La définition de Tuer du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Tuer
Nature : v. a.
Prononciation : tu-é
Etymologie : Berry, cuer le feu, cuer la chandelle ; wallon, touwé ; provenç. tuar, tuer ; tudar, éteindre, étouffer ; bas-lat. tutare, éteindre. Du grec, tuer, n'a pu être indiqué que quand on ignorait les règles de l'étymologie ; il faut un mot qui rende compte du t ou d (tutare, tudar). Diez, écartant le germanique (goth. dauthjan, anc. haut-allem. tôtan, qui aurait donné en provençal daudar ou taudar, et en français touer), tire tuer du latin tutari, protéger, recouvrir pour protéger, puis étouffer : tuer le feu, qui serait l'emploi primitif, était, à l'origine le couvrir de cendres pour le maintenir ; d'où le sens d'étouffer qui s'est généralisé dans l'acception tuer. Mais tous les intermédiaires manquent pour appuyer un pareil écart de signification. L'origine est le latin tuditare, frapper, choquer, ou même tudare ; du moins du Cange a tudatus, marteau. Ici la forme et le sens sont d'accord. Le sens fondamental est frapper, assommer. Pour passer à éteindre, on a l'ancien texte qui dit : tenens cannam unam in manu sua, tutat lampadem unam, il frappe une lampe et l'éteint ; du langage ecclésiastiqne tutare a passé au sens d'éteindre dans le parler vulgaire ; de là le tudar, provençal, l'at-tutare, italien, lequel, figurément, a pris le sens d'amortir, apaiser. Enfin frapper est devenu sans peine donner la mort d'une manière violente.

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Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de tuer de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec tuer pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Tuer ?


La définition de Tuer

Frapper, assommer ; sens primitif, aujourd'hui tout à fait oublié.


Toutes les définitions de « tuer »


Trésor de la Langue Française informatisé


TUER, verbe trans.

