Les éditions La Volte publie un petit chef-d'oeuvre survolté au titre étonnant pour notre époque si triste, où l'humour a déserté la littérature au profit de l'industrie du divertissement médiatique : Le livre des blagues, nouveau viatique post-chétien à la veine décadente et à la pente morbide. Hmmm... L'auteur en est un Ecossais répondant au doux nom de Momus, le dieu grec de la blague - nous sommes d'ailleurs heureux de l'apprendre. En tout cas, avec Momus, même les momies riraient, abreuvées de blagues obscènes, sauvages et littérairement raffinées (rien à voir avec le trash qui tâche), dévidées sur quelque deux cents pages par L'Assassin, Le Violeur et le Narrateur... André Breton, amateur et collecteur de ce type de beautés, aurait à coup sûr serré Momus dans ses bras et songé à lui pour son Anthologie de l'humour noir.
Février 1804,
Dans les rues de Paris, la rumeur grandit. Une vampire aurait pris ses quartiers en bord de Seine et serait déjà responsable de la disparition d’une centaine de jeunes gens fortunés.C’est que cette vampire-là semble autant intéressée par l’or que par le sang.
Et Paris s’interroge : est-ce là le fait d’une organisation secrète ou d’une véritable goule?Loin de toute cette agitation, René et Angèle s’aiment et s’apprêtent à se marier. Mais la jeune fille se sent de jour en jour plus délaissée. Son amant en préférerait-il une autre?Sans doute pas. Pourtant quand on est le neveu du plus redoutable opposant de Napoléon, il faut se méfier des belles dames aux cheveux de jais…
Quand un étrange héritage redistribue les cartes d’une vie...
« Ce carnet, c’est ton héritage. Tes sœurs auront le reste, mais crois-moi, je te lègue le plus précieux de mes biens, et tout l’argent du monde ne le remplacerait pas. Souviens-toi de moi. »
Quel choc pour ce jeune homme lors de l’ouverture du testament de son grand-père bien-aimé : il ne lui a rien laissé. Rien à part un vieux carnet au cuir râpé, avec une centaine de feuilles vierges. Cent pages blanches en héritage… Et une ultime lettre où le grand-père lui apprend que ce carnet est le plus grand trésor dont on puisse rêver.
Son grand-père était-il devenu fou ? Très vite, le jeune homme va découvrir le secret du carnet, un pouvoir mystérieux qui va bouleverser sa vie bien rangée et y faire entrer la folie, la gaieté et l’amour.
Après le succès de son premier roman, Dieu est un pote à moi , 35 000 exemplaires en France, traduit dans 14 langues, un nouveau roman subtil, drôle et plein d’émotion.
Inaam Kachachi est née à Bagdad. Ecrivain, journaliste et correspondante de presse pour des journaux arabes, elle vit depuis une vingtaine d’années à Paris mais demeure très attachée à ses origines. Elle a dirigé une anthologie de littérature et poésie féminines irakiennes (Paroles d’Irakiennes, Serpent à Plumes).
« Au fond, je l’aime, ce chagrin qui me transperce, j’apprécie la douceur de ses galets quand je plonge de toute mon âme nue dans son torrent, et pour rien au monde je ne voudrais libérer mes épaules de ce fardeau. Mon chagrin magnifique qui me persuade que je ne suis plus une Américaine ordinaire, mais une femme aux racines différentes, aux origines ancrées profondément dans l’Histoire. » D’origine irakienne, Zeina Bahneim a grandi aux Etats-Unis et est devenue américaine. Parce que l’armée recherche des traducteurs pour quatre-vingt-dix-sept mille dollars par an, logés, nourris, blanchis, Zeina, bouleversée par les attentats du 11-septembre, présente sa candidature. Son dossier est accepté, elle s’enrôle, endosse l’uniforme de l’armée américaine et retourne en Irak après quinze ans d’absence. Sur place, elle prend ses fonctions au service des Affaires civiles : une interprète qui ne se contente pas de traduire d’une langue à l’autre, mais qui offre également aux militaires sa connaissance de la société locale. Lorsque sa grand-mère, seul membre de sa famille à être resté à Bagdad, découvre qu’elle collabore avec l’occupant, Zeina devient « le kaki de la honte ». Portrait d’une femme déchirée entre deux identités, peinture de la vie des Irakiens expatriés aux Etats-Unis et de leur relation fusionnelle avec la mère patrie, Si je t’oublie, Bagdad tourne également autour d’une interrogation : comment peut-on prélever la mémoire de ceux qui ont vu et vécu, pour éviter qu’elle les suive dans la tombe ? Pour éviter qu’elle soit enterrée avec eux et perdue ?
