La définition de Mousse du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Mousse
Nature : adj.
Prononciation : mou-s'
Etymologie : Berry, mosse ; provenç. mos ; ital. mozzo ; du germanique : rhétique, mutt, mutsch, émoussé ; moy. Haut all. mutzen, mutiler ; holl. mots, émoussé. Le radical germanique paraît être le même que dans le latin mut-ilus, mutilé.

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Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de mousse de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec mousse pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Mousse ?


La définition de Mousse

Qui n'est pas aigu ou tranchant. Certains ciseaux sont faits exprès avec une branche pointue et l'autre mousse.


Toutes les définitions de « mousse »


Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

MOUSSE. adj. des deux genres
. Dont la pointe ou le tranchant est usé, en parlant de Certains instruments de fer ou d'acier. Pointe mousse. Il vieillit.

Littré

MOUSSE (mou-s') adj.
  • 1Qui n'est pas aigu ou tranchant. Certains ciseaux sont faits exprès avec une branche pointue et l'autre mousse. L'on peut connaître l'âge du chien par les dents, qui dans la jeunesse sont blanches, tranchantes et pointues, et qui, à mesure qu'il vieillit, deviennent noires, mousses et inégales, Buffon, Chien. La cime de la montagne est une pointe mousse, coupée en pic du côté de la vallée de Chamouni, Saussure, Voy. Alpes, t. III, p. 56, dans POUGENS.

    Terme rural. Chèvre mousse, celle qui n'a point de cornes.

  • 2 Fig. Qui n'a pas de finesse. Quoique ma pénétration, naturellement très mousse, mais aiguisée à force de s'exercer dans les ténèbres, me fasse deviner assez juste des multitudes de choses, Rousseau, Lett. à St-Germain, 26 févr. 1770.

HISTORIQUE

XVIe s. Chascun de vous en son affaire à part Est advisé et fin comme un renard?; Et tous ensemble estes grossiers et mousses D'entendement, Amyot, Solon, 63. Yeux pleurans, moites ou mousses, Paré, XV, 5. Les playes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces sont dites contusions, Paré, VII, 2. J'ay l'esprit tardif et mousse, Montaigne, II, 27. Mes m?urs sont mousses et plustost fades que aspres, Montaigne, III, 10.

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Encyclopédie, 1re édition

MOUSSE, muscus, s. f. (Hist. nat.) genre de plante qui n'a point de fleurs, & dont les feuilles sont d'une forme particuliere. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Les mousses d'arbres ne sont pas des plantes moins parfaites que celles qui s'élevent à la plus grande hauteur, car elles ont des racines, des branches, des fleurs & des graines, quoiqu'en semant leurs graines l'art humain n'ait pu parvenir encore à les multiplier.

Les Botanistes divisent ces sortes de plantes en divers genres, sous lesquels ils constituent plusieurs especes différentes, & même si nombreuses, que dans les environs de Paris M. Vaillant en comptoit jusqu'à 137, mais comme elles n'ont aucune beauté, encore moins d'utilité, il seroit inutile d'en faire l'énumération. Que dis-je ? il faudroit trouver le secret de détruire toutes ces sortes de plantes si nuisibles, qui vivent aux dépens des arbres, les rendent malades & les font périr, en dérobant, en interceptant leur seve par une infinité de petites racines.

Il semble d'abord que quand les arbres sont attaqués de la mousse, il ne soit pas si difficile d'y remédier, & qu'il ne s'agit que d'arracher cette mousse, sur-tout dans un tems de pluie, où elle est détrempée & s'enleve plus facilement ; mais outre que l'opération seroit longue & ennuyeuse, elle n'a qu'un succès fort imparfait, car la mousse s'attache si étroitement à l'arbre, qu'il est impossible de l'extirper assez bien pour l'empêcher de repousser bientôt après.

M. de Ressons a fait part à l'académie des Sciences en 1716, d'un autre moyen plus court & plus sûr. Avec la pointe d'une serpette il fait une incision en ligne droite à l'écorce de l'arbre malade jusqu'au bois, & depuis les premieres branches jusqu'à fleur de terre ; cette longue plaie se referme au bout d'un certain tems, après quoi l'écorce reste nette & garantie de mousse pour toujours. Voici quel est l'effet de ce remede, qui du premier coup d'?il ne paroît pas avoir un grand rapport au mal.

Les graines de la mousse ne s'attachent à l'écorce d'un arbre que parce qu'elles en trouvent la surface raboteuse, & parce qu'elles s'y peuvent loger en certains creux qui les conservent ; ce qui fait les inégalités de l'écorce, c'est que la seve n'y circule pas, du-moins n'y circule pas assez librement : de la vient qu'elle s'amasse en plus grande quantité dans de certains endroits, & qu'elle y forme des éminences ou de gros tubercules. L'incision donne plus de liberté à la seve : quand elle monte elle gonfle trop l'écorce, & fait elle-même un obstacle à son mouvement ; mais en relâchant l'écorce, on facilite ce mouvement : ensuite la seve ayant pris un cours libre, & s'étant ouvert tous les canaux de l'écorce, elle continue de s'y mouvoir avec aisance, même après que l'écorce est rejointe. Enfin l'écorce ayant alors une surface unie, les graines de mousse n'y trouvent plus de prise. On voit assez que ce qui défend les arbres de cette dangereuse plante étrangere, doit aussi les faire profiter davantage.

Le remede de M. de Ressons ne prévient pas seulement cette maladie des arbres, mais encore il guérit ceux qui en sont attaqués ; car la seve se distribuant mieux dans l'écorce après l'incision, ne se porte plus tant dans les racines de la mousse & autres plantes parasites, elles périssent par famine.

Quand l'incision a été faite, la fente s'élargit comme si on avoit déboutonné un habit trop serré : c'est que la seve commence à étendre l'écorce dans le sens de son épaisseur plus qu'elle ne l'étendoit auparavant ; enfin la cicatrice se fait d'elle-même, du moins au bout de deux ans dans les arbres en vigueur & qui ont l'écorce la plus épaisse.

