Adam Ross est né et a grandi à New York. Enfant acteur, il a fait des apparitions dans des films, des publicités et des émissions de télévision. Mr Peanut est son premier roman.
« La première fois que David rêva de tuer sa femme, ce n'était pas lui qui la tuait. Il imagina une intervention divine providentielle. » Pris au piège d'une imagination qui le tient éloigné de la réalité, David Pepin anticipe sans cesse la mort d'Alice. Un jour, celle-ci meurt dans des conditions suspectes. David l'a-t-il tué, ou non ? A-t-il mis ses fantasmes morbides à exécution, ou est-il le prototype de l'innocent accusé à tort ? A l'histoire de son mariage s'entremêlent alors celles des deux policiers chargés de l'enquête, qui s'appuient sur leurs propres expériences pour faire naître la vérité. A quel moment David cesse-t-il d'être un mari inconsolable ? L'a-t-il jamais été ? Sombre histoire d'amour et de haine, Mr Peanut interroge les liens du mariage. Qu'est-ce qui maintient un couple en l'état ? Qu'est-ce qui le pousse à éclater ? Le mariage est plein de périls pour les distraits : voilà quelle semble être la thèse accréditée par ce sulfureux roman. Avec sa structure narrative complexe, ses différents niveaux de réel, ses références savamment codées, son suspense implacable, sa réalité cauchemardesque et ses clins d'œil à répétition à l'univers d'Alfred Hitchcock (à commencer par le nom de l'enquêteur Ward Hastroll, anagramme du Lars Thorwald de Fenêtre sur cour !), Mr Peatnut est l'expression d'un talent prodigieux. Outre-Atlantique, son premier roman a d'ailleurs valu à Adam Ross une consécration immédiate et les louanges des écrivains Richard Russo et Stephen King.
Dans la lignée d’un Richard Ford, une révélation littéraire exceptionnelle, la fuite éperdue de trois personnages meurtris en quête de rédemption et d’espoir, un road trip plein d’alcool, de crimes et de colère au cœur de l’Amérique des déshérités.
1987, La Nouvelle-Orléans. Le même jour, Roy Cady apprend qu’il a un cancer du poumon et que Stan, son boss proxénète et dealer, lui confie une mission qui ressemble fort à un piège.
Sorti vivant de ce traquenard, Roy prend la fuite, emmenant avec lui Rocky, petite prostituée, et Tiffany, quatre ans. Le début d’une cavale sur les routes brûlantes du golfe du Mexique jusqu’à Galveston, Texas. Et la tentation d’un répit dans un motel paumé au milieu d’autres âmes perdues…
Mais comment échapper à une bande de tueurs quand on a en sa possession des documents compromettants et beaucoup de sang sur les mains ?
Vingt ans plus tard, Roy est homme à tout faire. Son corps martyrisé porte les stigmates d’un terrible drame. Il n’a pour seuls compagnons que son chien et ses livres. Quelqu’un est à sa recherche…
Stephen, aujourd'hui pasteur, revient sur les lieux de son enfance, au chevet de sa mère mourante, mais aussi afin de reprendre place au sein d'une communauté qui a tant compté pour lui. A Sawgamet, ville champignon fondée dans les forêts du Nord par son grand-père un demi-siècle plus tôt, le froid est si intense pendant l'hiver qu'il brise le verre des thermomètres et la magie des bois est plus à craindre que les dangers du travail de bûcheron. Stephen retrace l'histoire de son grand-père Jeannot et de sa femme bien aimée Martine, la façon dont ils se rencontrèrent et s'aimèrent… Mais à Sawgamet, il y eut aussi la tragique disparition de son père et de sa jeune sœur, emportés sous la glace, lorsqu'il était enfant. Les bois de Sawgamet entraîne le lecteur dans un monde merveilleux et plein de tendresse, où les sorcières des bois et les caribous d'or côtoient des chiens qui chantent, où les vivants et les morts se séparent et se retrouvent dans la beauté stupéfiante de l'hiver.
