La définition de Abri du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Abri
Nature : s.m.
Prononciation : a-bri
Etymologie : Bourguign. averi, aibri ; wall. à l'abri, exposé : èse à l'abri del plaive, être exposé à la pluie ; bas-lat. abrica, abriga ; provenç. abric ; catal. abrig ; espagn. et port. abrigo ; du latin apricus, exposé au soleil. La concordance est complète pour la forme ; apricus ayant l'accent sur la seconde syllabe, l'accent est resté dans les langues romanes sur cette même syllabe ; ce qui est la règle de la dérivation. La signification seule fait difficulté. Mais les langues romanes ont pris se mettre à l'abri pour se mettre à couvert, parce que les choses exposées au soleil sont en quelque sorte à couvert du frold et du mauvais temps. D'ailleurs la signification d'exposé au grand air se trouve dans le wallon, comme on voit. Les langues germaniques ont aber, exposé au soleil, anc. haut allem. âpon, serein, qui paraissent avoir de la parenté avec le mot latin. Diez n'accepte pas cette étymologie, y objectant que l'italien n'a pas ce mot qu'il aurait s'il venait d'apricus, et que le sens ne peut pas passer de exposé au soleil, au sens de à couvert. En conséquence il propose l'allemand bergen, au présent birg, cacher, mettre en sûreté ; d'où, par une métathèse de l'r, et avec la préposition romane à, on a abric. Malgré ces objections, l'étymologie latine me paraît la plus vraisemblable.

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Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de abri de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec abri pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Abri ?


La définition de Abri

Ce qui protége contre.... Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord.

Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité.

À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison.

À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents.

À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. à l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. à l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes.

Proverbe. L'homme sans abri est un oiseau sans nid.






Toutes les définitions de « abri »


Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

ABRI. n. m.
Lieu où l'on peut se mettre à couvert. Un bon abri. Chercher, trouver un abri, de l'abri. Se faire un abri. Un abri contre la tempête. C'est un lieu extrêmement découvert, où il n'y a point d'abri. Cette rade, cette plage est un bon abri, Les vaisseaux y sont en sûreté contre le vent, contre la tempête. Il se dit également, en termes d'Agriculture, de Tout ce qui sert à garantir, soit de l'action désastreuse des vents, soit de la trop grande ardeur du soleil. Les abris sont ou naturels, comme les montagnes, les forêts, les plantations en lignes et les haies; ou artificiels, comme les murs et les paillassons. Il se dit pareillement, en termes de Guerre, de Tout ce qui met une troupe à couvert des projectiles de l'ennemi. Il se dit figurément de Quelque lieu que ce soit où l'on est en sûreté, et généralement de Tout ce qui nous préserve d'un danger. La solitude est un abri contre les embarras du monde. La médiocrité est un abri contre les coups de la fortune. Il trouvera dans la maison d'un tel protecteur un abri contre les violences de ses ennemis.

À L'ABRI, loc. adv. À couvert. Il tombait une pluie abondante, nous nous mîmes à l'abri. Être à l'abri sous un hangar, sous un arbre, derrière une muraille, derrière une haie. Rester prudemment à l'abri.

À L'ABRI DE, loc. prép. Se mettre à l'abri de la pluie, du vent, du mauvais temps. Fig., Se mettre à l'abri de la persécution, de la vexation. Dans ces phrases, De a la signification de Contre.

À L'ABRI DE se dit aussi de Ce qui sert à mettre à couvert. Être à l'abri d'un bois, à l'abri d'une muraille. Fig., Agir à l'abri de la faveur. Dans ces phrases, De signifie Sous. En termes de Marine, Être à l'abri d'une terre; se mettre à l'abri sous le vent d'une île; etc.

