La définition de Orgue du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Orgue
Nature : s. m.
Prononciation : or-gh'
Etymologie : Wallon, ôre : provenç. orgue ; espagn. órgano ; portug. Orgao (a accent long) ; ital. órgano ; du lat. órganum, instrument en général (voy. ).

Voir les citations du mot OrgueSignification du mot Orgue


Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de orgue de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec orgue pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Orgue ?


La définition de Orgue

Orgue hydraulique ou orgues hydrauliques, instrument de musique, dans lequel le vent était poussé dans les tuyaux par la pression de l'eau ; invention attribuée à Ctésibius, célèbre mathématicien d'Alexandrie, environ 120 ans avant l'ère chrétienne.


Toutes les définitions de « orgue »


Wiktionnaire


Nom commun - français

orgue \???\ masculin (mais féminin quand le mot est utilisé au pluriel pour faire référence à un unique instrument)

  1. (Orgues) Instrument de musique à vent, à clavier et à pédalier, composé de tuyaux de différentes sortes et de différentes grandeurs, alimentés d'air par des soufflets et que l'on fait résonner en appuyant sur les touches d'un ou de plusieurs claviers.
    • Au son de la cloche de la tour du palais, à Toulouse comme à Paris, le parlement se rendait en corps et en grand costume à la messe du Saint-Esprit, dite aussi la messe Rouge, pontificalement célébrée, avec orgue et musique, par un des évêques du ressort, officiellement invité par le premier président au nom du parlement. (Henri Bruno Bastard d'Estang, Les parlements de France: essai historique sur leurs usages, leur organisation et leur autorité, vol.1, page 147, Didier & Cie, 1857)
    • Hanser enseigna d'abord a Méhul les premières règles du contrepoint rigoureux, et le mit bientôt en état de le remplacer à l'orgue pour les offices du matin. (Castil-Blaze, Étienne Nicolas Méhul, dans la Revue de Paris, 1834, volume 1, page 24)
    • En 1973, quand le centre d'activités culturelles et de loisirs de Sully organisait son « florilège musical » en présentant un récital de guitare, un récital d'orgue et un concert de l'Ensemble instrumental Andrée Colson, tu n'étais pas intéressé encore ; [?]. (Colette Bissonnier, Chroniques du festival, Éditions Publibook, 2011, page 21)
    • Il ne pouvait entendre sans une pieuse émotion les anciennes hymnes catholiques, et sans une sorte de ravissement, certains sons de l'orgue. Il regardait avec une profonde admiration l'artiste qui, en promenant ses doigts sur les touches du gigantesque instrument, le faisait tantôt retentir comme la foudre, tantôt soupirer comme la brise printanière, tantôt gémir comme la voix humaine (Xavier Marmier, Histoire d'un pauvre musicien (1770-1793), 1866)
  2. Lieu élevé où les orgues sont placées dans une église.
    • II ouvrit la petite porte de la tour par où l'on monte aux orgues, [?]. Une fois dans les orgues, nous prîmes à gauche du soufflet, et nous montâmes jusqu'aux cloches. (Erckmann-Chatrian, Histoire d'un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
  3. (Par analogie) (Géologie) Colonnes prismatiques de basalte dont la disposition rappelle les tuyaux d'un orgue.
    • Les orgues de Murat.
    • Des orgues marines.
    • C'est la ville de Zadar qui a eu les premières orgues marines au monde ; elles émettent des sons musicaux uniquement sous l'effet du vent et des vagues.
  4. (Héraldique) Meuble représentant l'instrument à vent du même nom dans les armoiries. Il peut être représenté dans son ensemble quand il fait référence à un instrument spécifique, mais généralement, il est représenté sous la forme d'un ensemble de tubes accolés (dont le nombre peut être blasonné), de longueurs différentes.
    • Coupé, au premier de gueules à une ancre d'argent accostée de deux étoiles du même, au second d'argent à un orgue d'azur chaussé du même, qui est de la commune de Saint-Clément-de-Valorgue du Puy-de-Dôme ? voir illustration « armoiries avec un orgue »
  5. Meuble présentant une palette de produits.
    • Exemple d'utilisation manquant. (Ajouter)
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Littré

ORGUE (or-gh') s. m.
  • 1Orgue hydraulique ou orgues hydrauliques, instrument de musique, dans lequel le vent était poussé dans les tuyaux par la pression de l'eau?; invention attribuée à Ctésibius, célèbre mathématicien d'Alexandrie, environ 120 ans avant l'ère chrétienne. Voyez cette machine étonnante et magnifique, cet orgue hydraulique composé de tant de parties différentes, de tant de jointures, de tant de pièces formant une si grande masse de sons et comme une armée de tuyaux, et cependant tout cela pris ensemble n'est qu'un seul instrument, Tertullien, dans D'ORTIGUE, Dict. de plain-chant, Orgue.
  • 2Instrument de musique à vent, composé de tuyaux de différentes dimensions, communiquant d'une part à un ou plusieurs claviers et jeux de pédales, d'autre à un ou plusieurs soufflets. Toucher de l'orgue. Le pape Paul Ier envoie au roi des livres, des chantres et une horloge à roues?; Constantin Copronyme lui envoie aussi un orgue et quelques musiciens, Voltaire, Ann. Emp. Charlemagne, 766. Vous opposerez l'univers à la rue Saint-Jacques? peut être alors auront-ils quelque honte d'avoir cru que les orgues de la paroisse de Saint-Séverin donnaient le ton au reste du monde, Voltaire, Dict. phil. Géographie. Lorsque l'instrumentation n'avait pas encore acquis d'importance dans la musique d'église, l'orgue était presque le seul instrument dont on faisait usage pour ce genre de musique, Fétis, la Musique, II, 16. Il n'est personne qui, après avoir entendu un orgue de dimension suffisante, ne convienne que cet instrument est le plus puissant, le plus magnifique, le plus varié de tous, celui dont la conception est la plus merveilleuse, l'effet le plus grandiose, l'aspect le plus imposant, Lafage, Rapport fait à la Société libre des beaux-arts sur l'orgue de l'église royale de Saint-Denis. L'introduction de l'orgue en Europe doit être placée suivant Éginhart en 757?; à cette époque, Pépin reçut de l'empereur de Constantinople, avec d'autres présents, un orgue mécanique, De Laborde, Émaux, p. 418. L'orgue majestueux se taisait gravement Dans la nef solitaire, L'orgue, le seul concert, le seul gémissement Qui mêle aux cieux la terre, Hugo, Chants du crépuscule, 33. L'orgue? sacerdotal par sa destination, architectural par sa forme, chef-d'?uvre de l'esprit humain dans sa structure, D'Ortigue, Dictionnaire de plain-chant, Orgue.

