Définition de « païen »


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NOM genre (m) de 2 syllabes
Une définition simple : (fr-accord-en|pa.j)

  • Qui adore les faux dieux, les idoles. Il se dit principalement par opposition à Chrétien. - Les prêtres païens. - Les philosophes païens. Substantivement, - Un païen. - Une païenne.

  • Qui est relatif au paganisme. - Une religion païenne. - Les superstitions païennes. - Un temple païen.

  • (ext) Qui agit comme un païen, comme un impie. - Mener une vie païenne. - Substantivement, - C’est un vrai païen.

  • (fam) … - Jurer comme un païen, Proférer beaucoup de jurons, jurer horriblement.


    Définitions de « païen »


    Trésor de la Langue Française informatisé


    PAÏEN, PAÏENNE, subst. et adj.

    I. ? Substantif
    A. ?
    1. HIST. DES RELIG.
    a) Personne qui pratiquait une des religions polythéistes de l'Antiquité. Avec leur ribambelle de dieux, les païens n'étaient pas si bêtes: ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l'illusion d'une grossière entente avec l'invisible (Bernanos,Journal curé camp., 1936, p.1045).
    b) En partic. Personne qui pratiquait une des religions polythéistes gréco-latines de l'Antiquité. Les chrétiens admirent que chez les païens une innocente soit apparue pour racheter sa race, et s'ils lèvent leur regard du texte, ils voient Antigone au milieu des anges (Barrès,Voy. Sparte, 1906, p.84):
    1. ... les anciens gaulois, nos aïeux, adoraient (...) le ciel et la terre, le vent, les eaux ?et, par-dessus tout, le grand Teutatès, qui est le Saturne des païens. Flaub.,Bouvard, t.1, 1880, p.112.
    2. Combien parmi nous, qui rendent un culte à la Sainte Vierge, osent se souvenir que le plus célèbre monument des païens était dédié à la pureté? Le Parthénon: le temple de la jeune fille... Paulhan,Fleurs Tarbes, 1941, p.194.
    2. [P.oppos. à chrétien] Personne qui est adepte d'une religion polythéiste ou fétichiste. Prier pour la conversion des païens:
    3. Y a-t-il aujourd'hui des païens? Au moins deux grandes religions, l'hindouisme (six cents millions de fidèles) et le shintoïsme (cent millions) relèvent de la définition classique du paganisme (polythéisme, culte des images, mythologie, ritualisme). Quid 1982, p.47.
    B. ? Personne dont l'attitude religieuse, morale ou intellectuelle s'inspire des religions polythéistes de l'Antiquité. Ma femme (...) va à la messe du dimanche (...). Moi, j'ai toujours été païen. On ne peut pas aimer la nature comme je l'aime, et Jésus-Christ (Montherl.,Pitié femmes, 1936, p.1182):
    4. ?Eh bien, oui, ?avouait fièrement Rémonville, ?je suis païen! ?Et, d'un ton mi-sérieux, mi-badin, du ton d'un homme d'esprit contant un miracle auquel il croit: ?Mon cher, il y a eu un savant, c'est-à-dire un Allemand, qui a nié à Munich, dans une brochure très-savante, la divinité solaire d'Apollon... savez-vous comment il est mort? Tué d'un coup de soleil!... Goncourt,Ch. Demailly, 1860, p.177.
    C. ? P.ext., le plus souvent péj. Personne qui ne croit en aucun dieu. Synon. athée; anton. croyant.Coupeau ne voyait guère la nécessité de baptiser la petite (...). Moins on avait affaire aux curés, mieux ça valait. Mais maman Coupeau le traitait de païen (Zola,Assommoir, 1877, p.471).Il fallait faire tomber sur l'île la grâce de Dieu. Depuis une année les gens vivaient comme des païens! Personne, depuis une année, n'avait reçu l'hostie dans la bouche! (Queffélec,Recteur, 1944, p.188).
    ? Loc. verb. Jurer comme un païen. Jurer ou blasphémer continuellement. «(...) dis-moi, as-tu battu ta mère?» À cette question, mon cavalier s'agite, lève de grands bras, jure comme un païen et s'écrie: «Monsieur le curé, vous vous f... de moi!» (A. France,Orme, 1897, p.58).
    II. ? Adjectif
    A. ?
    1. HIST. DES RELIG.
    a) [En parlant d'une pers.] Qui pratiquait une des religions polythéistes de l'Antiquité. Synon. idolâtre.Les tribus franques, restées païennes, avaient des chefs qui n'étaient pas disposés à obéir au parvenu converti (Bainville,Hist. Fr., t.1, 1924, p.24).
    b) [En parlant d'un inanimé concr.] Relatif aux religions polythéistes de l'Antiquité. Sur ce rocher bizarre un temple païen a précédé l'église épiscopale, des cultes se sont succédé des pèlerinages ont afflué (Vidal de La Bl.,Tabl. géogr. Fr., 1908, p.289).La tora d'Israël proscrit nombre de rites païens, associés à la cruauté ou à l'impudicité (Weill,Judaïsme, 1931, p.83).
    2. Qui pratique une religion polythéïste ou fétichiste. En Afrique, en Amérique (Peaux-Rouges, Indiens d'Amazonie) et dans le Pacifique vivent des populations qui sont restées païennes mais dont l'influence décroît face à l'islam et au christianisme (Quid 1982, p.47).
    B. ?
    1. [En parlant d'une pers.] Dont l'attitude religieuse, morale ou intellectuelle s'inspire des religions polythéistes de l'Antiquité. Me voilà bien embarrassé, mon cher Godefroy. C'est donc à un pèlerin de la Salette que vous demandez ce qu'il pense de votre beau travail sur le poète païen Moréas! (Bloy,Journal, 1906, p.316).Quelqu'un a écrit que Jean de Meung fut un «devancier puissant des érudits païens et naturalistes du XVIIIesiècle» et qu'«il y a en lui le germe de Rabelais...» (Faral,Vie temps st Louis, 1942, p.252).
    2. Qui s'inspire des caractères du paganisme antique ou les évoque. Ce naturalisme respire non seulement dans les oeuvres franchement païennes de MmeJuliette Lamber, mais dans ses moindres nouvelles (Lemaitre,Contemp., 1885, p.137).
    C. ? P.ext.
    1. [En parlant d'une pers.] Qui ne croit en aucun dieu. Synon. athée, incroyant; anton. pieux, religieux.J'ai vu passer, dans ma première jeunesse, quelques ingénieurs païens, ou du moins très-profanes, et j'étais fixé dans le préjugé d'une sorte de mécréance polytechnique (Bloy,Journal, 1906, p.293).Tels sujets, qu'on pourrait croire indifférents au plus grand nombre, dans une société devenue païenne, éveillent au contraire l'intérêt et la sympathie (Mauriac,Journal 1, 1934, p.67).
    2. Qui est dénué de sens religieux. Aujourd'hui encore, le protestantisme juge qu'il est de son devoir de «réagir contre l'invasion de l'esprit païen dans l'Église» (Gilson,Espr. philos. médiév., 1932, p.213).
    REM. 1.
