Prix Goncourt 2020Le prix Goncourt 2020 a été décerné, lundi 30 novembre 2020 à Hervé Le Tellier pour L’Anomalie.
Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension. En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris - New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.


Déjà, si on m'avait dit que j'aurais le prix Goncourt ! Je ne pensais pas que c'était une possibilité à envisager... Mais il s'est trouvé une sorte d'alignement de planètes qui fait que les librairies ont rouvert, le Goncourt a été reporté, et donc il n'y a pas eu une ruée, mais il y a quand même beaucoup de gens qui se sont précipités dans les librairies dès leur réouverture.


« Je voulais proposer au lecteur une expérience de réflexion : un "Et si ?". Cette question, je me la pose moi-même à chaque fois que je me précipite dans un personnage. Je me demande comment je réagirai, mais aussi comment le personnage réagirait, il n'est pas nous. Il faut répondre à ces deux questions simultanément. » Hervé Le Tellier
Le Prix Goncourt 2020 décerné à Hervé Le Tellier pour L’Anomalie.

Quelle est la première sélection pour le prix Goncourt 2020 ?


Liste des auteurs en lice pour le prix Goncourt 2020

Les 15 romans sélectionnés pour le prix Goncourt 2020



  • Les Funambules de Mohammed Aïssaoui (Gallimard)
    Le héros de ce roman a quitté son pays natal à neuf ans, avec sa mère désormais «analphabète bilingue». D’une enfance pauvre dont les souvenirs reviennent par bribes, il a su sortir grâce à la littérature. Biographe pour anonymes, il écrit l’histoire des autres. Pour quelles raisons s’intéresse-t-il à présent aux bénévoles qui prennent soin des plus démunis? Peut-être retrouvera-t-il parmi eux Nadia, son amour de jeunesse? Dans cette traversée, il rencontre des hommes et des femmes, comme lui en équilibre sur le fil de la vie.
  • Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal (Emmanuelle Collas)
    Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.

    Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l'époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d'épouser son cousin.

    Patience ! C'est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ?
  • Héritage de Miguel Bonnefoy (Rivages)
    La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l'autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Son fils Lazare, de retour de l'enfer des tranchées, l'habitera avec son épouse Thérèse, et construira dans leur jardin la plus belle des volières andines. C'est là que naîtront les rêves d'envol de leur fille Margot, pionnière de l'aviation, et qu'elle s'unira à un étrange soldat surgi du passé pour donner naissance à Ilario Da, le révolutionnaire.
    Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l'oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d'un oncle disparu.


    Dans cette fresque éblouissante qui se déploie des deux côtés de l'Atlantique, Miguel Bonnefoy brosse le portrait d'une lignée de déracinés, dont les terribles dilemmes, habités par les blessures de la grande Histoire, révèlent la profonde humanité.

    Miguel Bonnefoy est l'auteur de deux romans très remarqués, Le Voyage d'Octavio (Rivages poche, 2016) et Sucre noir (Rivages poche, 2019). Ils ont tous deux reçu de nombreux prix et été traduits dans plusieurs langues.
  • Yoga de Emmanuel Carrère (P.O.L)
    C'est l'histoire d'un livre sur le yoga et la dépression. la méditation et le terrorisme. L'aspiration à l'unité et le trouble bipolaire. Des choses qui n'ont pas l'air d'aller ensemble, et pourtant. C'est l'histoire d'un écrivain qui voit avec satisfaction qu'il a peut-être enfin réussi sa vie, trouvé un équilibre, et qui voudrait bien écrire un livre " souriant et subtil sur le yoga " qu'il pratique depuis 25 ans.

    Il dirait ceci : " Ce que j'appelle yoga n'est pas seulement la bienfaisante gymnastique que nous sommes si nombreux à pratiquer, mais un ensemble de disciplines visant l'élargissement et l'unification de la conscience. Le yoga dit que nous sommes autre chose que notre petit moi confus, apeuré, et qu'à cet autre chose nous pouvons accéder. " Mais à peine lancé dans cette histoire, le beau tableau craque, les failles ressurgissent, les mensonges et les trahisons réapparaissent, l'abîme s'ouvre.

