Mise à jour le dimanche 3 juillet 2022 à 01h36

100 romans du MondeC'est à un voyage dans la littérature que nous vous convions à travers une sélection joyeuse des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé les critiques littéraires du Monde", écrit Luc Bronner, directeur de la rédaction du quotidien, dans le cahier "Les 100 romans du Monde.

Christine Angot côtoie Boris Pasternak et Marguerite Duras n'est pas loin de Salman Rushdie dans la liste des 100 romans "qui ont le plus enthousiasmé" les critiques littéraires du Monde depuis sa création en 1944.

Chacun des 100 titres retenus, des années 1940 aux années 2010, est accompagné d'une critique parue dans Le Monde à l'époque. Si l'on retrouve des auteurs devenus incontournables comme Arthur Koestler pour "Le zéro et l'infini" (un livre "remarquable et d'un pathétique éprouvant", écrivait en 1946 le critique Émile Henriot), on s'étonne parfois de trouver parmi ces 100 romans des livres un peu oubliés comme "Famille Boussardel" de Philippe Hériat paru en 1944.

"Il a fallu choisir, élaguer, couper, trancher parmi des auteurs et des livres au risque de l'injustice parfois", reconnaît Luc Bronner.


100 romans du Monde

Les 100 romans du Monde
Spécialiste de la littérature du XXe siècle, l'essayiste et écrivaine Tiphaine Samoyault souligne pour sa part dans un entretien publié dans le supplément que cette liste des 100 romans du Monde a "la beauté des listes, celles des cohabitations improbables, des bons et des mauvais voisinages, et puis surtout des manques, un manque pour chacune ou chacun qui lit la liste".

L'essayiste regrette ainsi l'absence de Yukio Mishima, Albert Camus, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett ou encore Mo Yan parmi les auteurs retenus.

On peut aussi déplorer qu'aucune figure du roman policier (à l'exception remarquable de Daniel Pennac et Jasper Fforde) ne compte parmi les auteurs dignes de figurer dans "les 100 romans du Monde". Ainsi, il n'y a dans la liste aucun livre de Georges Simenon ni de John le Carré ou de James Ellroy sans parler de Jean-Patrick Manchette, le père du néo-polar français.



Retrouvez la sélection des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé « Le Monde » depuis 1944 sur le site « Le Monde ».



Une sélection joyeuse des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé les critiques littéraires du « Le Monde »



Tiphaine Samoyault, dans l’entretien qu’elle accorde au Monde, résume en une phrase cette sélection : « Cette liste a aussi la beauté des listes, celle des cohabitations improbables, des bons et des mauvais voisinages, et puis surtout des manques, un manque pour chacun ou chacune qui lit la liste. C’est d’abord ce que l’on aime dans les listes, repérer ce qui manque, “pour moi”. » En partenariat avec Le Monde Dicocitations propose à partir de chaque page auteur (biographie et première page des citations) ainsi que de l'oeuvre sélectionnée un lien pour que vous puissiez lire la critique littéraire. Près de 100 romans ont un lien vers la critique du Monde. soit 100 % de la sélection.

Liste des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé « Le Monde » depuis 1944.




  • Aurélien de Louis Aragon - « Aurélien », de Louis Aragon : le roman d’un amour impossible
    L’indifférent Aurélien n’a jamais aimé, ce qui n’empêche pas d’avoir beaucoup de femmes. Il en rencontrera une pourtant, une provinciale de passage, qui ne ressemble à aucune autre. Aragon excelle à peindre ce Paris de l’entre-deux-guerres.

    «La seule chose qu'il aima d'elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de contralto chaude, profonde, nocturne. Aussi mystérieuse que les yeux de biche sous cette chevelure d'institutrice. Bérénice parlait avec une certaine lenteur. Avec de brusques emballements, vite réprimés qu'accompagnaient des lueurs dans les yeux comme des feux d'onyx. Puis soudain, il semblait, très vite, que la jeune femme eût le sentiment de s'être trahie, les coins de sa bouche s'abaissaient, les lèvres devenaient tremblantes, enfin tout cela s'achevait par un sourire, et la phrase commencée s'interrompait, laissant à un geste gauche de la main le soin de terminer une pensée audacieuse, dont tout dans ce maintien s'excusait maintenant.»





  • Le Zéro et l’infini d’Arthur Koestler - Arthur Koestler - « Le Zéro et l’infini » d’Arthur Koestler : dans les méandres d’une âme révolutionnaire russe
    Ce livre apporte un éclairage sur les mystérieux procès de Moscou où l’on put s’étonner de voir les inculpés reconnaître publiquement leurs torts à l’égard du Parti communiste et trouver juste et mérité leur châtiment.

    Écrit de 1938 à 1940, paru en France dès 1945, Le Zéro et l'Infini est un des grands "classiques" du XXè siècle, ainsi qu'un best-seller mondial. Inspiré des grands procès de Moscou, le roman imagine l'itinéraire d'un responsable communiste, Roubachof, jeté en prison et jugé après avoir été lui-même un "épurateur."
    A travers ce thème, l'écrivain nous convie à un véritable procès des dictatures et du système totalitaire pour lesquels l'homme n'est rien, un zéro en regard de la collectivité, alors que l'humanisme voit en lui, au contraire, un infini.
    Le Zéro et l'Infini est de ces œuvres dont le temps n'abolit pas la portée.

    Moscou, 1937. Dans un régime communiste, l'individu est zéro, et le Parti, c'est l'infini. Roubachov le sait : apparatchik lui-même, il a épuré sans états d'âme. Le voilà happé à son tour par la machine à broyer, soumis à des interrogatoires et sommé de se prêter à la mise en scène macabre qui le fera avouer qu'il est un traître, un ennemi de la classe ouvrière…





  • Famille Boussardel de Philippe Heriat - Philippe Heriat - « Famille Boussardel », de Philippe Heriat : une saga balzacienne
    Le romancier nous fait assister à l’ascension bourgeoise des descendants d’un fonctionnaire de l’Empire. L’aïeul, le père, les enfants, les brus, les petits-enfants vivent sous nos yeux, animés du même génie héréditaire, occupés de leur seule fortune.

    Les cadeaux d'anniversaire, dont Amélie prenait connaissance l'un après l'autre, lui faisaient faire la revue de toute cette famille qu'elle voyait rassemblée autour de la table en son honneur.
    Un paquet plus volumineux se trouvait placé sous son assiette. Elle le développa le dernier, sachant d'après les cartes jointes aux précédents, que c'était là le cadeau de son beau-père.
    Elle trouva un écrin, qu'elle ouvrit qui contenait trois rangs de perles.
    Stupéfait croyant réellement à une erreur, ne pouvant cependant douter que les perles ne fussent véritables, elle chercha des yeux, par-dessus la corbeille de fleurs, le chef de famille dont elle était le vis-à-vis à table depuis la mort de madame Théodorine…





  • Moïra de de Julien Green - Julien Green - « Moïra », de Julien Green : dans l’âme d’un jeune puritain soumis à ses refoulements
    Tout entier commandé par la préoccupation particulièrement protestante du conflit de la pureté et du péché dans l’âme d’un jeune puritain, ce roman émouvant, serré, sans bavure est un grand livre.

    Dès sa parution en 1950, Moïra fut tenu pour un chef-d'œuvre. Étudiant à l'université de Virginie, Joseph Day, 19 ans, "un roux violent et fanatique", s'impose par sa personnalité physique et morale. Il représente ce qu'on appelle un "puritain". La tentation fatale sera Moïra (forme irlandaise de Marie, comme Maura et Maureen). Habituée à séduire, Moïra ne s'attendait pas à être séduite à son tour par ce garçon vierge et passionné. Ils succombent l'un à l'autre. Mais, à l'aube de leur unique nuit d'amour, Joseph tuera Moïra. Reste à savoir si c'est elle, et elle seule, qu'il a voulu éliminer.





