LIVRE : Une nuit dans la gare routière d'Ankara, Ömer Eren, écrivain célèbre en panne d'inspiration, est témoin d'une fusillade. Ce drame décide Ömer à prendre la route vers l'Ouest, vers cette Anatolie, où dix-huit ans plus tôt, il exerçait son âme militante. Il espère y trouver le sens de ce qu'il cherche à exprimer depuis si longtemps et qui ne cesse de le fuir : le mot perdu. Elif, son épouse, une scientifique de renom, s'apprête quant à elle à rejoindre le Danemark pour un congrès, mais surtout pour tenter de renouer des liens avec leur fils unique, Deniz, exilé en Norvège depuis la mort de sa femme, d'origine norvégienne, victime d'un attentat à Istanbul. Que ce soit sur les routes anatoliennes, à Istanbul ou en Norvège, les souffrances et les destructions engendrées par la guerre sont encore palpables. Tragédie d'un peuple et tragédies individuelles se mêlent ainsi dans ce roman sensible et humaniste, où Oya Baydar ausculte avec une rare acuité les relations parents/enfants, mais aussi la question kurde, que ses concitoyens éludent et que les Occidentaux méconnaissent.
AUTEUR : Née à Istanbul en 1940, diplômée en sociologie en 1964, emprisonnée en 1971 pour son opposition au coup d'État militaire, exilée en Allemagne en 1980, revenue en Turquie en 1991, Oya Baydar a publié recueils de nouvelles et romans qui l'ont placée au premier rang des écrivains de son pays. Elle a remporté plusieurs prix, dont le Prix Sait Faik pour Adieu Aliocha, le Prix Orhan Kemal pour Ne restent que des cendres. Son dernier roman, Le Mot perdu, est considéré comme son chef-d'œuvre.
C'est toujours séduisant de s'imaginer, dans les moments de découragement, en train de tout envoyer en l'air et de recommencer une nouvelle vie ailleurs. Melanie Gideon, elle, choisit une autre alternative : accepter la vie qui est la sienne. C'est une question d'ajustements, d'arrangements, de compromis à propos de ces petits riens qui changent tout ! Durant une année, elle confronte ses rêves de jeunesse à la réalité de son existence parfois prosaïque. Elle, cette femme de quarante ans, mariée, mère d'un jeune garçon de neuf ans et propriétaire d'un chien. Car il faut bien l'avouer : la folie, la démesure, les risques et les défis ne font plus vraiment partie de son quotidien. Seulement, la vie foisonne aussi de plaisirs simples… Il suffit d'y prêter attention. Dans ce livre à la fois poignant, drôle et exubérant, Melanie Gideon nous offre une réflexion personnelle et universelle sur toutes ces petites choses qui comptent ! Et lance une invitation à vivre plus pleinement, rire plus fort, aimer plus intensément et à redécouvrir le sens des mots passion, bonheur, légèreté…
"L'année en pente douce", c'est son histoire, mais ça pourrait être la nôtre. C'est une histoire qui fait du bien.
Juin 1940: la Wehrmacht est aux portes de Paris. La victoire allemande est imminente, mais elle ne sera totale, aux yeux du Führer, qu'après la destruction du document original du traité de Versailles, souvenir cuisant de la défaite de 1918. Au péril de sa vie, une jeune employée du Quai d'Orsay reçoit la mission de tout faire pour sauver le précieux parchemin, relique inestimable de l'honneur de la France. Traquée par un officier allemand, Madeleine fuit à travers le pays dévasté. De la capitale aux rivages de la Méditerranée, la jeune femme s'engage alors, avec son poursuivant, dans un troublant jeu de piste. Peu à peu, elle verra grandir en elle la confusion du devoir et des sentiments. A mon coeur défendant est le troisième roman de Thibaut de Saint Pol.
Dans une petite ville de l'État de Minas Gerais, des vies se croisent, toutes marquées par la violence de la pression sociale qui impose le manque de perspective. Dans un tourbillon de tristesse, de mesquinerie et de violence on aperçoit des espoirs fugaces et des émotions subtiles. Des récits de vie habilement structurés se croisent, se télescopent, sont évoqués à travers les sensations, les odeurs de pâtisserie ou de café, les bruits. On retrouve des personnages du précédent roman Des gens heureux, l'auteur poursuit le projet littéraire commencé avec Tant et tant de chevaux : construire une écriture fragmentée, témoin d'une société en décomposition et présentée par bribes. Il nous place devant un roman en construction, susceptible de transformations, et nous permet de penser le sous-titre de son œuvre : même l'enfer peut être provisoire. Luiz Ruffato est considéré comme l'un des écrivains brésiliens les plus brillants, son œuvre se compose de 5 volumes qui construisent un kaléidoscope littéraire qu'il revient au lecteur de réorganiser par sa lecture.
