Biographie de Jules Renard
Jules Renard
Né le : 22/02/1864 Décédé le : 22/05/1910
Ecrivain français (1864-1910) auteur de récits réalistes et tendres, qui publia par ailleurs un journal qui passe pour être un modèle du genre. Pierre-Jules Renard, dit Jules Renard, né à Châlons-du-Maine (Mayenne) le 22 février 1864 et mort le 22 mai 1910 (à 46 ans) dans le 8e arrondissement de Paris, est un écrivain et auteur dramatique français. En 1895, Renard se lie d'amitié avec Edmond Rostand ; c'est une amitié difficile, mêlée d'envie qui, si elle ne gêne pas l'admiration de Jules Renard pour Cyrano de Bergerac, se dévoile peu à peu dans le ton un peu aigre de ses écrits. Jules Renard est élu membre de l'académie Goncourt le 31 octobre 1907, au couvert de Huysmans grâce à Octave Mirbeau, qui a dû menacer de démissionner pour assurer son succès. .
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Journal (1887-1910) de Jules Renard
Mise à jour le dimanche 30 novembre 2025 à 11h43
Pierre-Jules Renard, dit Jules Renard, né le 22 février 1864 à Châlons-du-Maine (Mayenne) et mort le 22 mai 1910 (à 46 ans) dans le 8e arrondissement de Paris, est un écrivain et auteur dramatique français.
Le Journal, 1887-1910 est un journal intime rédigé par Jules Renard de 1887 au 6 avril 1910. Il est publié de manière posthume de 1925 à 1927 en cinq volumes aux éditions Bernouard sous la direction d'Henri Bachelin. En 1999, le Journal est classé parmi les « cent livres du siècle », classement établi par la Fnac et Le Monde.
Eloge du « travail » littéraire, de l'effort continu à la manière de Flaubert et Zola, résumé dans la formule imagée : « En littérature, il n'y a que des bœufs. »
« Le talent est une question de quantité. Le talent, ce n'est pas d'écrire une page : c'est d'en écrire 300. Il n'est pas de roman qu'une intelligence ordinaire ne puisse concevoir, pas de phrase si belle qu'elle soit qu'un débutant ne puisse construire. Reste la plume à soulever, l'action de régler son papier, de patiemment l'emplir. Les forts n'hésitent pas. Ils s'attablent, ils sueront. Ils iront au bout. Ils épuiseront l'encre, ils useront le papier. Cela seul les différencie, les hommes de talent, des lâches qui ne commenceront jamais. En littérature, il n'y a que des bœufs. Les génies sont les plus gros, ceux qui peinent dix-huit heures par jour d'une manière infatigable. La gloire est un effort constant. »
Très vite, il se fait un nom et côtoie le beau monde : Sacha Guitry, Sarah Bernhard, Léon Daudet, Edmond Rostand, Octave Mirbeau et tant d’autres. On aime son ironie et sa répartie qu’il exerce chaque jour en public, mais on connaît moins sa tendresse, celle qui est si présente dans un carnet tenu secret jusqu’à sa mort, en 1910…
« Penser, c'est chercher des clairières dans une forêt. Si vous connaissez la vie, donnez moi son adresse.
Les hommes ? Oh, ça me fait faire pipi - Il n'y a que les erreurs qui donnent du prix à la vérité.»
Pendant 20 ans et presque mille pages, Jules Renard réfléchit à la vie, à l’amour, l’amitié et la littérature. Drôle et désespéré, féroce et enthousiaste, l’écrivain exprime là tout ce qu’il ne dit pas aux autres, tout ce qu’il ne dira jamais. Il se révèle, enfin, tel qu’il est : pétri de doutes.
« Ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides », dira-t-il en parlant de lui.
« Et ce Journal qui me distrait, m'amuse et me stérilise! », ainsi paraphrasait Jules Renard sur ses écrits quotidiens.
« Ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides» , écrit Jules Renard parlant de lui. Comme tous les timides, il répugnait à se confier aux autres. Son Journal lui sert de confident, d'interlocuteur, de complice. C'est à la mémoire des feuillets qu'il remet ses pensées les plus secrètes et les plus contradictoires.
Ardent dreyfusard, il écrit : « Je suis écœuré à plein cœur, à cœur débordant, par la condamnation d'Emile Zola...» Mais il confesse ailleurs : « Nous sommes tous antijuifs. Quelques-uns parmi nous ont le courage ou la coquetterie de ne pas le laisser voir.»
Il se répand en réflexions misogynes : « Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire» ; « Dès qu'on dit à une femme qu'elle est jolie, elle se croit de l'esprit» ; « La femme est un roseau dépensant.» Mais n'est-ce pas pour exorciser le chant des sirènes ? « Je les aime toutes. Je fais des folies pour elles. Je me ruine en rêves.»
Anticlériclal, antireligieux convaincu, auteur de La Bigote, au Journal il confie cependant : « J'ai l'esprit anticlérical et un cœur de moine.»
Il avait une conscience amère, injuste et orgueilleuse de ses limites, mais aussi de ses qualités, celles des grands écrivains - l'humour, l'ironie, la poésie : « Les ironistes, ces poètes scrupuleux, inquiets jusqu'à se déguiser.»
Portrait d'une époque et d'un milieu, peinture des naturels du Morvan, et par-dessus tout portrait d'une âme poétique jusqu'à la souffrance, le Journal de Jules Renard est un chef-d'œuvre de la langue française et le témoignage d'un grand moraliste : « Je me fais une haute idée morale et littéraire de l'humour.»
