Proverbes d'amour


L'amour naît à la première vue.- L'amour le plus parfait est le plus malheureux - L'amour fait perdre le repos et le repas.Le mouvement des yeux est le langage des amants - autant de proverbes d'amour connus. Mais connaissez vous l'origine et la signification de ces proverbes sur l'amour ?







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Les beaux proverbes d'amour


Les proverbes qui expriment des sentiments universels comme l'amour se retrouvent toujours et partout. Ils sont les mêmes chez tous les peuples quant au fond : ils ne varient que dans la forme : d'où l'on peut conclure qu'en général ils n'ont pas été empruntés par un peuple à un autre peuple, mais qu'ils sont nés spontanément chez toutes les nations et dans tous les pays par le seul fait du sens commun.

Proverbes et amour

Sans pain ni vin l'amour est vain. C'est-à-dire, l'amour n'est rien, comme porte une variante. Ce proverbe est une traduction familière de celui des Latins cité dans l'Eunuque, de Térence : Sine Cerere et Libera friget Venus. (Act." IV, se. vi.) « Sans Gérés et Bacchus Vénus est transie. » — II faut remarquer, à ce sujet, que l'amour n'était guère pour les anciens qu'un acte sensuel auquel ils préludaient par les bons mets et les bons vins, qui leur paraissaient les moyens les plus propres à l'exciter et à le favoriser. Ils le regardaient comme le couronnement de l'orgie. De là ces paroles de saint Jérôme, que je n'oserais traduire, sur les débauchés qui avaient le cœur au ventre : Distento ventre dis • tenduntur ea qux ventri adhèrent. Venter plenus despumat in libidinem. Les Romains avaient encore ce proverbe analogue, qui leur était venu des Grecs : Satura Venus ailest, famelico nequaquam adest. « Vénus ou l'amour est pour celui qui a le ventre plein, et non pour celui qui la vide. » Les Languedociens disent: Vivo l'amour! mal që iëou dinë. Vive l'amour, mais que je dîne ! C'est exactement ce qu'on dit en français : Vive l'amour après dîner !
Sans pain ni vin l'amour est vain


Après l'amour le repentir. Hélas ! nous ne pouvons aimer toujours, et bien souvent le repentir nous prend où l'amour nous laisse. Les amours s'en vont et les douleurs demeurent, dit le proverbe espagnol :  Un troubadour anonyme a comparé l'amour à l'églantier, dont les fleurs passent et tombent en peu de temps, tandis que les épines restent toujours. Guarini a dit de l'amour dans son Pastorfido: « La racine en est douce et le fruit amer »
Après l'amour le repentir


On fait l'amour, et quand l'amour est fait, c'est une autre paire de manches. Tout le monde comprend ce que signifie ce proverbe, dont la dernière partie, devenue une locution à part, est continuellement répétée; il rappelle un usage pratiqué au douzième siècle par des individus de sexe différent qui voulaient former ensemble un tendre engagement. Ils échangeaient une paire de manches comme gage du don mutuel qu'ils se faisaient de leur cœur et ils se les passaient aux bras en promettant de n'avoir pas désormais de plus chère parure, ainsi qu'on le voit dans une nouvelle du troubadour Vidal de Besaudun, où il est parlé de deux amants qui se jurèrent de porter manches et anneaux l'un lié à l'autre. Ces enseignes ou livrées d'amour, destinées à être le signe de la fidélité, devinrent presqu'en même temps celui de l'infidélité; car Imites les fois qu'on changeait d'amour on changeait aussi de manches, et il arrivait même assez souvent que celles qu'on avait prises la veille étaient mises nu rebut le lendemain. Vainement un autre proverbe recommandait de respecter cette sorte d'investiture d'amour par la manche en disant :  la manche, ce n'est pas un badinage, car c'est un signal d'amourette. Comme une pareille recommandation n'avait aucune force légale, chacun et chacune y contrevenaient à qui mieux mieux. Aussi tel ou telle qu'on s'était flatté de tenir dans sa manche s'en débarrassait au plus vite, sans le moindre scrupule, et, en définitive, c'était toujours une autre paire de manches.
On fait l'amour, et quand l'amour est fait, c'est une autre paire de manches