Le tems de l'opération est depuis Mars jusqu'à la fin d'Avril ; en Mai les arbres auroient trop de seve, & l'écorce s'entr'ouvriroit trop. Il faut faire l'incision du côté le moins exposé au soleil, la trop grande chaleur empêcheroit la cicatrice de se refermer assez tôt. Si cependant après l'incision la fente ne s'élargit point, & c'est ce qui arrive aux arbres qui sont sur le retour, & dont l'écorce est trop dure pour permettre à la seve de s'ouvrir de nouvelles routes, l'opération se trouve inutile, l'arbre est sans ressource, il n'y a plus qu'à l'arracher.

On a remarqué que la mousse d'arbre fleurit, surtout dans les pays froids au milieu de l'hiver, & que c'est-là qu'elle nuit davantage aux arbres fruitiers plantés trop près les uns des autres dans ces terroirs froids & stériles. Miller conseille alors, comme l'unique remede, d'abattre une partie des arbres, pour procurer aux autres l'accès de l'air dont ils ont besoin, de labourer le terrein entre les arbres qu'on laisse subsister, & ensuite dans le tems humide du printems, de racler & d'arracher toute la mousse avec un instrument de fer fait exprès, & creusé dans le milieu, pour qu'il puisse embrasser toutes les branches de l'arbre où croît la mousse, qu'on ramasse & qu'on porte ailleurs pour la bruler. En repétant deux ou trois fois ce rabotage de l'arbre & le labourage de la terre, après avoir coupé les arbres qui trop presses interceptoient le passage de l'air, on détruit infailliblement toutes sortes de mousses d'arbres. L'art d'extirper ces mousses nuisibles est nommé par les Anglois, d'après les Latins, émuscation en un seul mot. Ne pourrions-nous pas dire à leur exemple, émoussure ? (D. J.)

Mousse, (Marine.) voyez Coralline.

Mousse greque, ou Lilac de terre, muscavi, (Jardinage.) plante bulbeuse très-basse, dont il y a cinq especes : la jaune hâtive, la tardive, la blanche. & la vineuse ; la jaune tantôt hâtive, tantôt tardive, a dans le milieu de sa tige jusqu'en haut quantité de petites fleurs longuettes faites en forme de grappes & de bonne odeur ; les autres especes ne different que par la quantité de fleurs blanches & vineuses qui ne sentent rien.

La cinquieme espece, qui est le lilac de terre, est appellée uva ramosa.

Mousse, terme de Chirurgie, espece de bandage simple & inégal. Voyez Bandage.

La mousse ou bandage obtus se fait, lorsqu'un tour de bande, succédant à celui qui vient d'être appliqué, n'en couvre qu'une quatrieme partie, ou même que les circulaires sont mis successivement à côté les uns des autres, sans se couvrir & sans laisser d'espace entre eux. Ce bandage n'est point fait pour comprimer la partie sur laquelle on l'applique, mais il suffit pour contenir les compresses, cataplasmes, emplâtres, & autres remedes. (Y)

Mousse, (Marine) c'est un jeune garçon qui est apprenti matelot. Il sert les gens de l'équipage, balaie le vaisseau, & fait tout ce que les officiers commandent. Sur les vaisseaux de guerre il y a ordinairement six mousses pour chaque cent d'hommes.

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Wiktionnaire


Nom commun - ancien français

mousse \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de moge.

Adjectif - ancien français

mousse \Prononciation ?\ masculin et féminin identiques

  1. Émoussé.
    • petites pointes mousses.
  2. Inerte, sans force.
    • un mousse remede.
  3. Bas.
    • a voix mousse.

Nom commun 2 - français

mousse \mus\ masculin

  1. Jeune marin.
    • Les mousses, en raison de leur gymnastique particulière, ont aussi les bras et les muscles pectoraux très-gros. (Jean Déhès, Essai sur l'amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • Jean Donnard allait répondre, quand les sept marins et le mousse, qui formaient le reste de son équipage, apparurent sur la cale, portant leurs capotes de toile cirée et leurs paniers d'osier. (Octave Mirbeau, Les eaux muettes)
    • Les mousses sont souvent les souffre-douleur de l'équipage. Tel maître a l'habitude de soulever, longtemps, par les deux oreilles un moussaillon terrifié ; un mousse est attaché plusieurs heures par les pieds et les mains au grand mât [?]. (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo - Les Corsaires chez eux, p.75, éd. Honoré Champion, 1925)

