La grande réussite de Dumas est d’avoir suscité à partir d’une femme mystérieuse, qui est peut-être l’ornement imaginé d’un récit de voyage, un roman poétique, de l’avoir prolongé par des épisodes de roman noir, d’avoir complété ceux-ci par une petite chronique des sociabilités mondaines à la fin de la Restauration et dans les commencements de la monarchie de Juillet, bref d’avoir varié les tonalités, tout en intriquant les unes dans les autres les traversées de divers sous-genres et de divers codes romanesques. J.-L. C.
Printemps au Prater et La Scarlatine sont des oeuvres de jeunesse : Stefan Zweig n'avait que dix-neuf ans quand fut publiée la première. Toutes deux se déroulent à Vienne où l'auteur passa ses vingt premières années. Baigné d'une atmosphère magique, Printemps au Prater raconte une courte et poétique parenthèse dans la vie d'une jeune courtisane en quête d'aventure : quelques heures d'un après-midi et d'une soirée qui la replongeront dans l'attente fébrile d'un futur prometteur dont elle connaît d'avance la vanité. La Scarlatine décrit le tragique passage à l'âge adulte d'un tout jeune homme, venu étudier la médecine à Vienne, et qui sera consumé par une brève et fatale passion. Ces deux oeuvres révèlent la finesse d'analyse psychologique, la recherche d'un message humain universel, qui ont fait de Stefan Zweig un des grands classiques de notre temps.
De la première rencontre à la découverte de l'autre, des sujets qui fâchent au meilleur qui reste à venir, autant d'éléments qui vous permettront de mieux vous connaître, pour (peut-être) mieux vous aimer ! Un cadeau interactif à offrir sans tarder à votre bien-aimé(e) ! Ce livre vous suivra comme un album-photos, ou une boîte remplie de lettres d'amour...
Vermicelle. C’est ainsi que je fus surnommé dès l’apparition des premiers signes du syndrome de Pencher. M’appeler Vermicelle était en quelque sorte m’identifier par mon mal plutôt que par mon authentique nom de baptême. Par ailleurs, Vermicelle aurait très bien pu être le nom de ma maladie. J’étais un enfant très petit pour mon âge, aux environs d’un mètre trente-cinq, et d’une blancheur de neige qui me faisait craindre les variations de température. Le soleil possédait sur moi une emprise funeste. Il pouvait tout autant être mon ami que mon ennemi. […] Je fus souvent comparé à un insecte glabre et minuscule. Et à vrai dire, lorsqu’on me voyait nu, j’avais davantage l’air d’un vermisseau des sous-bois que d’un garçonnet ordinaire. Je grandis donc avec le surnom de Vermicelle, y répondant complaisamment et non sans une certaine autodérision. C. C.
Giacomo rencontre la fille du tramway un matin d'hiver, alors qu'il se rend dans sa petite imprimerie. Pendant deux mois, il la croise tous les jours sur cette même ligne. Il ne lui parle pas, non, il n'ose pas. Il se contente de l'observer discrètement. Un matin, elle prend les devants et lui propose d'aller boire un café. Giacomo exulte, mais cette euphorie est de courte durée car la jeune femme lui annonce qu'elle part s'installer à New York. Ils viennent d'effectuer leur dernier voyage ensemble. Et son départ ne tarde pas à laisser un grand vide dans l'existence de Giacomo. N'y tenant plus, il décide de la rejoindre. Michela est sous le charme et pour que la magie continue d'opérer, elle lui propose un petit jeu, des fiançailles « à durée déterminée ». Neuf jours, le temps du séjour de Giacomo, pendant lesquels ils seront libres de s'aimer et de donner cours à toutes leurs envies sans peur de l'engagement. Le soir du neuvième jour, ils se sépareront…
Une fabuleuse histoire d'amour à l'italienne, un vrai conte de fées des temps modernes.
Il ne serait pas étonnant que cet invraisemblable roman de J.M. Erre, écrivain aussi mystérieux que loufoque, devienne culte .. Entre Pierre Dac et les Nuls, l'auteur de Prenez soin du chien et de Made In China signe une farce réjouissante où chacun y reconnaîtra les siens !