    Païennement, adv.,rare. De manière païenne. J'avais passé la semaine sainte trop païennement; les jours avaient été trop voluptueux (Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1907, p.92).
    2.
    Paganique, adj.Du paganisme antique. Et ne sont en vérité autre chose que faux Christs et faux prophètes, adorateurs de la pierre et du bois, forgeurs de plus de dieux qu'on n'en vit aux temps paganiques (Tharaud,Chron. frères enn., 1929, p.88).
    3.
    Pagano-, élém.représentant païen ou paganisme, formateur de mots comp. signfiant «(ce) qui possède à la fois les caractères du paganisme et ceux donnés par le 2eélément». a)
    Pagano-catholique, adj.Quel extraordinaire mariage [le carnaval de Rio] entre la tradition pagano-catholique la plus pure, l'apport africain et le passage d'une fête hivernale dans l'hémisphère Nord qui devient, en février, une fête estivale dans l'hémisphère Sud! (Le Nouvel Observateur, 22 oct. 1979, p.3, col. 2).
    b)
    Pagano-chrétien, -ienne, adj.Nous sommes même en mesure de découvrir un oracle dans cette pièce pagano-chrétienne (La Nef, 1967, no29, p.68).
    c)
    Pagano-christianisme, subst. masc.Joseph qui, levant son verre, nous résume le pagano-christianisme villageois local en une formule d'une saisissante simplicité: «Le repas, c'est la Cène» (Le Nouvel Observateur, 9 août 1980, p.42, col. 2).
    Prononc. et Orth.: [paj? ?], fém. [paj?n]. Ac. 1694-1740: payen; dep. 1762: païen, avec en 1835, 1878, une vedette de renvoi payen. Étymol. et Hist. A. Adj. 1. a) ca 881 «qui est adepte du polythéisme gréco-latin (opposé à chrétien*)» (Ste Eulalie, 21 ds Henry Chrestomathie, p.3: li rex pagiens); 1580 livres paiens (Montaigne, Essais, II, XIX, éd. P.Villey et V.-L. Saulnier, p.668); b) 1674 «dont le comportement, les goûts sont influencés par la civilisation gréco-latine» (Boileau, Art poétique, III ds OEuvres, éd. F. Escal, p.174: Ce n'est pas que j'approuve en un sujet Chrestien Un Auteur follement idolâtre et Payen); 2. ca 1100 «qui n'a pas encore été évangélisé» qualifie ici les Sarrasins (Roland, éd. J. Bédier, 2360: la paiene gent); 3. p.ext. début xiiies. [date du ms.] «impie» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 4539, var. ms. B: mult furent paien li humme de cel fié, Le bois unt l'arcevesque vendu et essillié); 2emoitié xviies. vie païenne et séculière (Bossuet, 1erSerm. Dim. de la Passion, 1 ds Littré). B. Subst. 1. a) ca 881 «adepte du polythéisme gréco-latin» (Ste Eulalie, 12: ... Maximiien Chi rex eret a cels dis soure pagiens); b) p.ext. 1671, 29 avr. «personne dont le comportement s'inspire du paganisme antique» (Mmede Sévigné, Lettres, éd. E. Gérard-Gailly, t. 1, p.276); 2. ca 1100 «celui qui n'a pas encore été évangélisé» (Roland, 2460); 3. 1740 «mécréant» jurer comme un païen (Ac.). Du lat. paganus (de pagus, v. ce mot) proprement «du pagus, de la campagne, de village», empl. subst. «habitant du pagus, paysan, villageois»; employé à l'époque impériale au sens de «civil, bourgeois» opposé à «militaire» (Juvénal, Sat., XVI, 33; Tacite, Hist., 1, 53; 2, 14), p.ext. «amateur, profane» par rapport à un groupe soc. déterminé (celui des littérateurs professionnels, p.ex. ds Pline, Epist., VII, 25). Étant donné que dep. le iiies., les clercs se nommaient milites (Tertullien, Cast., 12), milites Dei (Cyprien, Ad Fort., 12), milites Christi (Id., Ep., 28, 2 ds Blaise Lat. chrét.) et désignaient par militia, militia Christi la milice chrét., la lutte pour la foi (Tertullien, Mart., 3; Cyprien, Ep., 56, 2; 58, 2, ibid.), ils furent amenés à utiliser le sens péj. de paganus «civil» pour qualifier ou désigner les païens: Tertullien, Idol., 20: pagana fides, ibid.; déb. ives., époque de l'édit de Milan, l'interprétation de pagana nata par «née païenne» (inscription de Catane, CIL t. X, no7112) est jugée possible par H. Grégoire et P.Orgels ds Mél. Smets [G.], 1952, pp.378-386; ca 355, M. Victorinus, In epist. Pauli ad Galatas, II, 3, ibid., p.379, note 3: qui [Titus] ... Graecus erat, id est paganus; cf. Augustin, Ep., 184 bis, 3, 5 ds Blaise Lat. chrét.: quos vel gentiles vel jam vulgo usitato vocabulo paganos appellare consuevimus. Le terme, évinçant gentiles, fut adopté par le style législatif au début du ves., époque où la législ. elle-même était devenue défavorable aux païens (409 loi de Honorius ds Code théodosien, XVI, 5, 46 ds Mél. Smets [G.], p.390, note 1). Cette hyp. paraît, du point de vue hist., préférable à celle, ant., qui faisait dériver païen de paganus au sens de «paysan» (en raison de la résistance de la population rurale au christ.), étant donné qu'au ives., la propagation du christ. occ. était loin d'être assez avancée pour que les paysans puissent être considérés comme les seuls païens et que ceux-ci soient désignés du nom de «paysans». V. aussi FEW t. 7, pp.466b-467a, Ch. Mohrmann ds Vigiliae christianae, t. 6, 1952, pp.109-121. Fréq. abs. littér.: 1071. Fréq. rel. littér.: xixes.: 1863, b) 1032; xxes.: a) 1957, b) 1233.
    DÉR.
    Païennerie, subst. fém.,rare, péj. a) Ensemble des caractères païens propres aux religions de l'Antiquité. Malatesta: Comment rire de ceux qui prennent force dans le Christ, alors qu'ils croient en lui, puisque moi je prends force, par exemple, dans le mythe d'Adonis (...)? Le Pape: Qu'est-ce que ce mythe d'Adonis? Je suis excédé de cette païennerie qu'on met partout aujourd'hui (Montherl.,Malatesta, 1946, II, 5, p.472).b) Entourage, environnement dénué de tout sens religieux. Mimi m'a quittée pour quinze jours; elle est à ..., et je la plains au milieu de cette païennerie, elle si sainte et bonne chrétienne! (E. de Guérin,Journal, 1835, p.75).? [paj?n?i]. ? 1resattest. a) ca 1485 «paganisme» payennerie (Mystère de St Adrien, éd. E. Picot, 7214), ca 1610 (Béroalde, Parvenir, Journal I, 74 ds Hug.), b) xves. [ms.] «troupe de païens, de gentils» (Vie de Ste Febronne, B.N. fr. 2096, fol. 29 rods Gdf.), ex. isolé, c) 1835 «groupe, société de personnes dont le comportement est inspiré par le paganisme gréco-latin» (E. de Guérin, loc. cit.), d) 1922 «vie dissolue» (Barrès, Jard. Oronte, p.40); de païen, suff. -erie*; cf. le dér. en -ie*, de sens voisin «terre, monde des païens» paienie (1155, Wace ds T.-L.), v. Nyrop t. 3, § 394.
    BBG. ?Pauli 1921, p.58 (s.v. païennement). _ Quem. DDL t. 7 (s.v. païennerie).


