Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un jeune juif géorgien va se retrouver mêlé à l'une des pages les plus tragiques de l'histoire de son pays.
De Moscou aux confins de l'Ukraine et de la Hongrie, dans les
Carpates, de Batoumi, jolie station balnéaire de Géorgie sur la mer
Noire, jusqu'à Leningrad, dans l'enceinte même du prestigieux ballet
Kirov, Alex, communiste convaincu d'œuvrer contre les ennemis de
l'Union soviétique, devient un agent secret de l'intérieur.Moscou,
1946. Dans un pays saigné par les purges et l'inefficacité du système,
Alexander Vielski est engagé pour travailler au sein d'un laboratoire
caché dans les sous-sols de la Loubianka, l'immeuble tristement célèbre
qui abritait les services secrets. Dans ce lieu sombre, Alex découvre
l'horreur : au nom de la science ou plus clairement du pouvoir
politique, le professeur Maïranovski - le personnage a vraiment existé
- y teste de nouveaux poisons sur des prisonniers vivants, de
véritables cobayes humains.Mais deux rencontres au cabinet des Poisons vont faire basculer sa conscience : une
des victimes de Maïranovski, Raoul Wallenberg, le diplomate suédois qui
a sauvé des dizaines de milliers de juifs pendant la guerre, et Anna,
une jeune femme, employée au laboratoire, lumineuse et intense, dont il
va tomber amoureux. Alors que la terreur stalinienne se déchaîne et que
la violence se focalise sur les juifs (cadres, médecins, intellectuels)
pour finir avec l'affreuse parodie du « procès des Blouses blanches »,
Alex se trouve confronté aux questions essentielles. Une visite à son
père à Batoumi lui rappelle le sens des valeurs morales, son enfance,
sa culture juive. Plutôt que de poursuivre sa tâche criminelle, il
tentera alors de sauver des vies avec Anna et se sauvera lui-même en se
réappropriant un destin qu'on lui avait volé au nom de l'idéologie ou,
peut-être, de la simple obéissance aux ordres. Et c'est cela, sans
doute, la trame essentielle et la grande force de ce livre.
Biographie
François Langlade a cinquante ans et vit depuis plus de quinze ans à
Londres avec sa femme et ses trois filles. Diplômé de philosophie et
d'économie, il est directeur d'une société financière et travaille
beaucoup pour la promotion de la culture française au Royaume-Uni. Déjà
auteur de trois romans : Le Manuscrit de Glyndebourne (France-Empire, 2002), Monsieur Étienne (JC Lattès, 2003) et La Pertinax (JC Lattès, 2006), il a aussi écrit des poèmes et des nouvelles : Veillées d'âmes (Le Luy de France, 2000).
La vie et les opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe
Andrew O'Hagan
« Quel chien, et quelle vie... Splendide... Andrew O'Hagan a pris la voix d'un chien pour écrire une étude subtile, drôle et émouvante de l'Amérique à l'aube de l'une de ses plus grandes crises. Maf le chien, comme Lolita ou Gatsby le magnifique, est une thrénodie à l'innocence perdue. Maf est un observateur perspicace de la modernité et du siècle américain. Un véritable Tocqueville de notre temps. » John Banville
« Un ouvrage empli de fines plaisanteries, d'amusante sagesse, de profonde sensibilité vis-à-vis des personnages et des lieux. C'est avant tout un livre qui prête une grande attention au plaisir du lecteur ; et c'est ce plaisir, si pur et complet, qui rend ce livre tellement particulier. » Colm Toibin
« O'Hagan empreinte sciemment à Laurence Sterne son érudition digressive et jacasseuse, son ironie et son charme malin. [...] Un récit de voyage à travers le siècle américain profondément original, une lettre d'amour à la modernité, et une plongée hilarante, parfois tendre, dans le cœur d'un monstre de célébrité. Sensationnel. » (Melanie McGrath, Evening Standard)
Nous sommes en 1987. Dans un Maroc qui vit encore dans la peur, sur une route entre deux villes, Rabat et Salé, le roi Hassan II va passer. Perdus au milieu de la foule, deux amis, Omar et Khalid, un pauvre et un riche, l'attendent. Le riche a été choisi pour aller baiser la main du souverain. L'autre est jaloux. La guerre des classes est déclarée. Elle se terminera au milieu de la forêt, dans le sang.