Vieil amour vieille prison. Un vieil amour est un esclavage où l'on éprouve beaucoup de peines et d'ennuis. « Dans la vieillesse de l'amour comme dans celle de l'âge, dit la Rochefoucauld, on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour les plaisirs. » Ce proverbe est pris du latin : Antiquus amor career est. Il s'applique le plus souvent à l'amour conjugal, que les deux époux sont obligés de subir jusqu'à ce que mort s'en suive, pour l'un ou l'autre. Aussi arrive-t-il quelquefois que le mari voit mourir sa femme ou la femme son mari du même œil qu'un prisonnier voit briser ses fers.
Philémon, poète comique grec, a dit dans une de ses pièces : « Le mariage est une prison qui n'a de beau que la porte par laquelle on y entre, et de consolant que celle par laquelle on a vu la mort faire sortir la personne avec qui on avait fait son entrée. »
Vieil amour vieille prison


L'amour meurt rarement de mort subite. Il meurt presque toujours d'une maladie de langueur, beaucoup plus longue que ne le voudraient ceux qui en son atteints. C'est une observation qu'ont faite plusieurs poètes érotiques. Difficile est longum subito deponere amorem. (Catulle.) « Il est difficile de se défaire tout à coup d'un long amour. » Longus at invita pectore sedet amor. (Ovide.) « Mais le cœur malgré lui conserve un long amour. » Cette ténacité de l'amour chez des personnes qui ne demanderaient pas mieux que d'en être affranchies est produite par l'habitude, par la paresse de changer, par la difficulté de former une nouvelle liaison, par l'impossibilité de vivre seul, et par beaucoup d'autres causes qui font qu'on a bien de la peine à rompre quand on ne s'aime déjà plus, et à plus forte raison quand on s'aime encore un peu. Tant que l'amour dure, dit la Bruyère, il subsiste de lui-même et quelquefois par les choses qui semblent le devoir éteindre, par les caprices, par les rigueurs, par l'éloignement, par la jalousie. » (Ch. iv, du Cœur.) L'indignité même de l'objet qui l'a inspiré ne parvient pas toujours à lui donner une mort soudaine : Longtemps on aime encore en rougissant d'aimer. (Saurin.) On l'a justement comparé au feu grégeois qui brûle sous les flots de la mer, et à la chaux vive que l'eau dont on l'arrose allume ou met en ébullition. Pauvres belles délaissées, n'espérez pas l'éteindre à force de pleurer. Toutes ces larmes qui vous retombent sur le cœur ne servent qu'à le rendre plus ardent. C'est le temps et non la volonté qui met fin à l'amour, dit le proverbe latin :
L'amour meurt rarement de mort subite


Quand l'amour s'en va, c'est pour ne plus revenir. Le Code d'amour a exprimé la même idée en ces termes : article 19. « Si l'amour diminue, il dépérit vite et rarement il se rétablit. »
La Rochefoucauld dit dans une de ses pensées : « Il est impossible d'aimer une seconde fois ce qu'on a véritablement cessé d'aimer. » II ajoute dans une autre : « il y a peu de gens qui ne soient honteux de s'être aimés, quand ils ne s'aiment plus. »
Quand l'amour s'en va, c'est pour ne plus revenir


Un nouvel amour en remplace un ancien comme un clou chasse l'autre. Ou plus simplement par la substitution d'une métaphore allégorique à la comparaison : Un clou chasse l'autre. Ce proverbe se trouve dans la phrase suivante de la quatrième Tusculane de Cicéron : Novo umore veterem amorem tanquam clavo clavium ejiciendum pntant. « Ils pensent qu'un nouvel amour doit remplacer un ancien amour comme un clou chasse l'autre. » Novus amor veterem compellit abire. (Art. xvii du Code d'amour.) Duclos a dit de l'amour qui se porte vers plusieurs objets et peut se remplacer par un autre : « Un tel amour n'est pas fort délicat; non, mais il est heureux, et le bonheur fait la gloire de l'amour. » Lorsque Longchamp, secrétaire de Voltaire, lui remit la bague qu'il avait eu la précaution d'ôter du doigt de la marquise de Châtelet qui venait de mourir, et dans laquelle devait se trouver le portrait du
Un nouvel amour en remplace un ancien comme un clou chasse l'autre