Littré

ABRI (a-bri) s. m.
  • 1Ce qui protége contre? Abri contre la pluie. Sous un abri sûr. Le mauvais temps les força de chercher un abri. La côte offrait un abri au vaisseau. Cette rade est un abri. La montagne sert d'abri contre le vent du nord. S'il est, aux bords déserts du torrent ignoré, Quelque rustique abri de verdure entouré?, Lamartine, Médit. XX. L'arbre sacré [de la liberté] sur ce concours immense Forme un abri de rameaux toujours verts, Béranger, Lafay.
  • 2 Fig. Ce qui préserve. Abri contre le malheur. L'accusé trouva un abri dans sa dignité. Sous l'abri d'un grand nom sûr de l'impunité, à d'horribles excès leur orgueil s'est porté, Delavigne, V, Sicil. II, 2.
  • 3À L'ABRI, loc. adv. Se tenir à l'abri dans sa maison. Dans une rade où ils se trouvèrent à l'abri, Fénelon, Tél. IX. Vous ne pouvez qu'aux dépens de sa tête Mettre à l'abri la vôtre, Corneille, Mort de P. I, 1. Il fallut se mettre à l'abri, La Fontaine, Fiancée.
  • 4À L'ABRI DE, loc. prépositive. En sûreté contre. Être à l'abri du froid. Afin que les défenseurs fussent à l'abri des balles. être à l'abri de l'injure. Personne n'est à l'abri du mal. A l'abri des railleries. Le port est à l'abri de tous les vents. Rien ne met à l'abri de cet ordre fatal, Racine, Esth. I, 3. Les montagnes mettent cette côte à l'abri des vents, Fénelon, Tél. III. J'essuyai les mépris qu'à l'abri du danger L'orgueilleux citoyen prodigue à l'étranger, Voltaire, Orph. II, 6.
  • 5À L'ABRI DE, En sûreté sous. Mouiller à l'abri d'une terre. À l'abri d'une cabane, nous laissâmes passer l'orage. Il se mit à l'abri du fleuve. À l'abri de son déguisement, il parcourait les campagnes. Ils ont des amis qu'ils vous mettront en tête, et, à l'abri de ces protecteurs, ils sont en état de repousser tous vos coups et de résister à tous vos efforts, Bourdaloue, Pens. t. II, p. 264. Et vous et vos enfants, vos amis, votre époux, A l'abri du sénat aurez un sort plus doux, Mairet, Mort d'Asd. IV, 4. À l'abri de ce trône attendez mon retour, Racine, Esth. II, 8. Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, La Fontaine, Fab. I, 22. Un galant de qui tout le métier Est de courir le jour de quartier en quartier, Et d'aller à l'abri d'une perruque blonde De ses froides douceurs fatiguer tout le monde, Boileau, Sat. IV.
  • 6

    PROVERBE

    L'homme sans abri est un oiseau sans nid.

HISTORIQUE

XIIe s. E quant vint tempeste et pluie, en cel encloistre [clos] pur [pour] abri aveir entrerent, Rois, 251.

XVIe s. A l'abri des coups, Montaigne, I, 25. Ceux que Dieu a mis à l'abry des necessités, Montaigne, IV, 97.

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Encyclopédie, 1re édition

ABRI, s. m. C'est ainsi qu'on appelle un endroit où l'on peut mouiller à couvert du vent. Ce port est à l'abri des vents de ouest & de nord-ouest. L'anse où nous mouillâmes est sans aucun abri. Le vent renforçant, nous fûmes nous mettre à l'abri de l'isle. Mouiller à l'abri d'une terre.

Abri se dit aussi du côté du pont où l'on est moins exposé au vent. (Z)

