Follement épris de sa femme, Aziz n'en est pas moins un homme détaché et caustique. Seul moyen qu' il ait trouvé pour se préserver des tensions et des violences qui agitent l'Algérie. Mais lorsque sa fille de quatorze ans est enlevée, il comprend que l'ironie ne lui sera plus d'aucun secours.
Entré en contact avec la famille, un étrange ravisseur menace sa victime des pires atrocités si la police est prévenue. De toute façon, qui aurait envie de s'en remettre aux autorités algériennes? Aziz ne peut compter que sur lui-même. Et sur Mathieu, le beau-père de sa femme. Mais ce Français au lourd passé sera-t-il une providence ou l'artisan du malheur? Pourquoi est-il demeuré en Algérie après l'indépendance? Qu'a-t-il fait pendant la guerre? Et quel est ce grand tabou de l'histoire de l'Algérie qui scelle jusqu'à présent toutes les lèvres?
Avec ce thriller de la vengeance et de l'amour, Anouar Benmalek impose à ses héros de choisir entre le mal et le moindre mal, entre leur survie et celle de leur conscience.
Traduit en dix langues, Anouar Benmalek est l'auteur, entre autres, des Amants désunis (Calmann-Lévy) et de L'Enfant du peuple ancien (Pauvert), plusieurs fois primés. Chez Fayard, il a récemment publié Ô MarIa.
Cuba, le meilleur de la boxe. Des champions méconnus, éternels amateurs enfermés dans leur île.
Je devais accompagner de jeunes espoirs français partis s’endurcir à Pinar del Río. Chaleur caraïbe, sessions d’entraînement intenses, riz-haricots noirs au menu, dortoir collectif... Le stage s’annonçait rude. Très rude. À trente ans, la fin de carrière approchait. Je le pressentais.
Claquement des gants sur les sacs, cuir contre cuir. Dans la fournaise du gymnase, j’ai remarqué Yoangel. Catégorie poids lourds. Un prodige. Le tempo, la présence, tout ce qui m’avait manqué. Lui, le paysan d’un pueblo perdu, cet esprit ombrageux traversé par l’antique magie de ses ancêtres Yorubas, réussirait-il l’impossible? Vaincre, vraiment ?
Yoangel Corto ne combattait pas l’adversaire. Il combattait la boxe.
Julien Dufour est invité à mettre un terme à sa carrière de journaliste et à quitter le magazine pour lequel il travaillait depuis plus de trente ans. Officier dégradé, il rentre chez lui pour y ceindre le tablier de sa jeune épouse qui vient justement de se trouver un emploi et un amant. La soixantaine en ligne de mire, Julien respectera-t-il sa date de péremption en s'inscrivant au club de pétanque de son quartier ou essaiera-t-il de rebondir une dernière fois dans les étoiles ? Camille, de trente ans sa cadette, a des pokers d'as plein les mains et dans ses yeux dansent deux petits diables. Mais sans doute est-il inconvenant de convoiter la future belle-fille de son meilleur ami... Les succursales du ciel évoque ce moment où l'homme bascule dans un abîme de vacuité et d'abandon qui annonce la fin de tout. L'épée dans les reins, ferraillant au bord du gouffre, Gérard Pussey, avec une fantaisie intrépide et bravache, nous entraîne dans cette grande banlieue de la mort où l'urgence à vivre s'impose soudain comme ultime antidote.
Auteur d'une douzaine de romans dont L'Homme d'intérieur (Prix Roger-Nimier) et Menteur (Prix Alexandre-Vialatte), Gérard Pussey est critique littéraire au magazine Elle.
Dans une maison isolée de Saint-Pierre-et-Miquelon, Jonas, trente-six ans, atteint d'une grave maladie, attend la mort. À raison d'une lettre par jour, il entreprend de raconter son histoire et de faire partager son expérience à une mystérieuse Ava, dont on comprend peu à peu l'importance fugace qu'elle a eue pour lui. Jonas a déjà vécu mille vies, surmonté mille douleurs : né dans une famille aisée, devenu orphelin très jeune, il est recueilli par une tante qui le maltraite avant d'être adopté par ceux qu'il considérera comme ses vrais parents. Mais le malheur s'acharne. Commence alors pour Jonas une trajectoire d'errance, ponctuée par des rencontres, marquée par les ruptures et la solitude fondamentale de l'homme, sauvée par ses ivresses : la peinture, les femmes, la nature, la boxe. Échoué à Saint-Pierre-et-Miquelon par choix, Jonas se protège par des abords rugueux de la commisération de ses voisins. Pourtant, il n'a rien perdu de son humanité, de cette humanité qu'il s'évertue à transmettre à Ava, en même temps qu'un peu de son souffle, dans des lettres tour à tour pudiques, violentes et tendres.