    Orgue expressif ou orgues expressives, espèce d'orgue, construit de telle sorte que l'exécutant peut augmenter ou diminuer à volonté et graduellement l'intensité des sons.

    Orgue pneumatique, l'orgue ordinaire.

    Familièrement. Ils sont comme des tuyaux d'orgue, se dit de plusieurs enfants d'une taille inégale.

    Il est féminin au pluriel. De belles orgues. Clavier d'orgues.

    Fig. On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l'homme?; ce sont des orgues à la vérité, mais bizarres, changeantes, variables?; ceux qui ne savent toucher que les ordinaires ne seraient pas d'accord sur celles-là?; il faut savoir où sont les tuyaux, Pascal, Pens. XXV, 118, éd. HAVET.

  • 3Le lieu de l'église où sont les orgues. Aller à l'orgue, aux orgues. Il était dans l'orgue.
  • 4Buffet d'orgue ou d'orgues, la construction de menuiserie qui renferme toute la machine d'un orgue d'église.
  • 5Orgue de Barbarie, instrument portatif fait à l'instar de l'orgue, et mis en jeu au moyen d'un cylindre qu'on fait mouvoir. Debraux, dix ans, régna sur la goguette, Mit l'orgue en train et les ch?urs des faubourgs, Béranger, Ém. Debraux.

    Orgue de Barbarie est une corruption pour orgue de Barberi, fabricant de Modène.

    L'orgue de Barbaris s'est dit autrefois cabinet d'orgue.

  • 6 Terme de musique. Point d'orgue, trait de la partie chantante pendant lequel l'accompagnement est suspendu.

    Point d'orgue, signe qui indique un temps d'arrêt, soit pour un trait, soit simplement pour suspendre la mesure.

  • 7Ancien terme de fortification. Espèce de herse avec laquelle on fermait les portes d'une ville assiégée.
  • 8Ancien terme de guerre. Machine composée de plusieurs canons de mousquet attachés ensemble, dont on se servait pour la défense des brèches dans une ville assiégée.
  • 9Orgues géologiques, espèces de puits naturels.
  • 10 Terme de marine. Tuyau de plomb qui sert de conduite à l'eau des dallots, des gaillards et des ponts inférieurs.

    Se dit aussi des montants de la poupe.

  • 11Orgue de mer, nom vulgaire donné au polypier appelé par des naturalistes le tubipore musique (mers de l'Inde, mer Rouge, signalé aussi sur les côtes d'Amérique).
  • 12Le canard siffleur, anas penelope, L.

REMARQUE

Cette différence de genre du singulier au pluriel est un bien grand inconvénient, car on ne peut pas dire?: Cet orgue est un des plus beaux que j'aie vus. Autrefois l'Académie donnait le genre féminin aux deux nombres, et c'était bien plus naturel?; qu'on lui donne aujourd'hui le genre masculin aux deux nombres, si l'on veut, mais que du moins le genre soit constant, PAUTEX., Cette remarque est parfaitement juste. D'après Chifflet, Gramm. p. 250, orgue au singulier est mieux masculin, et au pluriel mieux féminin. Le meilleur parti à prendre pour rompre le moins possible avec la tradition serait de faire orgue des deux genres.


HISTORIQUE

XIIe s. Et David sunout [sonnait] une maniere de orgenes, ki esteient si aturné ke l'um les liout [liait] as espaldes celi kis [de celui qui les] sunout, Rois, p. 141.

XIIIe s. Es sauz [saules] pendismes nous nos orgres [organa], Psautier, f° 166.

XIVe s. Orgues seans et portatives, Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 752. Cuides tu que ce soyent des orgues Qu'on faict chanter à tous les dois?? Nat. à l'alch. 722. Et de tous instrumens le roi, Dirai ici comme je croi, Orgue?, Machaut, dans D'ORTIGUE, Dict. de plain-chant.

XVe s. Et là ouïs sonner et jouer des orgues aussi melodieusement comme je fis oncques?, Froissart, II, III, 15.

XVIe s. Elle faisoit conscience d'assister à une noce ou d'ouïr sonner d'orgues à une eglise, Marguerite de Navarre, Nouv. XXX. Fauconnaux, verses, fleutes, orgues [pièce d'artillerie], Paré, Préf. IX. Ny ame si revesche qui ne se sente touchée de quelque reverence à? ouïr le son devotieux de nos orgues, Montaigne, II, 363.


SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ORGUE. Ajoutez?: - REM. Les orgues géologiques ne sont pas des puits naturels?; ce sont des masses de basalte prismatique, imitant par leur disposition l'aspect d'un jeu d'orgues, comme les orgues de Bort (Corrèze), les orgues de Murat (Cantal)?; les masses de basalte en prismes verticaux qui, lorsqu'elles sont au fond des vallées ou dans la plaine, s'appellent chaussée basaltique, chaussée des géants, comme au pont de la Baume, (Ardèche) et dans la célèbre grotte de Fingal, prennent le nom d'orgues lorsqu'elles sont situées à une certaine hauteur, par exemple au sommet d'un mamelon ou d'une colline?; alors la ressemblance avec les jeux d'orgues des églises en est plus frappante, Castel, ingénieur en chef des mines à Rodez.

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Encyclopédie, 1re édition

ORGUE, s. m. (Instrument à vent.) c'est le plus grand & le plus harmonieux des instrumens de cette espece ; c'est pourquoi on lui a donné le nom d'orgue, ???????, qui signifie l'instrument par excellence.

L'invention des orgues est aussi ancienne, que leur méchanique est ingénieuse.

L'usage de l'orgue n'a commencé dans nos églises qu'après S. Thomas d'Aquin, en l'année 1250.

Le premier que l'on a eu en France fut donné en présent au roi Pepin par Constantin Copronyme en 1267.

On peut distinguer dans cet instrument deux sortes de parties, les intégrantes & les ministrantes. On traitera des unes & des autres dans la description suivante.