I. ? Empl. trans. Qqn/qqc. tue qqn/qqc. (à, dans ... par qqc.)
A. ? Qqn/qqc. tue qqn (+ compl. désignant souvent l'arme utilisée).Faire mourir de mort violente, causer la mort de quelqu'un.
1. Qqn tue qqn (+ compl. prép.)
a) Donner volontairement la mort à quelqu'un, lui ôter la vie. Synon. assassiner, exécuter, supprimer; (vx, p. plaisant.) occire, trucider; (pop.) crever, démolir, descendre, étendre, flinguer, liquider, zigouiller.« Ils s'étaient juré leur foi De s'épouser sitôt que serait mort le maître Et le tuèrent dans son sommeil d'un coup traître » (Verlaine, ?uvres compl., t. 1, Jadis, 1884, p. 381).Avec un mortier. Elle a tué sa tante. Un gros mortier familial ? ils sont maintenant introuvables (Colette, Pays connu, 1949, p. 177).
? Empl. abs. Ôter la vie. Quand vous ne tuez pas pour manger, vous tuez par passe-temps ou par habitude, et votre empire n'est qu'un immense charnier (Ménard, Rêv. païen, 1876, p. 46).La violence n'est nullement la guerre. Un soldat ne ressemble pas du tout à un bandit qui tue pour s'enrichir (Alain, Propos, 1921, p. 191).
? ART MILIT. Se faire tuer. Mourir au combat. Voici donc (...) la seule raison pour laquelle des milliers de jeunes Français tuent et se font tuer en Indo-Chine (L'Humanité, 19 janv. 1952, p. 1, col. 3-4).Il est nécessaire que l'enseignement militaire trouve des méthodes spécifiques, puisqu'on y apprend d'abord, selon la terminologie usitée, à tuer et à ne pas se faire tuer (Serv. milit. et réforme arm., 1963, p. 48).Impers., au passif. Il fut tué beaucoup de gens dans la dernière bataille (Littré).
? Empl. abs. Tue! tue! [,,Cri par lequel les soldats s'excitaient autrefois au carnage`` (Lar. Lang. fr.)] Tir à tuer. Tir au but exécuté par des tireurs d'élite, avec une arme munie d'une lunette de visée. Demain ou après-demain, qu'adviendra-t-il si, une nouvelle fois, les Casques bleus français sont les victimes choisies de ce qu'ils appellent déjà les « tirs à tuer »? (Le Point, 8 mai 1978, p. 64, col. 1).
? Proverbes. Quand l'un dit tue, l'autre dit assomme. Renchérir sur. (Dict. xixeet xxes.). Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage (Dict. xixeet xxes.).
? Loc. adj., vieilli. Raisons, objections à tuer chiens. Raisons, objections qui ne sont que des prétextes. (Ds DG).
SYNT. Tuer qqn à coups de bâton, d'un coup de couteau, à coups de pistolet, de révolver, d'un coup de fusil, d'un coup de poignard, d'un coup de sabre, d'épée; tuer net, raide; tuer son adversaire en duel; tuer en asphyxiant, en étouffant, en étranglant, en noyant; tuer qqn en lui coupant/tranchant le cou, la tête, en lui cassant/rompant/tordant le cou, en le passant par les armes; tuer un adversaire en traître, traîtreusement (dans son lit, dans son sommeil); tuer qqn de sang-froid; tuer qqn avec préméditation; tuer un blessé, un mourant; tuer un criminel; tuer son enfant/son frère/sa mère/son père/sa femme/un roi/un tyran; tuer à petit feu.
b) Causer la mort de quelqu'un; commettre un homicide involontaire, par imprudence. On tue les somnambules quand on leur crie leur nom, même dans une langue étrangère (Giraudoux, Siegfried, 1928, i, 6, p. 45).On peut être tué dans un tournoi, mais seulement par accident, comme dans une course automobile, un match de boxe ou un assaut d'escrime (Jeux et sports, 1967, p. 11).
c) [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal] Faire mourir volontairement de mort violente; mettre à mort. Le matador tue le taureau. Faire périr, détruire (des animaux nuisibles ou incommodes). Tuer des insectes. [César] porte à la main une petite raquette en toile métallique, pour tuer les mouches (Pagnol, Fanny, 1932, i, 1ertabl., p. 7).
? BOUCH. Assommer à mort, égorger un animal de boucherie. Tuer un b?uf au fusil, d'un coup de merlin; tuer des moutons, des volailles; un cochon bon à tuer/à être tué. Il n'y a rien pour le dîner, ce soir (...). Ce matin, Tricoter n'avait pas encore tué (...) Il devait tuer à midi. Je vais moi-même à la boucherie (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 23).C'est par saignée à la gorge qu'on tue toujours ces animaux et le sang est entièrement recueilli pour la préparation du boudin (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 60).
? CHASSE. Tuer du gibier, des lièvres, des perdrix. Pour chasser le crocodile, on l'attire avec un cochon de lait qui crie, puis on lui bouche les yeux avec des boulettes d'argile; enfin, on le tue commodément et sans péril (Arnoux, Rêv. policier amat., 1945, p. 76).Il faut ordinairement charger son fusil à balle ou à grosses chevrotines, pour le tuer [le loup] plus aisément. Cependant on le tuerait avec du plomb en le tirant de très près, ce que j'ai vu plus d'une fois (La Hêtraie, Chasse, vén., fauconn., 1945, p. 161).
? [À l'occasion d'un sacrifice] Tuer un animal. Immoler, sacrifier un animal. Tuer n'est pas assassiner. Devant l'autel où brille une flamme épurée, Le bouc impur se change en victime sacrée (Hugo, Cromwell, 1827, p. 322).
? Loc. verb.
? Tuer le cochon. Abattre un cochon, à domicile, et procéder à la préparation immédiate de jambons, rillettes, saucisses, boudins dans une ambiance de fête et donnant lieu à des réjouissances. Aujourd'hui, il y a comme ça (...) la grosse Laure Duvernet qui va à la ferme des Glorias aider à tuer le cochon (Giono, Regain, 1930, p. 14).
? Tuer le veau* gras. Tuer la poule aux ?ufs d'or. V. poule I A 4.Tuer le ver*. Tuer les mouches au vol/tuer les mouches à quinze pas. V. mouche I C 4.
? [Dans un sens affaibli] Vieilli. Tuer son cheval (sous soi). Synon. épuiser, crever (fam.).Vous tuez votre cheval de le mener toujours au grand galop (Ac. 1835, 1878). À galoper comme cela, vous allez tuer votre cheval (Nouv. Lar. ill.).
? P. métaph. J'ai parlé imprudemment (...) des restaurations des tableaux du Musée: le grand Véronèse, que ce malheureux Villot a tué sous lui (Delacroix, Journal, 1853, p. 84).