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Wiktionnaire


Nom commun - français

abri \a.b?i\ masculin

  1. Lieu où l'on peut se mettre à couvert, se protéger des intempéries ou d'un danger.
    • Pourquoi construire d'inconfortables maisons en planches et en tôle ondulée quand le feuillage des cocotiers peut vous fournir des abris toujours frais? (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Si misérable que soit l'abri dont on dispose, il est encore préférable à la bise glacée. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Le bruit du bombardement au-dessus de l'abri devient formidable. Les obus tombent sur la Chancellerie avec une précision inquiétante. (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.319)
  2. Construction équipée d'un toit qui protège les utilisateurs de transports en commun, le matériel sensible?
    • Rejoignons l'abri pour attendre l'autobus.
  3. (Figuré) Ce qui préserve de l'adversité.
    • Ce coin perdu de Jan-Mayen n'est pas à l'abri des cancans, des mystères, des intrigues et même des complications diplomatiques. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Chaque semaine, des paquebots arrivaient de New-York et débarquaient des touristes américains qui venaient se reposer de leurs affaires, à l'abri des lois de la prohibition. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Se mettre à l'abri. ? Être à l'abri du besoin. ? Nul n'est à l'abri d'un accident.
  4. (Agriculture, Sylviculture) Tout ce qui sert à garantir, soit de l'action désastreuse des vents, soit de la trop grande ardeur du soleil, soit du gel.
    • Les abris sont ou naturels, comme les montagnes, les forêts, les plantations en lignes et les haies; ou artificiels, comme les murs et les paillassons.
    • Depuis fort longtemps, on recommande le maintien d'un abri [?] lors des toutes premières années d'installation du jeune hêtre, prenant appui sur son comportement d'essence d'ombre, et sur les « classiques » difficultés de renouvellement rencontrées en plein découvert (coups de chaleur estivale, gels tardifs, forme défavorable). En régénération naturelle comme en plantation sous abri, la mise en pleine lumière intervient ensuite souvent rapidement, dans un délai proche d'une dizaine d'années, parfois moins. (Isabelle Vinkler, François Ningre et Catherine Collet, Comportement du hêtre sous abri : les intérêts d'une bonne gestion du couvert in RDV techniques, hors-série n°2, Office national des forêts, 2007 ? lire en ligne)
  5. (Militaire) Installation destinée à protéger des projectiles ennemis.
  6. (Météorologie) Enceinte en forme de caissette montée sur socle, exposée au nord, et contenant divers appareils de mesure.
    • Le 29 avril, j'ai installé un second poste d'ozonoscopie à la rampe de notre belvédère, à 20 mètres au-dessus du poste établi dans l'abri des thermomètres qui servent aux observations météorologiques. (P. Bruno, L'ozone et la prévisions du temps, dans Ciel et Terre, volume 14, 1894, page 207)
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Trésor de la Langue Française informatisé


ABRI, subst. masc.

