Couvrant une période allant du milieu des années 60 à la fin des années 90, les histoires, toutes reliées entre elles, qui composent Knockemstiff présentent une série de personnages récurrents tous abattus, déprimés et dépravés, mais indéniablement, irrésistiblement réels. Restitués dans leur Américain vernaculaire avec un style éclatant et un sens de l'humour aussi noir que désabusé, leurs vies déglinguées et souvent violentes sautent à la gorge du lecteur avec une force inexorable. Donald Ray Pollock peint ses personnages et leurs aventures sordides sans chercher d'effet. Sa prose est carrée, viscérale et fait preuve d'une tonifiante absence de tout jugement de valeur ainsi que d'un rafraîchissant sens de l'humour noir. Le plus drôle, est que Knockemstiff (littéralement, étends-les raides) existe vraiment, même si la ville ressemble maintenant à une ghost Town.
L'auteur Donald Ray Pollock est né et a grandi à Knockemstiff. Il a fait ses études à l'Ohio State University. Knockemstiff est son premier livre.
Un essai déjà classique sur un sujet controversé. En équilibre instable sur le rebord de sa fenêtre, A.L. Kennedy est sur le point de sauter lorsque les accents d'une chanson en gaëlique viennent l'arracher à son projet suicidaire. Jouer avec la mort. N'est-ce pas dans ce flirt avec le néant que réside l'essence même du sacré ? Tel est le point de départ de ce petit livre magique, dans lequel A.L. Kennedy explore son rapport avec un sujet éminemment controversé : la tauromachie. Portée par l'énergie propre aux néophytes, elle analyse minutieusement les différentes phases de la corrida, ses intervenants, ses enjeux, qu'elle illustre à travers une multitude de portraits et d'anecdotes, parfois macabres. Étonnante rencontre que celle d'un écrivain qui revendique sa « celtitude » à travers son inclination pour les figures d'un au-delà de la mort, avec une tradition tauromachique elle aussi immémoriale. Un livre pour comprendre, et pour rêver.
A.L. Kennedy est née à Dundee en 1965. Styliste virtuose, écrivain hors-norme, elle a écrit cinq romans (dont Volupté singulière, Paradis ou Day), tous parus aux Éditions de l'Olivier. Lauréate de nombreux prix littéraires, auteur pour le théâtre, la télévision et le cinéma, elle est l'une des figures de proue de la littérature britannique. Elle vit à Glasgow.
Cornelia Brown en surprend plus d'un lorsqu'elle décide de quitter l'agitation de Manhattan pour s'installer dans une banlieue chic et tranquille avec son mari, Teo. Mais son nouveau lieu de résidence lui réserve bien de surprises. Parmi les « desperate housewives » qui l'entourent, certaines, comme l'impeccable Piper, sont loin des stéréotypes qu'elles semblent incarner. Car derrière ces vies en apparence si rangées se dissimule plus d'un secret…
Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un Président de la République amoureux ? Qu'est-ce qui rapproche un tueur en série d'une mère cherchant qui a reçu le coeur de son fils accidenté ? Quel lien entre un simple marin honnête et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ?
Tous ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l'ombre. A chacun, un jour, la rédemption a été offerte. Certains l'ont reçue, d'autres l'ont refusée, quelques uns ne se sont aperçu de rien…
Six histoires liées entre elles. Six histoires qui traversent l'ordinaire et l'extraordinaire de nos vies. Six histoires qui creusent cette question : sommes-nous libres ou subissons-nous un destin ?
Prix Médicis étranger pour Léviathan en 1993, Paul Auster est membre de The Academy of Arts and Letters et a reçu, entre autres distinctions prestigieuses, le Prix du Prince des Asturies en 2006. Son œuvre est traduite en trente-cinq langues.
