Proverbes d'amour


L'amour naît à la première vue.- L'amour le plus parfait est le plus malheureux - L'amour fait perdre le repos et le repas.Le mouvement des yeux est le langage des amants - autant de proverbes d'amour connus. Mais connaissez vous l'origine et la signification de ces proverbes sur l'amour ?







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Les beaux proverbes d'amour


Les proverbes qui expriment des sentiments universels comme l'amour se retrouvent toujours et partout. Ils sont les mêmes chez tous les peuples quant au fond : ils ne varient que dans la forme : d'où l'on peut conclure qu'en général ils n'ont pas été empruntés par un peuple à un autre peuple, mais qu'ils sont nés spontanément chez toutes les nations et dans tous les pays par le seul fait du sens commun.

Proverbes et amour

Un sot, en amour, va plus vite et plus loin qu'un homme d'esprit. Les femmes, en général, sont plus sensibles aux déclarations amoureuses d'un sot qu'à celles d'un homme d'esprit ; car elles se persuadent volontiers que le premier a plus d'amour qu'il n'en exprime, et elles savent très-bien que le second en exprime toujours plus qu'il n'en a. La difficulté de l'un à s'expliquer passe à leurs yeux pour l'effet d'un saisissement produit par leurs charmes, et leur amour-propre en est infiniment touché, tandis que la facilité de l'autre à débiter de galants propos où l'art se montre plus que le naturel, où l'imagination a plus de part que le cœur, les avertit qu'il joue un personnage qui cherche à leur en imposer, et qu'elles doivent se défier de lui. Elles peuvent être déçues par les illusions qu'elles se font elles-mêmes, mais elles ne sont presque jamais dupes des beaux diseurs. Au reste, il est tout simple que celui à qui la parole fait défaut leur paraisse plus amoureux que celui qui parle beaucoup. L'amour muet n'est-il pas le moins menteur ? Un autre motif qui les porte également à préférer le sot à l'homme d'esprit, c'est qu'elles le supposent plus maniable et se flattent de le gouverner plus aisément .
Un sot, en amour, va plus vite et plus loin qu'un homme d'esprit


L'amour est de tous les âges. On dit que la vieillesse, affaiblissant et changeant même les organes, rend incapable d'aimer, mais on voit trop de vieilles personnes affriandées à l'amour pour ne pas croire à la vérité de ce proverbe, qu'il faut entendre dans le même sens que ces deux autres : le cœur ne vieillit pas. Le coeur n'a point de rides.
L'amour est de tous les âges


L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards C'est ce que disait Louis XII, qui avait appris la chose par sa propre expérience, quoiqu'il ne fût que dans le commencement de la vieillesse quand il mourut des suites de son troisième mariage. Ce mot passa en proverbe pour signifier que l'amour réserve ses douceurs pour les jeunes gens, et qu'il ne cause que des peines aux vieillards.
L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards


