On imagine un complexe hôtelier, récemment construit aux confins d'un archipel ensoleillé. Le jour de l'inauguration, des autocars climatisés acheminent sur place un premier groupe de vacanciers. Nous découvrons en même temps qu'eux ce cadre idyllique, d'assez loin d'abord avant d'épier leurs réactions de plus près. Comme s'il s'agissait des cobayes d'une expérience grandeur nature sur le bonheur. Et comme si nous les observions par caméras de surveillance interposées, assistant depuis la régie au montage des séquences de leur oisiveté obligée. Puis tout commence à se détraquer.
Le début de quelque chose emprunte à l'imaginaire commun des vacances pour mieux en dérégler tous les sens. Au cœur de cette temporalité immobile, apaisante, protectrice, Hugues Jallon réussit à semer progressivement le doute, puis le trouble, avant que la terreur ne gagne la partie. Et, avec un sens de la dramatisation implacable, il transforme notre utopie la plus familière en un cauchemar éveillé.
La battle, c’est le défi qu’on va se livrer pour remporter l’épreuve musicale du concours interlycées. Et avec « Dans Ta gueule », notre groupe de hip hop, César, Saf et moi, Ange dit la Boule, c’est sûr, on va tout déchirer !
Valérie Tong Cuong (Providence, L’ardoise magique) signe une comédie sur l’adolescence, pleine de rythme et d’émotions.
• « L'écriture, m'offre une échappée vers des expériences que j'ai manquées, ou qu'il m'est impossible de vivre, vers des lieux que je ne visiterai jamais, des gens qui me sont interdits. A quoi ma vie ressemblerait-elle avec eux, dans leur peau ? », écrit Ron Leshem en postface à Niloufar.L'auteur se glisse donc dans la peau de ses personnages. Kami, jeune provincial venu pour étudier à l'université de Téhéran, loge chez sa tante, Zahara, ex-vedette de cinéma censurée par le régime islamique. Dans le microcosme de l'immeuble, se croisent et se protègent Babegh, l'homosexuel qui un jour disparaîtra sans laisser de traces, Madame Safoura, qui s'invente un passé prestigieux et se refugiera au Japon. Loin des regards malveillants, l'ordinateur de Kami et INTERNET leur ouvrent les portes du vaste monde, plus beau, riche de toutes les possibilités interdites.A la fac, Kami rencontre – et devient l'amant de – Niloufar Khalidian. Fille de la grande bourgeoisie, elle est aussi la première femme pilote de course. Elle entraîne le jeune homme dans les méandres souterrains de Téhéran – drogue, alcool, abandon du voile, livres interdits. Mais elle va trop loin en défiant la norme religieuse et finira pendue en place publique. (Le modèle existe: Leila Seddigh, militante des droits des femmes). Kami s'en retourne chez lui, vaincu, ou plutôt résigné à vivre sous la chape de la religion.
• Journaliste, né en Israël en 1976, Ron Leshem a été rédacteur en chef au Yediot Ahronot et à Maariv, et directeur adjoint des programmes de télévision de Channel 2. Beaufort (prix Sapir) a été adapté à l'écran par Joseph Cedar, Ours d'argent au Festival de Berlin.
« Ma collaboration avec Itsik Malpesh est peut-être l'une des alliances littéraires les plus improbables qui soient de mémoire récente. Lors de notre première rencontre, à l'automne 1996, il avait déjà plus de quatre-vingt-dix ans et moi tout juste vingt-et-un. Lui était un Juif russe ayant grandi à une époque où les jours du tsar étaient comptés ; moi j'étais un jeune catholique de Boston né à la fin du règne de Nixon. »
Ainsi débute Chansons pour la fille du boucher, roman centré sur l'autobiographie fictive d'Itsik Malpesh, juif russo-moldave, qui se définit en toute modestie comme le plus grand poète yiddish vivant d'Amérique. Ce texte, écrit à l'origine en yiddish, est entrecoupé de notes du traducteur. Ce dernier raconte comment lui-même, jeune homme d'origine irlandaise qui se destinait à la prêtrise, s'est retrouvé à apprendre le yiddish par amour et les circonstances qui l'ont amené à rencontrer Itsik Malpesh, puis à traduire son livre.