Description de l'orgue. L'orgue est composé d'un buffet de menuiserie plus ou moins enrichi de sculpture, qu'on appelle fût, voyez Fut ; de deux sommiers sur lesquels sont arrangés les tuyaux ; soit d'étain, de plomb ou de bois, d'un ou de plusieurs claviers. On donne le vent aux tuyaux par plusieurs grands soufflets ; il est conduit aux sommiers par des tuyaux de bois qu'on appelle porte-vents.

Il paroît par ce que nous venons de dire, que les matieres qui composent un orgue sont le bois, l'étain & le plomb, auxquelles on peut ajouter le cuivre pour la fabrique des anches, & le fer qui sert à deux usages, comme dans toutes sortes de machines.

L'ordre de sinthese demande qu'avant de décrire l'orgue, & d'en expliquer la facture, nous expliquions l'apprêt des différentes matieres qui le composent : nous commencerons par le bois.

Le bois dont on se sert dans la fabrique des orgues, est de deux sortes, par rapport aux différens emplois qu'on en fait. Celui qui est destiné pour faire les tuyaux de bois, les sommiers, les claviers, les abregés, doit être du chêne, connu sous le nom de bois d'Hollande, parce que c'est les Hollandois qui en font commerce. Le plus parfait ne sauroit être trop bon, principalement pour la fabrique des tuyaux & des sommiers. L'autre sorte de bois dont on se sert dans la fabrique des orgues, est connu sous le nom de bois de vauge ; c'est aussi du bois de chêne, mais moins parfait que celui d'Hollande. On s'en sert pour faire le buffet, & quelques parties de l'orgue qui ne demandent point du bois si parfait, comme par exemple, les tables des soufflets, &c.

L'étain dont on se sert dans la fabrique des orgues, est l'étain fin d'Angleterre : on peut cependant, à son défaut, en employer d'autre.

Le plomb est le plomb ordinaire. On réduit ces deux métaux en lames ou feuilles minces, longues & larges autant qu'il est besoin : ce qui se fait de la maniere suivante.

Maniere de couler les tables d'étain ou de plomb qui servent à faire les tuyaux d'orgue. On prépare une table (fig. 49. Pl. X. d'orgue) de bois de chêne aussi longue & aussi large qu'il est besoin ; on fait en sorte, au moyen de plusieurs barres clouées à la partie inférieure de la table, qu'elle soit inflexible : sur cette table, qui doit être parfaitement plane, on étend une piece de coutil que l'on attache sur les côtés avec des clous d'épingle, en sorte qu'elle soit bien tendue ; sur cette piece de coutil on en met une autre moins parfaite, ou même que l'usage a à-demi-usée, & la table est préparée.

On prépare ensuite le table représenté, fig. 60. Le rable est une caisse sans fond ABCDEF. Le côté AB du rable ne doit point porter sur la table, comme on le voit à la fig. 59. qui représente le rable en situation sur la table ; & le côté EDCF doit être plus élevé, afin de compenser l'inclinaison de cette table, que l'on incline plus ou moins, ainsi que l'on voit dans la figure, en la soutenant à une de ses extrémités par un tréteau G, & dans différens points de sa longueur, par des calles ou chantiers HHI ; & pour empêcher la table de couler sur ses appuis, on la retient par la partie supérieure, au moyen d'une corde K qui y est attachée, & qui est liée à un crampon scellé à la muraille de l'attelier.

La table ainsi préparée, & le rable placé dessus à la partie supérieure, on enduit les joints qu'il fait avec la table, d'une ou de plusieurs couches de blanc-d'Espagne détrempé dans de l'eau, afin de fermer parfaitement toutes les ouvertures que les petites inégalités du coutil pourroient laisser entr'elles & les parties du rable qui s'y appliquent.

Pendant toutes ces préparations, le métal que l'on se propose de couler en table, est en fusion dans une chaudiere de fer, semblable en tout à celle des plombiers. Lorsque c'est de l'étain que l'on veut couler, on jette dans la chaudiere un peu de poix-résine & de suif, tant pour purifier le métal, que pour revivifier les parties que l'ardeur du feu auroit pû calciner : on écume ensuite le métal fondu, en sorte qu'il ne reste plus de scories ; & lorsqu'il est refroidi au point qu'un papier ne s'y emflamme plus, on le puise avec une cuillere, & on le verse dans le rable, dont on a couvert le fond d'une feuille de papier pour garantir le coutil. Pendant cette opération, un ouvrier appuie sur le rable pour empêcher que la pesanteur du métal ne le fasse couler avant qu'il en soit suffisamment rempli.

On connoît qu'il est tems de tirer la table d'étain, lorsqu'on s'apperçoit qu'il commence à grener, c'est-à-dire lorsqu'il se forme de petits grains à sa surface, comme lorsqu'il commence à se figer ; au contraire, le plomb doit être tiré le plus chaud qu'il est possible, sans cependant qu'il puisse enflammer un rouleau de papier que l'on y plongeroit.

Pour tirer la table d'étain ou de plomb, on conduit le rable, rempli de métal fondu, le long de la table couverte de coutil, soit en le tirant en marchant à-reculons, ou en le poussant en marchant devant soi, & en appuyant sur le rable. Lorsqu'il est arrivé au bas de la table, on laisse tomber par terre ou dans une auge, qui est placée vis à-vis, le reste du métal.

Par cette opération le métal fondu que le rable contient, s'attache à la table, & y forme une feuille plus ou moins épaisse, selon que l'on a tiré le rable plus ou moins vîte, ou que la table est moins ou plus inclinée.

Les tables ainsi tirées, on les laisse refroidir. On ébarbe ensuite celles d'étain, dont les bords sont entourés d'un grand nombre d'aiguilles, qui blesseroient les ouvriers sans cette précaution : on les roule pour s'en servir, ainsi qu'il sera dit ci après On continue de même jusqu'à ce que la fonte soit épuisée.

Les plus grandes tables que l'on fasse de cette maniere sont de 16 piés de long, sur 3 piés de large, ou seulement de 18 pouces. Si les tuyaux sont de deux pieces, ainsi que cela se pratique ordinairement, lorsque les tuyaux ont une certaine grandeur ; on conçoit bien par conséquent que la table & le rable doivent être d'une grandeur proportionnée.

