Dans ce récit tendre et drôle à la fois, Hanan el-Cheikh rapporte avec une scrupuleuse fidélité les confessions de sa mère analphabète, Kamleh, née au début des années 1930 dans une famille chiite extrêmement pauvre, au Sud-Liban. Après la mort prématurée de sa grande soeur, Kamleh est promise à son beau-frère alors qu'elle n'a que onze ans. Dans le quartier populaire de Beyrouth où elle s'installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, Mohamed, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh a une fille l'année suivante, puis une seconde, Hanan, trois ans plus tard. mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui des lettres enflammées qu'elle se fait écrire et lire par ses amies, s'identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d'obtenir le divorce, au risque d'être séparée de ses filles... Portrait finement dessiné d'une femme du peuple, rusée, truculente, enjouée, ce récit a été salué à sa parution, en arabe puis en anglais, par une presse unanime.
Max et Jerry ne se sont pas revus depuis que Jerry a quitté la maison familiale pour l'Afghanistan. Max, son frère, est resté comptable dans une entreprise d'emboutissage.
Et, si, un soir, Jerry passe la douane en fraude pour un retour de quelques heures parmi les siens, c'est que, comme Max, il poursuit un objectif qui devrait lui faire gagner beaucoup d'argent. Le plan ne peut échouer. Quitte à employer les grands moyens.
Le temps n'est que la rivière où je m'en vais pêcher. Je bois son eau ; et tout en buvant, je vois le fond sablonneux et remarque comme il est peu profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l'éternité demeure. J'aimerais boire plus profond ; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux est semé d'étoiles. Je ne peux compter jusqu'à un. Je ne connais pas la première lettre de l'alphabet. J'ai toujours regretté de ne pas être aussi sage que le jour de ma naissance.
Comment les marins se sauvent-ils des tempêtes ? Et les mariniers des inondations ? Comment les montagnards se tirent-ils des crevasses ? Et les gardiens de phare d'un envahissement de rats ? Comment les savants négocient-ils le feu et les bombes des volcans ? Que disent la brise, les fleuves turbulents, le grand hurlement des loups et le silence des microbes qui foisonnent ? Pour faire entendre le bruit de fond du monde et la voix des vivants, j'ai appelé à l'aide le récit de la nouvelle, l'évocation poétique ou musicale, les raisons scientifiques et la méditation propre à la philosophie… en une mosaïque la plus proche possible de l'expérience positive de la vie.
Les sept guerrières du clan Hori poursuivent leur vengeance. Parvenues sur les terres du cruel seigneur d'Aizu, elles disparaissent dans la blancheur de la neige, réapparaissent sous le déguisement de moines pèlerins, et rivalisent d'audace et de ruse pour affronter des ennemis aux armes redoutables et magiques, comme l'écho de rêve ou le filet de brume. Leurs alliés ? Un maître de sabre aussi vif et furtif qu'une ombre, et un vieux maître de sagesse zen dont les facéties peuvent se révéler plus dangereuses que le fil d'une lame.
Karim Issar, jeune prodige en informatique, a été recruté au Qatar par un grand groupe américain pour préparer
le bug de l'an 2000 au siège, à New York. Le journal que tient Karim entre octobre et décembre 1999 retrace ses
efforts pour assimiler la langue et les moeurs du pays, son intégration dans le monde de la haute finance et dans
le monde en général. Pas facile pour un jeune homme solitaire à l'esprit ultra-logique passionné de mathématiques…
D'autant que Karim demeure très ancré dans sa culture d'origine et maintient via Internet des liens forts
avec sa famille restée à Doha. Heureusement, sa collègue Rebecca met quelques sous-titres à la vie new-yorkaise
et lui ouvre ses bras. Lorsque Karim conçoit un programme ambitieux permettant de prédire les fluctuations du
cours du pétrole – Kapitoil –, son patron voit là le moyen de renflouer les caisses de son entreprise et se montre
prêt à tout pour l'obtenir. Mais Karim préfèrerait mettre son algorithme au service de la recherche scientifique
afin de prévoir le développement des épidémies virales dans le monde…
« Dans ce monde trop sérieux et trop sage, gouverné par le politiquement correct et la peur de tout, Kapitoil
redonne goût à la vie. » Huffington Post
« Un roman plein de sagesse et de finesse, drôle, tendre et tellement touchant ! » Marie Claire USA
« Dans un récit rondement mené, Teddy Wayne décrit une époque qui, rétrospectivement, nous paraît pleine
d'une naïveté tragique. Un premier roman fort et sincère… » Publishers Weekly
« Un premier roman brillamment écrit. Le récit est poignant, juste et drôle…. Surtout, c'est un réel plaisir d'être
dans la tête de Karim et de suivre ses réflexions sur les tableaux de Jackson Pollock, le baseball, les programmes
informatiques, les mystères de l'amour et la culture américaine. » Booklist
L'auteur
Teddy Wayne, 31 ans, est diplômé de Harvard. Il a grandi à New York où il travaille aujourd'hui comme journaliste
indépendant, en particulier pour le New York Times, le New Yorker, et Vanity Fair. Kapitoil, son premier
roman paru ce printemps aux États-Unis, l'a très vite fait repérer par la critique.