  • La Haute Mort Paul Vialar - Paul Vialar - « La Haute Mort », de Paul Vialar : point final et magistral d’un roman-fleuve
    Cet ultime volet de l’œuvre en huit tomes explique superbement son titre, « La mort est un commencement ».




  • Le Sagouin de François Mauriac - François Mauriac - « Le Sagouin », de François Mauriac : le village des damnés
    Le romancier ne nous épargne rien dans cet épouvantable drame familial, dont tous les personnages sont dans l’abjection comme dans leur élément vital.

    Il semble que François Mauriac ait mis le meilleur de son art dans cette cruelle peinture d'une famille de hobereaux du Sud-Ouest dont l'héritier,. un pauvre homme dégénéré, s'est mésallié en épousant une jeune fille qui n'a pu résister au désir de quitter son milieu bourgeois et de devenir baronne. De cette union mal assortie est né un fils, Guillou. Nous suivons le calvaire de cet enfant, si disgracié physiquement, si sale, si arriéré que sa mère ne l'appelle que "le Sagouin". Nous le verrons aussi tout près peut-être du salut parce que quelqu'un, l'instituteur du village, le traite en être humain. Victime de la haine de sa mère à qui il ne rappelle que d'odieux souvenirs, victime des préjugés du village, le pauvre Guillou entraînera son faible père dans la tragédie.

    Cette "sombre et parfaite nouvelle" - le mot est de Robert Kemp - est un récit d'une grande intensité qui évoque un monde de haine et de souffrance avec une remarquable sobriété de moyens et un art achevé.





  • Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq - Julien Gracq - « Le Rivage des Syrtes », de Julien Gracq : un peu de poésie en attendant la guerre
    Dans un style obscur et magnifique, Julien Gracq dépeint un Etat sclérosé, précipité dans le chaos après l’arrivée d’un jeune homme.

    À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.





  • Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar - Marguerite Yourcenar - « Les Mémoires d’Hadrien », de Marguerite Yourcenar : l’autobiographie sublimée d’un empereur romain
    Dans ce roman à la première personne, la romancière joue si bien le jeu de l’autobiographie qu’on croirait parfois lire une traduction du latin.

    J'ai formé le projet de te raconter ma vie." Sur son lit de mort, l'empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner "audience à ses souvenirs". Très vite, le vagabondage d'esprit se structure, se met à suivre une chronologie, ainsi qu'une rigueur de pensée propre au grand personnage. Derrière l'esthète cultivé et fin stratège qu'était Hadrien, Marguerite Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dualité déroutante du corps et de l'esprit, le sacré, l'amour, l'art et le temps. À l'image de ce dernier, ce "grand sculpteur", elle taille, façonne, affine avec volupté chacun des traits intérieurs du grand homme à qui elle fait dire : "Je compte sur cet examen des faits pour me définir, me juger peut-être ou tout au moins pour me mieux connaître avant de mourir."

    Marguerite Yourcenar trouva un jour, dans la Correspondance de Flaubert, une phrase inoubliable :
    « Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. »
    Et l'auteur des Mémoires d'Hadrien ajoute :
    « Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. »

    Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, les Mémoires d'Hadrien n'ont jamais cessé, depuis leur publication en 1951, d'entraîner de nouveaux lecteurs vers cet Empereur du IIe siècle, cet « homme presque sage » qui fut, en même temps qu'un initiateur des temps nouveaux, l'un des derniers libres esprits de l'Antiquité.





  • La Fin d’une liaison de Graham Greene - Graham Greene - « La Fin d’une liaison », le plan divin de Graham Greene
    L’auteur signe son œuvre la plus authentique, la plus profonde et aussi la plus catholique.

    Elle m'avait dit : - L'amour n'a pas de fin. Même si nous cessons de nous voir. Est-ce que les gens ne continuent pas d'aimer Dieu toute leur vie sans le voir ?
    - Ce n'est pas le même amour que le nôtre. - Je pense parfois qu'il n'en existe qu'un, répondit-elle. Tandis que je la guidais avec précaution à travers le vestibule démoli, l'éclairant de ma lampe de poche, elle ajouta: - Tout doit se passer très bien. Si notre amour est assez grand. Les vitres des fenêtres brisées craquaient sous nos pieds. Seul le vieux vitrail victorien au-dessus de la porte restait solide.
    Le verre écrasé devenait de la poudre blanche, comme la glace que les enfants piétinent dans les champs gelés ou sur les bords des routes. C'était la première nuit, en juin 1944, de ce que nous appelâmes, par la suite, les V 1.





  • Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck - Béatrix Beck - « Léon Morin, prêtre », de Béatrix Beck : l’athéisme intranquille
    D’un côté, « Léon Morin, prêtre », récit d’une conversion sur fond de tentation. De l’autre, « Larmes et Lumière à Oradour », enquête spirituelle autour des victimes d’un massacre.

    - Monsieur l'abbé, je voudrais vous dire quelque chose, articulai-je avec difficulté.
    Il leva vers moi des yeux attentifs.
    - Voilà. Je suis flambée.
    - Vous êtes flambée ?
    - Oui. Je me convertis. Je suis à vos ordres.
    Morin parut consterné…
    - Vous êtes peut-être un peu trop fatiguée, ou sous-alimentée, ces temps-ci.
    - Non, je ne suis pas fatiguée, et on vient de toucher des pommes de terre….
    - Elle est complètement braque, cette fille, murmura Morin.





  • Bonjour tristesse de Françoise Sagan - Françoise Sagan - « Bonjour, tristesse », de Françoise Sagan : un petit chef-d’œuvre de cynisme et de cruauté
    Tout semble fade après la lecture de ce livre, écrit par une jeune fille de 18 ans, probablement très pure, mais d’imagination inventive.

    La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l'amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.
    C'était l'été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d'un " charmant petit monstre " qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l'image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.





  • Alexis Zorba de Nikos Kazantzakis - Nikos Kazantzaki - « Alexis Zorba », de Nikos Kazantzaki : enfant joyeux de la Terre et du destin
    Avec beaucoup de talent, Kazantzaki a doté Zorba d’une bonhomie naturelle, d’une souriante philosophie de la vie, qui font défaut aux aigris.

    Poussé par le désir de se confronter au réel, le narrateur, jeune intellectuel inquiet et réservé, s'apprête à embarquer pour la Crète où il compte exploiter une mine de lignite. Il fait la rencontre sur le port du Pirée d'un homme qui lui propose ses services : Alexis Zorba, grande âme exubérante et chaleureuse qui aime boire, manger, danser, rire et faire l'amour. Avec lui, l'écrivain va découvrir la folie de vivre et redessiner sa ligne d'existence.
    Dans ce roman écrit entre 1941 et 1943, aux heures les plus sombres de l'histoire de la Grèce moderne, Nikos Kazantzaki dresse le bilan d'une existence placée sous le signe du conflit intérieur et de la quête philosophique. Loin de sa version folklorique popularisée par le film de Cacoyannis et l'interprétation d'Anthony Quinn, l'Alexis Zorba du roman apparaît surtout comme le prétexte à une lyrique interrogation sur les formes et le sens de la liberté.

    Auteur d'une oeuvre considérable qui embrasse tous les genres - roman, essai philosophique, théâtre, poésie -, Nikos Kazantzaki (Héraklion, Crète, 1883 - Fribourg-en-Brisgau, Allemagne, 1957) est incontestablement l'une des figures les plus marquantes de la littérature du XXe siècle. Sur sa tombe, à Héraklion, est inscrite cette épitaphe : "Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre."





  • La Modification de Michel Butor - Michel Butor - « La Modification », ou le don de voir extraordinaire de Michel Butor
    Malgré un système d’écriture pesant fondé sur la répétition et la peinture obsédante des choses, l’écrivain se révèle un psychologue hors pair. Il signe un des romans les plus importants de l’année.


  • Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours.