À presque cinquante ans, Dominique a gardé un peu de la sauvagerie de l'enfance, et reste étrangère à sa propre vie. Employée d'un fleuriste, elle se réfugie à ses heures perdues dans un coin de campagne qu'elle a, dès son plus jeune âge, baptisé Grand Paradis. Sa sœur, la farouche Marie, la recontacte un jour pour lui signifier qu'elle quitte définitivement leur petite station balnéaire : elle souhaite à cette occasion se débarrasser de leurs souvenirs de famille. En acceptant de les reprendre, Dominique retrouve les lettres adressées par leur mère à leur père après qu'il les eût mystérieusement abandonnées, mais aussi les photos d'une aïeule dont elle n'avait jamais entendu parler : Léontine. L'un de ces saisissants clichés, pris par le photographe Albert Londe, associé au professeur Charcot à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, représente Léontine en pleine crise d'hystérie. Plus qu'intriguée par cette image, Dominique entreprend de fouiller les archives de la Salpêtrière pour en découvrir davantage sur l'hystérie, sur cette lointaine parente, sur les siens… et sur elle-même.
Qui n'a jamais voulu se retirer du monde, aller vers la forêt, se taire et rester sur un tronc à rêver ? Laisser le corps et l'esprit se promener doucement, les journées se suivre et s'étaler, ponctuées seulement de repas frugaux et de sommeils ? Un homme souffre. Nous l'accompagnons dans un coin de campagne. Il y a des arbres et un étang, un lit pour se coucher ; trois femmes prennent soin de lui. Loin de la ville et du bruit, ne faisant rien que vivre, il peut retrouver la beauté du monde et sa musique tranquille : "Tout bouge ici pour peu que l'on reste immobile. " Empreint de romantisme, au sens le plus strict, Les eaux dormantes distille le bleu du ciel et ses orages - mélodie mélancolique et douce, luxueuse thérapeutique des rêveurs désenchantés.
Henri Cueco aime les bêtes autant que les gens. C’est ce qu’il prétend dans ses textes. Mais est-ce bien sûr ? En tout cas, il les croque avec tendresse, il les aime comme il a aimé le jardinier de son Dialogue avec un jardinier. Pas avec pathos, pas avec mélo, pas avec de grands sentiments mais avec égard, distance et surtout, avec l’humour des mots. Des joyeux portraits tristes d’animaux, pas familiers, plus prompts à montrer les crocs et à vous refiler des puces qu’à vous réclamer caresses et tendresse.
Qui est Friedhart Stahl, cet aventurier qui s'installe dans une famille de Munich pour devenir l'amant de la mère et le complice du fils de dix ans, sous le regard silencieux du père ? Pourquoi cet homme solitaire retourne-t-il sur l'île de Lanzarote, poursuivant un rêve qui pourtant avait déjà échoué ? Des années plus tard, le jeune garçon de Munich est devenu adulte. Parti sur les traces de Friedhart disparu, il essaie de renouer les fils de la vie de celui qui l'a sorti de l'enfance, mais aussi qui a brisé sa famille. Tissé de subtils aller-retour dans le temps, porté par une écriture apaisée, ce roman de la culpabilité allemande de l'après-guerre, de l'ivresse puis de la désillusion des années de révolte et de libération sexuelle, fait aussi ressortir les doutes et les complexes de la génération suivante qui a tenté de se construire sur le " cercle de cendres ". Car au long de leur quête placée sous le signe de l'excès, la même question hante les personnages : qu'est-ce qui nous pousse à nous acharner sur ce que nous savons être fait pour nous détruire ?
"Toute ma vie, il y a eu un décalage horaire entre papa et nous. Mon père était "primeurs"."
Entre dérision et nostalgie, cette chronique sociale et familiale est avant tout la radiographie d’une époque. Celle des années 70, période d’insouciance qu’Anthony Palou évoque à travers l’essor et le déclin d’une "dynastie fruitière", qui a fui l’Espagne franquiste pour faire fortune en France avec sa soupe catalane. Sur un ton à la fois drôle et lucide, l’auteur de Camille, prix Décembre, exprime avec tendresse la pudeur des déclassés, la fin des illusions et l’apprentissage de la mélancolie.