Lorsque le coutil dont la table est couverte est neuf, les tables qui sont coulées dessus sont ordinairement défectueuses, soit parce que l'humidité du coutil cause de petits bouillons, ou parce que les petits poils qui les rendent velues font le même effet, on est obligé de couper les tables, & de les remettre à la fonte.

Après que les tables ont été coulées, ainsi qu'il a été dit, on les forge, on plane sur un tas avec le marteau, représenté fig 62. Ce marteau est rond, plan par une de ses extrémités pour planer, & un peu convexe par l'autre pour forger. L'effet de ces deux opérations est d'écrouir le métal, & par conséquent en le rendant plus roide, le rendre plus propre à soutenir la forme que l'on lui donne dans l'emploi qu'on en fait. On saura aussi que l'étain est très dur à forger, au lieu que le plomb est très-doux.

Après que les tables sont forgées & planées, on les étend sur un établi qui doit être bien uni, en les frappant avec une batte. Voyez Batte, & la fig. 65. Les tables de plomb ainsi étendues sont brunies avec le brunissoir d'acier, fig. 64. voyez Brunissoir. Après cette opération elles sont entierement achevées : celles d'étain au contraire demandent un peu plus de travail. Après qu'elles sont étendues sur l'établi avec la batte, on les rabotte avec la galere, voyez Galere, & la fig. 63. qui la représente. Cette galere est un rabot dont la semelle est de fer, & dont le fer est presque à-plomb. La raison de cette disposition est que si le fer étoit oblique, il mordroit trop, & emporteroit la piece ; au lieu qu'il faut qu'il ne fasse que racler un peu fort, & emporter des copeaux légers. Par cette opération on égalise les tables d'épaisseur, ce qui s'acheve avec le racloir des ébénistes. Voyez Racloir. Cette opération se fait des deux côtés de la table d'étain ; car pour celles de plomb, on ne les rabote que quand elles sont plus épaisses à un endroit qu'à l'autre ; & le côté raboté des tables de plomb se met toujours en dedans du tuyau.

On doit observer aussi que pour raboter l'étain, on doit graisser un peu la semelle de la galere ; & que pour le plomb on doit le mouiller avec de l'eau, & en remettre souvent ; car plus le plomb est mouillé, plus la galere emporte de forts copeaux.

Après toutes ces opérations, on polit les tables d'étain en cette maniere. On prend de l'eau & du savon ; on met de l'eau sur la table, & on la frotte avec le savon : on brunit ensuite avec le brunissoir, qui doit être très-poli : on enduit pour cela une planche de sapin de potée & d'huile ; on frotte le brunissoir dessus jusqu'à ce qu'il soit bien poli ; on l'essuie avec un morceau de serge, & on brunit ensuite la table d'étain en la frottant dans toute son étendue avec le brunissoir.

Lorsque la table est bien également brunie, on écrase du blanc-d'Espagne que l'on seme dessus ; on frotte ensuite avec un morceau de serge jusqu'à ce que la table soit bien éclaircie : alors elle est entierement achevée de polir. On se doute bien qu'on ne polit ainsi que le côté qui doit se trouver en-dehors du tuyau ; car polir le dedans seroit un travail superflu, & même on ne polit que l'étain qui doit servir à faire les tuyaux de montre, c'est-à-dire ceux qui paroissent au-dehors.

Le cuivre dont on se sert dans la fabrique des orgues, est du laiton réduit en table de différentes épaisseurs, & en fil.

Le fer sert à faire les pattes des roule


Trésor de la Langue Française informatisé


ORGUE, subst. masc.;ORGUES, subst. masc. ou fém. plur.

