Proverbes d'amour


L'amour naît à la première vue.- L'amour le plus parfait est le plus malheureux - L'amour fait perdre le repos et le repas.Le mouvement des yeux est le langage des amants - autant de proverbes d'amour connus. Mais connaissez vous l'origine et la signification de ces proverbes sur l'amour ?







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Les beaux proverbes d'amour


Les proverbes qui expriment des sentiments universels comme l'amour se retrouvent toujours et partout. Ils sont les mêmes chez tous les peuples quant au fond : ils ne varient que dans la forme : d'où l'on peut conclure qu'en général ils n'ont pas été empruntés par un peuple à un autre peuple, mais qu'ils sont nés spontanément chez toutes les nations et dans tous les pays par le seul fait du sens commun.

Proverbes et amour

L'âme d'un amant vit dans un corps étranger. Cet adage ingénieux, rapporté par Plutarque dans la Vie de Marc-Antoine, signifie qu'un amant est tout entier à sa passion et ne s'appartient pas à lui-même. Suivant un autre adage, l'âme d'un amant vit plus dans ce quelle aime que dans ce quelle anime. Anima plusvivit ubi amatquamubi animat,parce que, disent les philosopbes, elle est par nécessité là où elle anime, tandis qu'elle est par choix et par inclination là où elle aime.
L'âme d'un amant vit dans un corps étranger


L'amant se transforme en l'objet aimé. Quand on est véritablement amoureux, on prend l'esprit de la personne qu'on aime, on pense d'après elle, on sent par son cœur, on voit par ses yeux, on renonce, pour ainsi dire, à ce qu'on est soi-même pourjdevenir ce qu'elle est et ne faire plus qu'un avec elle. Tel est le sens de cette maxime proverbiale dont madame de Moite-ville a fait l'application à la reine épouse de Louis XIV, dans le passage suivant de ses Mémoires : « Si elle était chagrine, c'est parce que, « selon ce que disent les philosophes, l'amant se transforme en l'objet aimé, et que, voyant le roi  triste, il était impossible qu'elle fût gaie. »
M. Michelet a exhumé des œuvres de Morin, auteur peu connu qu'il appelle « un homme du moyen age  égaré dans le dix-septième siècle, » le vers charmant que voici : Tu sais bien que l'amour change en lui ce qu'il aime. Ce vers, que M. Michelet loue avec raison, n'est qu'une variante du proverbe beaucoup plus ancien
L'amant se transforme en l'objet aimé


L'amant écoute du cœur les prières de sa belle. Ce proverbe, plein de délicatesse dans la pensée et dans l'expression, s'emploie pour signifier qu'un amant a une sorte d'intuition qui lui fait sentir, deviner les désirs de sa maîtresse et qu'il ne pense qu'à les prévenir. — II est traduit de ce texte roman : L'amoros au- de cor los precs de sa donna. Racine a dit heureusement dans son Andromaque, par une expression dans le genre de celle du proverbe, qui lui était probablement inconnu : Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux. (Acte IV, se. v.) Écouter du cœur offre la même beauté poétique que parler du cœur.
L'amant écoute du cœur les prières de sa belle