    Wiktionnaire


    Nom commun - français

    païen \pa.j??\ masculin (pour une femme, on dit : païenne)

    1. (Histoire, Religion) Nom péjoratif donné par les chrétiens aux personnes pratiquant les religions polythéistes de l'antiquité.
      • Avec leur ribambelle de dieux, les païens n'étaient pas si bêtes: ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l'illusion d'une grossière entente avec l'invisible (Georges Bernanos, Journal d'un curé campagne, 1936)
    2. (Religion) Personne qui pratique un paganisme, une sorte de polythéisme.
      • En outre, du fait de la conversion au christianisme de l'ancien païen Clovis et de l'ancien arien Sigismond de Bourgogne, l'autorité de l'Église devenait de plus en plus forte. (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    3. (Par extension) (Religion) Paillard ; mécréant ; athée ; personne impie.
      • De savants prêtres eux-mêmes m'ont dit spontanément qu'entre Carhaix et Huelgoat, dans l'arrondissement de Châteaulin, « vivent de véritables païens », des êtres d'une indépendance farouche, « des mécréants dont beaucoup, ne font même plus leurs Pâques ». (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
      • Des envies folles lui venaient de rosser Blanchette à coups de trique?; mais cela ne changerait rien à la situation, et, furibond il sacrait comme un païen pour se soulager un peu. (Louis Pergaud, L'Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
      • Le bruit des débauches du roi de Neustrie avait pénétré jusqu'en Espagne ; les Goths, plus civilisés que les Franks, et surtout plus soumis à la discipline de l'Évangile, disaient hautement que le roi Hilperik menait la vie d'un païen. (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1er récit : Les quatre fils de Chlother Ier ? Leur caractère ? Leurs mariages ? Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833, éd. Union Générale d'Édition, 1965)