    La vie dérape. La vie intime et amoureuse, et la vie du monde également : terrorisme (attentats de Charlie Hebdo en 2015), crise migratoire... Et si tout n'était qu'illusions ? L'écrivain est hospitalisé à Sainte-Anne, et traité aux ECT : électro-convulso-thérapie, autrefois appelés électrochocs. Il raconte son séjour halluciné, son désir suicidaire, l'impossibilité de se rassembler, de se réunifier.

    Son mariage, dont il était si fier, se brise. Il doit aussi rompre avec sa maîtresse avec qui il entretenait une relation érotique extrême et solaire. Il faut partir, tenter de divertir l'horreur. Un reportage infructueux en Irak à la recherche d'un mystérieux " Coran de sang ", un séjour sur une île grecque parmi de jeunes migrants qui racontent leur périple, le souvenir obsédant de cette maîtresse sensuelle, et tous les fantômes d'une vie fracassée.

    C'est finalement le roman du mal terrifiant dont souffre Emmanuel Carrère raconté par Emmanuel Carrère lui-même : " Ce mal dont je suis atteint à défaut d'en guérir, je peux le décrire ". Dépression, bipolarité. Emmanuel Carrère affronte dans ce roman le jeu dangereux entre fiction et réel. Comment la fiction peut venir au secours des déchirements et des impasses du réel ? Mais au-delà, c'est le roman de l'énigme de toute vie, de tout homme.

    Le roman d'une exploration psychique de soi sans concessions, de ses terreurs, de ses mensonges, et des efforts pour devenir meilleur, quelqu'un de bien. Une expérience littéraire limite pour toucher l'âme humaine, interroger notre désir de salut, d'équilibre, et les techniques pour y parvenir. Mais pourquoi le yoga alors ? Parce que " quand on parle de deux choses en disant qu'elles n'ont rien à voir, il y a de fortes chances pour qu'elles aient tout à voir, au contraire ".

    Ce qu'enseigne aussi le yoga. Non seulement Emmanuel Carrère propose un récit personnel de ce qu'est le yoga pour lui mais il en fait un formidable miroir romanesque pour raconter l'horreur de soi autant que la patience avec laquelle nous voulons aimer les autres, nous sauver, réussir notre vie. Un livre aimant, drôle et terrifiant, infiniment sincère sur la difficulté bouleversante d'être soi. Jamais Emmanuel Carrère n'était allé aussi loin sur cette voie.
  • Saturne de Sarah Chiche (Seuil)
    Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois.
    Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie.

    Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au cœur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots.
    À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour.

    Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.
  • Un crime sans importance d’Irène Frain (Seuil)
    « Les faits. Le peu qu’on en a su pendant des mois. Ce qu’on a cru savoir. Les rumeurs, les récits. Sur ce meurtre, longtemps, l’unique certitude fut la météo. Ce samedi-là, il a fait beau. Dans les commerces et sur les parkings des hypermarchés, on pointait le ciel, on parlait d’été indien. Certains avaient ressorti leur bermuda et leurs tongs. Ils projetaient d’organiser des barbecues dans leur jardin.
    L’agresseur, a-t-on assuré, s’est introduit dans la maison de l’impasse en plein jour. On ignore à quelle heure. Pour trancher, il faudrait disposer du rapport du policier qui a dirigé les investigations. Malheureusement, quatorze mois après les faits, il ne l’a toujours pas rendu. »

    Face à l’opacité de ce fait divers qui l’a touchée de près – peut-être l’œuvre d’un serial killer –, Irène Frain a reconstitué l’envers d’une ville de la banlieue ordinaire. Pour conjurer le silence de sa famille, mais aussi réparer ce que la justice a ignoré. Un crime sans importance est un récit taillé comme du cristal, qui mêle l’intime et le social dans des pages tour à tour éblouissantes, drôles ou poignantes.
  • Chavirer de Lola Lafon (Actes Sud)
    1984. Cléo, treize ans, qui vit entre ses parents une existence modeste en banlieue parisienne, se voit un jour proposer d'obtenir une bourse, délivrée par une mystérieuse Fondation, pour réaliser son rêve : devenir danseuse de modern jazz. Mais c'est un piège, sexuel, monnayable, qui se referme sur elle et dans lequel elle va entraîner d'autres collégiennes.