A. ? Domaine de la mus.
1. Instrument à vent puissant et complexe, utilisé depuis des siècles dans les églises, souvent de grandes dimensions, possédant un (ou plusieurs) clavier(s) manuel(s) et un clavier de pédales, dont les touches commandent le passage de l'air, envoyé par une soufflerie et emmagasiné dans les sommiers, vers des tuyaux de taille décroissante disposés par jeux, que l'on peut combiner les uns avec les autres, et qui ont chacun un timbre différent. Buffet, tuyaux d'orgue; jeux d'un orgue; facteur d'orgue; concert d'orgue; jouer de l'orgue, toucher l'orgue. L'orgue succède aux chants; il roule, et répercute dans les profondeurs de la nef, ses ondes graves ou sonores (Michelet,Chemins Europe,1874, p.134).V. déchaînement B 2 ex. de Moselly:
1. L'orgue est certes le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruments créés par le génie humain. Il est un orchestre entier, auquel une main habile peut tout demander, il peut tout exprimer. Balzac,Langeais,1834, p.202.
Rem. 1. Le mot s'emploie parfois au fém. plur., surtout dans la loc. les grandes orgues, où il désigne de façon plus solennelle un instrument unique. On parla des orgues de la cathédrale, qui avaient besoin d'être réparées (Zola, Conquête Plassans, 1874, p.1023). J'ai autant d'aise à me trouver ici qu'à son clavier l'organiste des grandes orgues (Romains, Knock, 1923, III, 6, p.18). 2. ,,Le pluriel orgues est également du masculin quand il désigne plusieurs instruments`` (Grev. 1969, § 262).
? Cabinet d'orgue. Synon. de buffet d'orgue. V. buffet II B 1.Synon. anc. de orgue de Barbarie (infra A 3 b). (Ds Littré, Guérin 1892).
? Grand orgue ou grandes orgues. Orgue le plus important d'une église, placé souvent dans une tribune au fond de l'église, par opposition à petit orgue ou orgue de choeur, orgue de dimensions restreintes, souvent placé dans le choeur. Le Gloria in excelsis divisé entre le grand et le petit orgue, l'un chantant seul et l'autre dirigeant et soutenant le choeur, exultait d'allégresse (Huysmans,En route,t. 1, 1895, p.51).
? Tribune de l'orgue, des orgues et p. ell. orgue(s). Tribune où est placé le grand orgue d'une église (habituellement au fond de la grande nef, au-dessus du portail principal). Il ouvrit la petite porte de la tour par où l'on monte aux orgues, et nous nous mîmes à grimper dans les ténèbres (Erckm.-Chatr.,Conscrit 1813,1864, p.29).
? Loc. et expr.
? Loc. verb. Ronfler comme un/des (tuyau(x) d')orgue(s). Bourdonner, ronfler bruyamment et régulièrement. Labouise se réveilla et, secouant son camarade, qui ronflait comme un orgue (Maupass.,Contes et nouv.,t.2, Âne, 1883, p.379).Les abeilles lourdes de butin, qui ronflent comme des tuyaux d'orgues (Rolland,J.-Chr.,Antoinette, 1908, p.836).Le petit poêle à pétrole qui ronflait comme un tuyau d'orgue (Duhamel,Combat ombres,1939, p.286).
? Expr. Disposition en tuyaux d'orgue. ,,Disposition rappelant les hauteurs décroissantes des tuyaux d'un orgue`` (Ac. 1935). Fam. Ils sont comme des tuyaux d'orgue. ,,Se dit, par une espèce de proverbe, De plusieurs enfants qui sont tous d'une taille inégale`` (Ac. 1835, 1878).
? P. métaph. Devant la fenêtre baignée d'un clair de lune, soudain il me sembla que le doigt de Dieu effleurait le clavier de l'orgue universel (Bertrand,Gaspard,1841, p.46).Le vent souffle dans les branches. Son orgue a les pins pour tuyaux (Cros,Coffret santal,1873, p.11).
2. HIST. DE LA MUS.
a) Orgue hydraulique. Orgue en usage dans l'Antiquité et chez les Romains, dans lequel l'air était poussé par la pression de l'eau. [Néron] affectait de ne s'occuper que de certains instruments de musique, nouvellement inventés, et en particulier, d'une espèce d'orgue hydraulique (Renan,Antéchrist,1873, p.307).Une plainte continue monte du fond des ergastules. Les sons doux et lents d'un orgue hydraulique alternent avec les choeurs de voix (Flaub.,Tentation,1874, p.27).
b) Orgue pneumatique. Orgue dans lequel l'air était chassé dans les tuyaux par des soufflets et qui remplaça l'orgue hydraulique au ives. de notre ère. Les crises sonores de coqueluche des orgues pneumatiques (Cendrars,Bourlinguer,1948, p.251).
c) Orgue portatif*, positif*.
3. P. anal.
a) [Instruments à clavier]
? Orgue expressif. Instrument du début du xixes., combinant les tuyaux et les anches libres, et qui fut l'ancêtre de l'harmonium. Elle s'appuyait à son bras avec de longs soupirs d'orgue expressif: «Ah! docteur, c'est beau la jeunesse!» (A. Daudet,Jack,t.2, 1876, p.272):
2. ... l'expression [est un jeu de l'harmonium], qui permet d'augmenter ou diminuer l'intensité [sonore] par la pression des pieds sur la soufflerie, et auquel l'instrument doit son nom d'orgue expressif. Lavignac,Mus. et musiciens,1895, p.111.
? Orgue de cinéma. Orgue électrique en usage naguère dans les salles de cinéma et dont les jeux sont soumis à un constant trémolo. (Ds Rob., Pt Rob., Lar. Lang. fr.).
? Orgue électrique. Instrument muni de hauts-parleurs et d'amplificateurs, dont les sons imitant les jeux de l'orgue, sont produits par des circuits électriques. Cette année voit se développer [dans les catalogues de vente par correspondance], à tous les niveaux de prix, les instruments de musique, de la flûte à l'orgue électrique, voire électronique (Le Monde, 1erdéc. 1983, p.16, col.3).
? Orgue électronique. Instrument produisant des sons synthétiques grâce à des circuits oscillants. Les constructeurs d'orgues électroniques ont pris pour but de créer un instrument qui remplacerait entièrement les véritables orgues à tuyaux (...). À l'aide de générateurs électroniques de courants en dent-de-scie, qui produisent des sons riches en harmoniques supérieurs, ils ont réussi à imiter parfaitement le son des tuyaux d'orgue (A. Buchner,Encyclop. des instruments de mus.,trad. par B. Faure, Paris, Gründ, 1982, p.334).
b) [Autres instruments]
? Orgue de Barbarie, orgue (à manivelle, à cylindre). Orgue mécanique, habituellement de petites dimensions, portatif ou monté sur roues, dans lequel une manivelle met en rotation un cylindre noté ou une bande de carton perforée et actionne le soufflet, dont jouent les musiciens ambulants. Synon. limonaire, cabinet d'orgue (vieilli, supra 1).Il avait chez lui (...) un orgue de Barbarie avec des airs nouveaux et des cylindres de rechange (Sainte-Beuve,Volupté,t.1, 1834, p.92).Un joueur d'orgue étonna. Tant de musiques vivantes sortaient de sa boîte somptueuse à panneaux de soie rouge, entre lesquels une image exposait un cheval blanc sous un homme (Adam,Enf. Aust.,1902, p.1).
? Orgue à bouche. Instrument à vent d'origine asiatique très ancienne, fondé sur le principe de l'anche libre, très fine donc très sensible, dont les tuyaux sont perpendiculaires à l'embouchure. J'ai vu les prêtres (...) offrir le sacrifice du matin aux sons de la flûte et de l'orgue à bouche (Claudel,Connaiss. Est,1907, p.82).Le réservoir d'air des (...) orgues à bouche de Chine (Schaeffner,Orig. instrum. mus.,1936, p.47).
4. Point d'orgue
a) Prolongation de la durée d'une note ou d'un silence et, p. méton., signe composé d'un point surmonté d'un arc de cercle, et indiquant la prolongation de cette note. Brusquement, la course s'arrête. À pas feutrés, pp., sur la pointe des pieds ?avec les notes de la basse piquées ?la marche reprend, hésite, se ralentit ? poco ritard., ?fait halte, sur deux points d'orgue, dont le second, qui passe du majeur au mineur, dénote l'incertitude... (Rolland,Beethoven,t.1, 1937, p.135).
? P. métaph. [Ceci] détermina un «ah!» de soulagement, éternisé en point d'orgue (Courteline,Ronds-de-cuir,1893, 6etabl., iii, p.250).
b) Au xviiies., signe placé sur un accord de sixte ou de quarte de la dominante et annonçant une cadence improvisée. Le lasciatemi fare (je me charge de tout) de Rossini avec ses chanteurs en est venu à ce point, que ceux-ci n'ont plus même la faculté de composer le point d'orgue (Stendhal,Rossini,t.2, 1823, pp.114-115).
B. ? P. anal. (d'aspect avec les tuyaux)
1. ART MILIT.
a) HISTOIRE
? Orgue(s) (de mort) (parfois au fém.). Ensemble de pieux de bois mobiles servant à clore la porte d'une ville, d'une place. Synon. sarrasine.Le pont-levis (...) faisait (...) l'office d'un large bouclier opposé à l'ennemi; mais celui-ci (...) pouvait parvenir à l'abaisser. Il fallut donc opposer un autre obstacle. Ce fut la herse (...) ou bien un système de pieux indépendants; cette seconde espèce de clôture se nommait une orgue (Mérimée,Ét. arts Moy. Âge,1870, p.237).
? Engin constitué par un assemblage de plusieurs bouches à feu de petit calibre montées parallèlement sur le même affût. Synon. ribaudequin. (Dict. xixeet xxes.).
b) Orgues de Staline. Engin constitué de tubes multiples lançant des projectiles autopropulsés et utilisé d'abord par l'armée soviétique durant la Seconde Guerre mondiale. L'attaque a été lancée à 11 heures précises (midi à Paris) par des éléments d'infanterie motorisée. L'action était appuyée par de l'artillerie, notamment par des «orgues de Staline» (Le Monde,25 juin 1983, p.4, col. 1).
2. GÉOL. Prismes verticaux parallèles, formés lors du refroidissement d'une coulée basaltique et dont la disposition en colonnes imite l'aspect des tuyaux d'orgues. Orgues basaltiques. Ces prismes, isolés et mis en évidence par les érosions, forment les orgues géologiques du Puy et du Cantal (Lapparent,Abr. géol.,1886, p.122).Orgues et tables de lave de la Limagne (Morand,Excurs. immob.,1944, p.49):
3. Vu des orgues de Bort; dans un immense et puissant cirque fait de ballons et de longues coulées en plateau, le Puy pose ses rochers surprenants et sveltes couronnés d'églises... Barrès,Cahiers,t.2, 1898, p.63.
3. Orgue de mer. ,,Espèce de madrépore qui offre un assemblage de petits tuyaux rangés par étages les uns contre les autres`` (Ac. 1835, 1878). Synon. sc. tubipore.
REM.
Orgue(-)mélodium,(Orgue mélodium, Orgue-mélodium) subst. masc.Instrument à clavier dont la sonorité résulte de la vibration d'anches métalliques libres, sur lesquelles passe un courant d'air produit par un soufflet que font agir les pieds de l'exécutant (d'apr. Berlioz, Instrument., 1844, p.290). Un amateur, qui avait entendu louer en maint endroit les orgues mélodium d'Alexandre, voulut en offrir un à l'église du village qu'il habitait (Berlioz,Grotesques,1859, p.64).L'on voit dans un coin un orgue-mélodium avec voix d'anges, dont l'auteur de l'Assommoir tire des accords à la tombée de la nuit (Goncourt,Journal,1881, p.117).
Prononc. et Orth.: [? ?g?]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) ?) Ca 1155 mus. «grand instrument à vent, composé de nombreux tuyaux que l'on fait résonner par l'intermédiaire de claviers, en y introduisant de l'air au moyen d'une soufflerie» (Wace, Brut, 10421 ds T.-L.); ?) 1636 point d'orgue «signe placé au-dessus d'une note pour marquer un temps d'arrêt qui suspend la mesure pour une durée qui peut être prolongée à volonté» (M. Mersenne, Harmonie universelle, Traitez des consonances, p.319); 1690 «temps d'arrêt qui suspend la mesure sur une note dont la durée peut être prolongée à volonté» (Fur.); ?) 1684 orgue «tribune, élevée au fond d'une église, où se trouve l'orgue» (Furetière, Essais d'un dict. universel); b) 1269-78 orgue ... portable (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 21007-21008); ca 1370 orgue portative (Jean Lefèvre, Lamentations Matheolus, III, 2944 ds T.-L.); c) 1514 orgue hydraulique ([A. Bouchart] Les Grandes chroniques de Bretaigne, Paris, Galliot du Pré, fo112 ro: orgues ydranlicques [sic]); d) 1702 orgue de Barbarie (Hist. de l'Ac. royale des sciences, éd. 1720, p.137); e) 1811 orgue expressif (Magasin encyclop., t.6, p.74); 2. a) ?) 1485 orgue «pièce d'artillerie composée de plusieurs canons de mousquets montés sur un affût» (doc., Lille ds Gay); ?) 1949 orgues de Staline (Nouv. Lar. univ.); b) 1660 fortif. (Oudin d'apr. FEW t.7, p.409b); c) 1680 «tuyau métallique conduisant l'eau des faux ponts dans les mailles de la cale, d'où elle est épuisée» (Rich.); d) 1752 orgue de mer (Trév.); e) 1874 orgues géol. (Lar. 19e). Empr. au lat. eccl. organum «orgue (à vent)» (Blaise Lat. chrét.), en lat. class. «instrument de musique» et «orgue hydraulique», sens issu du sens plus gén. de «instrument», v. aussi organe. Le lat. organum est lui-même empr. au gr. ? ? ? ? ? ? ? «instrument; instrument de musique». L'a. fr. connaît également les formes organe (1remoitié du xiies., Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L.), orgene (ca 1170, Rois, éd. E. R. Curtius, p.71). Fréq. abs. littér.: 962. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1021, b) 1492; xxes.: a) 2049, b) 1186. Bbg. Archit. 1972, p.172. _Brücker (Fr.). Die Blasinstrumente in der altfranzösischen Literatur. Giessen, 1926, p.61. _Quem. DDL t.10, 16.