d) P. anal. [Le compl. d'obj. dir. désigne un végétal] Abîmer, saccager. Un des plus sûrs moyens de tuer un arbre est de le déchausser et d'en faire voir les racines (Joubert, Pensées, t. 1, 1824, p. 346).J'ai le respect du pain. (...) Les moissons m'ont été sacrées, je n'ai jamais écrasé une gerbe, pour aller cueillir un coquelicot ou un bluet; jamais je n'ai tué sur sa tige la fleur du pain (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 36).
e) Au fig. Faire disparaître quelqu'un dans son rôle, sa qualité. Jubin rédigeait un journal par autorité de Justice. C'est-à-dire que les propriétaires le voulaient mettre à la porte, s'apercevant qu'il tuait l'abonné; mais la Justice a ses idées (...) et elle maintenait Jubin (Veuillot, Odeurs de Paris, 1866, p. 35).Le gros négociant veut tuer le petit (Hamp, Champagne, 1909, p. 125).Effacer, détruire l'empreinte laissée par une personne, un peuple. L'Allemagne veut propager sa civilisation par la force. Elle veut tuer notre vie spirituelle propre. Ils ne viennent pas seulement tuer nos vivants, mais tuer nos morts, les empêcher de continuer leur immense action dans le monde (Barrès, Cahiers, t. 11, 1918, p. 350).Faire oublier, surpasser quelqu'un. Tuer un auteur, son modèle, son original. Sarah Bernhardt (...) par son sublime même, tuait autour d'elle tous les autres interprètes (Mauriac, Bloc-Notes, 1955, p. 173).
? Synon. de étouffer.Le poëte [Sainte-Beuve] a été tué par le critique, par le lettré curieux que brûlait le feu de tout comprendre et de tout expliquer (Zola, Doc. littér., Sainte-Beuve, 1881, p. 217).
f) P. exagér. Tuer qqn (avec qqc.).Fatiguer, incommoder extrêmement. Il me tue avec ses compliments, ses criailleries; cet enfant me tue. Il avait souvent dit: « Ils me tueront, avec leur système de chauffage! » (Renard, Journal, 1900, p. 566).
2. Qqc. tue qqn
a)
?) [Le suj. désigne la cause (arme, projectile, substance mortelle) de la mort] Dans la reliure du volume, tu vois cette poudre grise que j'ai rapportée? Une pincée en tue son homme dans le quart d'heure (Montherl., Malatesta, 1946, iv, 9, p. 532).
?) [Le suj. désigne un élément naturel: la foudre, le cyclone, le feu, la mer...] La mer, en grande artiste, tue pour tuer, et rejette aux rochers ses débris, avec dédain (Renard, Journal, 1887, p. 4).
?) [Le suj. désigne le chagrin, la maladie] Le gentilhomme est à la mort. C'est une de ces âmes tendres qui, ne connaissant pas la manière de tuer le chagrin, se laissent toujours tuer par lui (Balzac, Gobseck, 1830, p. 422).Il y a cent ans, une épidémie de peste a tué tous les habitants d'une ville de Perse (Camus, Peste, 1947, p. 1323).
?) [Le suj. désigne le temps, la vie] La vie nous tue tous les jours un peu: pour Dieu, ne l'aidons pas à nous achever plus vite (Fromentin, Dominique, 1863, p. 143).Et s'il est vrai que toutes [les heures] blessent et la dernière tue, ainsi que l'affirme le cadran de la tour, les blessures du moins ne déchirent pas, mais endorment (Arnoux, Abisag, 1919, p. 309).
?) P. anal. [Le compl. d'obj. dir. désigne un animal, une espèce du monde animal] Détruire, exterminer. Ce procédé tue les ferments lactiques et les microbes pathogènes, mais respecte les spores des ferments de la caséine (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 242).Les produits arsenicaux tuent le doryphore (Davau-Cohen1972).
?) [Le compl. d'obj. désigne une plante] L'air gelé devient résistant, palpable tant il fait mal (...) il mord, traverse, dessèche, tue les arbres, les plantes (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Amour, 1886, p. 738).
b) P. exagér.
?) Excéder, épuiser de fatigue. Ce travail l'a tué. Tous les plaisirs tuent, et sont aimés (Alain, Propos, 1914, p. 187).
?) Faire succomber moralement, désespérer. Ennui, secrets, souvenirs, impuissance, solitude qui tue(nt) qqn. Il est des injures qui tuent moralement leur homme si elles restent impunies, et qui cependant ne peuvent se réparer par la voie des tribunaux (Proudhon, Guerre et paix, 1861, p. 219).Et elle répétait, le corps plein d'un deuil qui la tuait de stupeur: ? Qu'y a-t-il d'autre que l'amour... (Noailles, Nouv. espér., 1903, p. 116).
? P. anal. [Le suj. désigne notamment un élém. de la vie intellectuelle ou morale] L'esprit humain ne répugne pas trop à l'erreur, mais il est maladroit de la lui servir à trop forte dose; alors elle tue ou n'agit pas (Cousin, Hist. philos. mod., t. 1, 1846, p. 80).Si le contradictoire et l'absurde tuaient, nous mourrions tous au sortir du ventre maternel (Arnoux, Solde, 1958, p. 111).
?) Mettre en difficulté pécuniaire. Synon. écraser.Il me serait impossible de grappiller cette année dix mille francs sur mon ambassade. Les frais d'établissement me tuent (Chateaubr., Corresp., t. 5, 1822, p. 281).
?) Fam. Faire taire, stupéfier. Môssieu, que j'y lui ai répondu, c'est pas la position qui dégrade l'homme... Ça l'a tué (Méténier, 1887ds Larch. Suppl. 1889, p. 246).
B. ? Qqn/qqc. tue qqc.
1. Qqn tue qqc. (+ compl. prép.)
a)
?) Vieilli ou région. (Touraine). Éteindre. Tuer le feu (DG). Tuer la chandelle (Rougé, Folkl. Touraine, 1949).
?) Tuer le goût de qqc. Étouffer, altérer le goût d'un mets, d'une boisson, d'un aliment par quelque chose de plus fort. (Dict. xxes.).
b) P. métaph. ou au fig. Étouffer, faire cesser, faire taire. Tuer un bruit, une légende, un désir, une initiative; tuer l'action, l'avenir, la confiance, la foi, l'imagination, la liberté, la pensée; tuer la monarchie, la république, la révolution, les institutions. Le banqueroutier, l'adroit capteur de successions, le banquier qui tue une affaire à son profit ne produisent que des déplacements de fortune (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 716).Tu as un peu de la voix des prophètes lorsque tu ne te noies pas dans les âneries des théoriciens qui t'entourent, lesquels tuent toute grandeur, toute générosité, toute poésie (Jammes, Corresp.[avec Gide], 1902, p. 191).
? SPECTACLES. Faire échouer. Il suffit qu'un acteur se « désaccorde » pour tuer un spectacle. Il y a là quelque chose de comparable à une conversation où l'interlocuteur parle à quelqu'un qui n'écoute pas (Arts et litt., 1936, p. 64-12).
? [P. méton. du suj.] Tes yeux dépassent tous les ciels (...) Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence (Éluard, Donner, 1939, p. 69).