    2019. Un fichier de photos est retrouvé sur le net, la police lance un appel à témoins à celles qui ont été victimes de la Fondation.

    Devenue danseuse, notamment sur les plateaux de Drucker dans les années 1990, Cléo comprend qu'un passé qui ne passe pas est revenu la chercher, et qu'il est temps d'affronter son double fardeau de victime et de coupable.

    Chavirer suit les diverses étapes du destin de Cléo à travers le regard de ceux qui l'ont connue tandis que son personnage se diffracte et se recompose à l'envi, à l'image de nos identités mutantes et des mystères qui les gouvernent.

    Revisitant les systèmes de prédation à l'aune de la fracture sociale et raciale, Lola Lafon propose ici une ardente méditation sur les impasses du pardon, tout en rendant hommage au monde de la variété populaire où le sourire est contractuel et les faux cils obligatoires, entre corps érotisé et corps souffrant, magie de la scène et coulisses des douleurs.
  • L’Anomalie de Hervé Le Tellier (Gallimard)
    L'Anomalie est un roman d'Hervé Le Tellier publié le 20 août 2020 aux éditions Gallimard et ayant reçu le prix Goncourt la même année.
    À sa sortie, le roman a été sélectionné pour les Prix Goncourt, Prix Renaudot, Prix Médicis, Prix Décembre, Prix du roman Fnac et Prix Wepler. Il obtient le Prix Goncourt le 30 novembre 2020.
    Organisé comme un roman de romans, L'Anomalie commence par la présentation de plusieurs personnages, en autant de chapitres écrits selon les codes stylistiques de différents genres, du thriller au roman psychologique, de la littérature blanche au récit introspectif. Le lecteur comprend rapidement qu'un événement, « l'anomalie » d'un vol Paris-New York en mars 2021, est le lien entre tous ces personnages. Le Tellier est inspiré par « une science-fiction postmoderne, tendance « cyberpunk ». Son écriture est aussi influencée par celle des séries télévisées. Le roman est rempli d'allusions littéraires. Le Tellier lui-même décrit son roman comme un « scoubidou »

  • A l'annonce du prix, Hervé Le Tellier n'a pas caché sa surprise : « On ne s'attend jamais à un prix comme le Goncourt, on n'écrit pas pour avoir un prix et on ne peut pas s'imaginer l'avoir.»

    « Mon point de départ, expliquait-il il y a quelques jours dans La Salle des Machines, était Si par une nuit d’hiver un voyageur dans lequel Italo Calvino commence une dizaine de romans qu’il abandonne en cours de route, créant une frustration pour le lecteur. Je voulais écrire non pas un roman de genre, mais une série de romans de genre, qui les fusionnerait tous, du policier à l'anticipation en passant par le roman introspectif. Je ne voulais pas frustrer mon lecteur, mais au contraire, lui donner un sentiment de complétude. Un peu comme chez Borges qui est l'un de mes auteurs préférés : tendre à l'exhaustivité, aller au bout de la logique que l'on s'est imposée dans un projet d’écriture. Pour cela, j’avais des fils de couleur pour chaque genre : le fil noir pour Blake, le personnage de roman noir, le rose pour le roman sentimental, le bleu pour le roman d’introspection, le blanc pour Victor Miesel qui allait raconter la fin. Je crois que le scoubidou est une forme assez naturelle pour le romancier ! »