  • Le Docteur Jivago de Boris Pasternak - Boris Pasternak - « Le Docteur Jivago », de Boris Pasternak : héritier des grands romans russes du XIXe siècle
    Vaste fresque sur fond de guerre civile, le roman-fleuve de Boris Pasternak n’a rien d’un réquisitoire contre le régime. Il a pourtant été censuré en URSS.

    Ma charmante, mon inoubliable ! Tant que les creux de mes bras se souviendront de toi, tant que tu seras encore sur mon épaule et sur mes lèvres, je serai avec toi. Je mettrai toutes mes larmes dans quelque chose qui soit digne de toi, et qui reste. J'inscrirai ton souvenir dans des images tendres, tendres, tristes à vous fendre le cœur. Je resterai ici jusqu'à ce que ce soit fait. Et ensuite je partirai moi aussi.





  • La Gloire de mon père de Marcel Pagnol - Marcel Pagnol - « La Gloire de mon père », de Marcel Pagnol : la force de la simplicité
    Faconde merveilleuse, fraîcheur de son cœur et drôlerie : Marcel Pagnol n’a jusqu’ici rien fait de mieux que ce récit de ses souvenirs d’enfance en forme d’hagiographie filiale.

    Un petit Marseillais d’il y a un siècle : l’école primaire ; le cocon familial ; les premières vacances dans les collines, à La Treille ; la première chasse avec son père…
    Lorsqu’il commence à rédiger ses Souvenirs d’enfance, au milieu des années cinquante, Marcel Pagnol est en train de s’éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus.
    La Gloire de mon père, dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l’avènement d’un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine, la timide maman, l’oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi popu-laires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d’école primaire…
    Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu’ils deviennent un film. C’est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l’écrivain, le réalisera.





  • Le Dernier des Justes d’André Schwarz-Bart - André Schwarz-Bart - « Le Dernier des Justes », d’André Schwarz-Bart : roman-documentaire puissant sur l’antisémitisme
    Récit des épreuves d’une famille juive et de l’héroïque essai de résistance de l’un des siens dans l’Allemagne nazie, le livre d’André Schwarz-Bart, au style sans délicatesse, est porté par un souffle extraordinaire.

    En 1943, Ernie Levy est au seuil du camp de concentration de Drancy. Il est le dernier maillon d'une très longue lignée de Justes, commencée au douzième siècle. Et si, finalement, la mort ne pouvait rien contre celui qui parvint toujours à transmettre l'étincelle de vie ?
    Le dernier des Justes est un roman d'une rare intensité sur l'histoire et le destin du peuple juif.

    "Je vois le parchemin qui brûle mais les lettres s'envolent."

    Né en 1928,André Schwarz-Bart entre en résistance en 1943. Il obtient le prix Goncourt en 1959 pour son premier roman, Le Dernier des justes.

    "Un livre majeur."
    Elie Wiesel.

    "Le Dernier des Justes n'est pas un monument de la littérature. C'est une épée que l'on vous enfonce lentement dans le ventre."
    Françoise Giroud, L'Express

    « Prix Goncourt 1959, c'est l'un des chefs-d'oeuvre du XXe siècle. L'histoire d'une longue lignée de Juifs dont le dernier, Ernie Lévy, arrive dans le camp de concentration de Drancy, en 1943. Pas de pathos mais une voix brûlante qui nous raconte le périple à travers les siècles d'un monde englouti. C'est comme une mélopée que l'on écoute en tremblant, le coeur battant, le coeur serré. On a souvent dit qu'André Schwarz-Bart était l'homme d'un seul livre, mais quel livre que celui-là, poétique, lyrique et inspiré ! »
    Franz-Olivier Giesbert, France Loisirs.





  • La Promesse de l’aube de Romain Gary - Romain Gary - « La Promesse de l’aube », de Romain Gary : aussi grand que l’amour d’une mère
    Dans ce livre d’inspiration autobiographique, le lauréat du prix Goncourt 1956 met en scène l’amour débordant de sa mère. Si outrageant que l’on peine à y croire, mais envoûtant et sublime.

    « -Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !
    Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.
    Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :
    - Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

    À l'aube de la vie, le narrateur se fait une promesse : ces années qui l'attendent, il les déposera aux pieds de sa mère pour réparer toutes les souffrances qu'elle a endurées. Il tâchera de combler tous ses désirs et de compenser par la gloire les humiliations que cette Russe immigrée, seule et sans un sou, a dû subir pour pouvoir déposer avec fierté, tous les jours, le bifteck du déjeuner dans l'assiette de son fils unique et adoré, ne se réservant que le gras de la cuisson. Avec admiration, humour et lucidité, ce fils fait le récit de leur parcours de la Pologne à la France. Ce roman autobiographique, qui s'appuie sur un langage poétique d'une grande pudeur, est un élan prolongé d'amour, et peut-être de rancoeur d'avoir été trop aimé. De la carrière militaire et diplomatique de Gary à sa réussite littéraire en passant par ses rapports humains, tout est vu à la lumière de l'amour de cette mère au caractère entier, émouvant, mais également envahissante et insupportable. Au seuil de sa vie, le narrateur aura donc respecté son serment ; mais la vie, elle, n'aura pas tenu parole, ne comblant jamais le vide que l'absence de cette mère formidable aura laissé dans la poitrine du héros. --Sana Tang-Léopold





  • Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry - Malcolm Lowry - « Au-dessous du volcan », de Malcolm Lowry : on ne peut pas vivre sans aimer
    C’est le propre des chefs-d’œuvre littéraires que de rester non pas inconnus mais souvent hors de portée, de heurter la logique et les habitudes. Ce livre ne fut reconnu largement qu’après la mort de son auteur.

    Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ? Horreur à la mesure de nerfs de géant !

    " Un chef-d'œuvre comme il n' en a pas dix par siècle " (Paul Morelle, Le Monde).
    " Une œuvre prodigieuse... On n'épuise pas cet ouvrage bouleversant. Il faut le lire et le relire afin d'en mieux pénétrer la signification et d'en mieux savourer les beautés " (Maurice Nadeau).





  • L’Attrape-cœur de J. D. Salinger - J. D. Salinger - « L’Attrape-cœur », de J. D. Salinger : seule l’enfance ne triche pas
    Pour Salinger, l’enfance est l’âge de la rigueur, de la vérité, de l’intransigeance, hors desquelles il n’y a ni vie ni joie.

    Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, "L'attrape-coeurs", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.





  • Le Procès-verbal de J. M. G. Le Clézio - Le Clézio - « Le Procès-verbal »: J. M. G. Le Clézio, un poète à ranger du côté des voyants
    A travers l’histoire d’un homme vivant retranché du monde, dans une villa au bord de la mer, le jeune écrivain impose sa perception décalée du monde.

    On me reprochera certainement des quantités de choses. D'avoir dormi là, par terre, pendant des jours ; d'avoir sali la maison, dessiné des calmars sur les murs, d'avoir joué au billard. On m'accusera d'avoir coupé des roses dans le jardin, d'avoir bu de la bière en cassant le goulot des bouteilles contre l'appui de la fenêtre : il ne reste presque plus de peinture jaune sur le rebord en bois. J'imagine qu'il va falloir passer sous peu devant un tribunal d'hommes ; je leur laisse ces ordures en guise de testament ; sans orgueil, j'espère qu'on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre...





  • Les Mots de Jean-Paul Sartre - Sartre - « Les Mots », de Jean-Paul Sartre : se raconter pour exister
    Dans ce livre autobiographique, le philosophe et écrivain revient sur son enfance bourgeoise et les croyances dont il a dû s’affranchir pour atteindre l’individu en lui. Un essai écrit d’une belle plume.