L'amour sied bien aux jeunes gens et déshonore les vieillards. C'est à peu près la pensée exprimée dans ce vers de Labérius : Amare juveni fntctus est, crimen scni. Suivant Ovide, Vénus en cheveux blancs est ridicule : i Est in canitie iidiculosa Venus. Le même poète condamne l'amour sénile comme chose honteuse : Turpe seuilis amor. « C'est une grande difformité dans la nature qu'un vieillard amoureux. » (La Bruyère, ch. xi.) L'amour, chez le vieillard, est-il donc une énormité si odieuse et mérite-t-il d'être flétri comme un crime? C'est une question que Saint-Évremond me parait avoir traitée et résolue d'une manière charmante. Voici ce que dit cet aimable épicurien, qui se plaisait à réchauffer l'hiver de sa vie de quelques rayons du feu de son printemps. « Vous vous étonnez mal à propos que les vieilles gens aiment encore, car leur ridicule n'est pas à se laisser toucher, c'est à prétendre imbécilement de pouvoir plaire. Pour moi, j'aime le commerce des  belles personnes autant que jamais ; mais je les trouve aimables sans dessein de m'en faire aimer. Je ne compte que sur mes sentiments, et cherche  moins avec elles la tendresse de leur cœur que celle du mien... Le plus grand plaisir qui reste aux vieillards, c'est de vivre;
Saint-Évremont a raison, et l'on a tort de blâmer, de ridiculiser le vieillard qui cherche à ranimer sa vie défaillante par un amour purement platonique. Laissez-le se retremper discrètement dans cette fontaine de Jouvence et goûter le plaisir d'aimer pour compensation du malheur de ne pouvoir plus plaire, comme le dit ce vers latin traduit par Apulée d'un vers grec de Ménandre. Amarc liceat, si potiri non licet.
Lorsqu'un vieux fait l'amour La mort court à l'entour. C'est à-dire que l'amour physique abrège la vie du vieillard. Le regain de cet amour dans le cœur du vieillard est souvent le signe et la cause de sa fin prochaine, et, sous ce double rapport, il ressemble au gui qui fleurit sur un arbre mourant.
amour sied bien aux jeunes gens et déshonore les vieillards


Vieillard qui fait l'amour est un agonisant en chemise de noce. Ce proverbe, d'une originalité spirituelle,exprime la même idée que le précédent. Il fait allusion à une ancienne coutume qui consistait à conserver soigneusement la chemise qu'on portait le jour de son mariage pour la reprendre au lit funèbre, comme un suaire dans lequel on devait être inhumé. Cette coutume existe encore en Bretagne et dans plusieurs autres localités, où l'on se fait un pieux devoir de tenir en réserve la chemise nuptiale, afin de l'employer à une toilette de mort, à une toilette dans laquelle on doit, dit-on, paraître devant le bon Dieu.
Vieillard qui fait l'amour est un agonisant en chemise de noce


L'amour n'a point de règle. C'est ce qu'a dit saint Jérôme vers la fin de sa lettre à Chromatius : Amor nescit ordinem.— L'amour ne connaît point l'ordre ou la règle. L'amour, en effet, semble ne pouvoir s'astreindre à rien de régulier dans sa manière d'être, et ses élans passionnés ne peuvent se plier aux froids calculs de la réflexion.
L'amour n'a point de règle


Le plaisir est le tombeau de l'amour. Panard, dont les poésies sont pleines de proverbes, a pris celui-ci pour titre des vers suivants, qui en sont l'explication, et qui se terminent par un autre proverbe qu'il a littéralement emprunté aux Orientaux : Quand un amant est sûr que ses soins ont su plaire, Son fortuné destin le rend, de jour en jour,
Moins empressé pour sa bergère. Le Plaisir est fils de l'Amour, Mais c'est un fils ingrat qui fait mourir son père. On rapporte qu'un jeune Grec, nommé Thrasonidès, était si convaincu de cette vérité proverbiale et en même temps si amoureux de son amour, qu'il ne voulut jamais jouir de sa maîtresse, de peur d'amortir sa passion par la jouissance.
Le plaisir est le tombeau de l'amour


L'amour des parents descend et ne remonte pas. Helvétius a dit : « L'homme hait la dépendance. De là peut-être sa haine pour ses père et mère et le proverbe fondé sur une observation commune et constante : L'amour des parents descend et ne remonte pas. » Il a pris le proverbe dans un sens affreusement exagéré. Le véritable sens est que l'amour des père et mère pour les enfants surpasse celui des enfants pour les père et mère. La nature, veillant à la conservation des espèces, a voulu donner la plus grande énergie au sentiment paternel et maternel, afin d'enchaîner les parents à tous les soins nécessaires pour protéger la frêle existence des enfants; et nous voyons qu'elle a agi ainsi dans tous les animaux comme dans l'homme. Elle n'a pas développé de même, il est vrai, le sentiment filial; mais de celte disproportion qu'elle a laissée dans l'amour il y a bien loin jusqu'à la haine. L'une est dans la nature et l'autre est dénaturée, dit la Harpe, en réfutant l'opinion d 'Helvétius dans une de ses belles pages dont je viens de reproduire les traits principaux, et qui se termine par ces paroles remarquables : « Le plus funeste effet de ces calomnieux paradoxes, c'est qu'en les lisant l'ingrat et le fils dénaturé pourront se dire qu'ils sont comme les autres hommes. Méritent-ils le nom de philosophes, ceux qui n'ont écrit que pour la justification des monstres? »
Les Arabes disent : Le cœur d'un père est dans son fils, le cœur d'un fils est dans la pierre.
L'amour des parents descend et ne remonte pas


