En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d'adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s'excuse, et, peu à peu, un dialogue s'engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s'étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l'un pour l'autre une certaine fascination. Alors même qu'ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l'autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d'un chagrin d'amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s'imposent une règle : reconnaître l'autre qu'ils n'ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…
Né en 1940 à Cincinnati, Ohio, Edmund White s'est fait connaître du grand public dix ans après sa participation au groupe Violet Quill, mouvement d'écriture gay. New-Yorkais, enseignant à l'université de Princeton, il est l'auteur de nombreux romans, d'une autobiographie et d'une biographie de Jean Genet.
De New York dans les années soixante-dix, Edmund White écrit : « C'était une ville brasseuse, dangereuse, en faillite, la plupart du temps sans services municipaux. Les ordures s'entassaient et empestaient pendant les longues grèves des éboueurs. Une panne d'électricité générale déclenchait des jours et des jours de pillage. Nous, les gays, portions un sifflet en sautoir pour appeler les autres à la rescousse quand l'un d'entre nous était attaqué dans la rue par les bandes des cités, entre Greenwich Village et les bars cuirs du West Side. Le côté positif, c'est que la ville était bon marché. » Si New York apparaissait comme un lieu effrayant ou risible au reste du pays, c'était le seul port franc du continent tout entier. New York s'imposait comme la ville de tous les possibles, de toutes les ébullitions et de toutes les transgressions, où une intelligentsia de peintres, chorégraphes, romanciers et poètes s'efforçait de pratiquer l'art le plus élevé, et où la vie nocturne n'était pas un vain mot. « En résumé, New York dans les années soixante-dix était un dépotoir avec de sérieuses aspirations artistiques. » Edmund White revient sur cet improbable chaos urbain, entre découvertes culturelles et ébats érotiques, dans lequel il a fait ses débuts d'écrivain. Chroniqueur de lui-même, ce « city boy » décrit aussi bien sa vie, sa libération sexuelle et son émergence littéraire que ses rencontres avec quelques-unes des célébrités les plus en vue du moment., mêlant autobiographie, histoire sociale et savoureuses anecdotes.
Salvatore Scibona est né à Cleveland, dans l'Ohio. Ses écrits ont été publiés dans de nombreuses revues : Threepenny Review, Best New American Voices 2004, Saul Bellow's News from the Republic of Letters et The Puschart Book of Short Stories. La Fin est son premier roman.
« Quand ils frappèrent à la porte, il crut que c'était déjà l'heure où D'Agostino arrivait pour la partie de cartes du vendredi. Tiens, bonjour. Du pied écarter la minouche de la porte. Ils portaient des costumes de laine hors de saison, mais ils ne transpiraient pas et ils coincèrent leur chapeau sous le bras en entrant, puis ils firent leur déclaration invraisemblable. Conformément aux termes du récent armistice, tous les prisonniers de guerre des Nations unies détenus en Corée du Nord devaient être libérés, et Mimmo parmi eux. (Rocco lisait les journaux, merci bien, il était au courant de la situation, il avait attendu ce jour.) Cependant, lui déclarèrent-ils en égrenant des mots qui ne laissaient entre eux aucun air respirable, Mimmo avait contracté la tuberculose et, à la date de l'échange des prisonniers, était décédé. » Le corps doit être rapatrié dans le New Jersey. Lorsque les deux hommes se retirent, Rocco LaGrassa, boulanger d'origine italienne, a pris sa décision : il va fermer boutique et quitter Cleveland, où il vit seul depuis le départ de sa femme, pour se rendre dans le New Jersey où résident ses deux autres enfants. Mais en ce 15 août, jour de l'Assomption, les rues du quartier d'Elephant Park sont remplies d'animation. Cette journée singulière va être relatée du point de vue de Rocco, sous le choc de la mort de son fils, et de plusieurs de ses voisins. La Fin est placé sous le signe d'une rigueur et d'une magnifique pureté stylistique : celle d'un écrivain arrivé à maturité.
Frederic Barthelme est né en 1943. Il vit à Hattiesburg, dans le Mississipi, où il enseigne à l'University of Southern Mississipi et dirige la Mississipi Review. Il a publié dix romans et est également l'auteur de nombreuses nouvelles.