La bourse d'un amant est liée avec des feuilles de poireau. C'est-à-dire qu'elle n'est pas liée, parce que les feuilles de poireau, qui se rompent aussitôt qu'on veut les nouer, ne peuvent servir de lien. — Ce proverbe, qui était usité chez les Grecs et chez les Latins et qui est cité dans les Soeposiaques de Plutarque (liv. I, quest. 5), s'emploie pour marquer la prodigalité des amants. Cette prodigalité, dont on pourrait citer des milliers d'exemples remarquables, ne s'est jamais manifestée par un trait plus charmant que celui qui a inspiré à J. Delille les vers suivants de son poëme de l'Imagination, chant iv : Que j'aime ce mortel qui, dans sa douce ivresse, Plein d'amour pour les lieux où jouit sa tendresse, De ses doigts que paraient des anneaux précieux Détache un diamant, le jette et dit : « Je veux « Qu'un autre aime après moi cet asile que j'aime « Et soit heureux aux lieux où je le fus moi-même. » Cœur noble et délicat ! dis-moi quel diamant Égale un trait si pur et vaut ton sentiment ? C'est ainsi, dit-on, que le duc de Buckingham témoigna l'ivresse de son bonheur à l'endroit où l.i reine de France, Anne d'Autriche, venait de lui avouer qu'elle l'aimait. Ce trait fut reproduit, dans la suite, par milord Albermale, le même qui, voyant un soir mademoiselle Gaucher, sa maîtresse, occupée à regarder fixement une étoile, s'écria : « Ne la regardez pas tant, ma chère, je ne pourrais vous la  donner. » Le sentiment qui respire dans ce mot, où le cœur s'est exprimé avec tant d'esprit et de délicatesse, se trouve sous une forme non moins naïve qu' originale dans ces vers d'une ballade qui est insérée parmi les ballades de Villon, mais qui n'est pas de Villon : Or elle a tort, car haine ne rancune, One n'eut de moi, tant lui fus gracieux, Que s'elle eust dit : •baille-moi de la lune, J'eusse entrepris de monter jusqu'aux cieux. Un barde gallois nommé Moke, qui florissait au treizième siècle, dit dans une pièce de vers où il loue l'excessive libéralité de je ne sais plus quel prince : « Si. je souhaitais que mon prince me fil cadeau de la lune, il me la donnerait certainement. » J'ignore si la phrase de Moke a été l'origine ou l'application de cette locution proberbiale par laquelle on caractérise un homme galant et magnifique qui ne refuse rien aux désirs de la femme qu'il adore : // décrocherait la lune pour elle. Goethe fait dire à Méphistophélès parlant de Fausl : « Un pareil fou amoureux vous tirerait en feu d'artifice le soleil, la lune et les étoiles, pour peu que cela put divertir sa belle. » Un proverbe roman dit : Pauc ama qui non fui messios. « Peu aime qui ne fait dépenses.»
La bourse d'un amant est liée avec des feuilles de poireau


Querelles d'amants, renouvellement d'amour. Traduction d'un proverbe des anciens encadré dans ce joli vers de 'Andriennt de Térence (act. III, se. vi) : Amantium irx, amoris integratio est. Ovide a dit, dans son premier livre des Amours, que, si les amants n'avaient point de démêles, ils cesseraient bientôt de s'aimer : Non bene, si tollas prselia, durat amor. (Eleg. iv.) On connaît le mot de Marivaux : « En amour querelle vaut mieux qu'éloge. » Ainsi la colère est comme le sel de l'amour, elle le conserve. Ce n'est pas tout, à l'effet conservateur qu'elle produit sur lui elle en joint un autre non moins précieux : c'est le nouveau charme qu'elle lui communique par la douceur des raccommodements dont elle est suivie. D'après un proverbe latin traduit du grec, l'amour après la colère est plus agréable. Amor fit ex ira jucundior. Ce que Plutarque a expliqué de cette manière : « De même que le so« Icil est plus ardent au sortir des nuages, ainsi l'a« mour sorti de la colère cl du soupçon, lorsque la « paix est faite et que les esprits sont apaisés, est « plus agréable et plus vif. » Il ne faut donc pas s'étonner que tant de femmes se plaisent à exciter la colère de leurs maris ou de leurs amants, puisqu'elles ont un double intérêt à le faire. La chose d'ailleurs leur est conseillée par un antique adage qui dit de pousser à la colère la personne qui aime, si l'on tient à son amour.
Cogas amanlem irasci, amari si velu. (P.Syrus.) Voilà le secret de la plupart des dépits amoureux chez les dames. Ils ne sont pas toujours de purs caprices, comme les sots le prétendent, mais le plus souvent des moyens calculés pour enflammer la passion qu'elles inspirent. Ils sont aussi des témoignages de celle qu'elles éprouvent, et, sous ce rapport, les liommes devraient leur en savoir gré.
Querelles d'amants, renouvellement d'amour


