Un grand dîner doit rassembler chez Louise, la veuve d'un pêcheur sétois, ses enfants dispersés et leurs familles. La perspective de ce dîner fait remonter en chacun d'eux des souvenirs, des rancunes, des attendrissements mélancoliques, des regrets et des drames intimes : Fanny, sa rivalité avec sa mère et la perte de sa propre fille Léa ; Jonas, sa rivalité avec Albin, son homosexualité et la perte de Fabrice, son premier compagnon, mort du sida ; Albin, enfin, sa ressemblance avec son tyran de père et la séparation qu'Émilie sa femme lui impose ce soir-là. Louise, elle aussi, se souvient : de la brutalité de son mari, de la dureté de sa vie, des occasions de rencontres amoureuses qu'elle n'a pas pu saisir, de son corps jadis radieux et exigeant, du fossé qui l'a toujours séparée de ses enfants.
Jean-Baptiste Del Amo use de toutes les ressources d'une langue riche et vibrante pour décrire les mouvements de la sensualité qui tourmente et irradie les personnages. Les scènes qui se succèdent ont chacune une force propre, et certaines sont inoubliables (l'exode en train de la famille italienne, la mort de Léa, la confrontation entre Fanny et sa mère, les dialogues entre les deux frères…). Il y a dans cette chronique, hantée par le caractère périssable de l'amour et par la toute-puissance de la mort, un souffle exalté, tremblant, qui évoque les films de Patrice Chéreau, les pièces de Koltès. C'est un roman d'une grande force.
Entre Agathe, parolière de chansons, et Jérôme, dirigeant d'une
start-up, c'était le grand amour. Huit ans de mariage et deux
jumeaux plus tard, tout a changé : elle écrit de moins en moins,
happée par l'éducation des enfants ; il s'absente de plus en plus
et la délaisse pour ses maîtresses. Bafouée, rabaissée, Agathe
s'interroge : aura-t-elle le courage de demander le divorce ?
Commence alors un chassé-croisé entre les époux qui se
déchirent jusque devant les enfants, déterminés l'un et l'autre à
en obtenir la garde, et, accessoirement, à triompher de l'autre.
Agathe aura-t-elle gain de cause ? Pourra-t-elle surmonter la
dévastation de son monde et de ses idéaux ? Aura-t-elle droit à
une deuxième chance ?
Juste, drôle, émouvant et cinglant, ce roman délibérément ancré
dans le monde contemporain, dévoile les dessous du divorce.
Romancière et cinéaste, Virginie Despentes est l'auteure, entre autres, de Baise-moi (1993, adapté au cinéma en coréalisation avec Coralie Trinh Thi), Les Jolies choses (1998), Teen Spirit (2002), Bye Bye Blondie (2004), et d'un récit, King Kong Théorie, tous publiés chez Grasset. Elle prépare actuellement la réalisation de son prochain film, adapté de Bye Bye Blondie, avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart.
Valentine Galtan, adolescente énigmatique et difficile, a disparu. La narratrice, Lucie, anti-héroïne trentenaire, détective privée sans conviction ni talent engagée par la grand-mère de Valentine pour surveiller ses faits et gestes, l'a perdue sur un quai de métro parisien. Comment la retrouver ? Que faire des édifiantes photos de Valentine qui la montrent si expérimentée avec les garçons ? Aurait-elle rejoint sa mère, qu'elle n'a jamais connue, à Barcelone ? Le mieux pour Lucie serait de faire équipe avec la Hyène, une « privée » aux méthodes radicales, une femme puissante, au corps souple, plein d'une violence qui s'exprime par saccades : moyennant finances, et aussi par amusement, La Hyène accepte le marché. Voici les collègues mal appariées, l'une lesbienne volcanique, l'autre hétéro à basse fréquence, qui traversent la France et l'Espagne jusqu'à Barcelone à la recherche d'une petite fugueuse, une gosse mal grandie, une fille de la bourgeoisie qui finira – on ne vous en dit pas plus – par rejoindre le camp des irréductibles.