Bridget Jones chez les bobos :une satire désopilante de la « modernité ».Mélanie Coste, 43 ans, vit à Paris, travaille dans un Centre Culturel Contemporain (département communication), divorcée, séparée de son dernier amant, sœur d'une anorexique décomplexée, mère d'une adolescente pleine d'ingratitude et fille d'une mère monstrueusement égoïste qui vit à Miami (Floride).Mélanie Coste est la narratrice de ce livre qui relate une semaine de sa vie, une semaine qui ouvre sur un lundi noir et un défi impossible : écrire en cinq jours le discours inaugural d'une exposition sur le sexe. Alors que: elle est en train d'arrêter de fumer, mais aussi de boire, elle doit suivre un stage d'écriture imposé par son centre, et surtout cela fait belle lurette qu'elle n'a plus de partenaire sexuel. Pourtant Mélanie Coste ne ménage pas ses efforts pour mettre un peu d'ordre dans toutes ces abstinences. Elle consulte tous azimuts (alcooliques anonymes, tabacologue, hypnotiseur, psychanalyste) et fréquente tous les lieux de rencontre en quête de nouveaux amis (piscine, magasins, soirées très privées de cadres sup, vernissages, net, manifestation altermondialiste, zoo du jardin des Plantes).Cette comédie en forme de roman met en scène le drame d'une femme de 40 ans aux prises avec une précarité affective et sexuelle. Dominique Souton a un humour ravageur et un sens de l'observation rare : sous prétexte d'aider sa narratrice à s'en sortir, elle passe au crible notre époque, ses travers et notre soi-disant modernité.
Dominique Souton a publié à L'Olivier Innocente (2000), Comment mon mari et moi avons failli sauver notre mariage (2001), L'Année du réel (2004) et Le Gynécologue amoureux (2005). Elle écrit également des livres pour la jeunesse. Née en 1960 à Grenoble, elle vit à Paris.
L'ART DE PLEURER EN CHŒUR. Du haut de ses onze ans, le narrateur ne saisit pas très bien les enjeux du monde des adultes dans la petite bourgade du sud du Jütland où il grandit. Il a bien remarqué que le chiffre d'affaires de l'épicerie de son père augmentait après chacune des prestations de ce dernier… lors des enterrements : cet homme dépressif et taciturne a en effet un talent, celui de faire pleurer les plus endurcis grâce à ses oraisons funèbres déchirantes. Le gamin, qui accompagne les envolées lyriques paternelles de ses mimiques affligées, se prend au jeu : la famille est enfin considérée, et l'atmosphère à la maison est plus légère après chaque cérémonie. De là à susciter l'augmentation du nombre des décès, il n'y a qu'un pas, vite franchi par l'imagination débridée de l'enfant. Et il trouve en sa sœur aînée, Sanne, une complice de choixs. Que l'adolescente ne puisse plus supporter de devoir dormir sur le canapé avec son père, qu'elle veuille se venger de lui, il ne le voit pas. Il veut continuer son train paisible, élever ses lapins, et préserver à tout prix l'équilibre du foyer. Jouant du contraste entre l'innocence de l'enfant et la saisissante réalité sociale qu'il dépeint, Erling Jepsen met à jour dans ce roman grinçant et parfaitement maîtrisé les sombres mécanismes d'une société rurale encore repliée sur elle-même dans la fin des années soixante.
Erling Jepsen est né en 1956 au Danemark. Dramaturge et romancier à succès dans son pays, il vit aujourd'hui à Copenhague. L'Art de pleurer en chœur, qui est paru dans de nombreux pays et a été adapté au cinéma, est le premier de ses trois romans à être traduit en français.
L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet
Reif Larsen
T. S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Il dessine tout ce qu'il observe : la carte de ses rêves, les expressions de sa famille, les distances qui séparent l'Ici de l'Ailleurs… Mais, entouré d'un père mutique, d'une mère entomologiste, d'une soeur en pleine adolescence, et de leur chien dépressif, T. S. se sent très seul dans son ranch du Montana. Un jour, il reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird. Il décide alors de traverser les États-Unis, à l'insu de tous, pour rejoindre Washington D.C., et tant pis si là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Ce livre est un cabinet des merveilles, captivant et insolite : dans les marges, notes, cartes et croquis complètent avec virtuosité le récit, mêlant observations ironiques et souvenirs douxamers. Le nouveau grand coup de coeur de NiL éditions en littérature américaine.