Lieu servant à protéger.
A.? Sens propre
1. Lang. cour. Lieu couvert protégeant des hommes ou des anim. contre les intempéries ou qq. danger :
1. Après avoir traversé une petite plaine couverte de troupeaux de b?ufs, et dans laquelle il ne reste que quelques arbres pour servir d'abri à ces animaux contre la pluie ou les trop grandes chaleurs, nous montâmes des collines ... Voyage de La Pérouse autour du monde,t. 2, 1797, p. 261.
2. C'est grâce à l'appropriation du sol et des capitaux, que l'homme qui n'a que ses bras trouve de l'occupation et se fait un revenu. (...) le plus mince de nos ouvriers, s'il est valide, s'il est laborieux, a un abri, un vêtement, et peut gagner, tout au moins, sa subsistance. J.-B. Say, Traité d'économie politique,1832, p. 405.
3. Les deux tentes arabes dressées pour nous recevoir serviront d'asile à nos gens et d'abri pour nos bagages. E. Fromentin, Un Été dans le Sahara,1857, p. 16.
4. Là-dessous, tout le fouillis et tout le pittoresque architectural de cabanes en terre moussue, de huttes en rameaux de sapin encore verts, d'abris faits de branchages desséchés couleur raisin de Corinthe, de tentes de toile grise surmontées de fumées azurées, ... E. et J. de Goncourt, Journal,oct., 1870, p. 640.
5. « ... l'âme humaine n'est que caprice et faiblesse; toi-même, ami maraud, ne te plains-tu pas quelquefois de ton c?ur trop sensible? Ah! Giovanni, qu'avons-nous fait là? Où courons-nous? Quel démon nous chasse de ces lieux? Eh quoi! Ne trouverons-nous jamais l'abri où reposer nos vieux os de vagabonds? » O.-V. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 203.
6. ... après une matinée de terrassement, on était réunis pour prendre le repas. Il tombait une pluie torrentielle; on était brouillés et noyés et bousculés par l'inondation, et on mangeait debout, à la file, sans abri, en plein ciel liquéfié. H. Barbusse, Le Feu,1916, p. 122.
7. Elle quêta des yeux un coin où se cacher, un abri. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 172.
2. P. ext., dans divers domaines techn.Dispositif, couvert ou non, servant à protéger.
? AGRIC., HORTIC. ,,Tout dispositif propre à protéger les plantes contre l'action des vents, du froid, etc.`` (Lar. encyclop.) :
8. Les citronniers, plus grêles, plus élancés, avaient tout à la fois moins de faste et plus d'élégance. Parfois des claies protectrices au-dessus d'eux leur faisaient un abri presque sombre. A. Gide, Journal,Feuillets, 1902, p. 100.
? CH. DE FER. Abri d'une locomotive. ,,Emplacement protégé et vitré destiné au mécanicien et au chauffeur pour leur permettre d'assurer leur service et la man?uvre des appareils de commande et d'alimentation.`` (Lar. 20e).
? MAR. Emplacement côtier naturel ou constr., servant à protéger les bateaux contre la tempête :
9. La côte n'offrait aucun abri. Nulle baie, nulle anse, nul port. Pas même une crique. J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 1, 1868, p. 249.
10. Le mot abri est aussi employé pour qualifier un port, une rade, sans spécifier contre quel danger, risque ou inconvénient il abrite. Rade-abri. On donne ce nom à la partie de la rade qui est abritée par des ouvrages d'art contre la mer. (...) on appelle abri de navigation l'endroit de la passerelle de navigation protégé du vent, des embruns et de la pluie par un vitrage. Abri du marin (...) locaux (...) qui servent de centre de réunion, de délassement, d'instruction et de soins médicaux aux pêcheurs et aux marins de commerce. Le Clère1960.
? MILIT. (TECHN.). Moyen naturel aménagé ou ouvrage enterré pour protéger les milit. en campagne contre la vue et le tir de l'ennemi :
11. Chaque ouvrage, tranchée, boyau, fortin, abri, boqueteau a reçu une dénomination particulière ou un numéro d'ordre précédé d'une lettre variant suivant les secteurs de l'attaque. M. Barrès, Mes cahiers,t. 11, févr. 1917-nov. 1918, p. 323.
Rem. On rencontre abri comme 1erou 2eterme de composés tranchée-abri, tente-abri et abri-caverne :
12. Pendant la nuit, le génie avait travaillé à des ouvrages de défense. Même, sous le feu commençant des prussiens, on creusait encore des tranchées-abris, on élevait des épaulements. É. Zola, La Débâcle,1892, p. 239.
13. Le fort lui-même a pour garnison deux compagnies du 71erégiment territorial, composé de braves gens de l'Anjou, consciencieux et calmes. Mais, qu'on n'imagine pas une ligne de tranchées continues et organisées, avec boyaux de communication, abris-cavernes, dépôts de munitions, etc., etc.! H. Bordeaux, Les Derniers jours du fort de Vaux,1916, p. 79.
? À l'époque mod., abri antiaérien, pour la protection notamment de la population civile.
? TRAV. PUBL. Constr. couverte ou non destinée à protéger le voyageur sur la voie publique, notamment aux arrêts de tramways ou d'autobus.
B.? Emplois fig. Protection, refuge moral.
1. [Le lieu est réel, mais la protection est surtout mor.] :
14. ... quand on revient triste, où seraient, sans le mariage, le toit, l'abri, le feu qui flambe, la main amie qui vous serre la main? A. de Musset, Lettres de Dupuis et Cotonet,t. 4, 1836, p. 605.
15. Est-il de retraite plus douce Qu'un sein de mère, et quel abri Recueille avec moins de secousse Un c?ur fragile endolori? Sully Prudhomme, Les Vaines tendresses,L'Amour maternel, 1875, p. 155.
16. Ce sont peut-être des demeures encore plus misérables ces tumulus qu'on voit de place en place au milieu des toits rouges, des demeures ou des silos, abris de la graine humaine ou du froment. A. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol,1933, p. 286.
17. Ils avaient trouvé un abri, un coin à eux, un refuge exclusif aux misères et aux joies de sa famille; ... G. Roy, Bonheur d'occasion,1945, p. 333.