Le cœur d'une mère est le miracle de l'amour. Bossuet a expliqué ce miracle, et ceux qui connaissent son explication seront charmés de la retrouver ici, car elle est si belle de pensée, de sentiment et d'expression, qu'il est impossible de ne pas éprouver un nouveau charme à la relire : « On ne peut assez admirer, dit-il, les moyens dont la nature se sert pour unir les mères avec leurs enfants, car c'est le but auquel elle vise, et elle tâche de n'en faire qu'une même chose : il est aisé de le remarquer dans l'ordre de ses ouvrages. Et n'est-ce pas pour cette raison que le premier soin de la nature est d'attacher les enfants au sein de leur mère? elle veut que leur nourriture et leur vie passent par les mêmes canaux; ils courent ensemble les mêmes périls ; ce n'est qu'une même personne. Voilà une liaison bien étroite ; mais peut-être pourrait-on se persuader que les enfants, « en venant au monde, rompent le nœud de cette « union : ne le croyez pas. Nulle force ne peut diviser ce que la nature a si bien lié ; sa conduite sage et prévoyante y a pourvu par d'autres moyens. Quand cette première union finit, elle en fait naître une autre en sa place, elle forme d'autres liens, qui sont ceux de l'amour et de la tendresse : la  mère porte ses enfants d'une autre façon, et ils ne sont pas plutôt sortis de ses entrailles, qu'ils commencent à tenir beaucoup plus au cœur. Telle est « la conduite de la nature ou plutôt de celui qui la gouverne ; voilà l'adresse dont elle se sert pour unir les mères avec leurs enfants, et empêcher « qu'elles ne s'en détachent. L'âme les reprend par l'affection en même temps que le corps les quitte;  rien ne peut les arracher du cœur : la liaison est toujours si ferme, qu'aussitôt que les enfants sont agités, les entrailles des mères sont encore émues, et elles sentent tous leurs mouvements d'une manière si vive et si pénétrante, qu'à peine leur permet-elle de s'apercevoir que leur sein en soit défi chargé. » (Premier Sermon pour le vendredi de la Passion.)
Tendresse maternelle Toujours se renouvelle. Rien ne manque au cœur d'une mère, à ce chef d'œuvre de l'amour. C'est une source de tendresse qui se renouvelle continuellement sans jamais s'épuiser, qui semble s'accroître, au lieu de diminuer par l'excessive effusion de sa substance. Qui pourrait dire les trésors de sentiment qui en découlent! « 0 « ma mère, s'écrie un fils dans une pièce de poésie « chinoise, vos bras furent mon premier berceau. J'y trouvai vos mamelles pour m'allaiter, vos vêtements pour me couvrir, votre sein pour me réchauffer, vos baisers pour me consoler, et vos caresses pour me réjouir. » Mais ses bienfaits ne s'épanchent pas seulement sur le jeune âge. La nature n'a point limité chez la femme, comme elle l'a fait chez les femelles des animaux, l'énergie de l'amour maternel au temps où l'enfant ne peut se passer des soins de celle qui l'a mis au monde; elle a voulu, par un privilège exceptionnel en l'honneur de la dignité humaine, que cet amour subsistât inaltérable dans le cœur qui en est animé par delà les besoins de l'objet qui l'inspire. Il ne s'interrompt point, il ne perd rien de sa force en s'étendant à de nouveaux enfants; il se multiplie avec eux, il l'emporte sur toute autre affection. Les années ne l'usent point, il est de tous les jours et de tous les instants de la vie.
Une mère, vois-tu, c'est là l'unique femme Qui nous aime toujours, A qui le ciel ait mis assez d'amour dans l'âme Pour chacun de nos jours. (A. de Latour.) Les Allemands disent:  .Amour de mère est toujours nouveau.
Le cœur d'une mère est le miracle de l'amour