    « Le sujet qui me passionnait, c'est celui de la confrontation à soi. Je voulais couvrir l'intégralité des âges, des gens, des sexualités, des couleurs de peau, de manière à montrer à chaque fois comment chacun, individuellement, par rapport à son propre vécu, pouvait réagir face à une situation inattendue, voire exceptionnelle, auquel il était confronté. (...) Tous ces personnages me permettaient en outre de traiter la question du genre en littérature. Avec le tueur, on est dans le roman noir. Avec les deux jeunes mathématiciens amoureux, on est dans la "chick lit". Et avec l'écrivain de littérature dite blanche, on est dans le roman d'introspection. » Hervé Le Tellier

  • Mes fous de Jean-Pierre Martin (L’Olivier)
    "Est-ce que j'attire les fous, ou bien est-ce moi qui cherche leur compagnie ?"

    Dès qu'il sort de chez lui, ces corps errants l'abordent et s'accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo. Laetitia et ses visions étranges. Madame Brandoux, qui jure toute la journée contre le monde entier. Et bien d'autres encore.

    Sandor se demande s'il n'est pas fou lui-même. D'autant que Constance, sa fille, est atteinte d'une terrible maladie psychique qui l'isole du reste du monde...

    Avec sensibilité, avec humour, avec désespoir, Jean-Pierre Martin raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit.
  • Les roses fauves de Carole Martinez (Gallimard)
    Lola vit en Bretagne au-dessus du bureau de poste où elle travaille. Elle est jolie, sage et boiteuse. Elle ne désire rien et se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de son potager et, dans sa chambre, face au grand lit où elle s'interdit de rêver, trône une armoire de noces pleine des coeurs de ses aïeules.
    Dans la région d'Espagne où sont nées ses aïeules, quand une femme sent la mort venir, elle brode un coussin en forme de cœur qu'elle bourre de bouts de papier sur lesquels sont écrits ses secrets... À sa mort, sa fille ainée en hérite avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. Des cœurs de femmes battent dans la vieille armoire de Lola. Ils racontent une histoire qui a commencé en Andalousie, il y a plus d'un siècle. Lola se demande si elle est faite de cette histoire familiale qu'elle ignore, si le sang des fables coule de génération en génération, s'il l'irrigue de terreurs et de peines qui ne lui appartiennent pas, mais agitent ses profondeurs. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait ouvrir ces cœurs pour le savoir...
    Un jour, l'un des cœurs éclate, libérant les secrets de son aïeule Inès Dolorès, ainsi qu'un plus petit cœur rempli de graines, d'où naîtront des roses au parfum envoûtant qui envahiront le jardin. Saura-t-elle se laisser porter par son désir, s'affranchir de la voix de son père qui lui a prédit un destin de solitude ?

    Carole Martinez, formidable conteuse, habite ses récits comme personne. Elle libère ses personnages, morts et vivants, et nous embarque à leur suite dans un monde épineux et baroque où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

    Peu après la sortie de mon premier roman, Le cœur cousu, une lectrice m’a raconté une coutume espagnole dont j’ignorais l’existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de cœur qu’elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l’interdiction absolue de l’ouvrir. J’ai métamorphosé cette lectrice en personnage. Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l’histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Il faudrait déchirer ces cœurs pour le savoir.
  • La Société des Belles Personnes de Tobie Nathan (Stock)
    1952. Zohar Zohar, expulsé et fugitif, arrive en Europe.

    Né pauvre dans le misérable quartier juif du vieux Caire, l’enfant chéri de ‘Haret el-Yahoud, la ruelle aux Juifs, le jeune homme flamboyant, dont les clubs et bars attirent la haute société cairote, débarque sans famille, sans ami, sans un sou. Seul l’accompagne le fantôme de Dieter Boehm, son tortionnaire nazi. Zohar fuit un pays à feu et à sang, une société malade à l’image de son roi, Farouk, ramolli de luxure et détesté par son peuple, une société nécrosée par la montée des Frères musulmans, l’infiltration des anciens nazis dans l’armée égyptienne, les pogroms contre les juifs et la rébellion conduite par le puissant Gamal Abd el-Nasser. En France, son obsession va se lier à celle d’Aaron, Lucien et Paulette, trio soudé dans l’envie d’en découdre avec le passé qui les hante. Contre les bourreaux de leur passé, un même procédé : deux balles dans la tête, la première pour la vengeance, la seconde pour la signature.

