Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.
Marie Ndiaye est née à Pithiviers (Loiret) en 1967. Elle a étudié la linguistique à la Sorbonne avant d’être pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Elle a reçu le Prix Femina en 2001 pour son roman Rosie Carpe.
Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte.
Léger, tendre, drôle, L’Échappée belle, cinquième livre d’Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante, est un hommage aux fratries heureuses, aux belles-soeurs pénibles, à Dario Moreno, aux petits vins de Loire et à la boulangerie Pidoune.
« Nous avons parlé des mêmes choses qu’à dix ans, qu’à quinze ou qu’à vingt ans, c’est-à- dire des livres que nous avions lus, des films que nous avions vus ou des musiques qui nous avaient émus. […] Allongés dans l’herbe, assaillis, bécotés par toutes sortes de petites bestioles, nous nous moquions de nous-mêmes en attrapant des fous rires et des coups de soleil. »
Anna Gavalda
En juin 2007, Les Allusifs publiaient Les aventures de Minette Accentiévitch. Ce « roman de chevalerie » bouillonnant et sulfureux, qui fait le récit des péripéties charnelles et existentielles d’une jeune et irrésistible dévoreuse d’hommes, est ici revisité par l’illustrateur Gérard Dubois.
Les lecteurs du New Yorker, du New York Times, du Times Magazine, du Wall Street Journal ou du Washington Post connaissent depuis longtemps l’extrême originalité de son univers graphique. Célébré par la presse spécialisée, auréolé de nombreuses distinctions en Amérique du Nord, exposé à Chicago, Los Angeles, New York, Paris, Montréal et Toronto, Gérard Dubois (né en France en 1968) est une référence de part et d’autre de l’Atlantique dans le domaine de l’illustration. Au point que si l’on ne compte plus ses couvertures, ses collages et ses nombreuses contributions, chacune de ses interventions reste un événement. Ainsi la publication des Aventures de Minette Accentiévitch, roman doucement érotique de Vladan Matijevic, illustré par ses soins : l’œuvre est magnifiée. Dubois permet d’en saisir la poésie, et ce petit quelque chose de plus qui n’appartient qu’aux livres d’exception. Peu d’illustrateurs sont aujourd’hui capables de déclencher aujourd’hui de semblables émotions. Avec sa mise en page et sa typographie finement travaillées, l’indéniable qualité du papier et des reproductions, Les aventures illustrées de Minette Accentiévitch s’apprécie avec un immense plaisir de l’intelligence, jusqu’au bout, s’adressant tout autant aux amateurs de livres d’art et aux passionnés d’illustration contemporaine qu’à ceux de littérature érotique. Après Je voudrais pas crever, recueil illustré de poèmes de Boris Vian, Les Allusifs prouvent une nouvelle fois que l’édition du livre d’art est loin d’être figée.
Les éditions Bourin publient Complètement mytho – « chroniques de la vie moderne », du pur-sang tourangeau Arnaud Viviant, rock critic et orateur nerveux du Masque et la plume sur France-Inter. Ici, ses galops psychiques aux trajectoires peu orthodoxes se multiplieront sur un mode deux fois « mytho » : le mode mythographique, puisqu’il s’agit, après les Mythologies de Barthes qui prirent le pouls de le France d’avant Mai-68, de décrypter, sur fond d’imaginaire français désormais dissout dans une techno-sphère globalisée, quelques-uns des objets qui ponctuent notre traversée du quotidien ; le mode mythomaniaque, puisqu’Arnaud Viviant se dédouble en ces pages en un certain Arnaud Petit popo – sommes-nous peu de choses… –, petit harangueur de foule vaniteux de Boulogne-Billancourt, qui entame avec son Double un dialogue philosophique rhapsodique dans l’esprit du Neveu de Rameau de Denis Diderot.
Ce dispositif discursif, « mytho » dans la forme comme dans le fond, laisse apparaître quelque chose d’assez friable et émouvant, à mi-chemin de l’égotisme (comme nous le montre en couverture la photo-portrait d’Arnaud Viviant en jeune guitar hero), de la tentation sémiotique (Viviant est conscient de la difficulté à produire des formes littéraires pertinentes pour saisir l’époque) et de l’expression journalistique débraillée (rock critic un jour, rock critic toujours). Nous appellerons, en hommage à Saint-Augustin, libido sciendi - désir obsessionnel de savoir - cette quête fragmentaire un peu désabusée de l’intelligence d’un présent obèse de significations et de réseaux schizoïdes.