ORGUE, subst. masc.;ORGUES, subst. masc. ou fém. plur.
Étymol. et Hist. 1. a) ?) Ca 1155 mus. «grand instrument à vent, composé de nombreux tuyaux que l'on fait résonner par l'intermédiaire de claviers, en y introduisant de l'air au moyen d'une soufflerie» (Wace, Brut, 10421 ds T.-L.); ?) 1636 point d'orgue «signe placé au-dessus d'une note pour marquer un temps d'arrêt qui suspend la mesure pour une durée qui peut être prolongée à volonté» (M. Mersenne, Harmonie universelle, Traitez des consonances, p.319); 1690 «temps d'arrêt qui suspend la mesure sur une note dont la durée peut être prolongée à volonté» (Fur.); ?) 1684 orgue «tribune, élevée au fond d'une église, où se trouve l'orgue» (Furetière, Essais d'un dict. universel); b) 1269-78 orgue ... portable (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 21007-21008); ca 1370 orgue portative (Jean Lefèvre, Lamentations Matheolus, III, 2944 ds T.-L.); c) 1514 orgue hydraulique ([A. Bouchart] Les Grandes chroniques de Bretaigne, Paris, Galliot du Pré, fo112 ro: orgues ydranlicques [sic]); d) 1702 orgue de Barbarie (Hist. de l'Ac. royale des sciences, éd. 1720, p.137); e) 1811 orgue expressif (Magasin encyclop., t.6, p.74); 2. a) ?) 1485 orgue «pièce d'artillerie composée de plusieurs canons de mousquets montés sur un affût» (doc., Lille ds Gay); ?) 1949 orgues de Staline (Nouv. Lar. univ.); b) 1660 fortif. (Oudin d'apr. FEW t.7, p.409b); c) 1680 «tuyau métallique conduisant l'eau des faux ponts dans les mailles de la cale, d'où elle est épuisée» (Rich.); d) 1752 orgue de mer (Trév.); e) 1874 orgues géol. (Lar. 19e). Empr. au lat. eccl. organum «orgue (à vent)» (Blaise Lat. chrét.), en lat. class. «instrument de musique» et «orgue hydraulique», sens issu du sens plus gén. de «instrument», v. aussi organe. Le lat. organum est lui-même empr. au gr. ? ? ? ? ? ? ? «instrument; instrument de musique». L'a. fr. connaît également les formes organe (1remoitié du xiies., Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L.), orgene (ca 1170, Rois, éd. E. R. Curtius, p.71).