? Loc. verb.
? Tuer (le temps) (fam.). Occuper, passer le temps (en l'absence de toute autre occupation). J'entrai au cercle, espérant rencontrer un camarade avec qui tuer un peu de nuit avant d'aller me coucher (Bourget, Physiol. amour mod., 1890, p. 9):
1. Le mieux que nous ayons à faire, c'était de tuer le temps en attendant... En attendant quoi? Je suivais d'un regard hébété les hommes casqués qui couraient sur la pelouse d'un vert agressif, et je me répétais avec anxiété: tuer le temps! Alors que nous n'avons pas une heure à gâcher. Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 314.
P. anal. Tuer l'ennui. Aux Jacobins les coups de dix heures retentirent (...) d'un geste instinctif, tous, pour tuer l'attente, tirèrent leur montre du gousset, la réglant (Estaunié, Simple, 1891, p. 38).
? Tuer (qqc.) dans l'?uf*.
c) ALIM. Provoquer un accident dans la fabrication (d'une boisson, notamment du cidre) qui se traduit par une coloration noire et une perte de saveur (d'apr. Clém. Alim. 1978).
d) TECHNOL., FORAGE. Tuer un puits. Vaincre la pression des fluides rencontrés dans un forage (d'apr. Pétrol. 1964).
2. Qqc. tue qqc.
a) Causer la disparition de quelque chose, avoir raison de quelque chose. Le train a tué la diligence; les grandes surfaces ont tué le petit commerce. Lorsque naît une grande invention, il semble qu'on soit saisi de peur et qu'obligatoirement, pour reprendre l'expression de Victor Hugo « ceci doive tuer cela ». On a craint que le disque tue le livre (Disque Fr., 1963, p. 5).P. métaph. Mon père, qui n'est pas domestique, ménage avec des frissonnements qui font mal, un pantalon de casimir noir, qui a avalé déjà dix écheveaux de fil, tué vingt aiguilles, mais qui reste grêlé, fragile et mou! (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 63).
b) Anéantir; détruire, ruiner. Tuer l'intérêt de qqc.; tuer l'honneur, la carrière de qqn. Toute révolution politique, dit M. Cousin, est une idée qui se réalise, c'est-à-dire une idée qui abroge une idée antérieure, qui la tue (Proudhon, Créat. ordre, 1843, p. 219).Il était d'autant plus difficile aux successeurs de faire du neuf que vingt ans de copie industrielle avaient tué chez le grand public le goût de la nouveauté (Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 172).
? [P. réf. à l'oppos. lettre, mot/pensée et p. réf. à la loc. la lettre tue, l'esprit vivifie tirée de la 2elettre aux Corinthiens (3, 6)] J'appelle erreur ce qui tue, et vérité ce qui vivifie (L. Daudet, Stup. XIXes., 1922, p. 272).Le Saint Père a vécu chez nous. Il sait de quels fonds intégristes montent certaines dénonciations, et que l'intégrisme, c'est la Lettre devenue virulente, la Lettre qui tue (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1959, p. 266).
c) BEAUX-ARTS. [En parlant d'un effet, d'une couleur éclatante, d'une lumière trop vive qui en affaiblit un/une autre] Atténuer , neutraliser. Le fond tue les figures [dans les Lutteurs de Courbet], et il faudrait en ôter plus de trois pieds tout autour (Delacroix, Journal, 1853, p. 19).La patine que cet or prend en vieillissant ne fait pas toujours mauvais effet, car elle tue le brillant de l'or employé; le seul ennui, c'est que l'effet futur est très aléatoire (Closset, Trav. artist. cuir, 1930, p. 50).
II. ? Empl. pronom.
A. ? réfl. Qqn se tue
1.
a) S'ôter la vie. Synon. se suicider, se donner la mort (v. donner I C 1 a ?), se noyer, se pendre, se poignarder, se brûler*, se faire sauter* la cervelle, se loger*, se tirer une balle* dans la tête, (se) faire hara-kiri*, se détruire (fam.), se supprimer (fam.), se zigouiller (arg.).Se tuer pour échapper au déshonneur, à la torture. Elle ouvrit la fenêtre pour se tuer ou se sauver; elle n'en savait rien (A. France, Jocaste, 1879, p. 137):
2. Schopenhauer invite chaque homme, non pas au suicide matériel, mais à une mortification de tous ses désirs. Il ne s'agit pas de se donner la mort. « Quiconque se tue, veut la vie: il ne se plaint que des conditions sous lesquelles elle s'offre à lui ». La volonté de vivre persiste. Or c'est elle qu'il faut anéantir ou, du moins, endormir. Théol. cath.t. 4, 11920, p. 1272.
? Rare. [D'une manière virtuelle] Le suicide est comparable au geste désespéré du rêveur pour rompre son cauchemar. Celui qui par effort se tire d'un mauvais sommeil, tue; tue son rêve, se tue rêveur (Valéry, Tel quel II, 1943, p. 114).
b) Trouver la mort dans un accident. Synon. fam. se casser, se rompre le cou*.Se tuer dans un accident (d'avion, de train, du travail); se tuer en tombant d'un toit; se tuer en montagne, en mer; se tuer au volant de sa voiture. L'enfant pencha le buste hors de la fenêtre sans répondre et ses deux pieds quittant le sol, elle poussa un cri de terreur. ? Tu pourrais te tuer, galopin, fit-elle (Bernanos, Crime, 1935, p. 851).
2. Fam. [Dans un sens affaibli]
a) Se donner beaucoup de mal, se fatiguer à l'extrême; compromettre sa santé. Se tuer à l'ouvrage, au travail, à la peine; se tuer à force de travail, à force de boire; se tuer de travail; se tuer à plaisir; se tuer pour élever ses enfants, pour entretenir sa famille. Je viens de la machine. Ils se tuent pour tenir la vitesse. La chaufferie est à modifier complètement... Et moi, j'ai promis d'arriver coûte que coûte (Peisson, Parti Liverpool, 1932, p. 83).En se tuant à la tâche, sans équipement, les paysans ne peuvent parvenir à un volume de production qui leur procurera un revenu net susceptible de leur donner les avantages de la société moderne (Debatisse, Révol. silenc., 1963, p. 162).
? Se tuer à + inf.S'évertuer inutilement à. Se tuer à faire des remontrances à qqn, à lui répéter toujours la même chose. J'ai tout vendu! Mon Dieu! Tout vendu! (...) Je me tue à te dire! Tout au « Crédit Lémenthal »!... à Monsieur Rambon! Tu le connais bien? Au contentieux! Y avait plus autre chose à faire! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 547).
Rem. Hanse ds Dupré 1972 note: ,,L'expression se tuer de s'est employée autrefois [...] avec le sens parfois discutable de « faire incessamment ». Son ami se tuait de lui dire [...] Ce tour semble sorti de l'usage courant. On dirait se tuer à``.