Traduit de l'anglais par Marie-Hélène Dumas
Roxane est une jeune femme qui peine à se faire sa place de comédienne dans le monde impitoyable du théâtre. Et puis, dans ce milieu, s?appeler Roxane amène toujours des questions sur Cyrano? À l?issue des castings, quand elle parvient à décrocher quelque chose, ce ne sont généralement que des rôles pour des pubs de shampoings défrisants ou de baumes dépigmentants, ou pour le Quinté +. Le drame de Roxane ? Être une métisse affublée d?une paire de jambes de teutonne, d?une poitrine de nymphette, d?un « cul à chier » et d?un nez trop long. Un physique hybride qui n?a rien des canons standard de la beauté, ce qu?on ne manque pas de lui faire remarquer. En plus, elle s?est amourachée de Christian, un bellâtre blond comme les blés qui l?a aimée un soir pour la congédier le lendemain? par mail. Mais Roxane a plus d?un tour dans son sac, et, pour remédier à ses ratages, elle peut compter sur son alter ego, son double, son reflet : Cyrano. À la fois homme et femme, cousin et cousine, mère adoptive et meilleure ennemie, ce personnage imaginaire et plein d?imagination, tout droit sorti du XVIIe siècle, est pour Roxane une faille et un remède? L?autre elle-même, aimante et haineuse, pleine de ressources, mais aussi pleine de fiel. À elles deux, Roxane et Cyrano vont mettre en place un implacable stratagème pour séduire Christian et le transir d?amour pour elle(s). Et, comme par enchantement, cette première victoire permettra à Cyrano/Roxane de jouer enfin dans une pièce de théâtre, La Vraie Vie de Cyrano, à défaut de jouer dans Cyrano de Bergerac. Cyr@no est la scène où un personnage hybride naît à lui-même en acceptant d?être plusieurs. Où Roxane apprend à s?aimer et à se faire aimer. Où, finalement, l?important, c?est d?aimer? Un Cyrano de Bergerac revu et corrigé par Bessora. A propos de ses précédents romans :Cueillez-moi jolis Messieurs« Avec talent, Bessora développe un univers romanesque singulier, mélange de tendresse, d?ironie et de cruauté. » Livres Hebdo« Bessora nous épingle, nous met sous loupe, nous regarde bouger de son ?il un peu triste. Y a-t-il quelque chose en elle de Nathalie Sarraute ? » Le Nouvel ObservateurLes Taches d?encre« Un roman insensé, mais sa vérité nous hante longtemps. » Biba53 cm (premier roman)« Une véritable jubilation de la langue et de l?écriture, une galerie de personnages extravagants mais jamais ridicules hantent ce texte funambulesque et scandent l?existence réaliste et onirique d?une héroïne déracinée. » Le Figaro
Romancier, poète, nouvelliste, dramaturge, Giovanni Arpino (1927-1987) a aussi été journaliste pour La Stampa et a travaillé pour le cinéma. Lauréat du prix Strega (le Goncourt italien) et du prix Campiello, il reste méconnu en France, où seuls cinq de ses livres ont été traduits.
« Les dents de Stella brillaient dans la pénombre. “Lui parler ? Dans une impasse. Sans témoins. En lui tirant tout de suite dessus. Ça, oui, martela-t-elle, implacable. Tu tiens à me voir en prison ?” Affaibli, l'ancien instituteur s'abstint de répliquer. “Tu n'as même pas remarqué le petit paquet que j'ai laissé sur la table. La pochette. Elle est pour toi, monsieur mon père. Un cadeau”, poursuivit-elle avec une habileté toute féminine. » Il suffit à Carlo Botero d'effleurer l'objet pour comprendre ce qu'il y a à comprendre : un revolver. Pour le maître d'école à la retraite dont la vie s'écoule sans heurts aux côtés de son chat Staline, le temps de l'action est arrivé. « Mourir n'est rien. Telle fut la pensée que s'infligea l'homme en mesurant les vides et les pleins, les fantômes et les concrétudes, les vieilles cheminées et les buissons d'antennes. » Parti dans Turin à la recherche de l'ex-époux de sa fille, il croise le chemin du calabrais Raffaele Cardoso. Unis par leur combat contre le mal comme par leur irréductible espoir d'éternité, ils s'entraident dans leur quête réciproque et entreprennent un périple des plus inattendus. Comme à l'accoutumée chez Giovanni Arpino, personnages, décors et intrigue ont une réalité, une vérité qui dépasse la fiction. Une fois de plus, l'écrivain dispose de cette retenue méticuleuse qui donne au roman son souffle et son originalité – et sous lequel perce cependant une vision mélancolique de la condition humaine. « Parce que c'est ça, la vieillesse : perdre. »
Rosa vient de perdre Egon, son père « adoptif », seul lien qui la rattache encore à sa maison d'enfance à Meknès, au Maroc. Venue pour un dernier adieu et pour régler la succession, prête à faire table rase de cet héritage qui l'encombre dans sa vie bien établie et bien réglée de Saint-Germain-en-Laye, elle va retrouver une part d'elle-même soigneusement enfouie, depuis vingt ans. Assaillie par des souvenirs encombrants et par la découverte de pans ignorés de l'histoire de ses parents, dévorée par l'affection de sa nourrice marocaine, étourdie par les récits de sa marraine venue la soutenir, Rosa voit peu à peu le désordre et les fantômes du passé s'insinuer dans une vie où chaque chose était à sa place. Le récit est entrecoupé par la voix d'Egon qui raconte son itinéraire de vie. Avec une écriture ciselée et sensuelle, Virginie Ollagnier croise les destins, mêle les voix et retrace des parcours gouvernés pas l'Histoire et les secrets de famille.