Orgue au Scrabble


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orgue

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Les citations avec le mot Orgue


  1. L'orgueil se dédommage toujours et ne perd rien, lors même qu'il renonce à la vanité.

    Auteur : François de La Rochefoucauld - Source : Réflexions ou Sentences et Maximes morales (1664)


  2. Que nous puissions être blessés par ceux-là mêmes que nous méprisons discrédite l'orgueil.

    Auteur : Emil Cioran - Source : Aveux et anathèmes (1987)


  3. L'homme naturellement ambitieux et orgueilleux ne trouve jamais en lui-même pourquoi un autre lui doit commander, jusqu'à ce que son besoin propre le lui fasse sentir.

    Auteur : Louis XIV - Source : Mémoires


  4. Vous comptez sur votre naissance et vous en concevez de l'orgueil ! Sachez que vous n'aurez ni gouvernement ni évêchés si vous n'êtes pas plus instruits que les autres.

    Auteur : Charlemagne - Source : In Histoire critique des doctrines de l'éducation en France de Gabriel Compayré (1879)


  5. Quel est le persécuteur? c'est celui dont l'orgueil blessé et le fanatisme en fureur irritent le prince ou les magistrats contre les hommes innocents, qui n'ont d'autre crime que de n'être pas de son avis.

    Auteur : Voltaire - Source : Dictionnaire philosophique portatif (1764), Persécution


  6. C'est l'orgueil qui fait dire non, et la faiblesse oui. La modestie peut également dire les deux sans passion.

    Auteur : Pierre Reverdy - Source : En vrac (1956)


  7. Aux premiers accords plaqués sur l'orgue, Durtal reconnut le «Dies irae».

    Auteur : Joris-Karl Huysmans - Source : En route (1895)


  8. Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage.

    Auteur : Léopold Sédar Senghor - Source : Ethiopiques (1956)


  9. L'orgueil supplée souvent le courage.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Pensées, Sujets, Fragments (1910)


  10. Il y avait longtemps que la solitude m'avait précipitée dans l'orgueil.

    Auteur : Simone de Beauvoir - Source : Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)


  11. Ce triomphe enivre l'orgueil, la vanité, l'amour-propre, enfin tous les sentiments du moi. Cette perpétuelle divinisation grise si violemment, que je ne m'étonne plus de voir les femmes devenir égoïstes, oublieuses et légères au milieu de cette fête.

    Auteur : Honoré de Balzac - Source : Mémoires de deux jeunes mariées (1841)


  12. On doit se défier également de l'indigence d'un avare et de l'opulence d'un orgueilleux.

    Auteur : Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn - Source : Bluettes et boutades (1846)


  13. Dans votre cheminement spirituel, ne laissez en aucune manière les tentations, le doute et l'orgueil s'infiltrer en vous, car dans la voie du perfectionnement il n'y a pas de plus grand danger.

    Auteur : Ostad Elahi - Source : 100 Maximes de Guidance


  14. S'imposer sans proposer n'est que funeste orgueil.

    Auteur : Maurice Druon - Source : Le Pouvoir (1965)


  15. Dompter l'orgueil des flots, et pénétrer partout,
    Assujettir l'enfer dans un cercle magique,
    C'est ce qu'entreprend l'homme, et dont il vient à bout.


    Auteur : Etienne Pavillon - Source : Prodiges de l'esprit humain


  16. L'orgueil, l'éternel orgueil, le besoin de briller et d'étonner le monde par des mérites que l'on n'a pas!

    Auteur : Georges Courteline - Source : Boubouroche (1893)


  17. J'accepte le prix Nobel avec émotion, à la manière dont un enfant reçoit une récompense ; son contentement ne serait pas si grand s'il ne pensait pas avoir mérité celle-ci. Est-ce marquer beaucoup d'orgueil ? Je le pense tout simplement. Et que le jury qui me l'accorde, tout comme celui qui naguère me nommait docteur à Oxford, tient compte non seulement et non tant de mon œuvre littéraire que de l'esprit qui l'amine.

    Auteur : André Gide - Source : Texte envoyé Le 13 novembre 1947 par Gide au jury du prix Nobel


  18. L'orgueil est une folie de l'esprit, et je crois qu'il peut être une cause de démence physique. Ce qui semble le prouver est que les fous rêvent presque toujours le pouvoir, et s'imaginent tous être de grands personnages, même rois ou papes.

    Auteur : Louis de Bonald - Source : Oeuvres complètes tome 3, Pensées


  19. Les amoureux fervents et les savants austères
    Aiment également, dans leur mûre saison,
    Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
    Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.


    Auteur : Charles Baudelaire - Source : Les Fleurs du Mal (1857), LXVI - Les chats


  20. Apprécier, pour l'orgueil de choisir.

    Auteur : Paul Éluard - Source : Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves, Courir


  21. Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer,
    Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer.