Les amants qui se disputent s'adorent. L'explication de ce proverbe se présente d'elle même après ce qui a été dit dans l'article précédent, et elle n'a pas besoin d'être donnée de nouveau : Mais il n'est pas inutile d'ajouter que ceux et celles qui prétendent faire de la dispute un aiguillon d'amour doivent avoir soin de ne pas la prolonger, car elle produirait un effet contraire. C'est une recommandation d'Ovide dans ses Amours : Sed nunquam dcderis spatiosum tempus in iram. Sxpe simultates ira morata facit. (Lib. I, eleg. Tiii.) « Ne vous abandonnez pas trop longtemps à la colère ; Une colère prolongée a souvent engendré la haine. »
Les amants qui se disputent s'adorent


Le mouvement des yeux est le langage des amants. Il nul autre ne saurait mieux leur convenir. Il leur offre l'avantage de converser au gré de leur cœur, au milieu d'un monde indiscret, sans en être entendus; il les dispense, en outre, des lenteurs obligées de la parole, qui ne pourrait exprimer que successivement les pensées qu'ils sont pressés de se communiquer, et il leur permet de les exposer d'une manière presque simultanée en un tableau vivant : par quels discours rendrait-on aussi bien ce qu'on sent, quand on aime? « On voudrait, dit Pascal, avoir « cent langues pour le faire connaître; car, comme « l'on ne peut pas se servir de la parole, l'on est « obligé de se réduire à l'éloquence d'action... Un « amour ferme et solide commence toujours par l'éloquence d'action. Les yeux y ont la meilleure part. (Discours sur les passions de l'amour.)
Le mouvement des yeux est le langage des amants


C'est tous les jours la fête du regard pour les amants. On nommait autrefois fête du regard une entrevue publique qu'avaient un fiancé et une fiancée, en présence de leurs parents et amis, ordinairement le dimanche qui précédait la bénédiction nuptiale. Carpentier en a parlé dans son Glossaire, et a cité, en preuve du fait, des lettres de rémission de 1374, où se trouve cette phrase : Comme le jour « de Nostre-Dame le suppliant feut alez voir la feste « du regard qui se faisoit en l'hostel du prevost des « marchands (de Paris) d'une sienne fille, etc. » C'est sans doute de cette fête, nommée aussi le beau dimanche, qu'est venu le proverbe employé pour signifier que deux amants ont toujours les yeux fixés l'un sur l'autre, avec un -plaisir dont rien ne saurait les distraire.
« Oh ! que ne puis-je, s'écrie Pétrarque, considérer un jour entier du moins, ces yeux dont l'amour « dirige les mouvements! Dans cette contemplation « divine, je voudrais oublier autrui et moi-même; je voudrais suspendre jusqu'au battement de ma paupière. » Cette exclamation passionnée rappelle un vers charmant du poëme grec Héro et Léandre : « J'ai fatigué mes yeux à la regarder; je n'ai pu me rassasier de la voir. » Saadi, dans son style oriental, fait dire à un amant ravi en extase tandis qu'il contemple sa maîtresse : « Je verrais une flèche partir devant moi et venir chercher mes yeux, que je ne pourrais les détourner d'elle. »
C'est tous les jours la fête du regard pour les amants