b) Empl. réfl. indir. Se tuer (telle partie du corps) à. S'abîmer (telle partie du corps) à. Il y a en ce moment, des millions de pauvres enfants, enfermés dans des salles froides, qui se tuent les yeux et l'esprit à épeler le monde sur de sales bouts de papier (Zola, Contes Ninon, 1864, p. 291).Se tuer (l'esprit, l'âme) à. Se fatiguer à l'extrême à. Il y a manière pour un artiste de vivre de son corps sans se tuer l'âme dans ce métier-là (Sand, Maîtres sonneurs, 1853, p. 296).
3.
a) P. exagér. Se tuer l'un l'autre, les uns les autres. Synon. s'entre-tuer, s'entr'égorger.[Gervaise] saisit enfin l'une des boucles, une poire de verre jaune; elle tira, fendit l'oreille; le sang coula. Elles se tuent! Séparez-les, ces guenons! dirent plusieurs voix (Zola, Assommoir, 1877, p. 398).
? [En parlant d'un endroit où l'affluence est excessive] La pièce nouvelle a un succès fou, on s'y tue (Ac.1935).
b) P. anal., BEAUX-ARTS. Se ternir, s'affaiblir mutuellement. Ces lumières se tuent. Ces deux nuances se tuent mutuellement, elles se ternissent l'une l'autre (Littré). Dans ce tableau simplifié (...) tout ce que le peintre a voulu exalter se manifeste beaucoup plus nettement que dans la composition où tous les éléments se contredisent, se nuisent, se tuent (Arts et litt., 1935, p. 84-08).
B. ? à sens passif
1. Qqn se tue.[Le suj. désigne un animal] Être, devoir, pouvoir être tué. Les b?ufs se tuent avec un maillet de fer, les porcs avec un couteau (Besch.1845-46).
2. Qqc. se tue.Être détruit, effacé. Le temps, le chagrin se tuent par le travail, l'étude, les voyages (Besch.1845-46).
Prononc. et Orth.: [t?e], (il) tue [ty]. Homon. tu. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1140 « ôter (à quelqu'un) la vie d'une manière violente » (Grand mal fit Adam, éd. H. Suchier, 9); ca 1200 « égorger ou assommer (des animaux de boucherie) » (Nardin, Lexique comparé des fabliaux de Jean Bedel); 1559 tué subst. « personne qui a été tuée » (Amyot, Vies, Galba, 33 ds Littré); b) 1553 la bouche qui ment, tue (lat. occidit) l'ame (Bible de l'imprimerie Gerard, Sap 1, 11); 1690 « faire périr (les plantes, en parlant du froid) » (Fur.); c) ca 1276 soi tuer « compromettre sa santé » (Adam de La Halle, Jeu d'Adam, 1003 ds T.-L.); 1462 se tuer de (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 1813); 1633 se tuer de « se donner beaucoup de peine pour » (Corneille, Veuve, III, 4); 1659 se tuer à (La Mesnardière, Poésies ds Livet); 1538 se tuer « se donner la mort » (Est., s.v. manus sibi afferre); 1718 se tuer « être tué par accident » (Ac.); 2. a) 1468 tuher « éteindre (un feu) » (doc. de Vienne ds Gdf. Compl.); b) ca 1140 tuer (qqn) « faire perdre connaissance » (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 541); ca 1150 soi tuer « s'évanouir » (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 6004); ca 1160 soi tuer « provoquer en soi un état de prostration » (Eneas, 4901 et 4929 ds T.-L.); ca 1165 soi tuer « faillir mourir » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 22137, ibid.); c) 1549 tuer qqn « importuner extrêmement (en parlant d'un récit ennuyeux, etc.) » (Est.); 1608 tuer le tans « s'amuser à des riens » (Régnier, Satyres, VIII, 118, éd. G. Raibaud, p. 85); d) 1616 tuer (l'espoir) « faire disparaître, anéantir » (D'Aubigné, Tragiques, éd. E. Réaume et De Caussade, t. 4, p. 221); e) 1746 tuer (une couleur) « en détruire l'effet par un contraste (terme de peinture) » (Marsy, Dict. de peint. et d'archit., t. 2, p. 289); f) 1752 se tuer (en parlant du cidre) « noircir après avoir été tiré du tonneau » (Trév.). Continue le lat. pop. *tutare, lat. class. tutari « protéger, garantir de », qui semble être devenu synon. de exstinguere « éteindre » et « tuer ». On trouve dès le 1ers. les expr. tutare famem, sitim synon. de extinguere famem, sitim « éteindre la faim, la soif », cf. aussi a. prov. tu(d)ar « éteindre, tuer », ital. attutare, stutare « éteindre; adoucir, calmer ». Le sens de « éteindre » a été conservé en fr. class. de même que dans certains parlers de la Bretagne à la Savoie. V. aussi occire. Fréq. abs. littér.: 9 163. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 11 999, b) 13 543; xxes.: a) 14 750, b) 12 597.
DÉR. 1.
Tuable, adj.,fam. a) Qui peut être tué, qui mérite d'être tué. Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté; nous ne sommes plus qu'incarcérables (Courier, Pamphlets pol., Au réd. « Censeur », 1819, p. 11).b) Bon à tuer pour être consommé. Ce cochon est tuable. Ces poulets sont tuables (Besch. 1845-46). ? [t?abl?], [tyabl?]. Att. ds Ac. 1762-1878. ? 1resattest. a) 1566 [éd.] « qu'on peut tuer » (H. Estienne, Apologie pour Hérodote, p. 266 ds Gdf. Compl.), b) 1812 « bon à tuer (en parlant d'un animal) » (Mozin-Biber); de tuer, suff. -able*.
2.
Tuage, subst. masc.a) ?) Action de tuer. Le tuage d'un b?uf, d'un cochon. Au fig. [P. réf. à la loc. verb. tuer le ver*] L'un et l'autre éméchés un brin par le tuage matinal du ver (La Petite lune, 1878-79, no45, p. 3). ?) ,,Prix que l'on donne pour faire tuer un animal de boucherie`` (Flick 1802). b) Technol., forage. [Corresp. à supra I B 1 d] ,,Opération par laquelle on supprime un puits de pétrole au moyen d'explosifs`` (Rob. 1985). Le système de sécurité pour le « tuage » des puits en cas d'accident (Sciences et Avenir,avr. 1981,p. 34, ibid.).? [t?a?], [tya:?]. ? 1resattest. 1200-20 tuage « redevance que l'on payait pour l'abattage du bétail » (Peage de Sens ds Bibl. Éc. Chartes, t. 27, p. 292), 1680 « abattage du bétail » (Rich.), 1802 « prix que l'on donne pour faire tuer un animal de boucherie » (Flick); de tuer, suff. -age*.
BBG. ? Bonan Garrigues (M.), Élie (J.). Essai d'anal. sémique... Cah. Lexicol. 1971, no19, pp. 88-89. ? Foster (Br.). The Semantic history of « tuer ». In: [Mél. Girdlestone (C. M.)]. Newcastle, 1960, pp. 107-123. ? Gohin 1903, p. 348. ? Nyrop (Kr.). Le Verbe tuer. In: Nyrop (Kr.). Ling. et hist. des m?urs. Paris, 1934, pp. 274-279. ? Quem. DDL t. 25. ? Vising (J.). Ét. étymol. sur fr. tuer... In: [Mél. Rajna (P.)]. Firenze, 1911, pp. 395-405.