Froides mains, chaudes amours. Nous disons encore : Il a les mains fraîches, il doit être fidèle, et cela en vertu d'un axiome de chiromancie d'après lequel les mains froides ou fraîches sont le signe caractéristique d'un tempérament amoureux, parce que la chaleur du sang ne les quitte qu'afin de se concentrer dans le cœur,regardé comme le principal organe de la passion. Nous avons aussi ce proverbe corrélatif : Chaudes mains, froides amours.
Froides mains, chaudes amours


Amours qui commencent par anneaux finissent souvent par couteaux. Les mariages d'inclination sont rarement heureux, parce qu'ils sont presque toujours mal assortis. La passion qui porte seule à les contracter ne permet pas de voir les incompatibilités de caractère qui devraient les empêcher. Mais ces incompatibilités, se découvrant et se faisant sentir à mesure que celte passion diminue, les deux époux en viennent bientôt à se détester aussi cordialement qu'ils s'étaient aimés. Les Provençaux ont ce proverbe très expressif : Qui d'amour si prend d'enrabi si quitte. « Qui se prend avec amour se quitte avec rage. » Il y a très-peu d'exemples d'une alliance prospère qui ait été contractée dans l'ivresse de l'amour. Le dégoût survient, et à sa suite le cortège des ennuis, des repentirs, des tracasseries et des querelles. « J'ai vu bien des mariages où l'on commençait par ressentir une telle passion, que l'on aurait voulu se manger mutuellement : au bout de six mois, on était séparé. » (Luther, Propos de table.)
Amours qui commencent par anneaux finissent souvent par couteaux


Il n'y a point de laides amours. Ou, suivant un autre proverbe, « Tout cœur passionné, dit Bossuet, embellit dans son imagination l'objet de sa passion ; « il lui donne un éclat que la nature ne lui donne pas, et il est ébloui de ce faux éclat. La lumière du  soleil, qui est la vraie joie des yeux, ne lui paraît pas aussi belle. » « Ce n'est pas la nature qui rend la femme belle, c'est l'amour.Car sa beauté pour nous c'est notre amour pour elle. » Th. Gauthier Un proverbe roman dit :  N'est pas beau ce qui est beau, mais est beau ce qui agrée. — Ce proverbe s'est conservé en Provence et en Italie : « Quiconque aime une grenouille, prend cette grenouille pour Diane. » C'est Diane Limnatis, déesse des marais et des étangs, dont il est ici question. Cette remarque n'est pas inutile pour faire sentir l'analogie d'un tel rapprochement. Les habitants de l'île de Cypre avaient érigé des autels à Vénus Barbue. Les Romains adoraient Vénus Louche, comme on le voit dans le second livre de l'Art d'aimer d'Ovide, et dans le Festin de Trimalcion par Pétrone. Ils employaient même proverbialement l'hémistiche d'Ovide : « Si elle est louche, elle ressemble à Vénus, en parlant d'une belle qui avait le rayon du regard un peu faussé. Horace nous apprend qu'un certain Balbinus trouvait une grâce particulière dans le polype qu'Agna sa maîtresse avait au nez. Il observe que les amants ressemblent à Balbinus (serm. i,3). Il n'en est aucun en effet qui n'aime, comme on dit, jusqu'aux taches et aux hernies de sa belle.
Le meilleur développement du proverbe Il n'y a point de laides amours, est dans les vers suivants, tirés de la traduction libre que Molière avait faite de Lucrèce, et placés dans la cinquième scène du second acte du Mianthrope : .... L'on voit tes amants vanter toujours leur choix ; Jamais leur passion n'y voit rien de blâmable, Et dans l'objet aimé tout leur paraît aimable. Ils comptent les défauts pour des perfections, Et savent y donner de favorables noms : La pâle est au jasmin en blancheur comparable, La noire à faire peur, une brune adorable ; La maigre a de la taille et de la liberté, La grasse est dans son port pleine de majesté ; La malpropre, sur soi, de peu d'attraits chargée, Est mise sous le nom de beauté négligée ; La géante parait une déesse aux yeux; La naine, un abrégé des merveilles des deux ; L'orgueilleuse a le cœur digne d'une couronne, La fourbe a de de l'esprit, la sotte est toute bonne ; La trop grande parleuse est d'agréable humeur, Et la muette garde une honnête pudeur : C'est ainsi qu'un amant dont l'ardeur est extrême Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime. Le proverbe n'est pas toujours cité tel que je lai rapporté : on y fait quelquefois une addition, en disant : Il n'y a point de belle prison ni de laides amours.
Il n'y a point de laides amours