Nom commun 1 - français

mousse \mus\ féminin

  1. (Botanique) Plante rase des lieux humides formant des tapis spongieux composés de plusieurs individus.
    • Les pauvres, dans quelques contrées de la France, font des sommiers de mousse qui ont plusieurs avantages sur les paillasses. Les souris, les puces et les punaises n'y séjournent pas comme dans la paille. On choisit la mousse la plus douce, la plus longue, au mois d'août et de septembre ; on la fait sécher à l'ombre ; on la bat sur des claies pour en détacher toute la terre. (François-Joseph Cazin, Traité pratique et raisonné de l'emploi des plantes médicinales indigènes, 1850, page 297)
    • Il ne devait d'abord décrire que les Mousses rapportées du Mexique par MM. Bourgeau et Hahn, mais il a pensé ensuite qu'il serait utile de porter son attention sur l'ensemble de la flore bryologique de cette vaste partie de l'Amérique. Il a été conduit ainsi à étudier 36o espèces de Mousses mexicaines, parmi lesquelles un grand nombre étaient inédites, quoique reconnues nouvelles par M. Schimper, qui les possédait dans son herbier, ou ont été nommées et décrites, pour la première fois, par M. Bescherelle lui-même. (Revue des sociétés savantes, 1873, page 26)
    • Cycle et sexualité chez les Mousses. (Émile Guyénot, L'Hérédité, Paris, Doin et Cie, 1942, page 564)
    • La mousse Tortula prolifère abondamment, formant un tapis noirâtre qui recouvre le sable sur des superficies souvent impressionnantes ; cette mousse, adaptée à l'aridité sévère de la dune, présente le curieux phénomène de reviviscence. (Jean-Marie Pelt, La Vie sociale des plantes, 1984)
    • À moins que la pierre calcaire, facilement friable, ne soit expressément choisie pour sculpter ses lanternes, non pas tant pour y graver des motifs que pour permettre aux mousses d'y accrocher les minces rhizoïdes qui leur tient lieu de racine, et déposer un peu de naturel sur ces pierres ouvragées [?].(Véronique Brindeau, Louange des mousses, 2012, page 15-16)
    • Pour la biosurveillance des retombées métalliques, les mousses sont utilisées en raison de leur forte capacité d'accumulation des métaux. (Catherine Rausch de Traubenberg, Laurence Galsomiès, Yann Martinet, Pollution atmosphérique par les métaux en France : Dix ans de biosurveillance des retombées, 2012, page 91)
    • L'humidité, qui recouvrait de mousse toute chose, encerclait les branches de plantes grimpantes, emplumait les crevasses et les fourches audessus de ma tête ; l'écorce tombant par plaques, hirsute sous le lichen, habillait les troncs comme du métal vert-de-grisé, emplissait le sousbois incliné d'une lumière théâtrale, gris-vert. (Patrick Leigh Fermor, Entre fleuve et forêt : Du moyen Danube aux Portes de Fer (Dans la nuit et le vent, tome 2), 2014)
    • Il existe des mousses aquatiques qui présentent comme certaines de leurs cousines terrestres la capacité de reviviscence, c'est-à-dire qu'elles peuvent supporter de longues périodes au sec (en période de basses eaux) à l'état de vie ralentie et retrouver forme et couleur quand l'eau revient.(Boris Presseq, Algues, mousses, plantes flottantes... qu'est-ce qui pousse dans l'eau à Toulouse ?, Muséum de Toulouse, 24 août 2017)
  2. (Physique) Amas serré de bulles qui se forme à la surface d'un liquide.
    • Un cantinier qui se rase sur l'accotement, sa glace pendue à un cerisier, attend avec nervosité, la figure débordant de mousse, que nous ayons fini de faire trembler la route. (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
    • Les larves ne sont visibles qu'en retirant cette mousse, mais les « crachats de coucou » eux-mêmes sont très visibles au printemps sur les plantes attaquées. (Vincent Albouy, Guide des petites bêtes des villes et des jardins, mars 2013, page 26)
  3. (Par extension) Polymère solidifié sous la forme de micro-bulles, à la consistance spongieuse et élastique.
    • Découvrons comment le sketch d'une marionnette en mousse est devenu un immense tube éternellement lié à Patrick Sébastien. (Fabien Lecoeuvre, Le petit Lecoeuvre illustré : Dictionnaire. Histoire des chansons de A à Z, novembre 2013)
  4. (Construction) Matériau alvéolaire.
  5. (Cuisine) (Par extension) Dessert, plein de bulles, en général au chocolat.
    • On hésiterait à défaire le petit fagot de haricots verts, à défigurer l'empreinte du bol qui avait façonné le petit tas de riz et à saccager la petite ration de mousse de potiron et choux fleur que la mère de Muriel avait dû passer toute la matinée à faire mijoter dans les casseroles adéquates. (Mohamed Baba, Bilal, Éditions L'Harmattan, 2005, p. 19)
    • Sorbet, gâteau au chocolat, tarte au pommes, crème caramel, mousse au chocolat. Je vous récite la litanie mais il n'y a qu'un dessert qui compte : nos îles flottantes. (Paul Emond, Les îles flottantes : théâtre, Éditions Lansman, 2005, page 51)
  6. (Chimie, Physique) Forme donnée à certain composant pour augmenter sa surface de contact.
    • De la mousse de platine dans les pots d'échappement pour améliorer le pouvoir catalytique du platine
  7. (Par métonymie) (Familier) Bière.
    • « Une bonne mousse bien fraîche, sans faux-col » est un oxymore.
    • Ça boit d'la mousse à mes concerts. (Mononc' Serge, Vendeur de bière)
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Trésor de la Langue Française informatisé


MOUSSE1, subst. fém.