TUER, verbe trans.
Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1140 « ôter (à quelqu'un) la vie d'une manière violente » (Grand mal fit Adam, éd. H. Suchier, 9); ca 1200 « égorger ou assommer (des animaux de boucherie) » (Nardin, Lexique comparé des fabliaux de Jean Bedel); 1559 tué subst. « personne qui a été tuée » (Amyot, Vies, Galba, 33 ds Littré); b) 1553 la bouche qui ment, tue (lat. occidit) l'ame (Bible de l'imprimerie Gerard, Sap 1, 11); 1690 « faire périr (les plantes, en parlant du froid) » (Fur.); c) ca 1276 soi tuer « compromettre sa santé » (Adam de La Halle, Jeu d'Adam, 1003 ds T.-L.); 1462 se tuer de (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 1813); 1633 se tuer de « se donner beaucoup de peine pour » (Corneille, Veuve, III, 4); 1659 se tuer à (La Mesnardière, Poésies ds Livet); 1538 se tuer « se donner la mort » (Est., s.v. manus sibi afferre); 1718 se tuer « être tué par accident » (Ac.); 2. a) 1468 tuher « éteindre (un feu) » (doc. de Vienne ds Gdf. Compl.); b) ca 1140 tuer (qqn) « faire perdre connaissance » (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 541); ca 1150 soi tuer « s'évanouir » (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 6004); ca 1160 soi tuer « provoquer en soi un état de prostration » (Eneas, 4901 et 4929 ds T.-L.); ca 1165 soi tuer « faillir mourir » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 22137, ibid.); c) 1549 tuer qqn « importuner extrêmement (en parlant d'un récit ennuyeux, etc.) » (Est.); 1608 tuer le tans « s'amuser à des riens » (Régnier, Satyres, VIII, 118, éd. G. Raibaud, p. 85); d) 1616 tuer (l'espoir) « faire disparaître, anéantir » (D'Aubigné, Tragiques, éd. E. Réaume et De Caussade, t. 4, p. 221); e) 1746 tuer (une couleur) « en détruire l'effet par un contraste (terme de peinture) » (Marsy, Dict. de peint. et d'archit., t. 2, p. 289); f) 1752 se tuer (en parlant du cidre) « noircir après avoir été tiré du tonneau » (Trév.). Continue le lat. pop. *tutare, lat. class. tutari « protéger, garantir de », qui semble être devenu synon. de exstinguere « éteindre » et « tuer ». On trouve dès le 1ers. les expr. tutare famem, sitim synon. de extinguere famem, sitim « éteindre la faim, la soif », cf. aussi a. prov. tu(d)ar « éteindre, tuer », ital. attutare, stutare « éteindre; adoucir, calmer ». Le sens de « éteindre » a été conservé en fr. class. de même que dans certains parlers de la Bretagne à la Savoie. V. aussi occire.