    Adjectif - français

    païen \pa.j??\

    1. (Histoire, Religion) Qui est relatif au paganisme.
      • Un autre capitaine [?] se promenait avec une Bible et exploitait le goût des indigènes pour le merveilleux et leur penchant à discuter les légendes bibliques, qui par certains côtés ressemblent à leurs légendes païennes, [?]. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
      • Qui n'a même reconnu un vestige des anciens cultes païens dans ces libations faites à des fontaines sacrées que leurs propriétés curatives ont rendues célèbres ? (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
      • C'est ce qui permit à une minorité conquérante, politiquement et socialement dominante, de populations surtout chrétiennes, païennes et zoroastriennes, de consolider l'Islam et de soumettre rapidement les mondes sémitiques et iranien. (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L'Islam et l'État, 1987, traduction d'Odette Guitard, 1992)
    2. (Religion) Qui adore les faux dieux, les idoles, selon les chrétiens.
      • Les premiers chrétiens attendaient le retour du Christ et la ruine totale du monde païen, avec l'instauration du royaume des saints, pour la fin de la première génération. La catastrophe ne se produisit pas, [?]. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.165)
    3. (Par extension) (Religion) Impie, mécréant, athée.
      • ? Jamais je n'avais encore vu pareille chose, dit le père Renon, qui avait soixante-cinq ans. Pauvre monde ! On n'est pas des païens. Il fallait nous appeler. (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, page 94)
      • Le rapport qui existe entre la doctrine chrétienne et la rectitude des m?urs, Taine le lui avait montré : chaque fois que l'homme se fait païen, il se retrouve voluptueux et dur. (Abbé Paul Buysse, Vers la Foi catholique : L'Église de Jésus, 1926, page 189)
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    Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

    PAÏEN, ÏENNE. adj.
    Qui adore les faux dieux, les idoles. Il se dit principalement par opposition à Chrétien. Les prêtres païens. Les philosophes païens. Substantivement, Un païen. Une païenne. Il signifie aussi Qui est relatif au paganisme. Une religion païenne. Les superstitions païennes. Un temple païen. Il signifie, par extension, Qui agit comme un païen, comme un impie. Mener une vie païenne. Substantivement, C'est un vrai païen. Fam., Jurer comme un païen, Proférer beaucoup de jurons, jurer horriblement.

    Littré

    PAÏEN (pa-iin, iè-n'?; au XVIe siècle, on prononçait pa-ien, Palsgrave, p. 11?; au XVIIe, pèien, suivant Marg. Buffet, Observ. p. 169) adj.
    • 1Qui est du nombre des sectateurs du polythéisme antique. Les philosophes païens. Comme il était au milieu d'Athènes la païenne, Massillon, Carême, Templ. Tout était adoré dans le siècle païen, Racine L. Relig. ch. VI.

      Il se dit aussi de tous les peuples idolâtres. Les habitants de l'Inde, à part les musulmans, sont païens.

      S'est dit des mahométans, par opposition à chrétien, et même des hérétiques, par opposition à catholique.

      Les protestants l'ont aussi quelquefois appliqué à leurs adversaires catholiques, à cause du culte des saints.

    • 2Qui est relatif au paganisme. L'antiquité païenne. La religion païenne est sans fondement, Pascal, Pens. XIX, 7, éd. HAVET.
    • 3 Fig. Qui a le caractère païen, en parlant soit des personnes, soit des choses. La première raison de ceux qui, sous le nom de christianisme, mènent une vie païenne et séculière, c'est qu'il est d'une trop haute perfection de vivre selon l'Évangile, Bossuet, 1er serm. Dim. de la Passion, 1. Depuis le péché, l'esprit de l'homme est tout païen, Malebranche, Rech. vér. VI, II, 3. Ce n'est pas que j'approuve en un sujet chrétien Un auteur follement idolâtre et païen, Boileau, Art p. III. Le roi se serait fait adorer?; témoin sa statue de la place des Victoires et sa païenne dédicace, où il prit un plaisir si exquis, Saint-Simon, 406, 84.
    • 4 S. m. et f. Celui, celle qui adore plusieurs dieux. Un païen qui sentait quelque peu le fagot Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, Alla consulter Apollon, La Fontaine, Fabl. IV, 19. Qu'Apollon s'exprime en païen, Trouve-t-on cela fort étrange?? La Fontaine, Lettres, XXIV. La conversion des païens n'était réservée qu'à la grâce du Messie?; les Juifs ont été si longtemps à les combattre sans succès, Pascal, Pens. XVII, 8, édit. HAVET. Tous les païens disaient du mal d'Israël, Pascal, ib. XXIV, 49. L'abandon de Dieu paraît dans les païens?; la protection de Dieu paraît dans les Juifs, Pascal, ib. XX, 5 bis. Deux sortes d'hommes en chaque religion?: parmi les païens, les adorateurs des bêtes, et les autres, adorateurs d'un seul Dieu dans la religion naturelle, Pascal, ib. XV, 10 bis. Vous trouverez que les prêtres des païens eux-mêmes regardaient les richesses de leurs temples comme des dépôts sacrés, et les ressources des calamités publiques, Massillon, Confér. Us. des revenus ecclés.