    "Le lecteur a compris que je déteste mon enfance et tout ce qui en survit."
    Loin de l'autobiographie conventionnelle qui avec nostalgie ferait l'éloge des belles années perdues, il s'agit ici pour Sartre d'enterrer son enfance au son d'un requiem acerbe et grinçant. Au-delà de ce regard aigu et distant qu'il porte sur ses souvenirs et qui constitue la trame de l'ouvrage et non pas son propos, l'auteur s'en prend à l'écrivain qui germe en lui. Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d'une vocation littéraire, le mythe de l'écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie. Ainsi, « l'écrivain engagé » dénonce ce risible sacerdoce, cette religion absurde héritée d'un autre siècle. Du crépuscule à l'aube, un travailleur en chambre avait lutté pour écrire une page immortelle qui nous valait ce sursis d'un jour. Je prendrais la relève : moi aussi, je retiendrais l'espèce au bord du gouffre par mon offrande mystique, par mon œuvre. On ne peut s'empêcher de sourire devant tant d'ironie, et l'on sent l'auteur s'y amuse aussi lorsque, avec cette langue parfaite et cette brillante érudition, il joue les pasticheurs. - Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot





  • De sang-froid de Truman Capote - Truman Capote - « De sang-froid », l’absolue vérité du crime par Truman Capote
    L’auteur peint sans artifice et dans un style d’une rare perfection le meurtre d’une famille de fermiers de l’Amérique profonde.

    Il était midi au cœur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l'harmonica. Dick était debout au bord d'une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l'intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d'entre eux ne s'arrêtait pour les auto-stoppeurs...

    Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l'argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert.

    Le roman culte inspiré à Truman Capote par un terrible fait divers.





  • Le Polygone étoilé de Kateb Yacine - Kateb Yacine - « Le Polygone étoilé », de Kateb Yacine, pour l’amour de l’Algérie
    C’est le livre fondateur de la littérature algérienne moderne. L’auteur y mèle plusieurs formes narratives et rappelle son attachement à sa terre natale, partagé par tous les exilés, auxquels il rend ici hommage.

    " D'un bout à l'autre du monde méditerranéen, un motif ornemental revient avec une puissance presque obsédante.

    C'est une sorte de rosace, ou plutôt un polygone pointant vers l'extérieur des angles offensifs.

    " Rencontrant Jacques Berque à Tunis, en 1958, Kateb Yacine décidait que tout son travail procéderait (et avait, depuis l'origine, procédé) de la figure du " polygone étoilé ".

    Ce livre, au carrefour du roman, de la poésie et du théâtre, à la frontière de l'écrit et de l'oral, peut être considéré à juste titre comme fondateur de la littérature algérienne moderne.






  • Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov - Mikhaïl Boulgakov - « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, le chef-d’œuvre étouffé par l’U.R.S.S. de Staline
    Ce « Faust » soviétique, rédigé entre 1929 et la mort de son auteur, en 1940, aura mis près de trois décennies à être traduit en français.

    Pour retrouver l'homme qu'elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi une des histoires d'amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu'il n'aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d'admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd'hui considéré comme l'égal de Dostoïevski, de Gogol et de Tchekhov réunis.



  • V de Thomas Pynchon - Thomas Pynchon - « V », de Thomas Pynchon : un génial foisonnement picaresque
    Mêlant tous les genres littéraires, l’auteur surdoué de ce livre pavé retrace l’enquête menée par un beatnik new-yorkais sur la mort de son père, agent secret, à Florence...

    Que signifie V. ? Victoire, vol d'oiseaux, ou encore Vheissu, un pays imaginaire et mystérieux ? C'est la question que se pose Herbert Stencil depuis qu'il a repéré le fameux signe dans le journal intime de son père défunt. Très vite, V. devient une énigme aux nombreuses significations, une figure féminine aux multiples visages, la clé de voûte de la vaste réalité. Un récit vertigineux, dans le sillage de Kerouac et Joyce. «Il y a plus derrière V. et dans V. qu'aucun de nous n'a jamais soupçonné.»



  • La Femme des sables de Kôbô Abe - Kôbô Abe - « La Femme des sables », de Kobo Abe : une étrangeté saisissante
    En même temps que son héros, un chasseur d’insectes pris dans des sables étouffants, ce livre plonge le lecteur dans les abîmes de la condition humaine, faite d’illusions… et de désespérance.

    Un professeur parti à la découverte de quelque insecte des sables échoue dans un petit village du fond des dunes - village dont il ne pourra plus sortir. Comme les autres habitants, le voilà prisonnier du sable : le sable qui envahit tout, qui s'infiltre dans la moindre fissure et qu'il faut sans répit rejeter. Particulièrement dans le trou où est tapie la maisonnette qu'il habite en compagnie d'une femme fruste, vraie maîtresse-servante. Jour après jour, mois après mois, l'homme et la femme rejettent le sable. Cet esclavage est la condition même de leur survie. Lassé de cette routine, l'homme tentera de s'échapper, de retrouver sa liberté ...
    Roman insolite d'une extraordinaire richesse, dur et angoissant qui, sous l'exactitude et la précision des détails d'une fiction réaliste, retrouve la dimension des mythes éternels. Il ne s'agit de rien d'autre que de la condition humaine avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.



  • Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez - Gabriel García Márquez - Dans « Cent ans de solitude », de Gabriel Garcia Marquez, le rêve coexiste avec la réalité
    Phare de la littérature latino-américaine, le chef-d’œuvre de l’auteur colombien juxtapose cadre historique et géographique, références socio-culturelles vraisemblables et motifs surnaturels.

    Il y a les bouches noires des fusils qui jettent des regards de mort au colonel Aurelanio Buendia et il y a la mémoire du militaire qui, devant sa fin proche, s’élance comme un disque solaire… Il revoit son village, le Macondo, perdu dans des territoires oubliés de l’Amérique du Sud, l’histoire fabuleuse de sa famille traversant, comme une dynastie royale, les trois âges de la vie : naissance, vie et décadence.. Au travers de l’histoire de ce village et de ses créateurs, Gabriel Garcia Marquez nous conte, avec cette magie des mots qui donne à son livre un reflet d’éternité, les peines, les joies, les espoirs et les craintes d’une famille qui tente par tous les moyens de conjurer la malédiction qui pèse sur les siens : cent ans de solitude.



  • Belle du Seigneur d’Albert Cohen - Albert Cohen - « Belle du Seigneur », d’Albert Cohen, ou l’amour au très long cours
    300 pages d’introduction et 700 de plus pour une histoire d’amour ultime. Avec ce livre, Albert Cohen prouve que le travail de l’écrivain consiste à remuer de la vie, de la passion, des idées…

    "Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient."
    Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.



  • Les Garçons d’Henry de Montherlant - Henry de Montherlant - « Les Garçons », d’Henry de Montherlant, splendeurs et misères des amitiés particulières
    L’auteur reprend le canevas de son œuvre de jeunesse « La ville dont le prince est un enfant » dans ce roman mettant en scène les pensionnaires d’un collège catholique.

    En mars 1913, Henry de Montherlant est renvoyé du collège Sainte-Croix pour pédérastie. Il s'inspire de cette affaire cinquante-six ans après son renvoi pour écrire 'Les Garçons'. Dans ce roman, Alban de Bricoule, élève de philo, décide de mener une 'réforme' du collège d'enseignement libre dans lequel il est inscrit et où règne l'indiscipline. Sa tentative échoue et il est exclu ; cependant, ses efforts ouvrent les yeux du directeur, qui prend le relais de son élève et rétablit l'ordre dans son établissement.



  • Le Général de l’armée morte d’Ismail Kadaré - Ismail Kadaré - « Le Général de l’armée morte », d’Ismail Kadaré : une révélation
    Un général italien parcourt l’Albanie à la recherche des restes des combattants tombés pendant la seconde guerre mondiale. Un livre satire qui a révélé Ismail Kadaré à la France vingt ans avant qu’il y trouve refuge.