18. ... éc?uré d'avoir tout fait au monde pour être un bon garçon et d'avoir réussi à n'être qu'une poire, dupé, trompé, estampé, (...), j'ai résolu de réfugier désormais mon égoïsme bien acquis sous l'abri du toit à cochons qui s'appelle la légalité. G. Courteline, L'Article 330,1900, p. 261.
2. [Ce qui protège est une chose ou une pers.]
a) [Ce qui abrite est une chose, une abstraction, mais non un lieu au sens propre] :
19. ... hors la Charte point de salut. C'est le seul abri qui nous reste contre la république et contre le despotisme militaire ... F.-R. de Chateaubriand, Mélanges politiques,préf. t. 25, 1815, p. iv.
20. Chaque siècle, chaque heure, en poussière il [le temps] entraîne. Ces fragiles abris de la sagesse humaine, Empires, lois, autels, dieux, législations, Tentes que pour un jour dressent les nations, Et que les nations qui viennent après elles Foulent pour faire place à des tentes nouvelles; ... A. de Lamartine, Jocelyn,1836, p. 598.
21. ... quand je songe à cette horreur, à ce dégoût de l'existence qui s'est, d'années en années, exaspéré en moi, comme je comprends que j'aie forcément cinglé vers le seul port où je pouvais trouver un abri, vers l'Église. J.-K. Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 42.
b) [Ce qui abrite est une pers.] :
22. Les français reconnaissaient avec plaisir dans sa personne [le comte d'Artois] leurs anciennes m?urs, leur ancienne politesse et leur ancien langage; la foule l'entourait et le pressait; consolante apparition du passé, double abri qu'il était contre l'étranger vainqueur et contre Bonaparte encore menaçant. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 518.
23. O Jésus! Je n'ai personne, vous êtes mon abri, mon recours, mon désir. E. Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 223.
C.? Locutions
1. Loc. prép. À l'abri de, empl. également au sens propre et au sens fig., donc suivie d'un compl. concr. ou abstr. :
24. Ah! Cette maison aimée, la vie qu'on y menait si à l'abri des soucis et des tourmentes! E. Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 3.
25. C'est une tribu légendaire [les Thalmoudites]. Il est écrit d'eux qu'ils vivaient « dans le roc, à l'abri des tempêtes, livrés à leurs passions ». H.-R. Lenormand, Le Simoun,1921, 13etabl., p. 147.
Rem. On remarquera que chacun des 2 ex. contient un mot faisant image par rapport au sens propre (ex. 24 : tourmentes; ex. 25 : tempêtes).
2. Loc. adv. À l'abri(le plus souvent abri suggère un lieu réel, notamment dans l'expr. mettre à l'abri) :
26. Par bonheur, j'ai pu tirer vers une caverne, pas bien loin, où j'ai mis leur demoiselle à l'abri, ... R. Toepffer, Nouvelles génevoises,1839, p. 402.
27. ... une sorte de nostalgie du sein maternel semble inspirer le goût d'être enfermé et à l'abri, blotti dans les coins ou dans les bras des adultes, recroquevillé dans ses attitudes. E. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 356.
Prononc. ET ORTH. ? 1. Forme phon. : [ab?i]. 2. Hist. ? On relève les var. graph. suiv. : arbri au xiiies. (cf. étymol.), abric chez d'Aubigné (cf. ex. ds Hug.), abrit chez Rabelais (id.), abril chez saint François de Sales (id.). ? Rem. Pour la conservation du groupe br, cf. abrier.
Étymol. ? 1. Ca 1170 « lieu où l'on est à couvert contre les injures du temps » (Rois, p. 251 ds Gdf. Compl. : Quant vint tempeste e pluie, en cel encloistre pur abri aveir entrerent); ca 1180 « lieu protégé » (Marie de France, Fables, 61, 7, éd. K. Warnke ds T.-L. : descent jus, Si sié lez mei en cest abri); 2. xiiies. emploi fig. « protection » (Fragments d'une Vie de saint Thomas de Cantorbéry, I, 102, éd. Meyer, ds T.-L. : Mande k'il ne li sunt lëaus, Ki sun mortel enemi Funt tel solas et tel arbri). Subst. verbal de abrier*. HIST. ? A.? Entré dans la lang. au xiies. (cf. étymol.), le mot est attesté de façon continue au propre et au fig. jusqu'à l'époque contemp. ? xvies. : Est un lieu couvert et remparé contre le vent et la pluye (...). Et par métaphore se prend pour retraite, lieu à garand et de seureté. (Nicot 1606). ? xviies. : Je veux une coiffure en dépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abri commode. (Molière, L'école des maris, t. 1 ds Rich.). ? xviiies. : Lieu à couvert du soleil, du vent et du froid (...). Se dit figurément en Morale d'un lieu où l'on est en sûreté, de tout ce qui nous met hors de danger. (Trév. 1771). B.? Emplois techn. Abri est très usité dans le vocab. techn. (cf. sém.). 1. L'emploi en mar. est le 1eren date; il apparaît en 1678 d'apr. la docum. et connaît dans ce même vocab. de la mar. diverses utilisations : Abry est un mouillage à couvert du vent. (1678, Guillet ds Jal 1848). 2. A partir du xixes., multiplication des emplois techn. (cf. sém. et Lar. 20e). ? Rem. Les loc. à l'abri, à l'abri de apparaissent tôt et sont continuement attestées : ? xiies. : Et en la coverture m'esjoirai, Ce est en l'abri des deus commandemenz de charité. (Comment. sur les Psaumes, B. N. p. 60 ds Gdf.). ? xvies. : Ie suis à l'abri de l'importunité du monde, de l'oppresse, de la guerre, de la calomnie. (Nicot 1606). ? xviies. : On dit aussi adverbialement, Se mettre à l'abri de l'orage, Ce criminel ayant eu advis qu'on le vouloit prendre, s'est mis à l'abri, s'est sauvé en quelque asyle. (Fur. 1690). ? xviiies. cf. Fur. 1701, Trév. 1704 à 1771, Ac. 1718 à 1798.
STAT. ? Fréq. abs. litt. : 2 779. Fréq. rel. : xixes. : a) 4 355, b) 3 135; xxes. : a) 3 611, b) 4 250.
BBG. ? Brandin (L.). Le Plus ancien exemple du français abrier. Romania. 1906, t. 35, pp. 293-295, ? Bugge (S.). Étymologies romanes. Romania. 1875, t. 4, p. 348, 369. ? Chabat. t. 1 1875. ? Dainv. 1964. ? Delc. t. 1 1926. ? Delorme 1962. Gruss 1952. ? Horning (A.). Zur Wortgeschichte. Z. rom. Philol. 1897, t. 21, p. 449. ? Jal 1848. ? Jossier 1881. ? Le Clère 1960. ? Musset-Lloret 1964. ? Paris (G.) Abrier, abri. Romania, 1899, t. 28, pp. 433-435. ? Pétrol. 1964. ? Privat-Foc. 1870. ? Soé-Dup. 1906. ? Will. 1831.

