos sensations pour vous sauver des ennuis de la monotonie.

L'amour est de tous les âges

L'amour est de tous les âges. On dit que la vieillesse, affaiblissant et changeant même les organes, rend incapable d'aimer, mais on voit trop de vieilles personnes affriandées à l'amour pour ne pas croire à la vérité de ce proverbe, qu'il faut entendre dans le même sens que ces deux autres : le cœur ne vieillit pas. Le coeur n'a point de rides.


L'amour est la clef du mérite et un étang de prouesses

L'amour est la clef du mérite et un étang de prouesses. Étant ici employé au figuré pour quantité considérable, nombre infini, dans le même sens que les Latins disaient pelagus bonorum, une mer de biens, une mer d'abondance. Ce proverbe est traduit de ces deux vers du troubadour Arnaud Daniel. Amor es de pretz la clans Et de proeza us estancli. Pour bien le comprendre, il faut savoir que les troubadours avaient donné au mot amour une signification beaucoup plus étendue que celle que nous lui donnons. Ils le regardaient comme le principe et la source de tout mérite intellectuel et moral. « L'amour, disait Rambaud de Vaqueiras, est le mieux « de tout bien ; il améliore les meilleurs et peut donner de la valeur aux plus mauvais ; d'un lâche il peut faire un brave, d'un guerrier un nomme gracieux et courtois. » Le génie poétique, ou l'art de trouver, était considéré comme le résultat et l'expression de l'amour érigé en vertu suprême, et- ses divers degrés correspondaient à ceux de cette vertu. De là l'espèce de synonymie établie par la langue romane entre amour et poésie, synonymie adoptée par Pétrarque dans ces vers où il appelle le troubadour Arnaud Daniel grand maître d'amour, pour dire grand maître de poésie. Gran maestro d'amor ch' alla sua terra Ancor fa onor col dir polito et bello.


L'amour est la seule maladie dont on n'aime pas à guérir

L'amour est la seule maladie dont on n'aime pas à guérir. Parce que, dit la reine de Navarre, cette maladie donne tel contentement, que la guérison est la mort. (Heptamér., nouvelle xxw.) La médecine guérit toutes les douleurs humaines ; l'amour seul ne veut pas de guérisseur. Le cœur de l'homme étant fait pour sentir, et ne trouvant sa véritable vie que dans l'exercice de la sensibilité, doit nécessairement préférer une agitation, même douloureuse, à un repos apathique, surtout quand cette agitation est produite en lui par l'amour, c'est-à-dire par la passion la plus conforme à sa nature. Il n'y a donc rien d'étonnant qu'il veuille rester attaché aux tourments que cette passion lui cause et qu'il les regrette dès qu'il en est affranchi. On connaît le mot de cette femme dont l'âme était tombée de la fièvre des émotions dans le marasme des langueurs : « Oh le bon temps où j'étais malheureuse! » Ce mot si vrai est celui de tout amant qui est dans la même situation. La tranquillité retrouvée lui est importune; il soupire après les peines dont elle les prive ; il regarde ces peines comme ses plus doux plaisirs.
C'est ce sentiment qui inspirait à Etienne de la Boétie les vers suivants, qui terminent son vingt-septième sonnet : Vive le mal, ô dieux, qui me dévore ! Vive à jamais mon tourment rigoureux ! 0 bienheureux, et bienheureux encore Qui sans relâche est toujours malheureux ! On connaît ce vers charmant de madame -Dufresnoy : Un amour malheureux est encore un bonheur.


L'amour est le frère de la guerre

L'amour est le frère de la guerre. C'est-à-dire que l'amour et la guerre se ressemblent sous beaucoup de rapports : l'un et l'autre ont leurs combats qui se renouvellent chaque jour, avec une tactique à peu près pareille, pour obtenir une victoire suivie d'une trêve plus ou moins longue, après laquelle une autre lutte recommence. Écoutez l'éternelle chanson des poètes érotiques ; vous croirez par moments entendre un chant guerrier : la plupart des termes caractéristiques en sont militaires. Blessé, blessure, vaincu, vainqueur, victoire, triomphe, chaîne, conquête, etc. Ovide a dit, dans le second livre de L'Art d'aimer : « L'amour est une sorte de guerre, » Militix species amor est; et dans la neuvième élégie du premier livre des Amours : • Militat omnis amans, et habet sua castra Cupido. « Tout amant est soldat, et l'Amour a ses camps. »