    Une enclave hors du temps noyée sous la pluie, le brouillard ou la neige : l'Albanie, cette terre étrangère où la boue se mêle aux souvenirs. Un général en charge d'une mission aussi étrange que lugubre : déterrer les squelettes des soldats morts sur le sol albanais pour les restituer à leur famille. En somme, donner à ces valeureux soldats une digne sépulture, rendre les morts à la terre qui les a vus naître, représente pour le général une tâche honorable dont il cherche à s'acquitter avec zèle et fierté. L'appréhension ou la crainte ne sont jamais loin toutefois, l'ombre menaçante des montagnes, la terre boueuse ou gelée qu'il faudra retourner, tout évoque l'inhospitalité. Pourtant si le général devine une contrée aride et noire, il ne perçoit pas encore qu'elle a façonné ce peuple au destin tragique, pétri d'une haine silencieuse pour ses anciens ennemis. Tout au long de ce voyage initiatique, perdant peu à peu sa superbe de militaire et jusqu'à la déchéance, le général finira plus vaincu, plus mort encore que cette armée de squelettes ensevelis.



  • Louons maintenant les grands hommes de James Agee - James Agee - « Louons maintenant les grands hommes », de James Agee : l’Amérique des humbles
    En 1936, le journaliste, accompagné par le photographe Walker Evans, partait vivre « en immersion » dans trois familles de Blancs pauvres de l’Alabama. Ils en sont revenus avec un livre hommage éblouissant.

    Un reportage de six semaines chez trois familles de métayers de l'Alabama, écrit dans la fièvre en 1936 par un journaliste et cinéaste de 27 ans. Un texte magnifique illustré par des photographies historiques Walker Evans.
    C'est en 1936, à vingt-sept ans, que James Agee a écrit ce livre exceptionnel sur la misère au Sud des Etats-Unis. Louons maintenant les grands hommes est un de ces grands textes qui marquent une génération. Au premier rang des lettres américaines, sa publication en France ne manquera pas d'influencer sensiblement certains modes d'observer et d'écrire. Le souffle d'Agee, son regard de cinéaste, l'intensité de sa vision - presque anormale - surprennent et vous emportent dans un flux. Agee est comme habité et son livre dicté par des forces. Jamais un pays, une condition de classe, une très banale vie quotidienne de paysans n'ont été pareillement décrits. Cette minutie dans le détail, une férocité de ne rien laisser dans l'ombre - objets, corps, paroles et soupirs, pensées cachées - déroutent puis émeuvent et convainquent. Jamais, incantation lyrique aussi intérieure n'a inspiré de tels documents.
    James Agee, d'une famille anglicane du Sud, après avoir fait ses études à Harvard, a été chargé par le groupe de presse Time-Life d'un reportage de six semaines sur les Blancs pauvres de l'Alabama. Accompagné de Walker Evans - qui sera le plus célèbre photographe américain -, comme deux espions, ils vont au sein de trois familles, tenter d'approcher la vérité. Une traque de la vérité. Mais qu'est-ce que la vérité d'un homme, d'une société ? N'est-elle pas insaisissable ? Agee nous le fait percevoir. L'intention première est donc un compte rendu. Mais la personnalité fiévreuse de l'auteur, la transparence poétique qu'il donne à tout ce qu'il regarde vont tirer de la vie la plus humble son expression la plus haute.
    C'est une protestation contre la réalité, une déchirure, une brûlure intérieure qui inspirent ces portraits dont la tonalité est des plus singulières dans notre littérature et bouscule la tradition sociologique. Les Ricketts, les Gudger, les Woods, tous pauvres petits métayers, oui tous ! Comment cette pauvreté sans retour et ces détresses intérieures sont-elles possibles ?
    Dense de tout vouloir dire, écrit comme pour être entendu à haute voix, ce livre universel atteint une hauteur et une vérité de visionnaire inégalées.



  • L’Archipel du goulag de Soljénitsyne - Soljénitsyne - « L’Archipel du goulag », de Soljénitsyne, un réquisitoire contre les totalitarismes du XXe siècle
    Cet « essai d’investigation littéraire » a coûté au dissident soviétique sa nationalité et l’a forcé à l’exil. Etude monumentale d’un système pénitentiaire, le livre communique la vérité, à première vue incommunicable, sur les aberrations criminelles du XXe siècle et de ses idéologies totalitaires.

    Immense fresque du système concentrationnaire en U.R.S.S. de 1918 à 1956, "L'archipel du goulag" (ce dernier mot est le sigle de l'Administration générale des camps d'internement) fut terminé par Soljénitsyne en 1968.

    "Le cœur serré, je me suis abstenu, des années durant, de publier ce livre alors qu'il était déjà prêt : le devoir envers les vivants pesait plus lourd que le devoir envers les morts. Mais à présent que, de toute façon, la sécurité d'État s'est emparée de ce livre, il ne me reste plus rien d'autre à faire que de le publier sans délai."

    227 anciens détenus ont aidé Soljénitsyne à édifier ce monument au déporté inconnu qu'est "L'archipel du goulag".

    Les deux premières parties, qui composent ce premier volume, décrivent ce que l'auteur appelle "l'industrie pénitentiaire", toutes les étapes par lesquelles passe le futur déporté : l'arrestation, l'instruction, la torture, la première cellule, les procès, les prisons, etc. - ainsi que le "mouvement perpétuel", les effroyables conditions de transfert. (Les deux parties suivantes consacrées à la description du système et de la vie concentrationnaire feront l'objet du second volume à paraître prochainement.)

    "L'archipel du goulag" n'est pas un roman mais, comme l'intitule Soljénitsyne, un essai d'investigation littéraire.

    La cruauté parfois insoutenable des descriptions, l'extrême exigence de l'auteur vis-à-vis de lui-même et l'implacable rigueur du réquisitoire sont sans cesse tempérées par la compassion, l'humour, le souvenir tantôt attendri, tantôt indigné ; les chapitres autobiographiques alternent avec de vastes aperçus historiques ; des dizaines de destins tragiques revivent aux yeux du lecteur, depuis les plus humbles jusqu'à ceux des hauts dignitaires du pays.

    La généralisation et la personnalisation, poussée chacune à leur limite extrême, font de " L'archipel du goulag " un des plus grands livres jamais écrits vivant au monde, "notre contemporain capital".



  • La Storia d’Elsa Morante - Elsa Morante - « La Storia », d’Elsa Morante, une saga italienne au temps de la guerre
    Avec un souffle exceptionnel, l’auteure italienne fait revivre les horreurs de la guerre dans une fresque à la fois historique et populaire. Un livre éblouissant.

    En ltalie d'abord, où il provoqua un vrai débat national, puis dans tous les autres pays du monde où il fut traduit, le livre d'Elsa Morante fut immédiatement accueilli comme une des œuvres majeures du XX° siècle : un pendant de Guerre et Paix.

    Dans ce roman, conçu et rédigé en trois ans (entre 1971 et 1974), Elsa Morante désirait exprimer son expérience personnelle de la vie « à l'intérieur de l'Histoire », dans un langage qui fût universel et accessible à tous les lecteurs. L'Histoire, c'est à la fois celle du Pouvoir et l'histoire anonyme de ceux qui en sont écrasés. Brassant avec la même vitalité, la même joie de vivre, les grands événements historiques et les drames singuliers de ses personnages, l'auteur situe l'action entre 1941 et 1947.
    Une institutrice à moitié juive, lquzza, rencontre un jeune Allemand, à Rome. Ivre, il la viole. Un bâtard va naître, Useppe. On assiste alors à la lutte acharnée que mènent cette mère, « pauvre d'esprit », et son fils, qui sera épileptique. Les personnages multiples qui les entourent, Ninnarieddu – le premier fils d'lduzza, être ambigu, ayant frayé avec toutes les idéologies - le juif David Segré et tant d'autres figures inoubliables des quartiers populaires de Rome, font entendre une sorte de voix collective de l'Histoire.
    lci, plus que Tolstoï, c'est le Victor Hugo des Misérables que l'on pourrait évoquer : la certitude passionnée que les innombrables sacrifiés de l'Histoire en sont les héros véritables et cachés.