Tuer au Scrabble


Le mot tuer vaut 4 points au Scrabble.

tuer

Informations sur le mot tuer - 4 lettres, 2 voyelles, 2 consonnes, 4 lettres uniques.

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tuer

Les mots proches de Tuer

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Mots du jour


Barbarie     Écobueur     Insignifiance     Endurer     Vêpres     Régurgiter     Prescriptible     Menuise     Riboteur, euse     Perle     

Les citations avec le mot Tuer


  1. Mes fraudeurs de parents aimaient viscéralement l'argent. Pas comme une chose inerte qu'on planque dans un coffre ou que l'on possède inscrit sur un compte. Non. Comme un être vivant et intelligent qui peut créer et tuer, qui est doué de la faculté de se reproduire. Comme quelque chose de formidable qui forge les destins. Qui distingue le beau du laid, le loser de celui qui a réussi.

    Auteur : Hannelore Cayre - Source : La Daronne


  2. Qui dit instant fatal... il suffit d'un instant pour détruire, pour jouir, pour tuer, pour se faire tuer.

    Auteur : Jean-Paul Sartre - Source : Sans référence


  3. L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique.

    Auteur : Albert Einstein - Source : Sans référence


  4. Pour faire un mot drôle, je tuerais père et mère. Heureusement que je suis orphelin.

    Auteur : Marcel Achard - Source : Patate (1954)


  5. Connaître l'humain, c'est non pas le retrancher de l'Univers, mais l'y situer. Toute connaissance [...] doit contextualiser son objet pour être pertinente. « Qui sommes-nous ? » est inséparable d'un « Où sommes-nous, d'où venons-nous, où allons-nous ? »

    Auteur : Edgar Morin - Source : La Tête bien faite, Paris, Seuil, (1999)


  6. Te casse pas la tête. La guerre, la paix, c'est égal. - C'est égal? dit Jacques étonné. Va donc dire ça aux millions d'hommes qui se préparent à se faire tuer.

    Auteur : Jean-Paul Sartre - Source : Les chemins de la liberté (1945), le sursis


  7. Tout pasteur sait que le mot « tuer » est employé plus de mille fois dans la Bible et que, dans la plupart des cas, les meurtriers se vantent de leur acte et en rendent gloire à Dieu.

    Auteur : Ivan Alekseïevitch Bounine - Source : La Nuit


  8. Oh ma jeunesse laisse à ma joie de vivre la force de te tuer.

    Auteur : Jacques Prévert - Source : Fatras (1966)


  9. On a recours au burin pour perpétuer la mémoire du bien qu'on fait, et l'on n'a pas même un crayon pour tracer sur le vélin mobile le bien qu'on reçoit.

    Auteur : Goswin Joseph Augustin, baron de Stassart - Source : Pensées, maximes, réflexions, observations (1855)


  10. L'homme est une entreprise qui a contre elle le temps, la nécessité, la fortune, et l'imbécile et toujours croissante primauté du nombre. Les hommes tueront l'homme.

    Auteur : Marguerite Yourcenar - Source : L'Oeuvre au noir (1968)


  11. L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer.

    Auteur : Blaise Pascal - Source : Pensées (1670), 347


  12. Ils disaient (les Troglodytes): «Qu'ai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont je ne me soucie point?»

    Auteur : Charles de Secondat, baron de Montesquieu - Source : Lettres persanes (1721)


  13. Si la société a le droit de nous tuer, nous l'avons bien aussi sur nous-mêmes. Qu'y a-t-il de plus souverain sur nous que nous-mêmes ?

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Pensées, Sujets, Fragments (1910)


  14. Pour séduire l'administration faut tuer. Mais tuer qui ? Parce que ça paraît facile comme cela... Mais quand on est célibataire...

    Auteur : Michel Audiard - Source : Archimède le clochard (1959) de Gilles Grangier


  15. Je parle d'un pays où la lecture peut rendre fou. Où les livres risquent de blesser, d'empoisonner, et même de tuer.

    Auteur : Walter Moers - Source : La cité des livres qui rêvent (2006)


  16. La jalousie est un poison composé des passions les plus violentes, de toutes ces passions dont la moindre remplit la vie d'un homme et le dévore sans le tuer, comme le vautour de la Fable.

    Auteur : Alphonse Karr - Source : Clothilde (1839)


  17. Tous les régimes qui ont tué des hommes sont morts parce qu'ils croyaient qu'ils pouvaient continuer à tuer impunément ; tous sont morts de présomption. La Fraternité ne peut y échapper. C'est la punition de Dieu. C'est quand ils se croiront plus forts qu'ils tomberont dans la poussière.

    Auteur : Mohamed Mbougar Sarr - Source : Terre Ceinte (2014)


  18. Les hommes le plus souvent se querellent pour des mots. C'est pour des mots qu'ils tuent et se font tuer.

    Auteur : Anatole France - Source : Sans référence


  19. Plantez systématiquement des chrysanthèmes dans votre jardin. A cela deux avantages: s'habituer à l'inévitable cimetière, apprendre l'orthographe d'un mot difficile.

    Auteur : Denis Langlois - Source : N'avouez jamais, on pourrait vous croire, Voix d'encre n° 34 (mars 2006)


  20. Tuer le temps n'est pas aussi difficile que ça en a l'air. Je peux me tirer une centaine de chiffres dans la poitrine et regarder saigner les virgules décimales dans le creux de ma main. Je peux arracher les chiffres d'une pendule et observer les aiguilles faire tic, tic, tic, jusqu'à leur dernier tac avant que je m'endorme. Je peux suffoquer quelques secondes simplement en retenant mon souffle. J'ai tué des minutes pendant des heures et personne n'a l'air de s'en inquiéter.

    Auteur : Tahereh Mafi - Source : Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas


  21. Tuer convainc mieux les gens que n'importe quoi d'autre.

    Auteur : Alfred Elton Van Vogt - Source : Le Monde des non A


  22. Violent, agressif, le féminisme pouvait être tout ce qu'on voulait, mais il n'avait jamais tué personne. Contrairement au masculinisme qui, non content de dominer, tuait tous les jours. Que ce soit dans les violences conjugales, l'iniquité des lois de certains pays qui condamnaient les femmes lorsque c'était l'homme qui avait commis la faute, les vengeances familiales pour le prétendu honneur, les agressions de rue ou les tueries purement misogynes. Où les femmes étaient tuées parce qu'elles étaient des femmes.