Il n'y a point d'éternelles amours ni de félicité parfaite. Cette félicité qu'on cherche toujours sans jamais la trouver est la pierre philosophale de l'âme, et ces amours sans fin par lesquelles on espère y parvenir ne sont que des illusions qui passent aussi vite que les fleurs des champs. Les Chinois en assimilent la courte durée à celle des roses par cette jolie métaphore proverbiale : Il n'y a pas de roses de cent jours; et l'on peut dire, eu continuant leur idée, que rêver l'éternité des amours, c'est, suivant une charmante expression de M. V. Hugo, rêver l'éternité des roses.
Il n'y a point d'éternelles amours ni de félicité parfaite


On revient toujours à ses premiers amours. Les vives impressions éprouvées dans ce premier épanouissement de la vie du cœur et les ineffables illusions qu'elles ont fait naître restent profondément gravées dans la mémoire, qui les pare de couleurs poétiques et en compose un type enchanteur, un idéal ravissant, dont l'éclat fait pâlir toutes les amours venues dans la suite. Celles-ci se montrent telles qu'elles sont avec les déplaisirs qui viennent souvent s'y mêler, tandis que les autres apparaissent telles qu'on se plaît à les supposer avec leurs voluptés fantastiques, et il résulte de la comparaison qu'on établit entre elles que les effets produits par l'imagination doivent sembler préférables à ceux de la réalité, et les premières amours à celles qui leur succèdent.
Le poète Lebrun, a dit d'une manière charmanle, dans son ode intitulé : Mes Souvenirs ou les Deux Rives île la Seine : Ce premier sentiment de l'âme Laisse un long souvenir que rien ne peut user ; Et c'est dans la première flamme Qu'est tout le nectar du baiser. Il ne faut pas croire que le proverbe signifie, comme le pensent mal à propos quelques personnes, que ce soit en réalité qu'on revient à ses premières amours : c'est uniquement en souvenir. Si c'était réellement, on les retrouverait, hélas ! tout à fail dépourvues des attraits qu'on leur suppose, et l'on ressemblerait aux cerfs qui, après avoir successivement passé de biche en biche, reviennent à celle par laquelle ils ont commencé.
On revient toujours à ses premiers amours


Que la nuit me prenne là où sont mes amours ! Pour dire qu'on s'attarde volontiers dans un endroit où l'on se plaît, auprès de l'objet de ses amours
Ce vœu tendre et délicat, exprimé avec une simplicité exquise, me semble offrir un doux reflet du vœu passionné de Léandre traversant l'Hellespont à la nage, au milieu de la tempête, pour se réunir à son amante Héro, prêtresse de Vénus. Léandre, conduit par l'amour, En nageant, disait aux orages : « Laissez-moi gagner les rivages ; « Ne me noyez qu'à mon retour.
Que la nuit me prenne là où sont mes amours !