Paris au début des années 90. Le narrateur sans nom, accro à l'héroïne, est dans le rouge : Julie, son amour fou avec qui il a brûlé les années 80, a disparu. A sa recherche en territoire toxique, il découvre le cadavre de Coyote, parti à tout juste 30 ans, et assiste aux meurtres de Cédric puis de Coralie par deux ombres. En plein carnage amplifié, il renverse alors L'Homme en noir qui semble avoir des nouvelles de Julie. Sauvé in extremis par l'inquiétant Le Strange, il embarque pour un glacial road movie de nuit. Pendant cette fuite mouvementée, le narrateur risque un autre voyage, intérieur. Tente de comprendre pourquoi il se retrouve dans le rouge de l'addiction, de l'amour perdu, des armes en action. La mémoire en surrégime remonte à la surface. Revisite genèse, enfance, jeunesse. Les écarts, les blancs, les fuites d'un petit campagnard débarqué en ville. D'un jeune homme engagé, romantique, fou de littérature et de poésie – son arme – et de rock dont les éclats de plomb constituent la bande-son du récit. Au fil cahoté de la cavale et de la souvenance, L'Homme en noir se révèle un double trouble, un jumeau maléfique, ressurgi en cette nuit d'apocalypse pour une ultime confrontation. Et Julie, a-t-elle réussi à s'envoler pour un ailleurs inconnu ? L'a-t-elle vraiment quitté ? Quel rôle joue Le Strange ? Seul l'Homme en noir le sait. La vérité se fera jour lors d'une lutte finale en quatre actes dans une clairière d'Ankou, un squat aux rats orange, un blockhaus à skinheads et un abattoir au fond d'un aber...
Thierry Matteï est journaliste. Il a travaillé pour la presse magazine et des agences photographiques. Dans le rouge est son premier roman.
« Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s’est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n’avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l’aider. Embarrassé à l’idée de m’imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d’alléger le truc. Là, il a dit :
— Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ?
Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d’humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui est sa vie en fait. J’ai souri, ça détend mon père, et j’ai répondu comme à chaque fois :
— Je viendé, je viendé…
Je l’aime mon père, mais j’ai du mal à l’admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément, ça manque un peu de hauteur tout ça… »
Paul, dit Polo, a 13 ans quand commence sa chronique d’une vie impossible, au milieu d’une famille infernale, où seul l’amour d’un père apporte un peu de lumière. Mais aimer quand on ne peut pas respecter est une douleur de plus. Seulement, ce jeune garçon drôle, lucide, que rien n’abat, a découvert une arme : les mots, et il sait désormais qu’on peut s’arracher à la fatalité.
Y arrivera-t-il ? C’est une autre histoire. Celle de ce livre, où, sur un ton virevoltant, marqué par la vivacité, le sens du rythme et de la formule qui ont fait le succès de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole aux laissés-pour-compte de notre société, et raconte avec une verve irrésistible les drames et les espoirs d’une adolescence.
Saphia Azzeddine, née au Maroc, a grandi à Ferney-Voltaire. Elle est également scénariste. Confidences à Allah, son premier roman (Éditions Léo Scheer, 2008), dont l’adaptation théâtrale a triomphé au festival d’Avignon et à Paris, l’a d’emblée imposée comme une des voix les plus singulières de sa génération.
« Je t’emmènerai dans un endroit secret où les livres ne meurent jamais et où personne ne peut les détruire… »
Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire.
En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d'autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secrètement dédié - va épouser Pedro Vidal.
Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer une texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme ».
Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.
L’auteur : écrivain catalan, Carlos Ruiz Zafón vit à Los Angeles, où il est également scénariste. L'Ombre du vent, prix Planeta (2004), prix du meilleur livre étranger – roman (2004), a aussi sélectionné pour le prix Femina étranger.
Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.
Munich, 1933. Dehors résonnent le bruit des bottes et les discours du nouveau chancelier. Un peintre se voit chargé d'exécuter le portrait d'une enfant louant l'avenir radieux de la nouvelle Allemagne : prétexte inespéré à se cloîtrer en compagnie de son modèle à l'étage d'une maison dans la ville. Mais c'est tout autre chose qu'il fera de sa jeune pensionnaire. Aidé par Félice sa logeuse, l'artiste va l'équiper d'une mécanique que son ami d'enfance, Troost, un prothésiste réputé, réalisera consciencieusement. Cette jeune Allemande en deviendra le jouet, la poupée comme il dit, et puis un être chimérique qui va habiter avec lui ce lieu. Il va falloir bientôt panser ses plaies, alterner les contraintes : tout un cérémonial qui se déploie et que l'on suit au fil de son récit. Ce sont ses carnets que l'on lit : prenant son lecteur à témoin, il y relate le lien qu'il finira par nouer avec sa pensionnaire, les événements qui ébranlent tout Munich et aussi sa rencontre avec Dora, une jeune femme aux yeux de qui rien de ce qu'il fait ne saurait apparaître.
C'est l'histoire d'Anne et de son frère Philippe, un frère pas tout à fait comme les autres. Petits, ils dorment dans la même chambre, dans des lits en diagonale. A 7 ans, Anne apprend que son frère est un peu différent et qu'il faudra toujours qu'elle veille sur lui... Dans ce récit autobiographique, Anne Icart décrit avec une grande sobriété les rapports fusionnels avec un frère handicapé. Un témoignage poignant rédigé, à l'âge de 40 ans, un peu comme une thérapie. Une enfance retracée avec tendresse, lucidité et sensibilité... A lire de toute urgence.