    C’est l’histoire que son fils François va découvrir, celle qui lui fera comprendre la mystérieuse promesse faite par son père à la Société des Belles Personnes. Et qu’il décidera de poursuivre.

    Entre fresque historique et grand roman, des heures sombres de l’Égypte à la part enfouie de la mémoire française, Tobie Nathan écrit magnifiquement une épopée foisonnante et tragique, lestée du passé, forte de ses personnages, de leurs souvenirs et de leur cheminement.
  • La Chambre des dupes de Camille Pascal (Plon)
    Après L’Été des quatre rois, couronné par le Grand Prix du roman de l’Académie française, Camille Pascal nous fait entrer cette fois de plain-pied dans le Versailles de Louis XV pour y surprendre ses amours passionnés avec la duchesse de Châteauroux. Subjugué par cette femme qui se refuse pour mieux le séduire, le jeune roi lui cède tout jusqu’à offrir à sa maîtresse une place qu’aucune favorite n’avait encore occupée sous son règne. Leur histoire d’amour ne serait qu’une sorte de perpétuel conte de fées si Louis XV, parti à la guerre, ne tombait gravement malade à Metz…
    La belle Marie-Anne – adorée du roi, jalousée par la Cour, crainte des ministres et haïe par le peuple – devra-t-elle plier brusquement le genou face à l’Église et se soumettre à la raison d’État ?
    Dans ce roman de la Cour, Camille Pascal plonge le lecteur dans les intrigues amoureuses, les cabales d’étiquette et les complots politiques d’un monde qui vacille.
  • L’historiographe du Royaume de Maël Renouard (Grasset)
    « Je fus en grâce autant qu’en disgrâce. De l’un ou l’autre état les causes me furent souvent inconnues. À l’âge de quinze ans j’avais été placé au Collège royal, dans la classe de l’aîné des princes… »

    Celui que le destin projette ainsi dans l’entourage du futur roi du Maroc, Hassan II, aurait tort de trop croire en son étoile et de ne mettre aucune borne à ses ambitions. Il n’est pas sans risque d’avoir systématiquement devancé un prince au tableau d’honneur.
    Attend-il d’être appelé au gouvernement ? On l’envoie en exil. Se croit-il perdu à jamais ? On le nomme historiographe du royaume, comme Racine sous Louis XIV, comme Voltaire sous Louis XV. Ce n’est pas pour déplaire à ce conseiller lettré, qui cultive une écriture d’un classicisme achevé.
    Mais il a appris à redouter dans toute faveur apparente un jeu dont il serait obscurément la proie. Et qu’adviendra-t-il de sa loyauté à toute épreuve, lorsqu’une insaisissable jeune femme viendra lui murmurer les secrets des rébellions qui s’organisent clandestinement dans le royaume ?
    Une transposition virtuose des Mille et Une Nuits et des Mémoires de Saint-Simon au xxe siècle, qui nous fait revivre trente ans d’histoire du Maroc, entre le crépuscule du « protectorat » et le début des « années de plomb ».
  • L’enfant céleste de Maud Simmonot (L’Observatoire)
    Sensible, rêveur, Célian ne s'épanouit pas à l'école. Sa mère Mary, à la suite d'une rupture amoureuse, décide de partir avec lui dans une île légendaire de la mer Baltique. C'est là en effet qu'à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l'étrange destinée aurait inspiré Hamlet – imagina un observatoire prodigieux depuis lequel il redessina entièrement la carte du Ciel.
    En parcourant les forêts et les rivages de cette île préservée où seuls le soleil et la lune semblent diviser le temps, Mary et Célian découvrent un monde sauvage au contact duquel s'effacent peu à peu leurs blessures.

