Rendant hommage aux miracles de la nature et aux bonheurs de la cueillette, Alina Reyes nous convie à une promenade savoureuse dans les forêts, les jardins et les prés pour y retrouver les plaisirs simples offerts par la contemplation, la dégustation et la récolte des fruits, des herbes, des fleurs… Des prunes aux roses, de la lavande aux cerises, du serpolet aux myrtilles, des cèpes à l'oseille sauvage, des coquillages aux poignées de neige, Alina Reyes nous fait retrouver les paradis intimes de l'enfance, des paysages éclatants de sèves et de bourgeonnements, un monde foisonnant de senteurs gourmandes. Bouleversante de sincérité, elle exprime ici une vision du monde bien à elle et se livre démasquée.
10 janvier 2003. Pour la première fois, Elaine Dawson quitte son village du Somerset afin de répondre à l'invitation de Rosanna, une amie de la famille qui se marie à Gibraltar. Mais tous les vols au départ de Heathrow sont annulés à cause du brouillard. Alors que la jeune provinciale s'apprête à passer la nuit dans une salle d'embarquement, un aimable Londonien propose de l'héberger. Elaine accepte. On ne la reverra plus. Cinq ans plus tard, Rosanna doit écrire une série d'articles sur les disparitions inexpliquées pour un magazine. L'occasion pour elle de savoir enfin ce qui est arrivé à Elaine. La journaliste est loin de se douter qu'en s'engageant dans cette enquête elle va se mettre en danger de mort…
À l’âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller, alias « Ronnie », est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père de New York pour la ville de Wilmington en Caroline du Nord. Ronnie en veut beaucoup à ses parents, elle est particulièrement en colère contre son père… Jusqu’au jour où, trois ans après cette rupture, sa mère décide de l’envoyer passer un été avec lui, espérant une réconciliation. Le père de Ronnie, ancien pianiste et professeur, mène une vie paisible en bord de mer où il se consacre à la confection d’une œuvre d’art qui sera exposée dans la nef de l’église locale…
Dans ce recueil de nouvelles, Elsa Osorio rassemble les deux lignes de son univers narratif : l'une fantastique et allégorique, et la seconde réaliste, ancrée dans l'histoire récente de l'Argentine. Ces nouvelles ont été écrites à des époques différentes, certaines pendant la période la plus sombre de la dictature militaire, au moment où la censure ne permettait pas d'appeler les choses par leur nom. D'autres l'ont été vingt ans après, alors que la réalité retrouvait une identité. Toutes ces nouvelles, qu'elles parlent de blessures inguérissables, perte d'identité, solitude, trahison, ou racontent des histoires sans issue, sont toujours ouvertes à l'espoir. Elles nous parlent d'impasses dont on peut sortir. La littérature prend sous la plume d'Elsa Osorio son sens le plus noble. C'est elle qui transforme la réalité, dans ses aspects les plus inquiétants et les plus sordides, en un message de consolation à ceux dont la politique ou l'angoisse ont fait des êtres sans espoir et sans voix.
Née à Buenos Aires en 1953, Elsa OSORIO est écrivain et scénariste. Elle a vécu à Paris et à Madrid, et réside actuellement à Buenos Aires. Elle a obtenu le Prix du journalisme d'humour, ainsi que le Prix national de littérature pour Luz ou le temps sauvage. Ses romans sont traduits en Allemagne et en Italie où ils connaissent un très grand succès.
L'ANTARCTIQUE « Chaque fois que la femme heureuse en ménage partait, elle se demandait comment ce serait de coucher avec un autre homme. » Dès la première phrase de la nouvelle titre de son recueil, Claire Keegan ferre l'attention du lecteur. L'intrigue qu'elle met en œuvre en peu de pages ne le décevra pas. Qu'elle décrive des histoires d'amour malheureuses – dans L'Amour dans l'herbe haute, l'héroïne vient attendre, neuf ans après qu'ils se sont quittés, son amant sur la lande –, qu'elle évoque les ravages sur ses enfants de la folie d'une mère – Brûlures dit le traumatisme de toute une famille –, qu'elle parle de rivalités familiales (Les Sœurs), d'une histoire d'amour naissante entre un homme et une femme réunis par une petite annonce (Osez le grand frisson), ou de la vengeance d'une femme convaincue que son mari est responsable de la disparition de leur petite fille (La Soupe au passeport), l'auteur de ces textes montre d'entrée de jeu qu'elle est une grande nouvelliste : ses intrigues sont époustouflantes de densité dramatique, ses personnages, souvent des femmes de la classe moyenne, sont criants de vérité, son style est net et tranchant, et sa perception du monde et des rapports humains d'une absolue finesse. Le tour de force de Claire Keegan tient dans la précision de ses évocations et dans la paradoxale tranquillité avec laquelle elle évoque les situations les plus extrêmes : ses personnages peuvent se débattre dans un monde indifférent et hostile, lutter contre l'absurdité de la vie, ils garderont toujours la maîtrise de leur destin. Avec ce premier recueil, dont les nouvelles se déroulent tantôt dans l'Irlande rurale, tantôt aux Etats-Unis, Claire Keegan a été comparée aux plus grands. Nuala O'Faolain, qui l'avait encouragée dès ses débuts, ne s'y était pas trompée.