A.?
1. Plante poussant dans des milieux divers (terres, roches, écorces, etc.), généralement verte, formant un tapis ras et doux constitué de tiges courtes, denses et serrées. Mousse élastique, épaisse, m?lleuse; lit, nid, tapis de mousse; mur mangé, rongé par la mousse; couvert de mousse; s'allonger, s'asseoir sur la mousse. Sur les vieux troncs, la mousse vert-jaune semble avoir coulé. Une mousse sèche et couleur de vert-de-gris (...) sourd par plaques sur l'écorce grise, rayée, serrée (Goncourt, Journal,1857, p. 373).Certaine fontaine du parc ancestral, chère à mon adolescence, se prit à chanter dans ma mémoire; il y avait au bord de son bassin un banc rongé de mousses dures et brûlées (Milosz, Amour. initiation,1910, p. 50):
1. ... on descend au cloître, où le jour, tombant de très haut à cause du rocher qui le domine et l'enserre, paraît décoloré malgré le plein soleil d'après-midi. Des mousses très humides tapissent les murs et une eau constante y ruisselle. Tout s'y semble effriter d'une pourriture blanche et verte. Gide, Feuilles de route,1896, p. 67.
? [En fonction de déterm.] Vert de mousse. La lande est sèche, couleur de vieille mousse séchée (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 361).Elle était couleur de rouille, couleur de mousse, sa houppelande, couleur d'écorce, couleur de pierre; elle avait la couleur des choses de la nature (Ramuz, Derborence,1934, p. 50):
2. ... c'est un tapis persan du xviesiècle, ayant cet adorable velouté du velours ras, et tissé dans l'harmonie des deux couleurs de vieille mousse et de vieil or qui en forment le fond et sur lequel zigzaguent, ainsi que des vols aigus d'oiseaux de mer, des arabesques bleues. Goncourt, Journal,1894, p. 685.
? Emploi adj. ou en appos. Vert mousse. Madame Valéry, exquise dans une robe empire en velours vert mousse (Gide, Journal,1902, p. 128).Agate mousse (v. agate ex. 18). Synon. agate mousseuse*.
? Proverbe. Pierre* qui roule n'amasse pas mousse.
2. P. anal.
a) Mousse aquatique, d'eau. Végétation qui se forme sur les eaux stagnantes. La mousse aquatique ou sphaigne des marais, composée de filaments soyeux d'un beau vert (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 182).Un réservoir d'eau tout couvert d'une certaine petite mousse d'eau, voile vert de l'eau dormante, qui est comme fendillé et craquelé comme un vieux tableau (Goncourt, Journal,1858, p. 519).
b) PHARM. Mousse de Corse. Mélange d'algues utilisé en médecine comme vermifuge. (Dict. xixeet xxes.). Mousse d'Islande. Lichen utilisé dans certaines préparations pharmaceutiques (Dict. xixeet xxes.).
3. Maladie contagieuse due à un champignon qui se développe sur la peau des poissons vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène. La mousse, qui provient d'un champignon parasitaire, fait apparaître sur les poissons déficients ou blessés des filaments jaunâtres envahissants. Elle est particulièrement redoutable en pisciculture (Pollet1970).
B.? Au plur., BOT. Classe de plantes cryptogames cellulaires de l'embranchement des Bryophytes, chlorophylliennes, pourvues de feuilles, fixées au sol par des rhizoïdes, à reproduction sexuée (spores) et parfois végétative. Des mousses promptement desséchées et conservées dans un herbier, fût-ce pendant un siècle, et remises, après ce temps, dans l'humidité à une température douce, pourront reprendre la vie et végéter de nouveau (Lamarck, Philos. zool.,t. 1, 1809, p. 405).Similitude structurale et fonctionnelle des anthéridies et celle des archégones chez les mousses et chez les fougères (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 1, 1961, p. 538).
C.?
1. P. anal., arg. et pop. Cheveux. Plus de mousse sur le caillou, quatre cheveux frisant à plat dans le cou (Zola, Assommoir,1877, p. 725).
2. Loc. pop. Se faire de la mousse. Se faire du souci. Ben, t'en as, toi, des besoins d'te faire d'la mousse! Pourquoi qu'tu chiales comme ça, au lieu d'me dire les choses?... (Benjamin, Gaspard,1915, p. 149).La môme (...) elle est enceinte (...). Elle se fait pas de mousse, pas du tout, elle est vachement sûre que tu l'aimes (Fallet, Banl. Sud.-Est,1947, p. 380).
Prononc. et Orth. : [mus]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Fin du xies. molse « plante cryptogame dont les folioles tapissent les lieux où elle croît » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, no720); 1176-81 mosse (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 4650); 1erquart du xiiies. fig. mousse (Reclus de Molliens, Charité, 122, 11 ds T.-L.); b) ca 1480 ne jamais cueillir mousse « ne jamais devenir riche » (Le Mistere du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, t. 4, p. 403, 36382); 1611 pierre qui se remue n'accueille point de mousse « on ne s'enrichit pas en changeant souvent d'état, de pays » (Cotgr.); 1688 pierre qui roule n'amasse point de mousse (Miege); 1823 pierre qui roule n'amasse pas de mousse (Boiste); 1893 pierre qui roule n'amasse pas mousse (DG); 2. 1694 « moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes » (Ac.); 3. 1791 mousse aquatique (Valm.); 1810 mousse de Corse (Capuron, Nouv. dict. de méd.); 1814 mousse d'Islande (Nysten). De l'a. b. frq. mosa « mousse [plante] » (cf. m. néerl. mos, néerl. mos, all. Moos), latinisé en Gaule en mõssa (cf. mussula « petite mousse » chez Grégoire de Tours), cependant certaines formes (le judéo-fr. molse, l'a. prov. molsa (xiiies.), Prades mulso et Saugues mursa, v. FEW t. 16, p. 569a) remontent au lat. mulsa « hydromel » (dér. de mel « miel », cf. mulsum (vinum) « vin mêlé de miel » qui aura été employé métaphoriquement pour désigner la plante, si bien qu'on peut admettre que les 2 étymol. sont à l'orig. du français. Bbg. Meyer-Lübke (W.). Die Ausdrücke für Moos in Italien und Frankreich. Z. fr. Spr. Lit. 1934, t. 58, pp. 28-36. ? Quem. DDL t. 12, 16, 18.


MOUSSE2, subst. fém.