    Auteur : Nicolas Boileau-Despréaux - Source : L'Art poétique (1674), Chant II


  22. Tous les sots ont l'orgueil de dire: Je ne me risque pas, moi! Ils tiennent à leur repos comme les inutiles à la vie.

    Auteur : George Sand - Source : Lettres à Musset, 15 juin 1834


  23. Au moment où l'homme découvre l'humilité de ses origines, l'orgueil l'envahit : la théorie de l'évolution a rendu Dieu superflu.

    Auteur : Jean d'Ormesson - Source : C'est une chose étrange à la fin que le monde (2010)


  24. Il nous faut choisir entre le bonheur et ce que l'on appelait autrefois le grand art. Nous avons sacrifié le grand art. Nous avons à la place le Cinéma Sentant et l'orgue à parfums.

    Auteur : Aldous Huxley - Source : Le meilleur des mondes (1932)


  25. L'air refrogné, la mauvaise humeur et la morgue ne composent pas la sagesse et n'en sont pas toujours une enseigne très-sûre: la sagesse est la santé de l'esprit et du coeur; elle doit rendre heureux et gai.

    Auteur : Alphonse Karr - Source : Une Poignée de vérités. Mélanges philosophiques. (1858)


Les citations du Littré sur Orgue


  1. C'est un mauvais orgueil de croire qu'on ne peut avoir tort ; c'est une faiblesse de n'oser reculer, quand on sent qu'on nous a fait faire une mauvaise démarche

    Auteur : MASS. - Source : Pet. carême, Écueils piét. grands.


  2. D'un nez de majordome et qui morgue la faim

    Auteur : RÉGNIER - Source : Sat. X.


  3. Concurrent malheureux à cette place insigne [le consulat], Votre orgueil l'attendait ; mais en étiez-vous digne ?

    Auteur : Voltaire - Source : Rome sauv. I, 5


  4. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil

    Auteur : BOSSUET - Source : Reine d'Anglet.


  5. Apparemment il voulait relever le génie de l'ignorant, ou réprimer l'orgueil des savants sur des découvertes fortuites

    Auteur : FONTEN. - Source : Hartsoeker.


  6. Il comparait la médiocrité orgueilleusement modeste et obscurément couronnée dans ces tribunaux subalternes, à ces dieux pénates des anciens, qui n'étaient révérés que dans les maisons où ils présidaient

    Auteur : D'ALEMB. - Source : Éloges, Moncrif.


  7. Orgueil n'i a, ne vice reprimable ; Verité regne, et le mentir desplaist

    Auteur : E. DESCH. - Source : Poésies mss. f° 207


  8. Du même fonds d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi

    Auteur : LA BRUY. - Source : VI


  9. Il [le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV] était né intempérant, colère, violent, orgueilleux, méprisant, fastueux, dissipé

    Auteur : DUCLOS - Source : Règne de Louis XIV, Oeuvr. t. V, p. 51, dans POUGENS.


  10. L'orgueil de votre nom ne s'accommode guère de ce qui suit....

    Auteur : BOURD. - Source : Pensées, t. II, p. 115


  11. Égisthe.... Étalerait en vain l'orgueil de sa naissance

    Auteur : Voltaire - Source : Mérope, I, 3


  12. Anglois sont hastifs et orgueilleux sur les champs, Portingallois chauds et bouillans et tantost entrepris de paroles ; ni ils ne sont pas trop souffrans

    Auteur : Jean Froissard - Source : II, III, 60


  13. Il [l'orgueil] fet du clerc archediacre, E du grant doien souz-diacre

    Auteur : RUTEB. - Source : II, 30


  14. Pressez-les, tordez-les, ils dégouttent l'orgueil, l'arrogance, la présomption

    Auteur : LA BRUY. - Source : VIII


  15. Je suis des tiens, ce dist Thieris : Car je ne puis orgueil amer

    Auteur : Jean Froissard - Source : Pastourelle.


  16. Le seul vice que je connaisse dans l'univers est l'avarice ; tous les autres, quelque nom qu'on leur donne, ne sont que des degrés de celui-ci ; c'est le Protée de tous les vices ; analysez la vanité, l'orgueil, l'ambition, la fourberie, la tartuferie, le scélératisme, tout cela se résout en ce subtil élément, le désir d'avoir

    Auteur : DIDEROT - Source : dans LAVEAUX


  17. L'orgue.... sacerdotal par sa destination, architectural par sa forme, chef-d'oeuvre de l'esprit humain dans sa structure

    Auteur : D'ORTIGUE - Source : Dictionnaire de plain-chant, Orgue


  18. Va, je verrai peut-être à mes pieds abattu Cet orgueil insultant de ta fausse vertu

    Auteur : Voltaire - Source : Brut. II, 5


  19. Si ton coeur pour le clottre a de la répugnance, Jusqu'à grossir l'orgueil de tes sens révoltés, Regarde ce que font tant d'autres mieux domptés

    Auteur : Corneille - Source : Imit. I, 25


  20. Mme de Cauvisson [femme d'un des lieutenants généraux du Languedoc] a trouvé à propos de ne point aller voir Mme la duchesse de Noailles [femme du commandant de la province].... jamais un trait d'orgueil n'a été si mal placé, ni si mal reçu de tout le monde

    Auteur : Madame de Sévigné - Source : 20 oct. 1682


  21. Les inventions par lesquelles ils [les orgueilleux] s'imaginent forcer la nature, et se rendre différents des autres, malgré l'égalité qu'elle a ordonnée

    Auteur : BOSSUET - Source : Gornay


  22. Les enfers où il [Alexandre] porte la peine éternelle d'avoir voulu se faire adorer comme un Dieu soit par orgueil, soit par politique

    Auteur : BOSSUET - Source : La Vallière.


  23. Mais comment à ces monts.... Ose-t-on comparer les vains efforts de l'art ? Ce sont les monuments qu'a laissés la nature, D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux

    Auteur : MASSON - Source : Helv. II


  24. Grâce au ciseau du marbrier, Une couronne de laurier Va d'orgueil enivrer mes restes

    Auteur : BÉRANG. - Source : Mon enterrement.


  25. C'est ainsi que la justice divine, justement irritée de notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre

    Auteur : BOSSUET - Source : Duch. d'Orl.




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Mise à jour le dimanche 8 février 2026 à 23h40










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