  • La Vie mode d’emploi de Georges Perec - Georges Perec - « La Vie mode d’emploi », le monstrueux exploit de Georges Perec
    Une somme, une fresque, un puzzle : à travers la description d’un immeuble, de ses habitants comme des objets qui les entourent, le romancier définit la vie et comme on peut la vivre… Ou la subir.

    La Vie mode d'emploi est un livre extraordinaire, d'une importance capitale non seulement dans la création de l'auteur, mais dans notre littérature, par son ampleur, son organisation, la richesse de ses informations, la cocasserie de ses inventions, par l'ironie qui le travaille de bout en bout sans en chasser la tendresse, par sa forme d'art enfin : un réalisme baroque qui confine au burlesque.
    Jacqueline Piatier, Le Monde

    L'ironie, très douce, imperceptible, fantomatique, moirée, faite d'un détachement extrême, d'une méticulosité et d'une patience qui deviennent de l'amour... En résumé, c'est un prodigieux livre-brocante, qu'on visite sans se presser, à la fois livre fourre-tout, livre promenade.
    Jacques©Pierre Amette, Le Point

    Et cela donne des romans exotiques, extravagants, des crimes parfaits, des fables érudites, des catalogues, des affaires de moeurs, de sombres histoires de magie noire, des confidences de coureurs cyclistes... Jeux de miroirs et tables gigognes, entrez dans cet immeuble et vous ferez le tour du monde. Un vertige majuscule. Quand on en sort, on est léger comme une montgolfière.
    Catherine David, Le Nouvel Observateur

    En quelques centaines de pages, fruits de neuf années de travail, Perec opère le ratissage délibéré, systématique, hallucinant du champ romanesque contemporain. Son livre est, sans doute, à la littérature ce que le Robert est à la lexicographie.
    Oatrick Thévenon, L'express



  • Mars de Fritz Zorn - Fritz Zorn - « Mars », de Fritz Zorn : cancer de l’âme, cancer du corps
    Le seul livre du Suisse-Allemand est aussi un chef-d’œuvre. Il y témoigne d’une vie, la sienne, rongée par le conformisme de son milieu social et familial, avant qu’un cancer l’éteigne.

    Sous le pseudonyme de Fritz Zorn se cache un jeune homme pressé. Jeune - il n'a que 32 ans - et pressé d'écrire car il se sait condamné par un cancer qui ne lui laissera aucune chance. Pour qui a vécu, la seule pensée d'une mort imminente fait jaillir le squelette branlant d'une angoisse incompressible et dévorante. Fritz Zorn est à peine révolté, il n'a jamais vécu. Produit d'une éducation pour laquelle l'impassibilité devant les réalités concrètes (donc vulgaires) du monde tient lieu d'obligation morale, Zorn a toujours été un "hors la vie". Propre, sage et faisant honneur à sa famille, fleuron de la grande bourgeoisie zurichoise, il n'a jamais fait de vagues, s'est conformé, a emprunté docilement la voie qu'on lui avait tracé, a écouté la voix qui l'incitait à se méfier du monde extérieur et de ses vices. Pour cet homme qui observe avec simplicité qu'on l'a "éduqué à mort", le cancer n'est que l'issue naturelle d'un étouffement systématique de sa dynamique individuelle. Ce constat clinique, glacial sans être hermétique à l'humour, Zorn le livre dans sa version brute, pour que son lecteur comprenne. Mars est un témoignage sans précédent, la mise en accusation d'un système qui sacrifie ses enfants.



  • Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov - Varlam Chalamov - « Récits de la Kolyma », de Varlam Chalamov, l’autre témoignage du goulag
    Quand la mort n’est pas pire que la vie… Avec ce livre, ensemble de récits sur les camps staliniens, l’auteur, un rescapé, démontre que témoignage historique et littérature sont compatibles.

    Les Récits de la Kolyma, réunis pour la première fois en français, retracent l'expérience de Varlam Chalamov dans les camps du Goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie. Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d'une œuvre unique, un tableau de la Kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s'élabore à travers six recueils.

    Chaque texte s'ouvre sur une scène du camp. Il n'y a jamais de préambule, jamais d'explication. Le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. Les premiers recueils, écrits peu après la libération, portent en eux toute la charge du vécu.

    À mesure que le narrateur s'éloigne de l'expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l'impossibilité de raconter le camp.



  • Les 100 romans du « Monde »




  • Tristesse et beauté de Yasunari Kawabata - Yasunari Kawabata - « Tristesse et beauté », de Yasunari Kawabata : pour en finir
    L’ultime roman du Japonais annonce ses retrouvailles avec les morts. Dans ce livre désenchanté, il est question de l’amour, du temps, perdu et impossible à rattraper. Un temps orphelin, comme l’auteur.


  • La Case du commandeur d'Edouard Glissant - Édouard Glissant - « La Case du commandeur », une grande folie d’Edouard Glissant
    Inséparable du « Discours antillais » de l’auteur, ce livre porte non seulement les questionnements du Martiniquais sur ses origines, mais il le place aussi parmi les écrivains majeurs de son siècle.


  • Le Nom de la rose d’Umberto Eco - Umberto Eco - « Le Nom de la rose », best-seller médiéval d’Umberto Eco
    Dans ce roman policier historique, Umberto Eco parvient à mêler une enquête captivante et une fine analyse des tourments qui agitèrent la chrétienté au XIVe siècle.


  • Femmes de Philippe Sollers - Philippe Sollers - « Femmes », de Philippe Sollers : chronique rusée d’un libertin catholique
    Se présentant comme un manifeste antiféministes, ce livre est avant tout l’hymne à la liberté d’un Don Juan plongé dans l’enfer d’une société qui serait dominée par les femmes.


  • La Mer, la mer d'Iris Murdoch - Iris Murdoch - « La Mer, la mer », Iris Murdoch et ses monstres
    Dans son treizième roman publié en français, l’écrivaine et philosophe britannique pointe à nouveau l’absurdité du comportement humain. Un livre teinté d’humour et de légèreté qui n’entament pas la profondeur du propos.


  • Les Enfants de minuit de Salman Rushdie - Salman Rushdie - « Les Enfants de minuit », de Salman Rushdie: une montagne de « sang, de sueur, de larmes » et d’humour
    Avec son deuxième livre, Salman Rushdie embarquait le lecteur dans l’Inde qui l’avait vu naître trente-cinq ans plus tôt. Un petit chef-d’œuvre, déjà, cinq ans avant que ses « Versets sataniques » contraignent l’écrivain à l’exil.


  • Vie et destin de Vassili Grossman - Vassili Grossman - « Vie et destin », de Vassili Grossman, un grand roman russe
    Le manuscrit avait été saisi par le KGB au domicile de son auteur, mais une copie a pu être exfiltrée par un dissident. Démonstration implacable des horreurs du stalinisme, cette œuvre majeure est LE roman russe du XXe siècle.


  • L’Insoutenable Légèreté de l’être de Milan Kundera - Milan Kundera - « L’Insoutenable Légèreté de l’être », de Milan Kundera: le fatalisme magnifique
    Dans ce livre qui tient autant du roman que de l’essai, l’écrivain tchèque naturalisé français revient sur l’invasion de Prague par les Soviétiques, en 1968, et dit de quelle manière les destins en sont, nécessairement, affectés.


  • Vies minuscules de Pierre Michon - Pierre Michon - « Vies minuscules », de Pierre Michon, ou la jouissance du verbe
    Dans une langue pointilliste, colorée et odorante, Pierre Michon dresse le portrait de ses aïeux, et nous offre chaque fois le plaisir d’une rencontre et la jouissance de la « belle langue ».


  • L’Amant de Marguerite Duras - Marguerite Duras - Avec « L’Amant », Marguerite Duras fait d’un récit intime une musique universelle
    L’auteur de « Barrage contre le Pacifique » puise à nouveau dans sa jeunesse indochinoise, qu’elle change en épopée.