A.?
1. Amas de bulles.
a) Amas serré de bulles qui se forme à la surface de certains liquides lorsqu'ils sont agités ou battus. Synon. écume.Une longue cascade (...) fait tourner un moulin, (...) les eaux font leur bruit, la mousse floconne sur un courant où se trempent de molles touffes de verdure (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 206).[Le Trois-Mâts russe] labourait dur la houle... Il avait de la mousse plein ses focs (Céline, Mort à crédit,1936, p. 140):
1. ... voyez comme les vagues se soulèvent à de longs intervalles et déroulent avec calme leurs immenses anneaux; quelquefois une mousse blanche et frémissante jaillit du sommet diaphane des deux lames qui se rencontrent, se heurtent, s'élèvent ensemble et retombent en poussière humide après un léger choc. Sue, Atar-Gull,1831, p. 1.
? [P. anal.] L'écume bordait les rênes des chevaux, et la mousse filait des mors (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 274).Jacques regarda le bonhomme (...) qui maintenant tremblotait des extrémités en excrétant par la bouche une mousse morveuse réaspirée parfois, avec un bruit de siphon (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 54).
? En partic. Amas de bulles qui se forme à la surface d'un liquide sous pression ou qui est le siège d'une fermentation. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 31).La petite Lotchen (...) vint déposer une chope devant lui; il la prit, la leva gravement entre son ?il et la lumière, pour en admirer la belle couleur d'ambre jaune, souffla la mousse du bord, et but avec recueillement (Erckm.-Chatr., Ami Fritz,1864, p. 72).Le malt caramel a subi une saccharification partielle (...). On l'ajoute au malt ordinaire pour améliorer la mousse de la bière (Industr. fr. brass.,1955, p. 7):
2. Elle décoiffa une bouteille de « dry », poussa, au départ du bouchon, un léger cri de fille embrassée, et, les doigts mouillés, emplit deux flûtes gravées d'une couronne de prince. Elle penchait, à petits coups, la lourde bouteille vers les fusées de cristal où la mousse blanche nageait sur le vin un peu doré, d'une limpidité de pierre précieuse. Hamp, Champagne,1909, p. 222.
? P. compar. :
3. Tu plongerais dans la luzerne Ton blanc peignoir, Rosant à l'air ce bleu qui cerne Ton grand ?il noir, Amoureuse de la campagne, Semant partout, Comme une mousse de champagne, Ton rire fou. Rimbaud, Poés.,1871, p. 65.
b) Amas de bulles gazeuses formées par une solution et constituant une matière plus ou moins légère et plus ou moins dense. Mousse de lessive, de savon; mousse à raser. De l'autre main, qui tenait la courte brosse de chiendent, elle tirait du linge une mousse salie, qui, par longues bavures, tombait (Zola, Assommoir,1877, p. 388).Le barbier, pour mener à perfection son ouvrage, étalait à nouveau sur le visage déjà rasé une mousse onctueuse et, du clair d'un second rasoir qu'il affilait au creux de sa main droite, raffinait (Gide, Caves,1914, p. 798).Elle avait fini de brosser. Elle s'était arrêtée, redressée. Elle s'essuya le front d'une main mouillée qui laissa dans ses cheveux un flocon de mousse blanche frémissante (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 158).
? [Dans un cont. métaph.] :
4. Un numéro consistait en une rétrospective du Cancan (...). Quelquefois on ne distinguait que leurs jambes noires [des danseuses] dans une literie du Palais-Royal; quelquefois elles faisaient à pleines mains sauter leur pied en l'air comme un bouchon de champagne et la mousse des dessous les inondait. La naissance de Vénus n'agite pas plus d'écume. Cocteau, Gd écart,1923, p. 67.
2. P. anal. Ensemble léger, bouffant, vaporeux. Elle ôte son corsage de bal lentement, dégageant ses bras nus et blancs. (...) et, sous une mousse de dentelle, quelque chose de rose apparaît au bord du corset de soie noire (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Bord du lit, 1883, p. 900).Douce Lili, un peu joufflue sous la mousse de ses cheveux blonds (Chardonne, Bonh. Barbezieux,1938, p. 53).
3. Au fig. [En parlant de qqc. de léger, de pétillant, de scintillant]
a) [Note une impression visuelle] La porte d'entrée est grand ouverte; (...) la maison est sombre et fraîche. Il s'approche de la porte d'entrée; il faut plonger dans cette mousse de lumière (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 199).
b) [Note un aspect superficiel et passager] Augustin ne trouvait pas désagréable une fois en passant, cette mousse de plaisir légère, coloriée et sans consistance qui flottait pour quelques heures sur sa vie (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 185).[La taquinerie] est fréquente chez l'adolescent, qui essaie sa force sur autrui en des jeux légers. Elle n'a pas de buts à proprement parler, elle est comme une mousse de l'instinct (Mounier, Traité caract.,1946, p. 560):
5. Des caresses de sa tendresse elle avait éprouvé un plaisir bouleversant au début, lorsqu'elles étaient chastes ou presque, moins vif lorsqu'elle reconnut que cette tendresse n'était d'ordinaire que le prélude et comme la mousse du désir. Des caresses de sa volupté elle n'avait jamais éprouvé nul plaisir : elle était froide de nature... Montherl., Démon bien,1937, p. 1245.
c) Loc. Faire de la mousse (vx). Synon. se faire mousser*. (Dict. xixeet xxes.).
B.? P. anal.
1. ART CULIN.
a) Entremets ou dessert à base de blancs d'?ufs ou de crème fouettée. Mousse au caramel, au cassis, à la fraise. Battez, pour qu'ils soient mousseux, Quelques ?ufs; Incorporez à leur mousse Un jus de cédrat choisi (Rostand, Cyrano,1898, ii, 4, p. 73).Au premier dîner, par exemple, tiens, je lâche le mot, j'ai été ignoble. J'ai repris cinq fois de la mousse au chocolat (Anouilh, Sauv.,1938, ii, p. 176).Procope mit à la mode les mousses glacées à base de crème fouettée, qu'on surnomma « glaces à la chantilly » (Gdes heures cuis. fr.,Éluard-Valette,1964, p. 237).
b) Pâté, préparation de consistance légère et mousseuse. Mousse de foie de volaille, de poisson. Le foie gras n'a aucun rapport avec la fade mousse qu'on sert habituellement sous ce nom (Proust, Temps retr.,1922, p. 712).
2. Emplois techn.
a) CHIMIE
? Mousse de latex. Latex dans lequel a été dissous un gaz neutre. La mousse de latex possède des qualités d'élasticité qui assurent aux sièges et lits une stabilité de forme et une solidité qui la font de plus en plus rechercher (Industr. fr. caoutch.,1965, p. 45).
? Mousse de platine. Synon. éponge* de platine.Platine spongieux obtenu par calcination du chloroplatinate d'ammonium, utilisé comme catalyseur (d'apr. Lar. encyclop.). Séparation du platine à l'état de chloroplatinate d'ammonium (...). Calcination de ce sel et obtention de mousse de platine que l'on fond (Guillet, Techn. métall.,1944, p. 125).
? Mousse carbonique*.
? Emploi adj. ou en appos. (cour.). Caoutchouc mousse. Caoutchouc à faible densité dans lequel a été dissous du gaz neutre, chimiquement inerte. Balle, jouet en caoutchouc mousse; tapis de sol, de table en caoutchouc mousse. Derrière les poteaux et la barre [du sautoir] une zone de réception, en sable ou caoutchouc mousse, permet à l'athlète de reprendre contact au sol sans danger (Jeux et sports,1967, p. 1243).
? P. ell. Balle mousse. Balle faite de caoutchouc mousse. Un rétablissement, et il tomba dans la chambre avec la souplesse, le silence d'une balle mousse (La Varende, Souv. Seigneur,1953, p. 224).
? Au plur. Demi-produits de différentes natures obtenus par la préparation de résines polymérisées ou polycondensées. Les mousses sont à cellules fermées ou ouvertes. Certaines se présentent sous forme de demi-produits en plaques, sandwichs, feuilles minces, bandes (...) : le polystyrène (...), les silicones, les polyéthylènes (Grand.1962).
b) TEXT. Mousse de nylon. Tissu de nylon très extensible et assez épais. Bas, chaussettes en mousse de nylon. (Dict. xxes.).
? Emploi adj. ou en appos. Nylon mousse. (Dict. xxes.). Fil mousse. Fil synthétique de superpolyamide dont les filaments présentent des ondulations particulières lui donnant un gonflant et des propriétés isolantes remarquables (Dict. xxes.).
c) TRICOT. Point* mousse.
Prononc. et Orth. : [mus]. Ac. 1694 : mouce; 1718 et 1740 : mouce, mousse; dep. 1762 : mousse. Étymol. et Hist. 1. a) 1680 « amas serré de bulles » (Rich.); b) 1755 « crème fouettée dans laquelle on mêle du chocolat » (Menon, Les Soupers de la cour, t. 4, p. 302); c) 1949 mousse carbonique (Nouv. Lar. univ.); 2. a) 1878 faire de la mousse « faire des embarras, chercher à briller, faire grand étalage de toilette » (Figaro du 28 oct. ds Rigaud, Dict. jargon paris.); b) 1899 se faire de la mousse « se faire du souci » (d'apr. Esn.); 1920 « se mettre en colère, se faire du souci » (Bauche). Emploi métaph. de mousse1*. Bbg. Mack. t. 2 1939, p. 244.