Il est un Dieu pour les amants. De même que pour les fous, les enfants et les ivrognes, parce que les amants, non moins exposés que ces trois espèces d'individus à une foule d'accidents funestes, y échappent comme eux par un bonheur inespéré qu'on prend pour l'effet, d'une protection spéciale du ciel. C'est de l'antiquité païenne qu'est venue cette idée proverbiale de l'intervention d'un dieu qui les préserve des dangers dont ils sont menacés. Elle se trouve exprimée dans la vingt-neuvième élégie du second livre de Properce. Ce poëte suppose qu'un amant est à l'abri du péril sous la garde des immortels, que la douleur d'être abandonné de l'objet de son amour peut seule lui donner la mort, et même que, si la douce présence de sa maîtresse venait le rappeler à la vie, fût-il déjà descendu dans la barque infernale, l'immuable Destin ne l'empêcherait pas de revoir la lumière.
Il est un Dieu pour les amants


Les grands, les vignes, les amants Trompent souvent dans leurs serments. Ces deux vers, que Régnier a placés dans ses Stances contre un amoureux transi, étaient un proverbe de son temps. Ce proverbe est trop clair pour qu'il soit besoin d'en expliquer le sens. Le mot serments appliqué aux rejetons du cep de vigne se disait autrefois pour sarments. En voici un exemple curieux : « L'année que Charles VIII renvoya Marguerite d'Autriche pour épouser Anne de Bretagne fut si pluvieuse, que les raisins ne purent venir en maturité, de sorte que les vins furent extrêmement verts et incommodes à l'estomac, d'où il vint quantité de coliques! « II ne faut  s'étonner, dit Marguerite, si les vins sont verts et  malfaisants cette année, puisque les serments n'ont  rien valu.  (Mém. hist. sur Charles VIII.)
Les grands, les vignes, les amants trompent souvent dans leurs serments


Les belles ne sont pas pour les beaux. Les hommes les plus beaux ne sont pas les plus heureux en amour. Les mères et les maris les redoutent et les surveillent ; les femmes tendres croient qu'ils s'aiment trop; les fières ne leur trouvent pas assez de soumission ; celles qui craignent la médisance les jugent dangereux pour leur réputation. Ils coûtent trop cher à celles qui payent, ils ne donnent rien à celles qui se font payer. D'ailleurs ils n'ont point ces craintes obligeantes d'être quittés qui flattent tant la vanité féminine ; au contraire, ils menacent de quitter eux-mêmes, et ils reçoivent les faveurs comme des tributs mérités. Fastus inest pulchris sequiturque superbia formam. (Ovid., Fast. i, 419.)
Les belles ne sont pas pour les beaux


Ce ne sont pas les plus belles qui font les grandes passions. La raison de cette observation proverbiale est très bien développée dans ce passage de l'Essai sur le Goût, par Montesquieu : « II y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible, une grâce naturelle qu'on n'a pu définir et qu'on a été forcé d'appeler le je ne sais quoi ; il me semble que c'est un effet naturellement fondé sur la surprise. Nous sommes touchés  de ce qu'une personne nous plaît plus qu'elle ne  nous a paru d'abord devoir nous plaire, et nous sommes agréablement surpris de ce qu'elle a su vaincre des défauts que les yeux nous montrent et que le cœur ne croit plus. Voilà pourquoi les femmes laides ont très-souvent des grâces et qu'il est rare que les belles en aient ; car une belle personne fait ordinairement le contraire de ce que nous avions attendu ; elle parvient à nous paraître  moins aimable; après nous avoir surpris en bien, elle nous surprend en mal ; mais l'impression du bien est ancienne et celle du mal est nouvelle. « Aussi les belles personnes font-elles rarement les grandes passions, presque toujours réservées à celles qui ont des grâces, c'est-à-dire des agréments que nous n'attendions pas et que nous n'avions pas sujet d'attendre. » Ajoutons cette réflexion de la Bruyère : « Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu' éperdument,  car il faut que ce soit par une étrange faiblesse de  son amant ou par de plus secrets et de plus invincibles charmes que ceux de la beauté. »
Ce ne sont pas les plus belles qui font les grandes passions.