      Dans le moyen âge, les chrétiens donnaient le nom de païens aux musulmans, malgré leur sévère monothéisme. Ce terme de païens avait rendu odieux Frédéric II, qui avait employé les Arabes dans ses armées, Voltaire, M?urs, 61.

    • 5 Fig. Celui, celle dont la religion a quelque chose du paganisme. Suivre sa volonté propre, c'est marcher dans sa voie et vivre en païen?; et suivre la volonté de Dieu, c'est marcher dans la voie de Dieu et vivre en chrétien, Nicole, Ess. mor. 2e traité, ch. 1. Il me dit que j'étais folle de ne point songer à me convertir?; que j'étais une jolie païenne?; que je faisais de vous une idole dans mon c?ur, Sévigné, 48. Nous jugeons en païens, nous agissons de même, Fénelon, t. XVIII, p. 29.
    • 6 Par extension, un impie. C'est un vrai païen.

      Jurer comme un païen, proférer d'horribles jurements.


    HISTORIQUE

    Xe s. Chi [qui] rex eret à cels dis [à ces jours] sovre pagiens, Eulalie. Li rex pagiens, ib.

    XIe s. N'i ad paien qui un sul mot responde, Ch. de Rol. II. Il veit venir cele gent paienur, ib. LXXVIII. [Il] Torna la teste vers la paiene gent, ib. CLXXI.

    XIIe s. Sulunc [selon] le usage paenur, creïd [il crut] en sorceries et en enchantemenz, Rois, p. 420. Bien trente milie livres [ils] ont de l'arceveschié, Estre [outre] tut ce qu'il ont eü et purchacié Des rentes à tuz cels qui erent déchacié?; Car mult furent paiens li humme de cel sié [de cet endroit], Th. le mart. 120. Ke Hastainz li paian out destruite et wastée, Rou, v. 2450. Tant a paianz atrait entre li altres gens, ib. v. 4977.

    XVe s. Et il avoit quis et queroit amour et alliance à un roi mescreant, et lui envoyoit dons et presents de fines toiles de Reims, qui sont moult plaisans aux païens et sarrasins, Froissart, III, IV, 50.

    XVIe s. Le zele [de notre religion] en arma plusieurs contre toute sorte de livres payens, de quoy les gents de lettres souffrent une merveilleuse perte, Montaigne, III, 80.

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    Étymologie de « païen »

    Du moyen français paien[1], de l'ancien français paien, pagien (IXe siècle), du latin classique p?g?nus, lui-même dérivé de p?gus (« bourg, district, canton »). Le terme de p?g?nus avait deux sens : villageois, et civil. Les chrétiens des IIIe et IVe siècles prirent l'habitude d'utiliser le sens péjoratif de p?g?nus (dans le sens de civil) pour nommer les adeptes des polythéismes antiques, par opposition à milites, nom donné aux clercs chrétiens[2].
    Possiblement aussi ????? / páein, « faire paître » parfois même « campagnard », du grec ancien ???, pân, neutre de ???, pâs (« tout »).
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    Provenç. pagan, paguan, paian?; esp. pagano?; portug. pag?o?; ital. pagano?; du latin paganus, paysan, de pagus, lieu de campagne, à cause que le paganisme persista plus longtemps parmi les gens de la campagne?; l'ancien culte est appelé religio paganorum dans une loi de Valentinien Ier, qui est de l'an 368 (Cod. Théod. XVI, II, 18)?; et Orose, dans sa préface, explique ce mot par ces paroles?: qui ex locorum agrestium compitis et pagis pagani vocantur. Paienur, paienor est le génitif pluriel conservé en ce mot et un très petit nombre d'autres dans la langue d'oïl?: gent paienor, gens paganorum.