D'oiseaux, de chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille douleurs. Ce vieux proverbe, qu'on trouve dans le grand Testament de Villon, atteste combien les anciens seigneurs français devaient prendre à cœur tout ce qui concernait la fauconnerie, la vénerie, les tournois de la galanterie, quatre objets importants de leurs occupations et de leurs goûts. — On sait qu'ils professaient un culte chevaleresque pour les dames et qu'ils regardaient l'oiseau, le chien et l'épée comme des symboles qui caractérisaient les prérogatives de leur rang. Quand ils voyageaient, ils avaient toujours leur chien favori auprès d'eux, l'épervier surle poing et l'épêe au côté. S'ils étaient faits prisonniers dans quelque combat, la loi ne leur permettait pas d'offrir pour rançon ces attributs de leur noblesse, mais elle leur laissai! la faculté de livrer des centaines de paysans de leurs terres.
Le fait suivant, rapporté par Abbon de Saint-Germain dans son poème latin sur le siège de Paris, est encore une preuve frappante de l'importance qu'ils attachaient particulièrement à leurs oiseaux. Douze gentilshommes près de périr dans la tour du PetitPont, à laquelle les Normands qui l'assiégeaient avaient mis le feu, donnèrent la volée à leurs autours pour les empêcher de tomber entre les mains de ces barbares, qu'ils jugeaient indignes d'une si précieuse conquête.
D'oiseaux, de chiens, d'armes, d'amours, Pour un plaisir mille douleurs.


Sont aussi bien amourettes,Sous bureaux comme sous brunettes. La brunette était une sorte de fin drap de soie de couleur brune, dont les personnes de qualité s'habillaient au treizième siècle, tandis que le bureau ou la bure était une étoffe grossière de laine à l'usage des gens du commun. De là ce proverbe qui se trouve textuellement dans le roman de la Rosé, pour signifier que l'amour étend également son empire sur toutes les conditions et qu'il n'a pas moins de charmes dans les petites que dans les grandes.
Sont aussi bien amourettes, Sous bureaux comme sous brunettes


Un amoureux est toujours craintif. Ce proverbe, usité chez beaucoup de peuples, est traduit du vingtième article du Code d'amour : Amorosus semper est timorosus. Il s'explique très bien par les réflexions suivantes tirées de divers endroits du Discours de Pascal sur les passions de l'amour. « Le premier effet de l'amour c'est d'imposer un grand respect, l'on a de la vénération pour ce  qu'on aime. Il est (c'est) bien juste : on ne reconnaît rien de grand comme cela. » — « Dans l'amour on n'ose hasarder de peur de tout perdre ; il faut pourtant avancer; mais qui peut dire jusques où. L'on tremble toujours jusqu'à ce qu'on ait trouvé ce point. » — ll n'y a rien de si embarrassant que d'être amant et de voir quelque chose en sa faveur sans l'oser croire ; l'on est également combattu de l'espérance et de la crainte. Mais enfin la dernière devient victorieuse de l'autre. » II y avait en langue romane un proverbe analogue : Qui non tem non ama coralmen, c'est-à-dire : Qui ne craint pas, n'aime pas cordialement.
Un amoureux est toujours craintif