    Porté par une écriture délicate, sensuelle, ce premier roman est une ode à la beauté du cosmos et de la nature. "L'enfant céleste" évoque aussi la tendresse inconditionnelle d'une mère pour son fils, personnage d'une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman.

    Maud Simonnot a passé sa jeunesse dans le Morvan et plusieurs années en Norvège qui l'ont inspirée pour ce livre. Sa biographie de Robert McAlmon, "La nuit pour adresse" (Gallimard, 2017) a reçu le prix Larbaud et a été finaliste du prix Médicis essai.
  • Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo (Verdier)
    Thésée quitte « la ville de l'Ouest » et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d'archives, laisse tout en vrac derrière lui et s'embarque dans le dernier train de nuit vers l'Est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, quelque chose apparaît au lecteur, qui semble poursuivre Thésée et qu'il refuse de voir...
    Traversée de la nuit, enquête généalogique dans les strates du temps, plongée dans une histoire du secret et de la violence qui frappe plusieurs générations, ce livre approche au plus près l'énigme de la transmission, quand ce qui n'a pas été dit dans le passé hante l'avenir. C'est aussi une puissante leçon de revivance, où entraîné dans la mort par des forces ancestrales, un père, pour ses enfants, cherche à retrouver des forces de vie.
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Quelle est la deuxième sélection 🕮 pour le prix Goncourt 2020 ?


La liste des 8 romans qui font partie de la deuxième sélection du prix Goncourt 2020 dévoilée le 6 octobre 2020.
Avant une nouvelle sélection resserrée le 27 octobre, sont encore en lice : Djaïli Amadou Amal pour Les Impatientes (Emmanuelle Collas), - Irène Frain pour Un crime sans importance (Seuil). - Mohammed Aïssaoui, Les Funambules (Gallimard), - Miguel Bonnefoy, Héritage (Rivages), - Hervé Le Tellier, L’Anomalie (Gallimard), - Jean-Pierre Martin, Mes fous (L’Olivier), - Maël Renouard, L’Historiographe du Royaume (Grasset) et - Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle (Verdier).

Quelle est la dernière sélection 🕮 pour le prix Goncourt 2020 ?


Les jurés Goncourt ont annoncé leur dernière sélection, le 27 octobre 2020. Le jury du prix Goncourt a dévoilé dimanche à Cabourg (Calvados) les quatre finalistes du plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, qui sera décerné le 10 novembre à Paris.

Les quatre finalistes du prix Goncourt 2020 ont été annoncés à savoir :
  • L’Anomalie de Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo (Verdier).
  • Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal (Emmanuelle Collas)
  • L’historiographe du Royaume de Maël Renouard (Grasset)

    Par « solidarité » avec les libraires, le prix Goncourt, qui devait être décerné le 10 novembre, a été reporté sine die, a annoncé la déléguée générale de l’Académie Goncourt Françoise Rossinot. « Le prix Goncourt est remis à une date indéterminée puisque le 10 novembre les librairies ne seront pas ouvertes. Pour les académiciens il n’est pas question de le remettre pour qu’il bénéficie à d’autres plateformes de vente », écrit-elle jeudi dans un court message. Par ce geste, les académiciens du Goncourt « tiennent à exprimer leur solidarité avec les libraires », poursuit le texte.

    Quand sera décerné le prix Goncourt 2020 ?


    La première sélection s'est déroulée le 15 septembre. La deuxième sélection, réduisant la liste des romans de 15 à huit le mardi 6 octobre. Les quatre finalistes seront proclamés le mardi 27 octobre et enfin le Prix Goncourt est decerné le lundi 30 novembre 2020.



    Quel est le prix Goncourt 2019 ?


    Le lauréat du prix Goncourt : Le prix Goncourt a été attribué à Jean-Paul Dubois  « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon »

    Les précédents Prix Goncourt