MOUSSE3, subst. masc.

A.? Jeune garçon qui fait sur un navire l'apprentissage du métier de marin. L'enfant du Colombien et de mistress Blackfield avait dix ans alors. C'était déjà un mousse hardi qui promettait de faire un marin (Ponson du Terr., Rocambole,t. 3, 1859, p. 134):
... dans le Petit Larousse, je trouve au mot « souffre-douleur » cet exemple : le mousse était autrefois le souffre-douleur de l'équipage. Cela en dit long... Osons reconnaître que le mousse eut toujours le pouvoir mystérieux de déchaîner la férocité des hommes, leur goût de torturer, de corrompre et de salir. Mauriac, Journal 2,1937, p. 191.
? École des mousses. École de la Marine nationale qui recrute des jeunes gens de quinze à dix-sept ans pour former les futurs élèves des écoles de spécialités. (Dict. xxes.).
B.? Jeune ouvrier employé dans les métiers du bâtiment pour aider un ouvrier qualifié. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth. V. mousse1. Étymol. et Hist. 1515-22 mosse « jeune apprenti marin » (Conflans, Faits de la Marine in Annales maritimes et coloniales, 1842, t. 3, p. 51 d'apr. R. Arveiller ds Fr. mod. t. 26, p. 54); 1547-50 mousse (La Stolonomie, 29 vo, éd. J. Fennis, p. 65); 1866 p. ext. « apprenti commis » (Delvau, p. 264). Empr., peut-être par l'intermédiaire de l'occitan, ? soit à l'esp. mozo (« garçonnet » depuis 1182, puis « jeune homme » depuis 1330-43, J. Ruiz, « serviteur » depuis 1350, doc. aragonais d'apr. Cor.-Pasc., et « apprenti marin » depuis 1492, Colomb, ibid., s.v. grumete), ? soit au cat. mosso (« jeune homme » depuis 1342, Jaume I ds Alc.-Moll, et « apprenti marin » depuis 1406 ds Jal, s.v. moço), lui-même empr. (de même que l'ital. mozzo « apprenti marin » depuis 1602 d'apr. DEI) à l'esp. mozo; le fr. mousse « jeune fille », att. de façon isolée dans une chanson de Gascogne du xves. (Chansons, éd. G. Paris, p. 7) est une adaptation de l'esp. moza « id. », fém. de mozo; l'esp. mozo est issu du lat. vulg. *muttiu « émoussé » (mousse4*) à cause de la coutume qui consistait à raser la tête des garçonnets et des jeunes gens, cf. aussi l'a. prov. tos « jeune homme » et l'a. prov. toza « jeune fille », (d'où l'a. fr. to(u)se) du lat. tonsus « tondu ». V. FEW t. 6, 3, p. 302, Cor.-Pasc., et J. Fennis, La Stolonomie, pp. 395-399.
DÉR.
Moussaillon, subst. masc.,fam. Petit mousse. Il les reconnaît [les hommes de l'équipage]. Voici le vieux quartier-maître à la chique. Ce grand rouquin qui soignait Bari à bord. Batty, le moussaillon. Et tant d'autres qui le regardent (Cendrars, Dan Yack,Plan de l'Aiguille, 1929, p. 124).? [musaj? ?]. ? 1reattest. 1845 (Besch.); de mousse3, suff. -aille*, -on1*.
STAT. ? Mousse1, 2 et 3. Fréq. abs. littér. : 1 696. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 855, b) 3 223; xxes. : a) 1 501, b) 1 726.
BBG. ? Darm. 1877, p. 114 (s.v. moussaillon). ? Hope 1971, p. 211. ? La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 70, 71, 211. ? Vidos 1939, p. 26, 49; pp. 486-488.


MOUSSE4, adj.

A.? Vieilli. Qui n'est pas (plus) aigu ou tranchant. Synon. émoussé.Couteau à pointe mousse. C'était une bonne vieille lame espagnole (...) qui (...) pouvait parer des coups et en porter de solides, sinon de mortels, car elle était épointée et mousse (Gautier, Fracasse,1863, p. 214).
? P. anal. Chèvre mousse. Chèvre qui n'a pas de cornes. (Dict. xixeet xxes.).
B.? Au fig., littér. Qui est émoussé; qui manque d'acuité, de finesse. Mes yeux sont battus et mousses (Amiel, Journal,1866, p. 473).J'allais donc, hier matin, droit devant moi, le regard mousse. Et, soudain, sensation d'angoisse : je viens de me voir hors de moi (...). Un passant, un vulgaire passant de la rue, qui me ressemble de façon révoltante (Duhamel, Journ. Salav.,1927, p. 108).Des pensées (...) le visitaient incessamment, baignées dans une préoccupation constante, aiguë ou mousse, coupante ou ouatée (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 381).
Prononc. et Orth. V. mousse1. Étymol. et Hist. 2emoitié du xves. mosse « émoussé » (René d'Anjou, ?uvres, éd. Th. de Quatrebarbes, t. 2, p. 12); 1558 mousse (Des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, 48, éd. K. Kasprzyk, p. 196). Mot très vivant dans les parlers au sud de la Loire, d'où il a pénétré en fr. Il est issu du lat. pop. *muttius « tronqué » dér. du rad. prérom. utt- (motte*), cf. a. prov. mos, de même sens (xiie-xiiies. ds Rayn.). Fréq. abs. littér. : 57. Bbg. Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 134; t. 3 1972 [1930], p. 170.