Luiz RUFFATO est né en 1961 dans le Minas Gerais. Il a publié des poèmes et des nouvelles. Son premier roman, Tant et tant de chevaux, a été accueilli par la presse littéraire brésilienne comme un grand livre novateur dans le panorama de la fiction contemporaine brésilienne. Il est l'auteur également de Des gens heureux.
Vous n'avez jamais vu l'aube. La vraie. Pas celle du premier train de banlieue. Seul le pêcheur sait le goût exact du matin, le goût du pain et celui du café de l'aurore. Il a, seul, ces privilèges exorbitants. Né subtil, il n'en parle pas. Il garde tout cela pour lui. C'est un secret entre le poisson et lui, l'herbe et lui, l'eau et lui.
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Poisson, roseau pensant dans les roseaux, je te salue ! Tu mérites, plus que la guêpe, un coup de chapeau.
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Un soleil d'Austerlitz monte sur Jaligny ébloui par tant de gloire et de lumière. Je pêche dans une toile de Monet. Me voilà au Salon de l'Été, accroché à un mur de verdure.
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J'habite tous les châteaux d'eau. J'aime toutes les pêches. Toutes les rivières. Tous les canaux. Tous les étangs. Je peux même pêcher le poisson-chat, ce Frankenstein des eaux, dans une mare de ferme, lancer ma ligne entre deux canards. Je pourrais vous raconter mes très modestes histoires de pêche jusqu'à la nuit, mais c'est déjà la nuit.
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L'oiseau bleu file au ras de l'eau, sur coussin d'air. Ça, c'est une loutre et ça, c'est une bécassine. Il pleut à peine sur la rivière, si peu que l'on pourrait croire qu'il s'agit des ablettes qui moucheronnent. C'est le soir. Déjà le soir. Des gouttes d'angélus tombent d'un peuplier.
Henry Miller est connu pour avoir bouleversé les canons traditionnels de la littérature au XXe siècle en osant briser les tabous de la société. A 80 ans, il revient sur cette odyssée que fut sa vie avec ses épisodes : son enfance à Brooklyn, son séjour à Paris dans les années 1930, ses amitiés avec Brassaï ou Lawrence Durrell, son amour avec Anaïs Nin, son retour aux Etats-Unis à Big Sur en Californie, sa passion de la peinture. Dans ce retour sur sa vie, il se livre avec une totale franchise et explique comment il a toujours essayer dans sa vie de transformer le pire en meilleur, et même la misère et le désespoir les plus noirs en joie créatrice. Au cours des pages, il raconte comment il a écrit tous ses livres, dans quel état d'esprit il les a composés. Il se parle et se raconte tel qu’en lui même : homme, enfant, écrivain, peintre, mari, père, amant, ami, tendre, mordant, cruel, visionnaire. Miller fut un homme total, prêt à faire sauter toutes les formes de verrou. Il se révèle également un fin lecteur, et comme Rabelais il pense que le rire est le propre de l'homme, en ajoutant qu'il est aussi sa force. Miller livre son conseil : « Soyez sans cesse en extase ! Soyez toujours plein d'ivresse divine ! » Cette autobiographie permettra de renouer avec le meilleur de cette verve qui a tant marqué les esprits et qui a contribué à les libérer de tous les carcans.
LIVRE : Pour le jeune groupe canadien Okay, la vie a longtemps rimé avec sexe, drogue et rock'n roll. Mono est le bassiste, Crab, le percussionniste, Syph, le chanteur adulé, et Clap, le batteur. Ils sont jeunes, talentueux et fous de musique. Une musique qui les comble, comme elle peut les détruire. Sur scène, le succès est au rendez-vous. Mais côté coulisses, la réalité est tout autre… partagée entre solitude, jalousie et désenchantement. Vingt ans et quelques échecs discographiques plus tard, le temps d'un ultime bilan et des adieux est venu. À 42 ans, Clap vient d'apprendre qu'il est atteint d'un cancer. Il revient sur l'histoire de ses amis musiciens, sur ces années 60, sur ces nuits et ces jours qui les ont vus grandir et se détruire. Une existence ni pleinement réussie, ni pleinement ratée. Une existence d'éternels grands enfants pour qui il était impossible de véritablement devenir adulte.
AUTEUR : L'audacieux, le surdoué, Toby Litt est né à Bedford en 1968. En cinq romans (Doux carnage, Qui a peur de Victoria About, Gang, parus aux éditions du Seuil, Fantômes, chez Panama, et Un hôpital d'enfer, chez Phébus), il est devenu le chef de file de la nouvelle littérature anglaise. Se réinventant sans cesse, il s'est imposé comme auteur culte.