  • La Fée carabine de Daniel Pennac - Daniel Pennac - « La Fée carabine », l’effet Daniel Pennac
    L’auteur d’« Au bonheur des ogres » livre un polar inclassable, mâtiné de conte enfantin. Avec un antihéros, Benjamin Malaussène, emblématique du nouveau roman noir.


  • L’Ancêtre de Juan José Saer - Juan José Saer - « L’Ancêtre », de Juan José Saer : un monument pour des Indiens disparus
    Dans une langue admirable, « L’Ancêtre », de Juan José Saer, ressuscite une civilisation perdue.


  • Autobiographie de mon père de Pierre Pachet - Pierre Pachet - « Autobiographie de mon père », de Pierre Pachet, portrait d’un tyran domestique
    L’auteur dissèque sans complaisance la figure paternelle et convoque les fantômes de son passé. Poignant et inoubliable.


  • Mourir m’enrhume d’Eric Chevillard - Eric Chevillard - Avec « Mourir m’enrhume », d’Eric Chevillard, rions un peu en attendant la mort. Le premier livre de l’écrivain démontre qu’il n’y a pas de littérature drôle sans une conscience aiguë de ce qui menace la vie.


  • Le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa - Fernando Pessoa - « Le Livre de l’intranquillité », de Fernando Pessoa : tant de poètes en un. A sa mort, en 1935, l’écrivain portugais laissait en désordre la matière d’un livre, l’une des clés de son œuvre et peut-être du siècle. Recomposée par ses éditeurs, elle est à lire du début à la fin, ou au hasard de son feuilletage.


  • L’Acacia de Claude Simon - Claude Simon - « L’Acacia » : Claude Simon en éclat de guerre. L’écrivain nous offre une exploration de la mémoire, où prévalent, dans un tohu-bohu de participes présents et de parenthèses, les souvenirs de guerre et d’arbres contemplés à la renverse.


  • Beloved de Toni Morrison - Toni Morrison - « Beloved », de Toni Morrison : l’amour à mort d’une mère au temps de l’esclavage. Avec ce livre, qui a reçu le prix Pulitzer 1988, l’auteur propose une plongée dans l’univers des Noirs américains au XIXe siècle.


  • A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie - Hervé Guibert - « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie » : Hervé Guibert écrit contre la montre. La beauté d’un livre impitoyable dans l’attention minutieuse que l’auteur porte à la progression de sa maladie – le sida. A la fois cruel et poignant.


  • Les Champs d’honneur de Jean Rouaud - Jean Rouaud - « Les Champs d’honneur », la Grande Guerre écrite avec grâce par Jean Rouaud. Dans ce superbe premier roman, destins individuels et histoire s’entremêlent. Un écho bouleversant de la souffrance des combattants.


  • Dans le ventre de la baleine de Paul Nizon - Paul Nizon - « Dans le ventre de la baleine » : Paul Nizon, écrivain multimillionnaire en mots. Un récital de littérature pure : jubilation et aussi détresse, ou l’imagination comme refuge et prison.


  • Texaco de Patrick Chamoiseau - Patrick Chamoiseau - « Texaco », de Patrick Chamoiseau, si loin de l’exotisme. L’écrivain antillais se promène en équilibre parfait sur la frontière qui sépare littérature orale et littérature écrite.


  • Garçons de cristal de Bai Xianyong - Bai Xianyong - « Garçons de cristal », de Bai Xianyong, foudroyant de lucidité. Une histoire d’enfants perdus sans collier, portée par une écriture riche et inquiétante, qui fait partie des œuvres rares qui racontent les saccages de l’humanité.


  • Les Grandes Blondes de Jean Echenoz - Jean Echenoz - « Les Grandes Blondes »: Jean Echenoz, poète d’un monde devenu société anonyme. Où le romanesque apparaît comme l’un des derniers espaces qui résistent à la vitrification de notre univers. Un chef-d’œuvre.


  • Le Liseur de Bernhard Schlink - Bernhard Schlink - « Le Liseur », de Bernhard Schlink, sous le sceau du secret. La force du livre est de n’éluder aucune des questions qui naissent du choc entre le présent et le passé, entre l’amour et le mépris, le désir de comprendre et le besoin de condamner.


  • Dora Bruder de Patrick Modiano - Patrick Modiano - « Dora Bruder », de Patrick Modiano, le combat inégal d’un écrivain contre la bureaucratie de l’amnésie. Grâce à ce grand livre, une femme inconnue raflée par les Nazis en 1942 et internée aux Tourelles, à Paris, regagne le début d’une présence.


  • Le Dieu des Petits Riens d'Arundhati Roy - Arundhati Roy - « Le Dieu des Petits Riens », d’Arundhati Roy : la route la plus directe vers l’Inde. Une famille élargie, comme l’Inde en compte encore, voit sa chute précipitée par un drame que le lecteur ne découvre qu’au terme d’un suspense hâletant. Ce livre, construit et écrit avec brio, a révélé Arundhati Roy.


  • Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq - Michel Houellebecq - « Les Particules élémentaires », de Michel Houellebecq : dernière station avant le désert. Un roman qui nous change des romanciers modestes, lesquels considèrent qu’au-delà de deux ou trois idées on se montre impoli envers les lecteurs.


  • Pastorale américaine de Philip Roth - Philip Roth - « Pastorale américaine », de Philip Roth : une tragédie ordinaire. Irréprochable dans sa narration et dans sa construction, ce récit de l’existence lisse d’un non-personnage n’a que l’apparence d’une fresque historique. Il s’inscrit bien dans une œuvre à lire entièrement, à suivre dans ses méandres, de livre en livre.


  • A Suspicious River de Laura Kasischke - Laura Kasischke - « A Suspicious River », une trajectoire mortelle signée Laura Kasischke
    Ce livre raconte une histoire abominable, celle de l’autodestruction d’une fille qui s’identifie à sa mère, prostituée assassinée par son amant et beau-frère. Mais l’univers mental et la poésie de Laura Kasischke fascinent.


  • L’Inceste de Christine Angot - Christine Angot - « L’Inceste », la force Angot
    Dans ce livre, Christine Angot raconte une aventure homosexuelle avec une pneumologue qui dure trois mois. Cet amour a existé. Mais ce qui scandalise ici excède toute affaire d’« atteinte à la vie privée ».


  • Les Anneaux de saturne de Winfried Georg Maximilian Sebald - W.G. Sebald - « Les Anneaux de saturne », de W.G. Sebald : en marchant, en écrivant
    Autobiographie et fiction, passé et présent se mêlent dans cet ouvrage fascinant.


  • L’Adversaire d'Emmanuel Carrère - Emmanuel Carrère - « L’Adversaire », d’Emmanuel Carrère : une révolte et une acceptation
    Le livre dans lequel Emmanuel Carrère a mis le meilleur de tous ses autres livres, comme s’il n’avait écrit jusqu’à présent que pour en arriver enfin là : à ce point de rencontre de l’écriture avec lui-même.


  • Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma - Ahmadou Kourouma - « Allah n’est pas obligé », d’Ahmadou Kourouma,- l’Afrique des enfants-soldats
    Par le biais de son héros et narrateur, Kourouma reprend les effets comiques du schéma picaresque de l’errance auxquels il mêle quelque chose d’obsessionnel, comme si l’enfant-soldat était certain de parler dans le vide d’une réalité trop monstrueuse pour être crédible.


  • Blonde de de Joyce Carol Oates - Joyce Carol Oates - « Blonde », de Joyce Carol Oates : Marilyn réinventée
    Dans ce livre consacré à Marilyn Monroe, l’auteure américaine donne moins une biographie de la star que le roman de la femme telle qu’elle l’a imaginée et recréée.


  • Sourires de loup de Zadie Smith - Zadie Smith - « Sourires de loup » ou l’Angleterre aux saveurs métisses de Zadie Smith
    Ce livre d’une étonnante maturité brosse un tableau terriblement drôle de l’Angleterre de la fin du XXe siècle, à travers les contradictions de ses immigrés.