« Mon père est mort il y a dix mois, et il semble que j'ai hérité d'une somme d'argent considérable. Pas de quoi acheter un château ou une compagnie aérienne, mais assez pour faire une différence en ce monde. Je pourrais vous charger d'écrire ma biographie, évidemment, mais je pense que c'est un peu prématuré. Je n'ai encore que trente-six ans, et je trouve indécent de parler de la vie d'un homme avant qu'il n'ait atteint la cinquantaine. Alors, quoi ? J'ai envisagé de créer une maison d'édition, mais je ne suis pas certain d'être tenté par tout le planning à long terme que cela supposerait. Un magazine, par contre, me paraîtrait bien plus amusant. Un mensuel, ou peut-être un trimestriel, quelque chose de frais et d'audacieux, une publication qui secouerait les gens et dont chaque numéro provoquerait des polémiques. Que pensez-vous de ça, monsieur Walker ? Cela vous intéresserait de travailler pour un magazine ? » Arrive-t-il souvent qu'on entre dans un bar, qu'on y tombe sur un homme qu'on n'a rencontré qu'une seule fois et qu'on en ressorte avec une chance de lancer un magazine ? Arrive-t-il souvent qu'on assiste à un meurtre et qu'on en envoie la confession, des décennies plus tard, à un ami de jeunesse ? Arrive-t-il souvent que le destinataire d'un tel manuscrit décide d'enquêter sur le probable épilogue de toute cette histoire ? Arrive-t-il souvent qu'un écrivain se lance dans un roman à clé aussi intrigant ? La truculence du récit, la rapidité de l'écriture, la fluidité du style sont ici époustouflants. Invisible est élégant, enflammé, nourrissant.
Adrien Goetz interrompt momentanément sa série des intrigues de Pénélope dans le monde des musées (Intrigue à l'anglaise, 2007, Prix Arsène Lupin, Intrigue à Versailles, 2009), pour revenir à la période romantique qui lui est chère (il enseigne à la Sorbonne l'histoire de l'art du XIXe siècle) et qui lui avait inspiré déjà un roman, La Dormeuse de Naples (2004, Prix Roger Nimier, Prix des Deux Magots).
Adolphe Pâques, " artiste coiffeur ", a un secret qu'il n'ose pas dire à son plus illustre client, François René de Chateaubriand. Il est fasciné par ses livres. Il en apprend des pages entières par cœur. Il conserve aussi comme un maniaque tous les cheveux du grand écrivain. De son côté, celui-ci se consacre à ce qui sera son dernier manuscrit. Alors que les éditeurs complotent pour s'emparer de ces Mémoires d'Outre-tombe, arrive de Saint-Malo une jeune femme métisse, romantique, métisse et passionnée par la littérature. Chateaubriand part pour Venise. Adolphe Pâques fait l'acquisition d'une arme à feu. Que va-t-il se passer ? Adolphe Pâques a existé. Il a réalisé un tableau " en cheveux de Chateaubriand ", exposé au Musée de Saint-Malo, qui représente la chambre natale de l'écrivain, et laissé un volume de souvenirs. Adrien Goetz a retrouvé, à la documentation du musée Carnavalet, tout ce qu'on sait de ce Fabrice Lucchini du XIXe siècle. L'intrigue autour du manuscrit des Mémoires d'Outre-tombe est authentique. Seule l'héroïne est inventée, qui s'inspire de ces lectrices éperdues qui écrivaient à Chateaubriand et du roman à succès de sa " sœur de cœur ", Claire de Duras, Ourika, où apparaît la première héroïne noire de la littérature française. Sur le thème de la fascination maniaque pour " le grand écrivain ", allant jusqu'au désir de tuer, un roman bref, instructif et passionnant.
Dans ce roman brillant, pénétrant, à la fois drôle et douloureux, Isherwood explore le sujet qui lui tient le plus à cœur. Son personnage principal est un Anglais vieillissant qui vit en Californie, un professeur que séparent de ses élèves l'âge et la nationalité, et du reste de la société son homosexualité assumée, lucide. Cet autoportrait légèrement transposé, sarcastique et amer, peinture sans fard de la condition d'un homosexuel individualiste dans un monde conformiste et grégaire, est aussi une âpre méditation sur la solitude humaine. On retrouve dans ce livre la vivacité, l'humour, mais aussi le goût des ambiguïtés sexuelles et des personnages marginaux propres à l'œuvre d'Isherwood.
Imaginons que le général de Gaulle soit de retour ; et qu'après
un appel solennel à la Résistance il se lance dans la bataille pour
modifier le cours de l'histoire : celui de la France et celui de l'Union
européenne.
Imaginons que sous son képi à deux étoiles et son verbe impérieux
cet étrange revenant fasse l'objet de tous les débats : a-t-il survécu
jusqu'à l'âge de cent vingt ans ? S'est-il fait hiberner comme le
héros de Louis de Funès ? S'agit-il d'un imposteur ?
Dans ce roman aux allures de fantaisie historique, Benoît Duteurtre
revisite la mythologie française et sa dernière figure légendaire, au
moment où « une certaine idée de la France » achève de se
dissoudre dans la mondialisation.
Réflexions théoriques et fragments de journal alternent avec le
portrait de ce Général un peu piqué, qui parle tour à tour comme un
patriote et comme un révolutionnaire, et suscite parfois la nostalgie
pour mieux réfléchir sur le monde qui vient.