Amoureux transi. Cette expression, dont on se sert pour désigner un amoureux timide, novice, froid, fait allusion à un ancien usage des justiciables volontaires de certaines cours d'amour, espèces d'énergumènes qui avaient fondé, sous le règne de Philippe V, une société ou confrérie nommée la ligue des amants, dont l'objet était de prouver l'excès de leur passion par une opiniâtreté invincible à braver les ardeurs de l'été et les glaces de l'hiver. Dans les chaleurs extrêmes, ils allumaient de grands feux pour se chauffer et ils ne sortaient de chez eux qu'enveloppés d'épaisses fourrures; au contraire, quand il gelait à pierre fendre, ils se couvraient très légèrement et allaient par le froid, par la neige ou par la pluie, soupirer à la porte de leurs maîtresses, où ils se tenaient jusqu'à ce qu'ils les eussent aperçues, étant parfois tellement morfondus et transis dans l'attente, dit un vieux chroniqueur, qu'on entendait claquer leurs dents comme les becs des cigognes : la crainte des catarrhes et des fluxions de poitrine n'était rien pour eux auprès du plaisir qu'ils paraissaient prendre à baiser la serrure ou le verrou de cette porte. Ils avaient pour se distinguer certaines devises et certaines démonstrations d'une singularité extraordinaire. Tel confrère élisait son domicile à l'enseigne de la Passion, rue du Sacrifice, paroisse de la Sincérité ; tel autre demeurait sur la place de la Persévérance, hôtel de l'Assiduité
Amoureux transi


Amoureux des onze mille vierges. On appelle ainsi celui qui devient amoureux de toutes les femmes qui s'offrent à sa vue. Cette expression rappelle la légende des onze mille vierges. Voici ce que l'abbé Salgues a dit sur cetle légende, qui passe aujourd'hui pour apocryphe. « Croyez-vous que sainte Ursule soit partie de Londres pour la basse Bretagne, avec onze mille vierges qui devaient épouser les onze mille soldats du capitaine Conan, son fiancé, et peupler le pays ? Croyez vous qu'une tempête miraculeuse les ait jetées dans les bouches du Rhin, cl qu'elles aient remonté le fleuve jusqu'à la ville de Cologne, alors occupée par les Huns, qui servaient l'empereur Gratien? Croyez vous que ces impertinents aient voulu leur faire la cour un peu trop brusquement, et qu'irrités d'être repoussés avec trop de fierté ils les aient mises à mort pour leur apprendre à vivre? Nos bons aïeux le croyaient certainement, puisqu'ils célébraient annuellement, le 22 octobre, la fêle de ces chastes héroïnes. Mais, comme il n'est rien dans le monde sans contradiction, des critiques sourcilleux et difficiles ont contesté la vérité de ces récits. Ils ont fait d'abord observer que le nombre de onze mille vierges était un peu fort, qu'on aurait eu de la peine à le trouver dans les meilleurs temps du christianisme, et c

iic le martyrologe de AVandelbert, composé en 850, et l'un des plus estimés des connaisseurs, n'en a porté le nombre qu'à mille, ce qui est encore beaucoup. Ensuite ils ont soutenu qu'il fallait pousser la réduction encore plus loin, et ils ont porté l'esprit de réforme jusqu'à effacer d'un trait de plume dix mille neuf cent quatre-vingt-neuf vierges, de sorte qu'ils n'en ont voulu accorder que onze ; ce qui doit laisser beaucoup de places vacantes en paradis, lis se sont autorisés d'une inscription qu'ils ont interprétée à leur manière : Sancta Ursula Et XI M. V. Ceux qui tiennent pour les onze mille vierges ont traduit: Sainte Ursule et onze mille vierges. Mais nos critiques assurent que cette interprétation est fautive et erronée, et veulent que l'on traduise sainte Ursule et onze martyres vierges.
Amoureux des onze mille vierges





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De toutes les, sciences, dit Erasme, il n'en est peut-être pas de plus ancienne que celle des proverbes. Ils étaient comme autant de symboles qui renfermaient presque toute la philosophie des premiers âges. Les oracles des philosophes étaient-ils dans ces temps reculés, autre chose que des proverbes ? On avait pour'eux tant de respect, qu'ils semblaient sortis de la bouche d'un mortel, mais descendus du Ciel. Aussi les voyait on partout inscrits au frontispice des temples, et gravés sur des colonnes, comme dignes de partager, en quelque sorte, l'immortalité avec les Dieux, dont ils paraissaient être l'ouvrage.

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