L'amour apprend les ânes à danser. La légèreté et la souplesse singulières avec les quelles les ânes, au mois de mai, bondissent et se trémoussent dans la prairie auprès des ânesses, ont donné lieu à ce proverbe, dont le sens métaphorique est que l'amour polit le naturel le plus inculte.
L'amour apprend les ânes à danser


L'amour porte avec soi la musique. On dit aussi : L'amour enseigne la musique.Les amants aiment à chanter leurs plaisirs et leurs peines. « Un amant, dit-on, dans une nuit refusée à ses vœux, chanta le premier des vers devant la porte fermée de sa maîtresse, et l'éloquence ne fut d'abord que l'art d'attendrir une cruelle. »
Les Anglais disent : — Amour engendre poésie, ce qui a été ingénieusement développé dans le Spectateur d'Addison, n. 377 : Le chant des premiers vers exprima : Je vous aime. (Saint-Lambert.)
L'amour porte avec soi la musique


L'amour est comme un flambeau, plus il est agile,  plus il brûle. Cette comparaison proverbiale est prise du vers suivant de P. Syrus, qui dit l'amant, et non l'amour : Elle est parfaitement juste : « Les âmes propres à l'amour, dit Pascal, demandent une vie d'action qui éclate en événements nouveaux. Comme le dedans est mouvement, il faut aussi que le dehors le soit, et cette manière de vivre est un merveilleux acheminement à la passion. C'est de là que ceux de la cour sont mieux reçus dans l'amour que ceux de  la ville, parce que les uns sont tout de feu, et que les autres mènent une vie dont l'uniformité n'a  rien qui frappe : la vie de tempête surprend, frappe et pénètre. (Discours sur les passions de l'amour.) Les femmes savent très-bien que celui qui aime ne conserverait pas longtemps son ardeur si elle restait inactive, et qu'il a besoin, pour l'entretenir, pour l'enflammer, d'une vie d'agitation, de remuement et de secousses, enfin d'une vie de tempête. Aussi remarquez avec quels soins prévoyants elles s'appliquent à préserver leurs adorateurs des dangers du calme, à les tenir constamment en haleine par la nouveauté des impressions qu'elles leur font éprouver, à les faire passer rapidement et sans relâche d'une situation paisible à une situation émouvante, à leur faire voir du pays, comme on dit. Hommes peu clairvoyants, qui leur reprochez d'agir ainsi par coquetterie, par humeur, par caprice, par bizarrerie, etc., ne nommerez-vous jamais les choses par leur vrai nom, et les jugerez-vous toujours sur les apparences"* Reconnaissez donc que toutes ces manières d'être, qui vous semblent d'étranges inégalités de caractère, ne sont, la plupart du temps, chez ces enchanteresses, que des procédés d'un art merveilleux par lequel elles veulent se rendre plus aimables et plus aimées, en renouvelant sans cesse leur beauté par des changements inattendus, ainsi que vos cœurs, par des désirs variés, et, loin de les accuser de troubler votre repos, rendez-leur grâce de multiplier vos sensations pour vous sauver des ennuis de la monotonie.
L'amour est comme un flambeau, plus il est agile, plus il brûle