Chloe Arijdis, de père mexicain et de mère américaine, a longtemps vécu à Berlin. Le livre des nuages est son premier roman, salué par une critique unanime et en cours de traduction dans onze pays.
« Les lourdes mâchoires, le grand front, les yeux de braise enfoncés dans leur orbite, tout semblait horriblement familier et j’avais l’impression d’avoir déjà vu ce visage, mais en noir et blanc. Comme elle était juste devant moi, j’étais bien placée pour l’observer, et plus je la regardais, plus j’étais certaine que c’était… oui, que c’était Hitler, Hitler en vieille femme. C’est Hitler, me disais-je, il n’y a aucun doute que c’est Hitler. La vieille femme avait la même forme de visage, les mêmes yeux noirs et le même haut front, et, à mieux regarder, même un petit carré un peu plus sombre là où la moustache aurait pu se trouver. Je ne pouvais en détacher mes yeux, pétrifiée, horrifiée, stupéfaite parce que je voyais. » A Berlin, dernière étape d’un voyage en Europe qu’elle a entrepris avec sa famille, Tatiana, quatorze ans, manque de succomber à une crise cardiaque. Comment se peut-il que, quarante ans après la guerre, elle se retrouve face à face avec le démon lui-même, celui dont le seul nom jette une ombre sur presque chaque paysage de sa jeune existence ? Lorsqu’elle retourne, alors étudiante, dans cette ville hantée par le passé, les fruits de son imagination se font plus précis et détaillés. Obnubilée par la guerre, elle croise de nouveaux fantômes. Vingt ans plus tard, les démons qu’elle avait vus dans le métro sont toujours là, dans une autre dimension. Dans Le livre des nuages, le danger est là, tapi dans toutes les ombres. Animée d’un immense désir de liberté, Chloe Arijdis regarde ses contemporains avec une revigorante lucidité et une irrésistible énergie. Et à bien lire ce surprenant premier roman, on peut en déduire qu’il est l’œuvre d’un grand écrivain.
Nous sommes en 1977. Un jeune homme, occupant un job d'étudiant à la Gare Centrale de Copenhague, croise le chemin d'une jeune femme de retour d'Allemagne. Il accepte de l'héberger quelques jours, avant de découvrir qu'elle lui a donné un faux nom - elle s'appelle Sonja, et non pas Randi. Puis, après sa disparition, il trouve un sac plastique rempli de billets de banque. Quinze ans plus tard, il revoit Sonja dans la rue, la suit, puis prend contact avec elle. Sonja accepte alors de lui raconter son histoire : issue d'un milieu modeste, elle part travailler comme jeune fille au pair à Francfort, en Allemagne. Elle y rencontre Thorwald, qui la fascine et l'introduit dans un groupuscule d'extrême gauche dirigé par une certaine Angela. Bien que dénuée de toute conscience politique, Sonja participe alors à quelques activités du groupe, sans véritablement réaliser ce qu'elle fait... Puis, rentrée au Danemark, elle cherche à oublier, se marie et mène une vie bourgeoise. Mais lorsqu'elle apprend par les journaux que Thorwald et Angela ont été extradés de Syrie et qu'un procès aura lieu en Allemagne, elle ne peut plus éviter la question de sa propre responsabilité, voire de sa culpabilité. Les mains rouges confirme le grand talent de Jens Christian Grøndahl, passé maître dans l'évocation des existences au carrefour de la grande et de la petite histoire.
Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire. Mais il a disparu dans un tragique accident, à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison. Le besoin de rompre la monotonie de sa vie et l'envie de mettre fin à ce face-à-face presque silencieux avec un homme devenu grabataire le font agir, plein de colère retenue. Les choses s'accélèrent le jour où il reçoit une lettre de Riet lui demandant de l'aide : Riet était la fiancée de son frère. Elle fut aussi à l'origine de son accident mortel... En se mettant dans les pas d'un paysan du nord de la Hollande qui, à cinquante-cinq ans, comprend qu'il n'est pas trop tard pour combler ce manque qui le ronge, l'écrivain néerlandais évoque avec une grande force le désir humain de maîtriser sa vie et d'accéder à une forme de vérité intérieure. À la fois précise et poétique, l'écriture de Là-haut, tout est calme entraîne le lecteur dans une inoubliable quête de bonheur.
« Liv » et « Em » grandissent dans l’Angleterre des années 50. La guerre a rendu veuf le père de l’une et la mère de l’autre, qui forment ensemble un nouveau couple. Seulement, « Mo » et « Pa » ne veulent pas s’arrêter là : ils font un autre enfant. Ce sera une troisième fille, Rosie, leur préférée, pourrie-gâtée. Sentant le profit qu’elle peut tirer de la situation, Rosie, sous des airs innocents, est une vraie peste, pleine de malice, jalouse de ses deux grandes sœurs. Si jalouse et si sournoise qu’à l’adolescence, elle parvient par de faux scandales à gâcher leurs espoirs de mariage. Mariée ensuite pour sa part à « Rup », un agent de change aussi peu scrupuleux qu’elle, Rosie donne naissance à Alice, qui ne tournera pas beaucoup mieux que sa mère, devenant une petite junkie sans scrupules. Rosie, Rup et Alice franchissent un pas supplémentaire dans l’intrigue cynique en convoitant la maison familiale, où sont restées vivre Mo, Liv et Em, rejointes par « Pam », la tante américaine. Entre difficultés matérielles et fous rires complices, les quatre femmes résistent – avec le fréquent secours d’une lampée de gin. Pour s’en sortir, Liv et Em vont devoir esquiver les mauvais coups de Rosie, Rup et Alice – quitte à aller jusqu’au meurtre « involontaire » !
Au début du XXe siècle, la bonne société de Chicago resta foudroyée par le soufre d'un scandale sans précédent. Pour l'amour éperdu d'un homme, une femme osa l'impensable et commit l'irréparable. Elle en paya le prix toute sa vie. Elle s'appelait Mamah Borthwick Cheney. Lui n'était autre que Frank Lloyd Wright, l'enfant génial et rebelle de l'architecture américaine à qui Mamah et son mari Edwin Cheney avaient demandé, en 1903, de construire leur nouvelle maison. En 1909, tombée entre-temps follement amoureuse du célèbre architecte, Mamah choqua une époque pudibonde et dévote en quittant son mari et ses deux jeunes enfants pour suivre Frank Lloyd Wright en Europe. Ce dernier, tout aussi épris, laissait derrière lui une Amérique stupéfaite, une épouse et six enfants... Enchaînés par la passion, mais hantés par une culpabilité intolérable, ils firent la une de la presse américaine durant leurs séjours en Allemagne, en Italie et à Paris, lors de la grande crue de 1910... Mais aucun journal à sensation n'aurait pu prévoir ce qui adviendrait à ce couple maudit de retour aux États-Unis, en 1914. La violence du dénouement verra - au-delà du déchirement des familles Cheney et Wright - le monde pétrifié. Pour la première fois nous est contée l'histoire de l'émancipation très en avance sur son temps de Mamah Borthwick, et de son amour pour l'un des plus grands maîtres de l'architecture moderne.
Nancy Horan est écrivain et journaliste.
Loving Frank vient d'être couronné aux États-Unis du prestigieux prix Fenimore Cooper de la meilleure fiction historique.