L'histoire d'Itsik Malpesh est celle du XXe siècle. Il naît à Kichinev à l'époque où débutent les premiers pogroms, assiste à la montée de l'antisémitisme avec la Première Guerre mondiale puis à la Révolution russe. Jeune homme se rêvant poète de la langue yiddish, Itsik est obligé de s'exiler à Odessa après avoir fait publier un article couvrant de ridicule le patron chrétien de son père. Il espère y retrouver Sasha Bimko, la fille du boucher, de quatre ans son aînée, qu'il n'a jamais connue mais dont la légende raconte que, par sa seule détermination, elle aurait empêché des émeutiers chrétiens de violer Mme Malpesh le jour de la naissance d'Itsik. Après maintes péripéties, Itsik parvient à Odessa où la veuve Bimko lui révèle que Sasha est partie en Palestine. Itsik demeure cependant à Odessa où il apprend le métier d'imprimeur. Quelques années plus tard, son patron, pressentant l'imminence d'un danger, l'envoie en Amérique. Là encore, les aventures s'enchaînent et le hasard va conduire les pas de Sasha Bimko vers Itsik. Les deux jeunes gens vivront une grande histoire d'amour, avant que les rêves de poète d'Itsik ne prennent, une fois de plus, le pas sur la réalité…
Récompensé par le National Jewish Book Award, Chansons pour la fille du boucher est « à la fois une histoire Yiddish du XXe siècle, une histoire d'amour au réalisme magique et l'exploration fascinante de la relation entre langage et identité. » (Time Out)
Peter Manseau est né et a grandi dans une petite ville au nord de Boston. Il a suivi des études de théologie avant d'exercer des métiers très divers : charpentier, journaliste et metteur en page. Il a également travaillé au Yiddish Book Center, où il s'attelait à restaurer des textes yiddish antiques. En 2005, il publie son premier livre, Vows: the Story of a Priest, a Nun and Their Son, récit autobiographique dans lequel il relate sa propre histoire de fils d'une nonne et d'un prêtre ayant tout deux renoncé à leurs vœux. Ses écrits ont été publiés dans le New York Times Magazine et The Washington Post. Chansons pour la fille du boucher est son premier roman. Il a reçu le National Jewish Book Award en 2008 – décerné pour la première fois à un auteur non-juif –, la Sophie Brody Medal for outstanding achievement in Jewish literature et en 2009 l'Harold U. Ribalow Prize. Peter Manseau a depuis publié un essai sur les superstitions liées au culte des morts (Rag and Bone, 2009). Professeur de Creative Writing à l'Université de Georgetown, il habite à Washington D.C. avec sa femme et leurs deux filles.
« Un roman extraordinaire. Itsik Malpesh est l'une des plus éblouissantes réussites de la littérature. » (Junot Diaz)
« Dans son premier roman, Peter Manseau entremêle plusieurs cultures afin de composer un portrait incroyablement vivant de l'irritable poète à l'éloquence charmante et du jeune homme choisi pour faire voyager ses mots dans le temps… […] Un livre formidable doté d'un protagoniste à qui l'on a donné toute la place nécessaire pour raconter son histoire. » (Kirkus Review)
« Délicieusement beau, intense et totalement inattendu… Chansons pour la fille du boucher est un roman incroyablement original et passionnant qui, dès ses premières lignes, tient sous sa coupe un lecteur fasciné. Nous sommes dans les mains d'un narrateur suprême, un auteur plein de charme et d'esprit, qui possède un sens de la langue à vous couper le souffle. » (Weekend Australian)
« Jonathan Safran Foer a son Alexander Perchov, Junot Diaz a son Oscar Wao, et maintenant vous pouvez ajouter l'Itsik Malpesh de Peter Manseau à la liste des personnages littéraires que vous aimeriez voir exister… La grande force de Peter Manseau est de rendre ses protagonistes crédibles. Vous pouvez vous imaginer commettre les mêmes erreurs que Malpesh (à l'exception, peut-être, du meurtre) et ne pouvez pas vous empêcher d'être jaloux que son traducteur ait rencontré “le dernier poète Yiddish aux États-Unis”. » (London Lite)
« C'est un truisme que de dire que la culture est préservée par l'art et la littérature qu'elle crée, mais le roman incroyablement captivant de Peter Manseau donne vie d'une façon brillamment excentrique à ce concept. » (Metro)
À dix-neuf ans, Tereska Torrès rallie Londres et s'engage dans les Forces françaises libres. Elle raconte ses années de guerre dans son journal, Une Française libre (Phébus, 2000 ; « Libretto », 2007). Elle rencontre à cette période son mari, Georges Torrès, qui décède en 1944 sur le front alsacien alors qu'elle est enceinte et devient en 1948 l'épouse de l'auteur américain Meyer Levin (Crime, Phébus « Libretto », 1999 ; Frankie et Johnnie, « Libretto », 2005). Tereska Torrès a écrit de nombreux romans, ainsi que des essais tels Les Maisons hantées de Meyer Levin (Phébus, 2005) et Le Choix (Desclée de Brouwer, 2002) sur la conversion de ses parents juifs polonais au catholicisme, dans les années qui précédèrent la guerre.