L'amour est le frère de la haine

L'amour est le frère de la haine. L'amour et la haine pour le même objet naissent assez souvent dans le même cœur et s'y font sentir par des emportements, des malédictions, des violences, et d'autres effets communs à l'une et à l'autre passion. De là vient sans doute qu'on a regardé l'amour et la haine comme frère et sœur. Mais l'amant livré à leur double influence ne hait pas précisément. Il hait et aime tout ensemble, comme dit ce proverbe des anciens cité par Gilbert Cousin : Non or/i, ofli et amo. C'est ce qu'exprime très-bien la charmante épigramme de Catulle à Lesbie,
Odi et amo. Quare id faciam for fasse requiris? Nescio : sed fieri sentio et excrucior. « J'aime et je hais. — Comment est-ce possible? diras-tu. — Je ne sais, mais je le sens et je souffre. » L'amour est le frère de la haine, peut s'expliquer aussi par cette pensée de la Bruyère : « On veut faire tout le bonheur ou, si cela ne se peut, tout le malheur de ce qu'on aime. »


L'amour est le revenu de la beauté

L'amour est le revenu de la beauté. Revenu très passager, car, si la beauté a le don de produire l'amour, elle n'a pas celui de le conserver longtemps. Elle a besoin, pour maintenir les avantages qu'elle possède, d'y joindre les charmes du cœur et de l'esprit. C'est ce qu'expriment très bien ces vers de madame Verdier : Pour inspirer un feu constant, Il ne suffit pas d'être belle : C'est à la beauté qu'on se rend, Mais c'est au cœur qu'on est fidèle. C'est à l'accord intéressant D'un esprit doux et sage et d'une âme sensible, Que se trouve attaché le secret infaillible De fixer un époux et d'en faire un amant

L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards

L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards C'est ce que disait Louis XII, qui avait appris la chose par sa propre expérience, quoiqu'il ne fût que dans le commencement de la vieillesse quand il mourut des suites de son troisième mariage. Ce mot passa en proverbe pour signifier que l'amour réserve ses douceurs pour les jeunes gens, et qu'il ne cause que des peines aux vieillards.

L'amour est un grand maître

L'amour est un grand maître. Molière a employé et expliqué ce proverbe dans les \ers suivants de l'Ecole des femmes : II le faut avouer, l'amour est un grand maître : Ce qu'on ne fut jamais, il nous enseigne à l'être; Et souvent de nos mœurs l'absolu changement Devient par ses leçons l'ouvrage d'un moment. Re la nature en nous il force les obstacles, El ses effets soudains ont de l'air des miracles. D'un avare à l'instant il fait un libéral, Un vaillant d'un poltron, un civil d'un brutal ; 11 rend agile à tout l'âme la plus pesante Et donne de l'esprit à la plus innocente. (Acte III, se. iv.) On dit aussi que l' amour est inventif dans le même sens que le proverbe, qui doit s'entendre non-seulement des tours subtils et des expédient rusés qu'il suggère, mais aussi de quelques arts dont les poètes ont attribué la découverte ou le perfectionnement à ses inspirations.


L'amour et la crainte ne mangent pas à la même écuelle

L'amour et la crainte ne mangent pas à la même écuelle. L'amour et la crainte sont deux sentiments incompatibles, et, quand une personne inspire l'un, elle ne saurait inspirer l'autre. — 1l faut remarquer dans ce proverbe l'expression manger à la même écuelle, qui rappelle un usage introduit au temps de la chevalerie, où la galanterie avait imaginé de placer à table les convives par couple, homme et femme. « La politesse et l'habileté des maîtresses de maison consistaient alors, dit le Grand d'Aussy, à « savoir bien assortir les couples qui n'avaient qu'une assiette commune, ce qui s'appelait manger à la même écuelle. »—L'expression, détournée du sens propre au figuré s'employa pour marquer une liaison amoureuse. — Elle servit aussi à caractériser l'intimité des relations amicales. Une des plus grandes preuves de confiance qu'un roi pût autrefois donner à un de ses ministres consistait à manger avec lui à la même écuelle.

L'amour et la gale ne se peuvent cacher

L'amour et la gale ne se peuvent cacher. L'un et l'autre ont des démangeaisons irrésistibles qui les font bientôt découvrir. Les anciens disaient : Amor tussisque non celatur. L'amour et la toux ne se peuvent celer. Proverbe cité par Gilbert Cousin L'amour et le musc ne peuvent rester ignorés. (Proverbe hindoustani.)

Les Danois disent : La pauvreté et l'amour sont difficiles à cacher. — « L'amour est un de ces maux qu'on ne peut cacher ; un mot, un regard indiscret, le silence même le découvre. » (Abeilard.) « L'amour est si puissant, dit le romancero espagnol, et ses effets sont tels que les yeux le publient, encore que la langue le taise. On connaît ces vers de Racine : On a beau se cacher, l'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret. (Bajaset, act. III, se. vin.) L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme : Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux, Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux. (Androm., act. II, se. n.)



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