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    PAÏEN, PAÏENNE, subst. et adj.
    Étymol. et Hist. A. Adj. 1. a) ca 881 «qui est adepte du polythéisme gréco-latin (opposé à chrétien*)» (Ste Eulalie, 21 ds Henry Chrestomathie, p.3: li rex pagiens); 1580 livres paiens (Montaigne, Essais, II, XIX, éd. P.Villey et V.-L. Saulnier, p.668); b) 1674 «dont le comportement, les goûts sont influencés par la civilisation gréco-latine» (Boileau, Art poétique, III ds OEuvres, éd. F. Escal, p.174: Ce n'est pas que j'approuve en un sujet Chrestien Un Auteur follement idolâtre et Payen); 2. ca 1100 «qui n'a pas encore été évangélisé» qualifie ici les Sarrasins (Roland, éd. J. Bédier, 2360: la paiene gent); 3. p.ext. début xiiies. [date du ms.] «impie» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 4539, var. ms. B: mult furent paien li humme de cel fié, Le bois unt l'arcevesque vendu et essillié); 2emoitié xviies. vie païenne et séculière (Bossuet, 1erSerm. Dim. de la Passion, 1 ds Littré). B. Subst. 1. a) ca 881 «adepte du polythéisme gréco-latin» (Ste Eulalie, 12: ... Maximiien Chi rex eret a cels dis soure pagiens); b) p.ext. 1671, 29 avr. «personne dont le comportement s'inspire du paganisme antique» (Mmede Sévigné, Lettres, éd. E. Gérard-Gailly, t. 1, p.276); 2. ca 1100 «celui qui n'a pas encore été évangélisé» (Roland, 2460); 3. 1740 «mécréant» jurer comme un païen (Ac.). Du lat. paganus (de pagus, v. ce mot) proprement «du pagus, de la campagne, de village», empl. subst. «habitant du pagus, paysan, villageois»; employé à l'époque impériale au sens de «civil, bourgeois» opposé à «militaire» (Juvénal, Sat., XVI, 33; Tacite, Hist., 1, 53; 2, 14), p.ext. «amateur, profane» par rapport à un groupe soc. déterminé (celui des littérateurs professionnels, p.ex. ds Pline, Epist., VII, 25). Étant donné que dep. le iiies., les clercs se nommaient milites (Tertullien, Cast., 12), milites Dei (Cyprien, Ad Fort., 12), milites Christi (Id., Ep., 28, 2 ds Blaise Lat. chrét.) et désignaient par militia, militia Christi la milice chrét., la lutte pour la foi (Tertullien, Mart., 3; Cyprien, Ep., 56, 2; 58, 2, ibid.), ils furent amenés à utiliser le sens péj. de paganus «civil» pour qualifier ou désigner les païens: Tertullien, Idol., 20: pagana fides, ibid.; déb. ives., époque de l'édit de Milan, l'interprétation de pagana nata par «née païenne» (inscription de Catane, CIL t. X, no7112) est jugée possible par H. Grégoire et P.Orgels ds Mél. Smets [G.], 1952, pp.378-386; ca 355, M. Victorinus, In epist. Pauli ad Galatas, II, 3, ibid., p.379, note 3: qui [Titus] ... Graecus erat, id est paganus; cf. Augustin, Ep., 184 bis, 3, 5 ds Blaise Lat. chrét.: quos vel gentiles vel jam vulgo usitato vocabulo paganos appellare consuevimus. Le terme, évinçant gentiles, fut adopté par le style législatif au début du ves., époque où la législ. elle-même était devenue défavorable aux païens (409 loi de Honorius ds Code théodosien, XVI, 5, 46 ds Mél. Smets [G.], p.390, note 1). Cette hyp. paraît, du point de vue hist., préférable à celle, ant., qui faisait dériver païen de paganus au sens de «paysan» (en raison de la résistance de la population rurale au christ.), étant donné qu'au ives., la propagation du christ. occ. était loin d'être assez avancée pour que les paysans puissent être considérés comme les seuls païens et que ceux-ci soient désignés du nom de «paysans». V. aussi FEW t. 7, pp.466b-467a, Ch. Mohrmann ds Vigiliae christianae, t. 6, 1952, pp.109-121.

    païen au Scrabble


    Le mot païen vaut 7 points au Scrabble.

    paien

    Informations sur le mot paien - 5 lettres, 3 voyelles, 2 consonnes, 5 lettres uniques.

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    Les rimes de « païen »


    On recherche une rime en J5 .

    Les rimes de païen peuvent aider les poètes et les paroliers à trouver des mots pour former des vers avec une structure rythmique cohérente, mais aussi pour jouer avec les mots et les sons, découvrir de nouvelles idées et perspectives ce qui peut être amusant et divertissant.

    Les rimes en j5

    Rimes de arien      Rimes de vietnamien      Rimes de nassérien      Rimes de tiens      Rimes de baudelairiens      Rimes de olympiens      Rimes de obstétriciens      Rimes de syriens      Rimes de précambrien      Rimes de martien      Rimes de comédien      Rimes de émilien      Rimes de bohémien      Rimes de hugoliens      Rimes de batraciens      Rimes de Iles Svalbard et Jan Mayen      Rimes de rosicrucien      Rimes de mongoliens      Rimes de jungien      Rimes de shakespearien      Rimes de tragédiens      Rimes de picassien      Rimes de iraquien      Rimes de mycéniens      Rimes de intervient      Rimes de épiscopalien      Rimes de corallien      Rimes de saharien      Rimes de bostonien      Rimes de cartésien      Rimes de contreviens      Rimes de historiens      Rimes de voltairien      Rimes de soutien      Rimes de bolivien      Rimes de nord-vietnamiens      Rimes de indiens      Rimes de simien      Rimes de barrésien      Rimes de nord-vietnamien      Rimes de uraniens      Rimes de éthiopiens      Rimes de saoudien      Rimes de eurasien      Rimes de poéticien      Rimes de oedipien      Rimes de agrarien      Rimes de draconien      Rimes de bostoniens      Rimes de viens     

    Mots du jour

    arien     vietnamien     nassérien     tiens     baudelairiens     olympiens     obstétriciens     syriens     précambrien     martien     comédien     émilien     bohémien     hugoliens     batraciens     Iles Svalbard et Jan Mayen     rosicrucien     mongoliens     jungien     shakespearien     tragédiens     picassien     iraquien     mycéniens     intervient     épiscopalien     corallien     saharien     bostonien     cartésien     contreviens     historiens     voltairien     soutien     bolivien     nord-vietnamiens     indiens     simien     barrésien     nord-vietnamien     uraniens     éthiopiens     saoudien     eurasien     poéticien     oedipien     agrarien     draconien     bostoniens     viens     


    Les citations sur « païen »

    1. Les journalistes me paraissent constitués comme les Dieux du Walhalla, qui se coupaient en pièces tous les jours, et se relevaient en parfaite santé tous les matins.