MOUSSE1, subst. fém.
Étymol. et Hist. 1. a) Fin du xies. molse « plante cryptogame dont les folioles tapissent les lieux où elle croît » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, no720); 1176-81 mosse (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 4650); 1erquart du xiiies. fig. mousse (Reclus de Molliens, Charité, 122, 11 ds T.-L.); b) ca 1480 ne jamais cueillir mousse « ne jamais devenir riche » (Le Mistere du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, t. 4, p. 403, 36382); 1611 pierre qui se remue n'accueille point de mousse « on ne s'enrichit pas en changeant souvent d'état, de pays » (Cotgr.); 1688 pierre qui roule n'amasse point de mousse (Miege); 1823 pierre qui roule n'amasse pas de mousse (Boiste); 1893 pierre qui roule n'amasse pas mousse (DG); 2. 1694 « moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes » (Ac.); 3. 1791 mousse aquatique (Valm.); 1810 mousse de Corse (Capuron, Nouv. dict. de méd.); 1814 mousse d'Islande (Nysten). De l'a. b. frq. mosa « mousse [plante] » (cf. m. néerl. mos, néerl. mos, all. Moos), latinisé en Gaule en mõssa (cf. mussula « petite mousse » chez Grégoire de Tours), cependant certaines formes (le judéo-fr. molse, l'a. prov. molsa (xiiies.), Prades mulso et Saugues mursa, v. FEW t. 16, p. 569a) remontent au lat. mulsa « hydromel » (dér. de mel « miel », cf. mulsum (vinum) « vin mêlé de miel » qui aura été employé métaphoriquement pour désigner la plante, si bien qu'on peut admettre que les 2 étymol. sont à l'orig. du français.

Mousse au Scrabble


Le mot mousse vaut 7 points au Scrabble.

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Les citations avec le mot Mousse


  1. C'est un trou de verdure où chante une rivière, - Accrochant follement aux herbes des haillons - D'argent; où le soleil, de la montagne fière, - Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons.

    Auteur : Arthur Rimbaud - Source : Poésies (1870-1871), le Dormeur du val


  2. La vie est une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis que l'on cesse d'entendre.

    Auteur : William Shakespeare - Source : Macbeth (1605)


  3. Il avait trouvé quelques mousses sèches, et, en frappant deux galets, il obtint des étincelles.

    Auteur : Jules Verne - Source : L'Ile mystérieuse (1873-1875)


  4. Plus que le repos sur la mousse,
    Plus que les chants harmonieux,
    Ma richesse, c'est ta voix douce,
    C'est ton regard, rayon des cieux.


    Auteur : Charles Marie René Leconte de Lisle - Source : Premières poésies et lettres intimes (1902)


  5. La répétition émousse les émotions, la récidive blase.

    Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt - Source : Lorsque j'étais une oeuvre d'art (2002)


  6. Les histoires d'amour s'écrivent en millimètres et en millisecondes et d'un crayon rapide, émoussé, qui laisse à peine une trace. Elles se gravent au burin, en kilomètres et en éternités, sur le flanc d'une montagne.

    Auteur : Gabrielle Zevin - Source : Je ne sais plus pourquoi je t'aime (2009)


  7. Il y a ceux qui se font mousser devant les caméras tous les soirs, et puis il y a ceux qui font les réformes dont on parlera encore dans vingt ans.

    Auteur : François Fillon - Source : Les Echos, 18 mai 2007.


  8. On aiguise deux lames en les frottant l'une contre l'autre; ainsi deux opinions, ferraillant ensemble, deviennent plus tranchantes, loin de s'émousser.

    Auteur : Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn - Source : Bluettes et boutades (1846)


  9. Le col? Il n'y en a pas de col! C'est ouvert en V devant et derrière, entouré d'une chicorée de mousseline de soie et fermé par un chou de ruban rouge.

    Auteur : Sidonie Gabrielle Colette - Source : Claudine à l'école


  10. Je vous aurais joliment dévisagé cette farceuse-là. Je connais leurs frimousses.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Le Père Goriot (1835)


  11. Une jachère crayeuse où sur des mousses ardentes et sonores, des couleuvres repues rentrent chez elles en levant leurs têtes élégantes et fines.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Le Lys dans la vallée


  12. Pamplemousse: - Manger... tu ne penses qu'à manger! - Arthur: - Non... mais enfin, c'est la seule chose que je sois à peu près sûr de pouvoir faire deux fois par jour!

    Auteur : Sacha Guitry - Source : Le Lion et la Poule


  13. L'eau transparente de ton souvenir caressait les sauges mouillées et les mousses.

    Auteur : Robert Goffin - Source : Patrie de la poésie (1945)


  14. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles que nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement.

    Auteur : Blaise Pascal - Source : Pensées (1670)


  15. Ecoutez la chanson bien douce - Qui ne pleure que pour vous plaire, - Elle est discrète, elle est légère: - Un frisson d'eau sur la mousse!

    Auteur : Paul Verlaine - Source : Sagesse (1874), I, 16


  16. Le tranchant de la rancoeur est long à s'émousser.

    Auteur : Patrick Lapeyre - Source : La vie est brève et le désir sans fin (2010)


  17. Si vous cherchez la source du fleuve Yosthino, vous la trouverez dans les gouttes d'eau sur la mousse.

    Auteur : Proverbes japonais - Source : Proverbe


  18. Que ceci soit la pierre où votre épée s'aiguise ! Que la douleur se change en colère ! N'émoussez pas votre coeur, enragez-le !

    Auteur : William Shakespeare - Source : Macbeth (1605)


  19. Impossible de sortir on dirait, dit-il. Puis il ajoute : Mais on sortira. Au nord, entourée de lacs grands comme des océans, la forêt s’étend jusqu’au pied d’une chaîne de montagnes. Au milieu de la forêt, il y a un puits. Le puits fait environ sept mètres de profondeur et ses parois irrégulières forment une muraille de terre humide et de racines, son embouchure est étroite et sa base plus large, comme une pyramide vide et émoussée. De veines lointaines en galeries affluentes de la rivière, une eau sombre s’écoule au fond du lit, le tapissant d’un dépôt terreux et d’une boue piquée de bulles qui, en éclatant, restituent à l’atmosphère son parfum d’eucalyptus. Peut-être à cause du mouvement des plaques tectoniques, ou de la continuelle brise tourbillonnante, les petites racines s’agitent, se retournent et paradent en une danse lente et angoissante qui évoque les entrailles des forêts dirigeant lentement le monde.