« Vaughn avait mis trop longtemps à comprendre qu'être un bon architecte et être un architecte connu étaient deux choses différentes, et qu'avoir son nom et ses réalisations dans les magazines ne lui apporterait pas de satisfaction durable. Il avait passé le plus clair de sa vie à chercher à atteindre ce but, et y était parvenu dans une certaine mesure, régionalement, au sein des architectes et designers de Dallas et d'Atlanta ; mais ce critère ayant perdu de son importance pour lui, il était devenu un homme aux idées et aux opinions moins tranchées. Quelque temps auparavant, il avait pratiquement renoncé à poursuivre cette voie et s'était laissé prendre dans une sorte de spirale mortelle, quittant un job après l'autre, entraîné dans la chaîne alimentaire architecturale jusqu'à concevoir des toilettes publiques pour une société qui les vendait et les installait. C'est alors qu'il avait tout abandonné, contacté des centres universitaires publics et leur avait proposé ses services, qui avaient été chaleureusement acceptés. » Vaughn, qui ne croit pas à la réussite, ressemble au rescapé d'un naufrage. Lorsque Gail, son ex-épouse, lui demande de venir s'installer chez elle avec Greta, sa compagne, parce que son nouveau petit ami l'a rouée de coups, il accepte. Peut-être un peu trop légèrement… Waveland est un roman minimaliste et délicat. Ici, tout est rigueur, dans l'écriture comme dans la pensée. Une fois encore, Frederic Barthelme démontre qu'il est un virtuose, un écrivain capable de jouer sans faillir les partitions les plus diverses.
Mark Sundeen est né en 1970 en Californie. Il a publié deux romans salués par Hubert Selby Jr., George Saunders ou encore Hunter S. Thompson. Le Making Of de « Toro » est son second livre et le premier à être traduit en français.
« Je n'avais jamais rencontré mon agent. C'était une voix au bout du fil qui me faisait savoir de temps à autre que, comme toute œuvre d'un visionnaire incompris, mes écrits ne se vendaient pas. Mes relevés prouvaient qu'il avait gagné 64,57 dollars grâce à notre contrat de l'an dernier, et je l'imaginais déjeunant dans un bar branché, se vantant devant d'autres agents d'avoir la chance de représenter un véritable maître. ‘Avant, j'accordais une valeur importante à l'argent, comme vous', les méprisait-il, ‘mais c'était avant de trouver une vocation plus noble'. Les autres agents s'en retourneraient d'un pas traînant à leurs somptueux bureaux, ressentiraient tout à coup la vacuité de leur richesse et l'envie de glorifier la littérature auprès des masses. Mais voilà que le vent tournait, expliqua mon agent quand son assistante finit enfin par transférer mon appel après une longue attente. Un éditeur voulait me payer pour écrire un livre. » Le narrateur, prié d'écrire un document sérieux sur la tauromachie, n'a jamais assisté à une corrida. La rédaction du manuscrit, après déduction de la commission de son agent, ne lui rapportera que sept mille dollars. Contre toute attente, il accepte, persuadé de pouvoir métamorphoser la commande initiale en une fiction avoisinant le best-seller. Attendu qu'il n'a pas les moyens de partir en Espagne, il s'envole pour Mexico. Le Making Of de « Toro » contient tout un univers romanesque en condensé, une avalanche de péripéties aussi invraisemblables que divertissantes, l'ensemble étant placé sous le signe d'une ironie constante et d'un esprit aussi loufoque que possible. Premier livre de Mark Sundeen à être traduit en français, Le Making Of de « Toro » s'impose d'ores et déjà comme un roman culte.
Imaginez : un homme vous sauve la vie, en échange de votre engagement de faire tout ce qu'il vous demandera... pour votre bien. Le dos au mur, vous acceptez et vous vous retrouvez embarqué dans une incroyable situation où tout semble vous échapper. Vous n'êtes plus le maître de votre vie et pourtant... à bien des égards, elle est plus excitante qu'auparavant ! Mais peu à peu, le doute s'installe en vous : quelles sont les intentions réelles de cet homme qui s'est immiscé dans votre existence ? Et d'ailleurs, qui est-il vraiment ? Et qui sont ces personnages énigmatiques, dans son entourage ? Les découvertes que vous faites n'ont rien pour vous rassurer... Cette histoire, qui nous plonge dans l'atmosphère envoûtante d'un été parisien, nous ouvre la voie de la plus belle des réflexions sur nous-mêmes : qu'est-ce qui peut nous permettre de dépasser nos inhibitions, nos peurs et nos conditionnements, pour sortir du chemin tout tracé de notre vie lorsque celle-ci ne nous apporte pas pleinement satisfaction ? Ce livre, c'est le roman de la liberté, c'est le roman de la vie...
Une septuagénaire redoutable, à la tête du « Bilderberg » - un gouvernement mondial secret qui a organisé la domination de l’Amérique sur la planète - charge un as de la finance, génie des mathématiques, de détruire de l'intérieur le système économique afin de provoquer l'effondrement d'un monde acculé à la faillite.