ABRI, subst. masc.
Étymol. ? 1. Ca 1170 « lieu où l'on est à couvert contre les injures du temps » (Rois, p. 251 ds Gdf. Compl. : Quant vint tempeste e pluie, en cel encloistre pur abri aveir entrerent); ca 1180 « lieu protégé » (Marie de France, Fables, 61, 7, éd. K. Warnke ds T.-L. : descent jus, Si sié lez mei en cest abri); 2. xiiies. emploi fig. « protection » (Fragments d'une Vie de saint Thomas de Cantorbéry, I, 102, éd. Meyer, ds T.-L. : Mande k'il ne li sunt lëaus, Ki sun mortel enemi Funt tel solas et tel arbri). Subst. verbal de abrier*. HIST. ? A.? Entré dans la lang. au xiies. (cf. étymol.), le mot est attesté de façon continue au propre et au fig. jusqu'à l'époque contemp. ? xvies. : Est un lieu couvert et remparé contre le vent et la pluye (...). Et par métaphore se prend pour retraite, lieu à garand et de seureté. (Nicot 1606). ? xviies. : Je veux une coiffure en dépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abri commode. (Molière, L'école des maris, t. 1 ds Rich.). ? xviiies. : Lieu à couvert du soleil, du vent et du froid (...). Se dit figurément en Morale d'un lieu où l'on est en sûreté, de tout ce qui nous met hors de danger. (Trév. 1771). B.? Emplois techn. Abri est très usité dans le vocab. techn. (cf. sém.). 1. L'emploi en mar. est le 1eren date; il apparaît en 1678 d'apr. la docum. et connaît dans ce même vocab. de la mar. diverses utilisations : Abry est un mouillage à couvert du vent. (1678, Guillet ds Jal 1848). 2. A partir du xixes., multiplication des emplois techn. (cf. sém. et Lar. 20e). ? Rem. Les loc. à l'abri, à l'abri de apparaissent tôt et sont continuement attestées : ? xiies. : Et en la coverture m'esjoirai, Ce est en l'abri des deus commandemenz de charité. (Comment. sur les Psaumes, B. N. p. 60 ds Gdf.). ? xvies. : Ie suis à l'abri de l'importunité du monde, de l'oppresse, de la guerre, de la calomnie. (Nicot 1606). ? xviies. : On dit aussi adverbialement, Se mettre à l'abri de l'orage, Ce criminel ayant eu advis qu'on le vouloit prendre, s'est mis à l'abri, s'est sauvé en quelque asyle. (Fur. 1690). ? xviiies. cf. Fur. 1701, Trév. 1704 à 1771, Ac. 1718 à 1798.

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