Claire Keegan est née en 1968 en Irlande. Elle a grandi dans une ferme du comté de Wicklow, qu'elle a quittée pour aller étudier à La Nouvelle-Orléans et au pays de Galles. Également diplômée de Trinity College à Dublin, elle vit aujourd'hui près de Sligo. Antarctica est le premier des deux recueils de nouvelles qu'elle a publiés à ce jour. Saluée comme une des voix importantes de la jeune génération des écrivains irlandais, elle est traduite en chinois, en japonais, en italien, en slovène, en allemand, en tchèque, en bulgare et en espagnol, et elle a remporté plusieurs prix importants. Dans nombre de ces pays, ainsi qu'aux Etats-Unis, elle a figuré longtemps sur les listes de meilleures ventes.
Contient : La Place du mort – Les Insulaires – Trop près du bord : 3 romans culte enfin réédités !
Si le roman noir, c'est voir la tragédie par l'œil de ses victimes ou de ses acteurs, Pascal Garnier en est un maître. Ces trois thrillers sont des chefs-d'œuvre de suspense psychologique portés par ce qui, vu de l'extérieur, nourrit ordinairement la chronique des faits divers. Dans la Place du mort, où un homme tranquille se découvre trompé en même temps que veuf, l'intrigue quasi cinématographique nous fait suivre, l'œil sur l'écran, les méandres aberrants de la vengeance. Les Insulaires montre les retrouvailles hasardeuses de deux amants d'enfance, coupables alors d'une folie homicide, qui vont renouer avec leur désir d'évasion – gagner l'île lointaine de leur solitude à deux – de manière on ne peut plus funeste pour leur entourage. Avec Trop près du bord, on s'attache à la belle Eliette, veuve sexagénaire isolée dans sa villa ardéchoise et qui, à l'occasion d'une panne de voiture, s'acoquine bien malgré elle avec un petit truand frais sorti de prison et sa fille incestueuse. Mais on n'a rien dit de l'art de Pascal Garnier, ce collectionneur de gueules à la casse et d'anges boiteux, si on oublie l'écriture, étonnamment visuelle, cousue de mots d'esprit et de croquis à main levée, sur fond évocateur : le monde qui nous entoure est le plus mal connu, Garnier nous en restitue le fond humain d'une plume admirable.
Peintre d'atmosphère alliant la poésie d'Hardellet à la technique de Simenon, styliste du détail juste, Garnier excelle dans la mise en scène pointilleuse des vies indigentes, celles du voisinage, de nos souvenirs d'enfant, des je me souviens qui tissent nos mémoires. Mais ce beau calme des banlieues de l'âme et de l'époque prépare toujours d'effroyables orages, avec froissement de tôles et meurtres en série. Son humour abrasif et une sorte d'âpre tendresse, d'émotion à vif, rendent exemplaires ces destinées de tous les jours guettées par la plus extravagante barbarie. Le désespoir de houille d'un monde cloîtré dans son égoïsme et ses manies dérisoires, Garnier l'étudie en fin psychologue, dans ses mécanismes les plus subtils, à partir des vies minuscules qu'il isole en ethnologue amusé de la dépression française. Grand Prix de l'Humour noir 2006 pour Flux.
Contraint à un exil d'une année pour offrir à sa famille un avenir meilleur, Illidan Lauda se réjouit d'être enfin de retour auprès des siens. Or à sa descente du train, il ne reconnaît ni la femme, ni les deux enfants venus à sa rencontre. Devenu amnésique, Illidan tente, avec le soutien indéfectible et ingénu de ses deux fils, de reconstituer le puzzle d'une vie enfuie, d'arracher à l'oubli les lambeaux d'un passé empli de zones d'ombre. Qui est-il vraiment ? Cette femme, Sigrid, à la beauté du diable et à la présence fantomatique, qui partage son existence est-elle réellement son épouse ? Un thriller sombre et puissant remarquablement composé, mais aussi un formidable roman d'anticipation. Jennifer D. Richard délivre, à travers cette histoire d'amour impossible sur les ruines d'un monde au bord du chaos, une fable visionnaire sur les dérives de l'individualisme.
Devenue une femme mûre, Ethel Ware, née en 1831, nous raconte sa jeunesse, qui n'a été qu'une longue suite de malheurs. Ayant perdu successivement, dans des conditions dramatiques, sa sœur et sa mère, mortes de maladie, ainsi que son père, qui s'est suicidé après s'être fait spolier de l'héritage qu'il espérait, elle est recueillie par un vieil aristocrate, mais se retrouve en butte aux persécutions du neveu de celui-ci, Richard Marston, un inquiétant séducteur qui ne songe qu'à profiter de sa candeur pour s'emparer de l'argent du vieillard. Parviendra-t-elle à échapper à ce dangereux personnage et à éviter de se laisser dépouiller à son tour ? Ecclésiastiques intrigants et avides, faune corrompue des salons et des bals, côte sauvage où se produisent d'horribles naufrages, manoirs solitaires perdus au fond de montagnes isolées : tous les ingrédients du roman « gothique » se trouvent ici réunis pour créer autour de l'innocente jeune fille une atmosphère d'angoisse et de terreur.
AUTEUR : Resté longtemps méconnu en France, Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873), admiré d'Edgar Poe comme de James Joyce, apparaît aujourd'hui l'égal de son contemporain William Wilkie Collins. L'auteur de Carmilla, d'Oncle Silas et de La Maison près du cimetière, par son art consommé du suspense et son talent à dénoncer l'hypocrisie de la bonne société, compte parmi les grands romanciers populaires de l'époque victorienne.