      Auteur : Edgar Allan Poe - Source : Marginalia (1850)


    2. Juge combien la science a d'avantages sur l'ignorance. Les autres vices apportent quelque profit à leurs sectateurs. L'ignorance seule n'attire que du mal aux siens qui souvent paient par des effets l'offense qu'ils ont faite en parole.

      Auteur : Isocrate - Source : A Démonicos


    3. La capacité de recommencement des femmes, et des hommes parfois, me terrasse, et m'émeut. C'est là, c'est donné, il suffit de regarder et d'écouter. Les femmes surtout, certaines, comme elles sont vaillantes, comme elles veulent y croire, et paient de leur personne, de tout leur corps qui fabrique les enfants, et les nourrit ; et elles se penchent, vêtent, nouent les écharpes, ajustent les manteaux, consolent vérifient admonestent caressent, ça ne finit pas. Comme elles sont dévorées et y consentent ou n'y consentent pas ou n'y consentent plus mais peuvent encore, font encore, parce qu'il le faut et que quelque chose en elles résiste, continue. C'est chaque jour et au bout des jours ça fait une vie.

      Auteur : Marie-Hélène Lafon - Source : Nos vies


    4. Le Tibre sépare les deux gloires: assises dans la même poussière, Rome païenne s'enfonce de plus en plus dans ses tombeaux, et Rome chrétienne redescend peu à peu dans ses catacombes.

      Auteur : François-René de Chateaubriand - Source : Mémoires d'outre-tombe (1848), Partie 2, Livre 14, Chapitre 7


    5. Les femmes rivalisèrent d'élégance pour envoyer un dernier salut à son plus grand zélateur (...) Elles s'étaient donné le mot et s'échappaient de leurs gondoles tendues de noir dans des tenues plus colorées les unes que les autres. Chacune avait choisi de porter la robe dans laquelle le peintre l'avait immortalisée dans ses tableaux, formant ainsi une mosaïque de ses oeuvres (...) Quel plus bel hommage pour un peintre que de voir réunis tous les modèles de ses toiles en un tableau vivant

      Auteur : Clélia Renucci - Source : Concours pour le paradis


    6. A l’abattage, les ouvriers étaient le plus souvent couverts de sang et celui-ci, sous l’effet du froid, se figeait sur eux. Pour peu que l’un d’eux s’adossât à un pilier, il y restait collé ; s’il touchait la lame de son couteau, il y laissait des lambeaux de peau. Les hommes s’enveloppaient les pieds dans des journaux et de vieux sacs, qui s’imbibaient de sang et se solidifiaient en glace ; puis une nouvelle couche s’ajoutait à la précédente, si bien qu’à la fin de la journée ils marchaient sur des blocs de la taille d’une patte d’éléphant.

      Auteur : Upton Sinclair - Source : La Jungle (1905)


    7. Le catholicisme laisse nue la beauté païenne, détourne la tête et dit : «Ne la regardez pas, c'est un péché». Le protestantisme la fourre dans un sac.

      Auteur : Remy de Gourmont - Source : Des pas sur le sable (1914)


    8. Le jansénisme des chrétiens, c'est le stoïcisme des païens, dégradé de figure et mis à la portée d'une populace chrétienne; et cette secte a eu des Pascal et des Arnauld pour défenseurs!

      Auteur : Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort - Source : Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes (1795)


    9. Quelques-uns se drapaient dans leurs amples manteaux andalous en drap kaki.

      Auteur : Pierre Dumarchey, dit Pierre Mac Orlan - Source : La Bandera (1931)


    10. La nuit de printemps était douce. Le fleuve du jour avait disparu. Changeait-il d’aspect au crépuscule, devenant ce monstre aquatique dont Mo n’osait s’approcher ? Des vagues luisantes enflaient sous la surface. Le mouvement convulsif se propageait loin, si loin, vers les étoiles floues derrière un voile de brume. On eût dit qu’une gigantesque anguille s’était emparée du fleuve, commandant chacun de ses mouvements, et jusqu’aux battements du cœur qui frappaient à grands coups désordonnés, fébriles, depuis que le clapotis diurne s’était tu.

      Auteur : Hélène Frappat - Source : Le dernier fleuve (2019)


    11. Je n’aime pas ceux qui utilisent la presse comme surface publicitaire, ceux qui s’en servent comme d’un domestique ou d’une arme tactique, ceux qui l’aiment tant qu’elle les flatte, ceux qui la menacent quand elle les dévoile, ceux qui la voudraient meilleure qu’ils ne sont, ceux qui la voudraient parfaite, ceux qui la paient ou qui se la paient. Je n’aime pas ceux qui lui font la morale, ceux qui étalent dedans leur immoralité et s’y barbouillent de contradictions, ceux qui y font carrière.