Baiser le verrou. S'est dit pour rendre hommage, par allusion à un usage féodal qui voulait que le vassal se prèsenta chez son seigneur pour lui rendre hommage, et, en son absence, baisât la serrure ou le verrou de la porte du manoir seigneurial.Les amoureux transis  ne manquaient jamais de baiser la serrure ou le verrou de la porte devant laquelle ils allaient chaque jour soupirer leur martyre.
1 Le mot serviteur était autrefois synonyme d'amant
Les amants, à Rome, se conduisaient aussi de cette manière, comme nous l'apprend Lucrèce, vers la fin du livre IV de son poëme. « Cependant, l'amant en larmes, à qui l'accès est interdit, orne sa porte de fleurs et de guirlandes, répand des parfums sur les poteaux dédaigneux et imprime sur le seuil de tristes baisers. » Cela se faisait de même en signe d'adieu, lorsqu'on s'éloignait avec regret d'un lieu chéri. Rutilius, exprimant la douleur qu'il ressentait de partir de Rome, a dit : Crebra relinquendis infigimus oscula partis. .Nous imprimons de fréquents baisers aux portes qu'il faut quitter. »
Baiser le verrou


L'amour et la gale ne se peuvent cacher. L'un et l'autre ont des démangeaisons irrésistibles qui les font bientôt découvrir. Les anciens disaient : Amor tussisque non celatur. L'amour et la toux ne se peuvent celer. Proverbe cité par Gilbert Cousin L'amour et le musc ne peuvent rester ignorés. (Proverbe hindoustani.)
Les Danois disent : La pauvreté et l'amour sont difficiles à cacher. — « L'amour est un de ces maux qu'on ne peut cacher ; un mot, un regard indiscret, le silence même le découvre. » (Abeilard.) « L'amour est si puissant, dit le romancero espagnol, et ses effets sont tels que les yeux le publient, encore que la langue le taise. On connaît ces vers de Racine : On a beau se cacher, l'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret. (Bajaset, act. III, se. vin.) L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme : Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux, Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux. (Androm., act. II, se. n.)
L'amour et la gale ne se peuvent cacher


L'amour divulgué est rarement de durée. On dit aussi : Le secret est la garde la plus assurée de l'amour. — II en est de l'amour comme d'un parfum qui se conserve quand on le tient renfermé, et qui se gâte quand on l'évente. Ce proverbe est une traduction littérale de l'article treizième du Code d'amour. — Amor raro consuevit durare vulgatus. Nous avons encore ce proverbe : Le secret, le vin et l'amour ne valent rien quand ils sont éventés.
L'amour divulgué est rarement de durée


L'amour est le frère de la guerre. C'est-à-dire que l'amour et la guerre se ressemblent sous beaucoup de rapports : l'un et l'autre ont leurs combats qui se renouvellent chaque jour, avec une tactique à peu près pareille, pour obtenir une victoire suivie d'une trêve plus ou moins longue, après laquelle une autre lutte recommence. Écoutez l'éternelle chanson des poètes érotiques ; vous croirez par moments entendre un chant guerrier : la plupart des termes caractéristiques en sont militaires. Blessé, blessure, vaincu, vainqueur, victoire, triomphe, chaîne, conquête, etc. Ovide a dit, dans le second livre de L'Art d'aimer : « L'amour est une sorte de guerre, » Militix species amor est; et dans la neuvième élégie du premier livre des Amours : • Militat omnis amans, et habet sua castra Cupido. « Tout amant est soldat, et l'Amour a ses camps. »
L'amour est le frère de la guerre


L'amour est le frère de la haine. L'amour et la haine pour le même objet naissent assez souvent dans le même cœur et s'y font sentir par des emportements, des malédictions, des violences, et d'autres effets communs à l'une et à l'autre passion. De là vient sans doute qu'on a regardé l'amour et la haine comme frère et sœur. Mais l'amant livré à leur double influence ne hait pas précisément. Il hait et aime tout ensemble, comme dit ce proverbe des anciens cité par Gilbert Cousin : Non or/i, ofli et amo. C'est ce qu'exprime très-bien la charmante épigramme de Catulle à Lesbie,
Odi et amo. Quare id faciam for fasse requiris? Nescio : sed fieri sentio et excrucior. « J'aime et je hais. — Comment est-ce possible? diras-tu. — Je ne sais, mais je le sens et je souffre. » L'amour est le frère de la haine, peut s'expliquer aussi par cette pensée de la Bruyère : « On veut faire tout le bonheur ou, si cela ne se peut, tout le malheur de ce qu'on aime. »
L'amour est le frère de la haine