L'auteur Virginie Ollagnier, née à Lyon en 1970, est formatrice en communication écrite et co-scénariste de la bande dessinée Kia Ora. Son premier roman, Toutes ces vies qu'on abandonne (Liana Levi 2007, Points 2008), lui a valu un succès public et critique et a obtenu onze prix littéraires dont le « Prix coup de cœur du roman historique de la ville de Blois » et le « Prix du premier roman du Touquet ». Elle a également publié L'Incertain (Liana Levi 2008, Points juin 2011).
« Limonov n'est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l'underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l'immense bordel de l'après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.
C'est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d'aventures. C'est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »
Au lieu d'aménager la maison qu'il vient juste de faire construire, le narrateur de Pas d'inquiétude va être contraint de prendre un long congé pour rester près de son fils malade et s'installe avec lui dans un tête à tête fait de gestes et d'actes inédits chaque jour réinventés.
Homme au foyer malgré lui, il s'éloigne de l'imprimerie où il travaille et de Manu, l'ami indispensable, et glisse dans une vie domestique et invisible, pendant que sa femme, récemment embauchée dans une PME, ne peut se permettre aucune absence et n'a d'autre alternative que se dévouer à son poste.
Cette famille ordinaire perd petit à petit ses relations sociales et ses repères, happée par la logique de la maladie qui donne soudain un autre sens à son existence, fait voler en éclat la place de chacun, celle des parents autant que celle de Lisa, la grande sœur, et voit la vie des autres se dérouler à l'extérieur, soudain irréelle et inaccessible. Le jour où les collègues de l'imprimerie donnent chacun de leurs congés pour permettre au père de renouveler les journées qu'il consacre à Mehdi, cet élan de solidarité radical et inattendu bouleverse codes et habitudes, et se pose alors, de manière plus forte encore, la question de l'équilibre entre sphère sociale et sphère familiale.
Tout finit par se nouer autour de ce nouveau temps imparti, inespéré mais qui agit comme un piège, tant il est compliqué de recevoir un tel cadeau. Dans un monde où la solidarité est loin d'être une norme, la générosité des collègues rassure autant qu'elle déstabilise, d'autant qu'ils offrent du temps et non de l'argent.
Le récit tente de sonder ce que serait une vie dédiée à l'autre, aux autres, de même qu'il pose la question du don, de la dette, de la soumission et la domination, tout en interrogeant : qu'est-ce qu'être un père aujourd'hui, et qu'est-ce qu'être un couple de parents ?
Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.
Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l'Asie centrale, qu'il parcourt inlassablement depuis 1997. Il s'est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L'Axe du loup (Robert Laffont). De lui, les Éditions Gallimard ont déjà publié Une vie à coucher dehors (2009) et, avec Thomas Goisque et Bertrand de Miollis, Haute tension (2009).
Nadifa Mohamed est née à Hargeisa, en Somalie, en 1981. En 1986, ses parents ont émigré à Londres, où elle vit toujours, après avoir étudié à Oxford. Black Mamba Boy est inspiré par la vie de son père.
« Son existence durant, mon père s'est exercé à la liberté. Conséquence de ses incontestables victoires sur la mort, il a fait sienne la vie et ne doit rien à personne. […] Mon père égrenait ses souvenirs d'Erythrée ou d'Aden et se remémorait les grelots de chameaux avec lesquels il jouait, gamin, dans le désert de Somalie. Boudeur, j'attendais qu'il finisse. Comment me figurer l'existence d'un enfant-soldat, ou des rues à Aden, alors que je n'avais même pas le droit d'aller seul jusqu'à la boutique du coin ! Puis avec un soupir, le regard fixé au loin, mon père marqué par le poids des années s'apaisait : je lui confiais alors ce qui me préoccupait, et ce qui pouvait être tout simplement une paire de tennis neuve ou un anorak. Je rêvais d'être va-nu-pieds, tout en ignorant à l'époque que, question misère, vagabondage et vie de mercenaire, mon père remportait la palme. » De 1935 à 1947, d'Aden à Port-Talbot, en passant par le Somaliland, Djibouti, l'Erythrée, le Soudan, l'Egypte et la Palestine, Black Mamba Boy retrace la vie de Jama, un enfant des rues forgé au bord tranchant de la solitude, parti retrouver la trace de son père. Roman politique et social, récit d'une enfance miséreuse, périple initiatique d'un laissé-pour-compte, Black Mamba Boy déploie une puissance d'émotion peu commune. La quête d'une forme adaptée au sentiment d'abandon qui domine le personnage principal donne des accents hallucinatoires à son voyage. A travers ces pages vivantes se révèle la trempe d'un immense écrivain.