Amour et mort rien n'est plus fort, Rien ne résiste à l'amour ni à la mort. Il n'est d'homme ici-bas qui soit exempt d'amour non plus que de trépas. (Régnier.) C'est la belle pensée du Cantique des cantiques, où l'époux dit à la Sulamite : « Placez-moi comme un sceau sur votre cœur, parce que l'amour est fort comme la mort.» Pone me ut signaculum super cor tuum, quia fortis est ut mors dilectio (vin, 6).
Amour et mort rien n'est plus fort


L'amour fait perdre le repos et le repas. Ce proverbe est le 23e article du Code d'amour Voici cet article : Minus darmit et edit quemamoris cogitatio vexat. « Celui que la pensée d'amour tourmente dort moins et mange moins. » Le souci ronge ceux qui aiment, comme l'observe Ovide dans ce joli vers de son héroïde de Pénélope à Ulysse :
Res estsulliciti plena timoris amor. L'amour est toujours plein d'un inquiet effroi. » « On ne vit point sans douleur dans l'amour. » Sine dolore non vivitur in amore. Paroles de l'lmitation de Jésus-Christ (ni, 5, 7) qu'on a détournées de l'amour de Dieu à l'amour profane. Les Italiens ont ce proverbe : Clii a /'amor nel petto ha sjirone nei franchi. Qui a l'amour au cœur a l'éperon aux flancs. « Amour et repos peuvent-ils habiter un même cœur? La pauvre jeunesse est si malheureuse aujourd'hui, qu'elle n'a plus que ce terrible choix : « amour sans repos ou repos sans amour. » (Le Barbier de Séville, act. II, se. n.)
L'amour fait perdre le repos et le repas


L'amour le plus parfait est le plus malheureux. Il faut nécessairement qu'il en soit ainsi, puisque l'amour tire sa perfection des contrariétés, des privations et des sacrifices qui lui servent d'épreuves. Presque tous les romans semblent faits pour confirmer la vérité de ce proverbe. On n'y voit que des amants poursuivis par une fatale destinée et dont la constance s'affermit sous les coups du malheur. Le recueil de Philippe Garnier, imprimé à Francfort en ICI2, donne cette variante : Les plus parfaites amours sont celles qui réussissent le moins.
L'amour le plus parfait est le plus malheureux


L'amour naît à la première vue. Les Latins disaient, d'après les Grecs : Ex aspectu nastitur amor. L'amour naît du regard. Ces peuples, qui plus que nous avaient une foi aveugle à l'influence mystérieuse des émanations, ne doutaient pas que les personnes même les plus indifférentes ' ne fussent susceptibles de recevoir par les yeux des impressions capables de déterminer subitement la passion la plus vive. On ne saurait bien expliquer comment un regard peut produire des effets moraux si rapides, si imprévus, si irrésistibles ; mais il semble qu'il y ait au fond du cœur je ne sais quelle idée innée de l'objet qu'on doit aimer, et que le premier coup d'œil qu'on lui donne soit comme un rayon de lumière qui le fait reconnaître, et comme un courant magnétique qui entraîne vers lui par d'indéfinissables affinités. Virgile a peint d'une manière admirable cette commotion électrique qui enlève une personne à elle même et la livre corps et âme à l'objet offert à ses yeux fascinés : , II vidi, ut perii, ut me malus abstulit error. (Éclog. vin.) Et Virgile a été imité par Racine d'une manière non moins admirable dans ces vers de la tragédie de Phèdre ;
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue, Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue. (Acte I, se. v.) C'est ce qu'on appelle le coup de foudre en amour
L'amour naît à la première vue


Le coup de foudre en amour. Le coup soudain dont on se sent frappé à la prémière vue d'une personne, ou bien le sentiment passionné qui s'empare à la fois de deux personnes par l'effet d'un regard où se révèle spontanément la mutuelle ardeur de leurs cœurs. les romanciers' du dix-septième siècle ont souvent employé cette expression pour caractériser le rapide mouvement de sympathie qui subjugue les héros et les héroïnes de leurs romans, et qui décide de la destinée des uns et des autres. Le verbe foudroyer est fort usité aujourd'hui dans la même acception.
Le coup de foudre en amour