    Auteur : Ivan Repila - Source : Le Puits (2013)


  20. Les cinq saveurs émoussent le goût de l'homme.

    Auteur : Lao-Tseu - Source : Tao tö King (1967)


  21. A vivre dans un monde tellement facile, notre sensibilité s'émousse peut-être.

    Auteur : Haruki Murakami - Source : 1Q84 (2011), avril - juin


  22. La patience émousse peu à peu les aspérités les plus rudes ; que rien donc ne l'épuise en vous.

    Auteur : Félicité Robert de Lamennais - Source : Le Livre du peuple (1837)


  23. Une énorme cravate en mousseline blanche dont le noeud prétentieux avait été cherché par un Beau pour charmer les femmes charmantes de 1809.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Le Cousin Pons (1847)


  24. En entrée: crème de mousse en purée. Ensuite: la mousse de purée de crème. Et comme dessert: prurée de crème en coulis.

    Auteur : Philippe Geluck - Source : Le chat, La cuisine des vieux


  25. Bière qui coule n'amasse pas de mousse.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Pensées, Sujets, Fragments (1910)


Les citations du Littré sur Mousse


  1. Mes sensations émoussées arrondissaient tous les objets et ne me présentaient que des images faibles et mal terminées

    Auteur : BUFF. - Source : Des sens.


  2. Pantagruel demandoit cependant à ung mousse de leur esquif....

    Auteur : François Rabelais - Source : Pant. IV, 48


  3. À la prière Devant et arrière, Depuis l'étrave jusqu'à l'étambord ; Réveille qui dort, [paroles du mousse à bord des pêcheurs de Dieppe pour appeler à la prière en commun]

    Auteur : LE HÉRICHER - Source : Hist. et Gloss. du normand, I, p. 189


  4. Si la doctrine rencontre les ames mousses, elle les aggrave et suffoque, masse crue et indigeste ; si desliées, elle les purifie volontiers, clarifie et subtilise jusqu'à l'exinanition

    Auteur : MONT. - Source : IV, 42


  5. La nature en ce lieu plus amie et plus douce Festonne les rochers d'arbustes et de mousse

    Auteur : LAMART. - Source : Joc. II, 75


  6. La mousse.... offre.... une chaude litière au renne, qui voiture et nourrit le Lapon

    Auteur : BERN. DE ST-PIERRE - Source : Harm. liv. I, Tabl. génér.


  7. Les arbres sont bien taillés, bien émoussés, les espaliers bien tenus

    Auteur : LAQUINTINYE - Source : Jardins, I, 4


  8. Les hommes portent l'habit bleu barbeau ou feuille morte, les collants de couleur claire, la cravate de mousseline blanche

    Auteur : A. DAUDET - Source : Journ. offic. 21 déc. 1874, p. 8466, 1re col.


  9. L'on peut connaître l'âge du chien par les dents, qui dans la jeunesse sont blanches, tranchantes et pointues, et qui, à mesure qu'il vieillit, deviennent noires, mousses et inégales

    Auteur : BUFF. - Source : Chien.


  10. Si le mouvement [de la terre qui tremble] se propage plus loin, ce n'est que par de petits trémoussements et de légères trépidations

    Auteur : BUFF. - Source : Add. th. terr. Oeuv. t. XIII, p. 46


  11. La mousse est une petite herbe frisée et crépue

    Auteur : LA QUINTINYE - Source : Jardins fruitiers, t. I, p. 109, dans RICHELET


  12. Tes faux biens sans attrait pour mes sens émoussés

    Auteur : C. DELAV. - Source : Paria, III, 4


  13. La hardiesse aussi bien que la peur font tremousser nos membres

    Auteur : MONT. - Source : I, 388


  14. La pauvre la Mousse a eu mal aux dents

    Auteur : Madame de Sévigné - Source : 78


  15. Quand l'arrêt du destin eut, durant quelques jours, à tant de cruautés permis un libre cours, Et que des assassins, fatigués de leurs crimes, Les glaives émoussés manquèrent de victimes

    Auteur : Voltaire - Source : Henr. III


  16. Si la doctrine rencontre les ames mousses, elles les aggrave et suffoque, masse crue et indigeste

    Auteur : MONT. - Source : IV, 42


  17. J'ay l'esprit tardif et mousse

    Auteur : MONT. - Source : II, 27


  18. Aux truffes, nous accouplerons les mousserons, potirons ou boulets, pour cueillir en nostre jardin ces fruits passagers et volontaires

    Auteur : O. DE SERRES - Source : 563


  19. Ç'avait été le célèbre M. Gleditsch, de l'académie de Prusse, qui avait tenté le premier d'élever des plantes dans la mousse ; je l'ignorais lorsque je tentai mes premières expériences

    Auteur : BONNET - Source : ib. p. 261


  20. Ils y contractaient une moisissure, une espèce de mousse qui les échauffait

    Auteur : RAYNAL - Source : Hist. phil. XVI, 17


  21. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles, que nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement ; s'ils y arrivent, ils en écachent la pointe, et appuient tout autour, plus sur le faux que sur le vrai

    Auteur : Blaise Pascal - Source : Pensées, t. I, p. 259, éd. Lahure.


  22. J'ai prins plaisir de veoir, en quelque lieu, des hommes, par devotion, faire voeu d'ignorance, comme de chasteté, de pauvreté, de penitence : c'est aussi chastrer nos appetits desordonnez, d'esmousser ceste cupidité qui nous espoinçonne à l'estude des livres, et priver l'ame de ceste complaisance voluptueuse qui nous chatouille par l'opinion de science

    Auteur : MONT. - Source : II, 195


  23. Si la doctrine les rencontre mousses [les âmes], elle les suffoque.... ; si desliées, elle les purifie volontiers, clarifie et subtilise jusques à l'exinanition

    Auteur : MONT. - Source : IV, 42


  24. On n'entend de son que par les trémoussements que les parties sonores de l'air reçoivent des divers corps qui les agitent

    Auteur : DUMARS. - Source : Oeuv. t. IV, p. 373


  25. À longs flots puisez l'allégresse Dans ces flacons d'un vin mousseux

    Auteur : BÉRANG. - Source : Mes cheveux.




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Mise à jour le samedi 7 février 2026 à 18h40










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