A battre faut l'amour. Faut est ici la troisième personne de l'indicatif du verbe faillir, et ce proverbe, tiré du latin, injuria solvit amorem, signifie que les mauvais traitements font cesser l'amour. — Cependant le cas n'est point sans exception. On sait que les femmes moscovites mesuraient l'amour qu'elles inspiraient à leur mari sur la violence avec laquelle elles étaient battues, et qu'il n'y avait ni paix ni contentement pour elles avant d'avoir éprouvé la pesanteur du bras marital. Exper'untia testalnr feminas moscoviticas verberibns placari. (Drex., de Jejutno, lib. I, cap. u.)
Une chanson d'un troubadour anonyme attribue le même goût aux filles de Montpellier. Las castanhas al brasier Peton quan no son mordudas ; Las fillas de Mounpelier Ploron quan no son battudas. Ce qu'un ancien traducteur a rendu vers pour vers de cette manière : Les châtaignes au brasier Pètent quand ne sont mordues ; Les filles de Montpellier Pleurent quand ne sont battues. On voit dans le Voyage en Grèce de Pouqueville que les femmes albanaises considèrent comme des marques d'amour les coups qu'elles reçoivent de leur mari. Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, si connu dans l'histoire sous le nom de Guillaume le Conquérant, fit longtemps une cour assidue à Mathilde de Flandre, qui le traitait avec une froideur dédaigneuse. L'ayant rencontrée, en 1047, dans une rue de Bruges, lorsqu'elle revenait de la messe, il la saisit, la renversa, la roula dans la boue et la battit outrageusement. La jolie Mathilde, soit que cette déclaration d'amour un peu brutale la convainquît de la violente passion de son amant, soit que la peur de le voir réitérer la même scène la disposât mieux pour lui, le traita désormais avec moins de rigueur et consentit enfin à l'épouser en 10à2. Les deux époux devinrent des modèles de tendresse conjugale. Cette anecdote est rapportée dans la Vie de la reine Mathilde, etc., par Strickland, t. I, ch. i.
Au reste, la violence dont usa Guillaume envers Mathilde était une conséquence logique de la passion qu'il avait' pour elle, et on a vu maintes fois, avant lui et après lui, plus d'un amoureux dédaigné outrager publiquement sa belle inhumaine, dans l'espérance qu'un tel outrage l'empêchant de trouver un autre époux, elle consentirait enfin à s'unir avec lui. Il y a encore une exception très-remarquable au proverbe, et ce sont les deux amants les plus célèbres qui l'ont fournie. Abeilard fustigeait quelquefois son Héloïse, qui ne l'en aimait pas moins. Lui-même, parlant à elle-même, rappelle la chose dans une de ses lettres, où il confesse d'un cœur contrit les scandaleux excès de sa passion immodérée : In ipsis diebus dominical Passionis, te nolentem ac dissuadentem sxpius minis ac flagellis ad consensum trahebam. — « Les jours mêmes de la Passion du Seigneur, lorsque tu me refusais ce que je demandais ou que tu m'exhortais à m'en priver, ne t'ai-je pas souvent forcée par des menaces et des coups de fouet à  céder à mes désirs? » Ausone avait deviné le cœur d'Héloi'se, lorsqu'il disait en peignant les qualités d'une maîtresse accomplie (épigr. Lxvh) : « Je veux qu'elle sache recevoir des coups, et qu'après les avoir reçus elle prodigue ses caresses à son amant. »
L'auteur des Mémoires de l'Académie de Troges, facétie spirituelle attribuée au comte de Caylus, mais que l'on croit plus généralement être de Groslcy, a examiné d'une manière plaisante jusqu'à quel point est fondée l'opinion que battre est une preuve d'amour. Voyez dans cet ouvrage (pag. 205 et suivantes) la Dissertation sur l'usage de battre sa maîtresse. Après tant de faits généraux et particuliers, qui contredisent le proverbe, ne serait-on pas tenté de croire qu'il est l'expression d'une opinion erronée, et que Sganarelle a raison de dire à sa femme, à laquelle il vient de donner des coups : « Ce sont petites choses qui sont de temps en temps nécessaires dans l'amitié, et cinq ou six coups de bâton entre gens qui s'aiment ne font que ragaillardir l'affection. » (Médecin malgré lui, act. I, se. m.) •
A battre faut l'amour