    Auteur : Nicolas Beuglet - Source : Complot (2019)


  23. Le souci de l'homme et de son destin doit toujours constituer l'intérêt principal de tous les efforts techniques; ne jamais l'oublier au milieu des diagrammes et des équations.

    Auteur : Albert Einstein - Source : Sans référence


  24. Il avait appris en faisant la guerre que les hommes de l'art n'existaient pas. On en apprenait tous les jours. Ou l'on se faisait tuer.

    Auteur : Douglas Reeman - Source : Capitaine de pavillon (1999) (sous le pseudonyme d'Alexander Kent)


  25. Les moutons vont à l'abattoir, ils ne disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais au moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le petit bourgeois qui les mangera.

    Auteur : Octave Mirbeau - Source : La Grève des électeurs (1902)


Les citations du Littré sur Tuer


  1. Conçoit-on que Moïse ait pu instituer des mémoriaux sensibles d'un événement.... ?

    Auteur : ABADIE - Source : dans VOLT. Phil. Examen import. ch. II


  2. Nous avons tâché de restituer l'antique idiome des Romains

    Auteur : BOUCHAUD - Source : Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. V, p. 83


  3. On se donne beaucoup, dans ce pays-là [Genève], le passe-temps de se tuer ; voilà quatre suicides en six semaines

    Auteur : Voltaire - Source : Lett Damilaville, 9 avr. 1767


  4. Mais si très bien nous nous esvertuerons, Que devant toi noz advers tuerons

    Auteur : J. MAROT - Source : V, 18


  5. Tuer un homme sans connaissance de cause

    Auteur : MONT. - Source : III, 195


  6. Puis prirent le portier et le tuerent si paisiblement qu'oncques ne dit mot

    Auteur : Jean Froissard - Source : I, I, 131


  7. Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même

    Auteur : MAINTENON - Source : Lett. à Mme la duch. de Ventadour, 14 juin 1715


  8. Le sort, qui s'appelle en hébreu phur, fut jeté dans l'urne devant Aman, pour savoir en quel mois et en quel jour on devait faire tuer toute la nation juive

    Auteur : SACI - Source : Bible, Esther, III, 7


  9. Lefit de Montauban, qui estoit katholique, descouvrit l'affaire et y fit tuer plusieurs mauvais garçons [braves soldats]

    Auteur : D'AUB. - Source : Hist. II, 62


  10. La silice, une des terres les plus abondantes, fait la base des pierres les plus dures qui paraissent constituer le noyau du globe

    Auteur : FOURCROY - Source : Conn. chim. t. II, p. 136


  11. Dion proposait-il des voies d'accommodement avec Denys, on le soupçonnait d'intelligence avec ce prince ; cessait-il d'en proposer, on disait qu'il voulait éterniser la guerre, afin de perpétuer son autorité

    Auteur : BARTHÉLEMY - Source : Anach. ch. 60


  12. J'ai pensé me tuer depuis trois mois, afin d'achever un morceau que je veux y mettre [dans l'Esprit des lois].... je vous jure que cela m'a coûté tant de travail, que mes cheveux en ont blanchi

    Auteur : Montesquieu - Source : Lett. à Mgr Cerati, 18 mars 1748


  13. Et ainsi instituerent les Florentins leurs prieurs des arts et conseil des anciens

    Auteur : A. CHART. - Source : l'Esperance, p. 315


  14. Prendre son ply [s'habituer]

    Auteur : MONT. - Source : I, 107


  15. Cambyse, ne pouvant darder Crésus, dit à ses serviteurs de le prendre et le tuer

    Auteur : P. L. COUR. - Source : II, 158


  16. La jument accoustumera l'asnon [s'habituera à le nourrir]

    Auteur : O. DE SERRES - Source : 311


  17. De là vient la peine qu'on a de situer dans l'histoire grecque les rois qui ont eu le nom d'Assuérus, autant inconnu aux Grecs que connu aux Orientaux

    Auteur : BOSSUET - Source : Hist. I, 7


  18. Que la mort des humains est attachée à peu de cas, puisqu'une espingle est suffisante pour nous tuer

    Auteur : YVER - Source : 623


  19. Présenter des notions vagues pour des démonstrations exactes, c'est substituer de fausses lueurs à la lumière

    Auteur : D'ALEMB. - Source : Élog. Bernoulli.


  20. Il est vrai que la vie de Paris me tuerait en huit jours ; il y a plus d'un an que je suis en robe de chambre

    Auteur : Voltaire - Source : Lett. Richelieu, 11 juillet 1770


  21. Voilà où se fit la tuerie [au passage du Rhin] qu'on aurait, comme vous voyez bien, évitée, si l'on avait su l'envie que ces gens-là avaient de se rendre ; mais tout est marqué dans l'ordre de la Providence

    Auteur : Madame de Sévigné - Source : 152


  22. Stuart Mill] résume une tendance sociale qui ne saurait jamais réellement aboutir qu'à instituer, au nom de la capacité, la domination des médiocrités ambitieuses à l'exemple du régime chinois

    Auteur : A. COMTE - Source : Cours de philos. positive, t. VI, p. 533


  23. Il n'y trouva meilleur conseil que de s'appliquer du poison et de tuer ses jambes

    Auteur : MONT. - Source : II, 25


  24. Il fit tout tuer sans remis sion

    Auteur : D'AUB. - Source : Hist. I, 336


  25. Trois cents personnes et davantage esteintes, donnerent le premier exemple aux uns pour tuer impunement, aux autres pour n'esperer point de misericorde

    Auteur : D'AUB. - Source : Hist. I, 130




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Mise à jour le mercredi 11 février 2026 à 15h23










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