L'auteur vit à Paris.
Tereska Torrès a été l'une des toutes premières volontaires à répondre à l'appel du Général de Gaulle en 1940 et à rejoindre les Forces françaises libres de Londres. De cette expérience hors du commun, elle tira en 1950 un roman autobiographique, publié aux États-Unis sous le titre Women's Barracks, directement en édition de poche. Son évocation des mœurs des femmes soldats provoqua le scandale et il fut interdit dans plusieurs états, ce qui ne fit qu'alimenter le succès : 4 millions d'exemplaires se vendirent rien qu'en Amérique, et il fut traduit dans treize langues. Tereska Torrès, qui s'opposa longtemps à une publication en français de peur de choquer ses compatriotes, en propose aujourd'hui une toute nouvelle version.
Ses jeunes héroïnes (Caron, Nellie, Muriel, Josette et Ursula) n'ont pas froid aux yeux et l'intensité propre à la guerre va leur donner plus d'audace encore. Soustraites aux regards de leurs parents, loin de leur cadre habituel et des interdits qui pesaient sur elles, conscientes que la mort peut les faucher à chaque instant, elles croquent la vie à pleines dents – et qu'importe le qu'en dira-t-on. Durant le Blitz, les tabous sont levés et des liaisons passionnées naissent, entre femmes dans la caserne et dans les quartiers de Londres peuplés de séduisants militaires.
Chaque année, Estelle redoute l'approche de Noël et la traditionnelle fête qui réunit sa famille dispersée autour des mêmes plats, des mêmes questions sur la vie de chacun, des mêmes petites réflexions qui blessent ou qui amusent. Estelle trouve toujours de bonnes excuses, de petits mensonges qui lui permettent de ne pas affronter les siens et surtout de continuer à mener sa vie loin des jugements, des conseils et des exemples de ses proches. Il n'est pas simple d'assumer ses choix ou juste d'accepter le regard des autres et longtemps Estelle a préféré de pas avoir à le faire. Elle a quitté sa famille parisienne, très tôt, aimé des femmes avant de s'installer avec l'une d'entre elles, Vanessa, dans une petite ville au bord de l'océan, en Charente-Maritime. Elle vit de petits boulots, serveuse, maraîchère, des occupations saisonnières qui lui laissent du temps pour rêver, lire, nager, ne rien faire.
Mais cette année est différente : pour la première fois, Estelle doute de cette vie, de cet amour, de ses choix. Elle se sent seule, si seule qu'elle n'a pas le courage de fuir encore et de refuser l'invitation de ses proches. Mais comment avouer ses doutes ? Comment les faire partager alors qu'elle a passé sa vie à affirmer qu'elle se sentait libre et heureuse ainsi ? Estelle, en retrouvant sa famille, va découvrir des blessures d'enfant qui n'avaient pas guéri. Elle va aussi apprendre à mieux se connaître et s'accepter.
Un roman très émouvant et tendre sur les choix d'une femme, le poids de l'enfance et l'exemple des parents qui marquent une vie.