Louange engendre amour. Proverbe littéralement traduit du roman, luuzor engenr'umor, dont le troubadour Amanieu des Escas s'est servi, et dont Colardeau a donné une variante dans ce joli vers : On flatte l'amour-propre, on fait naître l'amour.
Dans le Midi, pour exprimer la même idée, cette comparaison proverbiale : Les femmes se laissent prendre à la louange comme les alouettes au miroir.
Louange engendre amour


L'amour est la seule maladie dont on n'aime pas à guérir. Parce que, dit la reine de Navarre, cette maladie donne tel contentement, que la guérison est la mort. (Heptamér., nouvelle xxw.) La médecine guérit toutes les douleurs humaines ; l'amour seul ne veut pas de guérisseur. Le cœur de l'homme étant fait pour sentir, et ne trouvant sa véritable vie que dans l'exercice de la sensibilité, doit nécessairement préférer une agitation, même douloureuse, à un repos apathique, surtout quand cette agitation est produite en lui par l'amour, c'est-à-dire par la passion la plus conforme à sa nature. Il n'y a donc rien d'étonnant qu'il veuille rester attaché aux tourments que cette passion lui cause et qu'il les regrette dès qu'il en est affranchi. On connaît le mot de cette femme dont l'âme était tombée de la fièvre des émotions dans le marasme des langueurs : « Oh le bon temps où j'étais malheureuse! » Ce mot si vrai est celui de tout amant qui est dans la même situation. La tranquillité retrouvée lui est importune; il soupire après les peines dont elle les prive ; il regarde ces peines comme ses plus doux plaisirs.
C'est ce sentiment qui inspirait à Etienne de la Boétie les vers suivants, qui terminent son vingt-septième sonnet : Vive le mal, ô dieux, qui me dévore ! Vive à jamais mon tourment rigoureux ! 0 bienheureux, et bienheureux encore Qui sans relâche est toujours malheureux ! On connaît ce vers charmant de madame -Dufresnoy : Un amour malheureux est encore un bonheur.
L'amour est la seule maladie dont on n'aime pas à guérir


Beaux pleurs d'amour valent mieux que ses ris. Bels plors d'amor mais valon que sos ris. Proverbe formulé probablement par le troubadour Bernard de Ventadour, qui l'a placé dans une de ses pièces, immédiatement après cette réflexion passée aussi en proverbe : Peu aime qui n'est pas sujet à la tristesse. Il y a, en effet, dans les tristesses de l'amour je ne sais quelle douceur secrète dont on a dit que les anges seraient jaloux. Ce charmant proverbe a été reproduit ou imité dans beaucoup de langues, par une foule de poêtes érotiques ; les deux meilleures imitations que j'en connaisse sont ce vers sur l'amour cité par Saint Évremond : Tous les autres plaisirs ne valent pas ses peines. et ceux-ci de la chanson délicieuse de la Fontaine, qui est chantée à Psyché pour l'engager à aimer : Sans cet amour, tant d'objels ravissants, Lambris dorés, bois, jardins et fontaines, N'ont point d'objets qui ne soient languissants» Et leurs plaisirs sont moins doux que ses peines.
Beaux pleurs d'amour valent mieux que ses ris





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De toutes les, sciences, dit Erasme, il n'en est peut-être pas de plus ancienne que celle des proverbes. Ils étaient comme autant de symboles qui renfermaient presque toute la philosophie des premiers âges. Les oracles des philosophes étaient-ils dans ces temps reculés, autre chose que des proverbes ? On avait pour'eux tant de respect, qu'ils semblaient sortis de la bouche d'un mortel, mais descendus du Ciel. Aussi les voyait on partout inscrits au frontispice des temples, et gravés sur des colonnes, comme dignes de partager, en quelque sorte, l'immortalité avec les Dieux, dont ils paraissaient être l'ouvrage.

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