  • Séfarade d'Antonio Muñoz Molina - Antonio Muñoz Molina - « Séfarade » : les exils d’Antonio Muñoz Molina
    Jean Améry, Margarete Buber-Neumann, Primo Levi, Milena Jesenska, Evguenia Guinzbourg et tant d’autres sont les héros de « Séfarade », magnifique roman sur la persécution et le bannissement.


  • L’Amour, roman de Camille Laurens - Camille Laurens - « L’Amour, roman », de Camille Laurens : une géologie opaque de l’amour
    « L’amour, roman » est l’envers du précédent livre de Camille Laurens, « Dans ces bras-là », et La Rochefoucauld tient ici un rôle central et fédérateur.


  • Vers l’âge d’homme de J. M. Coetzee - John Maxwell Coetzee - « Vers l’âge d’homme », de J. M. Coetzee, quand la poésie naît de la honte et de l’exil
    A travers l’histoire d’un jeune homme qui lui ressemble, l’auteur dépeint sans états d’âme l’Afrique du Sud des années 1960. Et l’apartheid, qu’il décrit comme une « blessure » toujours vive.


  • Une histoire d’amour et de ténèbres d'Amos Oz - Amos Oz - « Une histoire d’amour et de ténèbres » : Amos Oz, un enfant des mots
    Derrière l'itinéraire personnel de l'écrivain, né à Jérusalem en 1939, il y a la trajectoire de tout un peuple. Fils de cette histoire, il se veut la pièce parlante d'un puzzle terriblement compliqué.


  • Le Chevalier inexistant d’Italo Calvino - Italo Calvino « Le Chevalier inexistant », d’Italo Calvino : un conteur italien dans la tradition voltairienne
    Ce conte philosophique autour d’un chevalier du Moyen Age est un divertissement réussi.


  • Délivrez-moi ! de Jasper Fforde - Jasper Fforde- « Délivrez-moi ! » de Jasper Fforde : un polar déjanté
    Après avoir résolu « L’Affaire Jane Eyre », le détective Thursday Next est confronté dans « Délivrez-moi ! » à la réapparition de « Cardenio », une pièce de Shakespeare. Un chef-d’œuvre d’humour et de loufoquerie.


  • Fuir de Jean-Philippe Toussaint - Jean-Philippe Toussaint - « Fuir » : Jean-Philippe Toussaint explore la face sombre de l’exotisme
    Shanghaï, Pékin, l’île d’Elbe. Jean-Philippe Toussaint se joue de l’espace, resserre le temps, croise les hasards et les sentiments. Il démontre surtout, à nouveau, son art de rendre le monde à sa densité, à ses mystères, à sa contingence.


  • Les Bienveillantes de Jonathan Littell - Jonathan Littell - « Les Bienveillantes », de Jonathan Littell : nos « frères humains » les bourreaux


  • Accouplement de Norman Rush - Norman Rush - « Accouplement », de Norman Rush, ou le songe d’une cité idéale
    L’histoire utopique et sans illusion d’une jeune anthropologue américaine en voyage au Botswana.


  • Les Disparus de de Daniel Mendelsohn - Daniel Mendelsohn - « Les Disparus », de Daniel Mendelsohn : ils étaient six parmi des millions
    Le romancier est l'auteur d'une vertigineuse enquête sur les membres de sa famille exterminés par les nazis.


  • Les Années d’Annie Ernaux - Annie Ernaux - « Les Années », le livre d’une vie d’Annie Ernaux
    Avec ce « roman total » qui mûrissait depuis plus de trente ans, l’auteur de « Passion simple » rassemble de façon magistrale toutes ses mémoires.


  • 2666 de Roberto Bolaño - Roberto Bolaño - « 2666 », de Roberto Bolaño : un enfer à ciel ouvert
    Quand le romancier tire une fresque apocalyptique d’un sanglant fait divers mexicain.


  • Brothers de Yu Hua - Yu Hua - « Brothers », de Yu Hua : plongée dans le bouillon de l’Histoire
    Dans « Brothers », l’écrivain chinois voulait rendre compte d’une expérience sans équivalent : le passage de Mao à Hu Jintao, en une seule génération.


  • Une femme fuyant l’annonce de David Grossman - David Grossman - « Une femme fuyant l’annonce », de David Grossman : écrire pour conjurer la perte d’un fils
    Il y a quelque chose de troublant à ouvrir cet ouvrage de l’écrivain israélien. Celui qui a sauvé sans sauver, 600 pages serrées, magnifiquement traduites, à la fois hommage et tombeau, hymne à la vie et oratorio de la douleur.


  • Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari - Jérôme Ferrari - « Le Sermon sur la chute de Rome », de Jérôme Ferrari : drôle d’abîme
    Avec « Le Sermon sur la chute de Rome », l’écrivain fait d’un bar corse la scène d’un superbe roman sur les espérances déçues. Noir et caustique.


  • Heureux les heureux de de Yasmina Reza - Yasmina Reza - « Heureux les heureux », de Yasmina Reza : un rire de barrage
    Dans « Heureux les heureux », la romancière et dramaturge, au sommet de son art, met en scène une petite troupe de personnages en guerre contre leur vie même, et que seul l’humour soutient.


  • La Fin de l’homme rouge de Svetlana Alexievitch - Svetlana Alexievitch - « La Fin de l’homme rouge », de Svetlana Alexievitch : un tombeau littéraire de l’URSS
    Biélorusse née soviétique, elle a recueilli la parole des soldats de la guerre en Afghanistan ou des victimes de Tchernobyl. Avec « La Fin de l’homme rouge », elle dresse un magnifique tombeau littéraire de l’URSS.


  • Le Chardonneret de Donna Tartt - Donna Tartt - « Le Chardonneret », de Donna Tartt : de haute volée
    Le détenteur malgré lui d'un fameux tableau hollandais, et ses aventures, inspirent à l'Américaine « Le Chardonneret », un gros roman envoûtant.


  • Une enfance de rêve de Catherine Millet - Catherine Millet - « Une enfance de rêve », de Catherine Millet : la toute première foi
    Dans « Une enfance de rêve », l’écrivaine raconte ses jeunes années et éclaire ainsi notre vie à tous. Un chef-d’œuvre.


  • Le Puits d’Iván Repila - Iván Repila - « Le Puits », d’Iván Repila : la fable de deux enfants qui ne veulent pas mourir
    Le Puits » est une fable qui s’incarne si concrètement que sa lecture constitue une épreuve physique : la suffocation et le dégoût sont les sensations dominantes, et pourtant, ce livre est un enchantement.


  • Vernon Subutex de Virginie Despentes - Virginie Despentes - « Vernon Subutex », de Virginie Despentes : colère intacte
    Précis, drôle et sans concession Virginie Despentes, colère intacte.


  • Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie - Chimamanda Ngozi Adichie - « Americanah », de Chimamanda Ngozi Adichie : les tribulations d’une « Noire non américaine »
    La romancière brosse un portrait des Etats-Unis et de ses minorités noires d’une férocité et d’une tendresse inouïes. A rebours des clichés, elle croque aussi avec délice les contradictions de la société nigériane et de sa diaspora.


  • Le Géant enfoui de Kazuo Ishiguro - Kazuo Ishiguro - « Le Géant enfoui », de Kazuo Ishiguro : sous la brume, l’amour
    L’auteur des « Vestiges du jour » emprunte aujourd’hui aux codes de la fantasy pour raconter une passion que rien, ni l’âge ni l’oubli, ne peut altérer. C’est le merveilleux « Géant enfoui ».


  • Le Lambeau de Philippe Lançon - Philippe Lançon - « Le Lambeau », de Philippe Lançon : après « Charlie », le journal du deuil
    Philippe Lançon, miraculé de l’attentat contre « Charlie Hebdo », raconte dans « Le Lambeau » ce qu’il a vécu depuis janvier 2015. Magistral.

  • Voir également la sélection des romans du Prix Goncourt