Heureux au jeu, malheureux en amour. La passion du jeu captive celui qui s'y livre en proportion du gain qu'il y trouve, et lui fait oublier tout le reste. Dans cette situation, il néglige sa maîtresse, et celle-ci se dédommage par des infidélités; telle est probablement la raison de ce proverbe, qui doit être fort ancien, puisque le troubadour Bérenger de Puivert l'a rappelé dans les vers suivants : Pois de datz no sui aventures
Ben degra aver calque domna conquisa. « Puisque je n'ai point de chance aux dés, je devrais bien avoir quelque dame conquise. » Nous avons encore cet autre proverbe corrélatif : Malheureux au jeu, heureux en amour, lequel est fondé sur la supposition que le joueur maltraité de la fortune revient à sa belle, dont la reconnaissance et la fidélité font son bonheur. Supposition fréquemment démentie. Quoi qu'il en soit, tous les joueurs ressemblent à celui de Regnard, qui oublie sa belle Angélique lorsqu'il gagne, et lui adresse des invocations quand il a perdu.
Heureux au jeu, malheureux en amour


Filer le parfait amour. C'est nourrir longtemps un amour tendre et romanesque. — Cette façon de parler fait allusion à la conduite d'Hercule filant aux pieds de la reine Omphale. Elle fut probablement introduite dans notre langue à l'époque où les confrères de la Passion représentaient le mystère d'Hercule sur leur théâtre. On sait que ce titre de mystère, consacré à certains ouvrages dramatiques, s'appliquait à un sujet profane comme à un sujet religieux.
Filer le parfait amour


L'amour se paye par l'amour. Ce proverbe se retrouve textuellement dans celui des Basques, Maitaseac, maîtaze du harze. Il peut avoir inspiré à Ninon de Lenclos le mot suivant, qui en esl le commentaire : « L'amour est la seule passion qui se paye d'une monnaie qu'elle fabrique elle-même, et l'amour seul peut acquitter l'amour. »
L'amour se paye par l'amour


Plus il y a paroles en amour et moins y sied. En amour, dit Pascal, un silence vaut mieux qu'un langage. Il est bon d'être interdit. Il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire. Qu'un amant persuade bien sa maîtresse, quand il est interdit, et que d'ailleurs il. a de l'esprit! Quelque vivacité que l'on ait, il est bon, dans certaines rencontres, qu'elle s'éteigne. Tout  cela se passe sans règle et sans réflexion, et quand l'esprit le fait il n'y pensait pas auparavant. C'est par nécessité que cela arrive. » (Discours Sur les pass. de l'amour.) Ce silence qui survient tout à coup sans qu'on y pense, qui résulte, non d'un calcul, mais de la nécessité, est le plus tendre et le plus vrai langage des amants. Aucun discours ne rendrait aussi bien ce qu'ils sentent. Les paroles ne peuvent être que des signes d'une faible passion : elles sont comme ces bluettes qui ne jaillissent guère que d'un feu peu ardent. « Celui qui peut dire combien il aime, s'écrie Pétrarque, n'a qu'une petite ardeur. » Chi puo dir com'egli arde, e un picciol ftioco.
Plus il y a paroles en amour et moins y sied





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De toutes les, sciences, dit Erasme, il n'en est peut-être pas de plus ancienne que celle des proverbes. Ils étaient comme autant de symboles qui renfermaient presque toute la philosophie des premiers âges. Les oracles des philosophes étaient-ils dans ces temps reculés, autre chose que des proverbes ? On avait pour'eux tant de respect, qu'ils semblaient sortis de la bouche d'un mortel, mais descendus du Ciel. Aussi les voyait on partout inscrits au frontispice des temples, et gravés sur des colonnes, comme dignes de partager, en quelque sorte, l'immortalité avec les Dieux, dont ils paraissaient être l'ouvrage.

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