      Auteur : Philippe Lançon - Source : Les îles (2011)


    12. Elle s'était souvent dit que le mariage se résumait à une succession de défaites et de victoires, et fonctionnait mieux si les femmes subissaient les défaites, car, apparemment, les hommes ne supportaient pas les revers et ne développaient aucune propension à les accepter.

      Auteur : William Trevor - Source : Les Enfants de Dynmouth (1976)


    13. Je comparais les écrits des anciens païens qui traitent des moeurs, à des palais fort superbes et fort magnifiques qui n'étaient bâtis que sur du sable et sur de la boue.

      Auteur : René Descartes - Source : Discours de la méthode (1637)


    14. Les femmes ne participaient guère à la discussion. A l'époque, il était d'usage de complimenter une femme qui savait "merveilleusement écouter", réussir un gâteau ou créer une ambiance chaleureuse, mais pas parce qu'elle entretenait la conversation.

      Auteur : Amos Oz - Source : Une histoire d'amour et de ténèbres , 2002


    15. Il l'avait appris : les choix se font en l'espace de quelques secondes et se paient le reste du temps.

      Auteur : Paolo Giordano - Source : La Solitude des nombres premiers (2009)


    16. Au grenier, les lucarnes découpaient dans les murs des rectangles lumineux. Selon l'angle d'où je les regardais, ils changeaient de couleur. Allongée, ils étaient bleu-ciel; vert-feuille; debout, blancgravier-de-jardin. La lucarne arrière, c'était mon tableau de maître. Il existe des tableaux pivotants, des tableaux que l'on peut mettre la tête en bas, d'autres dont on fait varier l'inclinaison. Celui-là, sans y toucher, changeait du matin au soir.

      Auteur : Anne Bernard - Source : La Chèvre d'or


    17. La solution au problème budgétaire français est simple: distribuer la fortune nationale à tous les citoyens de façons qu'ils paient tous l'ISF!

      Auteur : Jean-François Kahn - Source : Dictionnaire incorrect (2005)


    18. Avec leur ribambelle de dieux, les païens n'étaient pas si bêtes: ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l'illusion d'une grossière entente avec l'invisible.

      Auteur : Georges Bernanos - Source : Journal d'un curé de campagne (1936)


    19. Cent livres de chagrin ne paient pas une once de dettes.

      Auteur : Proverbes italiens - Source : Proverbe


    20. Sa robe de taffetas lilas avait des manches à crevés, d'où s'échappaient des bouillons de mousseline.

      Auteur : Gustave Flaubert - Source : L'Education sentimentale (1869)


    21. Les pensées ne paient point gabelle.

      Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


    22. Seuls la mort et le sommeil innocentent les hommes. La naissance fait de nous des païens, et la vie des carnassiers ou des puceaux.

      Auteur : Philippe Bosser - Source : La Chanterelle (1981), Drôle de trame


    23. Il n'était pas nécessaire que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu'on leur demandait, c'était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu'il était nécessaire de leur faire accepter plus d'heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n'était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux les plus grands échappaient invariablement à leur attention.

      Auteur : George Orwell - Source : 1984 (1949)


    24. Tous les insignes distinctifs de son costume ont été décousus: non seulement ceux du col, mais aussi les galons sur les manches et sur le calot, laissant voir à l'emplacement qu'ils occupaient une petite surface de drap neuf, plus moelleuse.

      Auteur : Alain Robbe-Grillet - Source : Dans le labyrinthe (1959)


    25. Les rares nuits où l'Alarm n'avait pas sonné, la prévoyance du chef de camp remplaçait les alertes par des appels, parfaitement inutiles puisqu'ils doublaient ceux qui nous rassemblaient sur la place au retour du travail. Vers onze heures du soir, quand, rassurés par le silence et rompus de fatigue, nous étions enfin endormis, les cris des Stubendienste interrompaient notre repos. Il fallait s'habiller comme les autres nuits, gagner l'Appelplatz, s'aligner, immobiles, au garde-à-vous, attendre le signal de la dislocation. L'hiver, quand la neige tombait ou que soufflait le vent glacé du nord, l'appel se prolongeait deux ou trois, quelquefois cinq heures. Là, sous les faisceaux jaunes et glacés des projecteurs, douze mille hommes grelottants regardaient tomber les morts, sans qu'il leur fût permis de faire un geste, de se pencher sur eux, de leur dire un dernier adieu.

      Auteur : Louis Martin-Chauffier - Source : L'homme et la bête (1947)


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    Les mots proches de « paien »

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    Les mots débutant par pai  Les mots débutant par pa

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    Les synonymes de « paien»

    Les synonymes de païen :

      1. hérétique
      2. hérésiarque
      3. renégat
      4. apostat
      5. relaps
      6. dissident
      7. hétérodoxe
      8. incroyant
      9. mécréant
      10. infidèle
      11. impie
      12. idolâtre
      13. irréligieux
      14. sacrilège
      15. impénitent
      16. incrédule
      17. libertin
      18. athée
      19. scandaleux
      20. fétichiste

    synonymes de païen

    Fréquence et usage du mot païen dans le temps


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