Au sortir d'une longue maladie, un écrivain est invité à un congrès de biographes à Jérusalem, métaphore d'une ville assiégée par la guerre et sur le point de succomber.
Comme dans un moderne Decameron, les vies extraordinaires des participants laissent perplexe le héros de ce tour de force littéraire et stylistique. Parmi les participants de ce congrès, on croise le libraire bibliophile Edgar Miret Supervielle, l'actrice italienne de cinéma porno Sabina Vedovelli, l'entrepreneur colombien Moises Kaplan et surtout José Maturana, ex-pasteur évangélique, ex-forçat, ex-drogué, qui dans la langue puissante des rues les plus sordides raconte l'itinéraire de son sauveur, le charismatique Messie latino de Miami.
Mais quelque temps après sa communication, José Maturana est retrouvé mort dans sa chambre. Tout semble indiquer un suicide, mais des doutes surgissent : qui était-il vraiment ?
Ce roman débordant d'énergie explore les différentes versions d'une même histoire, qui varie sans cesse et nous incite à écouter, souvent avec stupéfaction, les récits surprenants des autres protagonistes de cette histoire qui veulent témoigner avant la fin du monde.
Ce roman a reçu à l'unanimité du jury le Premier Prix La Otra Orilla, décerné à Bogotá en 2009.
Santiago GAMBOA
Né en Colombie en 1966, Santiago Gamboa a étudié la littérature à l'université de Bogotá jusqu'en 1985, puis la philologie hispanique à Madrid. Il est l'auteur d'une thèse de doctorat à la Sorbonne sur la littérature cubaine. Journaliste au service de langue espagnole de RFI, correspondant du quotidien El Tiempo de Bogotá à Paris, Santiago Gamboa est actuellement attaché culturel de la Colombie à l'UNESCO.
Henrik B. Nilsson est né en Suède en 1971, mais a grandi en Allemagne. Titulaire d'une licence d'économie, il a fondé sa propre maison d'édition, Minotaur, en 1999, avant de la céder et de reprendre des études à l'université de Lund, où il obtint un master de Creative writing sous la direction de Björn Larsson. Henrik Nilsson vit désormais à Malmö avec sa famille. Le faux ami a obtenu le grand Prix Littéraire suédois dédié aux premiers romans : Borås Tidnings Debutantpris.
Avril 1910, panique sur terre et dans le ciel. La comète de Halley est sur le point de frôler notre planète, et la succession du pape Léon XIII est imminente. A Vienne, Hermann Freytag, correcteur à l'ancienne, retraité depuis peu, passe ses journées au Café Sperl, à dépouiller les journaux et à ruminer des idées de romans. Dans cette ambiance de fin de monde, le célèbre Boris Basch, auteur de livres à succès, annonce à son éditeur qu'il vient de terminer son roman et que Freytag est le seul correcteur en qui il a confiance. L'équilibre de la maison d'édition est en jeu et le directeur est contraint de prier Freytag de se remettre au travail. Ce dernier empoche l'avance et continue à brasser ses idées noires, déplorer l'état du monde moderne avec le père Anton, ou apprendre l'esperanto de la bouche de la belle Rosita, dont il est secrètement amoureux. C'est alors qu'apparaît le mystérieux Signori. Familier des cercles les plus secrets du Vatican, il en sait long sur le manuscrit de Barsch, susceptible de produire l'effet d'une bombe dans les finances du Saint-Siège. Freytag, se trouve confronté à un choix difficile … bientôt une question de vie ou de mort. Le faux ami se déroule en grande partie à Vienne, au temps où elle était la capitale culturelle et intellectuelle d'Europe. Un roman littéraire au style classique, une histoire faite d'ombre et de lumière qui éclaire une période sombre de l'histoire du Vatican.