La Smart qui ouvre le catalogue mythologique (clin d’œil à la DS chez Roland Barthes bien sûr), le téléphone portable, le ipod, le sex toy, le vélib, facebook, les séries TV, le goût contemporain du vintage comme « archéologie du manufacturé »… Autant d’objets et d’espaces psychiques en quoi se dilue l’individu contemporain ; autant d’objets et d’espaces mentaux qui produisent l’individu contemporain comme sujet séparé de lui-même – la critique de la séparation héritée des situationnistes fournit à Viviant sa grille interprétative du capitalisme nouvelle génération.
Une figure apparaît vers la fin du livre, qui donne sa pointe ou plutôt son aileron à la plume d’Arnaud-le-mytho : il s’agit du surf, évoqué dans un beau texte intitulé « Surf music » qui fait la passerelle entre les Beach Boys et Gilles Deleuze. Le philosophe défénestré avait annoncé une révolution des modes de pensée en mettant au jour la silhouette d’un personnage conceptuel neuf : le penseur surfeur, homme de glisse, producteur d’une pensée qui s’insère dans un mouvement lui préexistant pour devenir elle-même mouvement et non point sclérose en plaques, académisme thématique. Le surf pose aujourd’hui une question cruciale à chacun d’entre nous : comment prendre la vague au sein de l’obscène Grand Tout communicationnel ? Viviant y répond assez joliment dans ce livre sans prétention mettant en scène un doux prétentieux jamais dupe de sa propre vacuité. Jusqu’au trouble d’ailleurs. Comme dans « Le wagon », texte assez dérangeant où le narrateur baisse la garde, confie qu’il a arrêté de boire - vrai, faux ? - et se sent aussitôt mis à l’écart en société... « La prochaine fois, mon pépère, tu ne seras pas invité ». Ce livre, à l’image de notre monde, est aussi une grande farce.
Ruslana a seize ans quand la plus célèbre agence de mannequins anglaise la découvre par hasard dans une brochure touristique sur le Kazakhstan. Elle quitte alors son pays natal, sa famille pour un Occident de dollars et de paillettes. De New York à Saint-Barth, de Londres à Milan, de la misère russe à la vie rêvée, Ruslana côtoie les people, défile devant les stars, devient une référence - la référence. Elle découvre aussi l'amour, les hommes, les rencontres, l'ivresse, le gâchis, la peur. Quelques jours avant son vingt et unième anniversaire, Ruslana est l'une des beautés les plus fameuses de son temps. Mais elle est si seule... Alors puisque le monde est à ses pieds, elle saute dans le vide. De ce destin déjà légendaire, Géraldine Maillet a tiré un roman-vrai. Une saisissante plongée dans le décor trompeur de la mode et des gloires éphémères.
Géraldine Maillet est l'auteur de plusieurs romans, dont Presque top model (2006) et French Manucure (2008)
Le livre qui vous révèle le secret du bonheur.
C’est la rencontre de trois personnes que tout aurait dû séparer. Un pasteur excentrique et incroyablement attachant qui a commis des actes impardonnables et tente de se racheter ; un vieux rabbin, drôle et généreux, qui sait qu’il va mourir, et qui, avant, doit accomplir une dernière mission ; un brillant écrivain, rattrapé par son passé. Cette rencontre a changé la vie de ces trois hommes. Et leur histoire va changer la vôtre.
Porté par la justesse d’écriture et d’émotion que l’on connaît à Mitch Albom, Le vieil homme qui m’a appris la vie est une réflexion sur la vie, la foi, la sagesse. C’est un message d’espoir et de tolérance qui fait du bien et nous rappelle que le bonheur est à la portée de tous.
"Mais un individu peut-il porter le deuil de tout un peuple ? La boucle s'achevait, l'enquête sur le grand massacre passé de la terre l'avait renvoyée à elle-même, Linemarie, à son propre univers, et elle s'interrogeait sur le contenu de ces malles, sur l'étrange folie de cet homme. Peut-être était-ce là son véritable objectif : non pas écrire un livre, mais demeurer en contact avec les disparus, leur ménager un espace de vie sur la terre, en son esprit, jour après jour, jusqu'à sa disparition d'ici-bas... Sur l'étrange folie de cet homme qui avait consacré sa vie à remplir ces milliers de feuillets de son écriture, sans jamais pouvoir écrire le mot "Fin"."
André Schwarz-Bart est l'auteur du roman devenu mythique, Le Dernier des Justes, prix Goncourt 1959. L'Etoile du matin, son dernier roman inédit, paraît à titre posthume.