Road-book, comme il y a des road-movies, portraits d'êtres blessés, traversée des différentes couches sociales - la bourgeoisie cultivée, botoxée et peureuse, les cités rebelles qui croient à l'avenir de l'Islam néolibéral, les radicaux de gauche ou de droite en imposteurs, les back-rooms lesbiens - ce roman particulièrement maîtrisé de Virginie Despentes fait dialoguer la forme du polar contemporain avec la satire sociale la plus corrosive. Et, étrangement, comme passée en contrebande, résonne une tendresse pour toutes les Valentine, ces adultes cousus d'enfance qui paient pour nos fautes.
Petite, je me croyais anormale ; Je suis
ravie que tu fréquentes mon frère ; Mon
mari ne me touche pas depuis des lustres,
je ne vois pas pourquoi il me tromperait ;
J'ai toujours su que j'étais la mère de
mon neveu ; Je vais t'expliquer ; L'amour
n'est pas un spectacle ; Si je meurs, pense
à Hugues Aufray.
Jamais à une fantaisie près, chacun ici vit
dans sa bulle, à travers laquelle les images
du monde parviennent déformées, fêlées,
désespérées. A moins que, faisant office
de loupe, celle-ci permette de mieux scruter certains détails troublants de
vérité…
Insecte et On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, les deux précédents
recueils de nouvelles de Claire Castillon, ont été traduits en vingt langues.
Tous les habitants de Pluto (Dakota du Nord) sont liés par
l'amour ou l'amitié, le sang, mais surtout, par le poids du passé.
Jamais élucidé, le massacre d'une famille de fermiers blancs en
1911 hante toujours la petite ville qui se meurt. Quatre Indiens
avaient été lynchés sans autre forme de procès pour ce crime qu'ils
n'avaient pas commis.
Mi ojibwe mi blanche, Evelina Harp est une fille intelligente et
ambitieuse, toujours prompte à tomber désespérément amoureuse.
Elle a grandi sur la réserve où son grand-père (qui a échappé au
lynchage pour une mystérieuse raison) lui a révélé l'histoire du
crime qui a marqué autrefois les deux communautés. Personne ne
comprend mieux le poids de ce drame que le Juge Coutts, qui
veille sur les habitants de Pluto avec compassion et lucidité.
A travers les voix distinctes et attachantes des trois narrateurs,
Louise Erdrich compose une mosaïque haute en couleurs
d'histoires qui s'entremêlent sur plusieurs décades, tour à tour
glaçantes, drôles, étonnantes, sauvages, tragiques et mélancoliques.
“ Un chef-d'oeuvre éblouissant. L'imaginaire de Louise
Erdrich a atteint des sommets. ” Philip Roth
En 1911, les grandes puissances vivent leurs
derniers instants d'insouciance. Bientôt la guerre
va déferler sur le monde... Cinq familles –
américaine, russe, allemande, anglaise et galloise
– vont se croiser, s'aimer, se déchirer, au rythme
des bouleversements de l'Histoire : la Première
Guerre mondiale et la Révolution russe. Cette
gigantesque fresque dépeint toute la gamme
des sentiments humains et dresse une galerie
de portraits saisissants. Des personnages
exceptionnels, passionnés, attachants,
tourmentés, qui, en dépit des tragédies, bravent
les obstacles et les peurs pour s'accomplir. Entre
saga historique et roman d'espionnage, histoire
d'amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle
épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse
la période la plus violente et la plus complexe
des temps modernes : la grande aventure du
XXe siècle…
Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l'intéresse plus que le profit. Tirant parti de ce trait de caractère, d'autres vont tout lui voler. Pour le distraire et l'occuper, ne lui resteront que la compagnie des éclairs et le théâtre des oiseaux.
Fiction sans scrupules biographiques, ce roman utilise cependant la destinée de l'ingénieur Nikola Tesla (1856-1943) et les récits qui en ont été faits. Avec lui s'achève, après Ravel et Courir, une suite de trois vies.