La définition de Son du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Son
Nature : adj. m. poss.
Prononciation : son, l'n se lie : so-n ami
Etymologie : Poit. seun ; picard sin ou sen devant une voyelle, chin, son, che, sa ; provenç. ses, son, au fém. sa ; au plur. siei, sei ; au fém. sas ; cat. sos, son ; espagn. suyo ; ital. suo : du lat. suum ; comparez le grec, et l'allem. sein. Dans l'ancienne langue, ses était le nominatif, son le régime, au sing. masculin ; si le nominatif pluriel, ses le régime pluriel.

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Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de son de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec son pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Son ?


La définition de Son

Il détermine le nom, en y ajoutant une idée de possession. Son père. Sa mère. Ses cousins.






Toutes les définitions de « son »


Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

SON. Adjectif possessif masculin
, qui répond au pronom de la troisième personne Il, se, soi. On le met toujours devant le nom ou l'adjectif qui précède le nom. Son père. Son argent. Son honneur. Son premier livre. Il fait au féminin SA. Sa sœur. Sa patrie. Sa honte. Mais lorsque le nom ou l'adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de Sa on dit Son. Son amitié. Son habitude. Son excellente amie. Il fait au pluriel SES pour les deux genres. Ses biens, ses amis, ses prétentions. Il s'emploie familièrement pour indiquer des rapports d'habitude, de connaissance, etc. Voilà son public. Il connaît ses auteurs. Posséder son Homère. Il sait bien son arithmétique. Joint aux verbes Sentir, Faire, dans le langage familier, il renforce le sens de la phrase. Il sent son homme de qualité; il sent son hypocrite. Il fait son malin.

Littré

SON (son, l'n se lie?: so-n ami) adj. m. poss.

SA (sa), f. sing. SES (sê, l's se lie?: sê-z amis), pluriel des deux genres. Adjectif possessif qui répond aux pronoms de la 3e personne du singulier, il, elle, soi, se.

  • 1Il détermine le nom, en y ajoutant une idée de possession. Son père. Sa mère. Ses cousins. Chacun, à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu'il lui plaît, Molière, Mal. imag. III, 3. Nul homme n'est à soi-même sa raison, sa lumière, sa sagesse?; si ce n'est peut-être lorsque sa raison est une raison particulière, sa lumière une fausse lueur, sa sagesse une folie, Malebranche, Rech. vér. éclair. liv. I, t. IV, p. 91, dans POUGENS. Cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage, La Bruyère, XI. La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes, Voltaire, Henr. IV. Il faut que chaque parti ait son fou, comme autrefois chaque parti avait son chansonnier, Voltaire, Lett. Damilaville, 15 oct. 1766. Rien de Robert ne me plaît que lui-même?; C'est sa valeur et ses grâces que j'aime, Voltaire, Ce qui plaît aux dames. Les lacs ont leurs oiseaux, la mer a ses serpents, Et ses poissons ailés et ses poissons rampants, Delille, Trois règnes, VIII.

    PROVERBE

    À chaque jour suffit sa peine.
  • 2Dans des cas rares, où un verbe à l'infinitif donne quelque chose de général à la phrase, on peut mettre son, sa, ses, bien que le verbe principal ne soit pas à la 3e personne. Je trouve fort triste de vivre et de mourir sans son archevêque, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 24 oct. 1700.

    Dans des cas encore plus rares et qui ne sont pas à imiter, son se rapporte à un possesseur vague qui n'est pas nommé. Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine, La Bruyère, De la cour. Il faudrait?: qui soit notre domaine.

  • 3Dans le langage familier, son, sa, ses, joint au verbe sentir, équivaut à l'article. ? pour me l'amener tu t'en vas en personne? N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris, Corneille, le Ment. IV, 4. Un vieux renard, mais des plus fins,? Sentant son renard d'une lieue, La Fontaine, Fabl. V, 5. La ballade, à mon goût, est une chose fade?; Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps, Molière, Fem. sav. III, 5. Cela sent son vieillard, qui, pour s'en faire accroire, Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire, Molière, Éc. des maris, I, 1. Comme le vrai mérite a ses prérogatives? cette phrase, ce comme ne conviennent pas à Pompée?; cela sent trop son rhéteur, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Sertor. III, 2. Sa conversation, non moins instructive qu'amusante, ne sentait point son curé de village, Rousseau, Conf. X.
  • 4Posséder son Homère, son Cicéron, ses auteurs anciens, connaître bien Homère, Cicéron, les auteurs anciens, etc. Il savait Rabelais et son saint Augustin, Voltaire, Marseill. et Lyon. Il n'avait en littérature qu'une légère superficie, il ne savait que son Ovide, Marmontel, Mém. VI.

    On dit de même?: il possède bien son arithmétique. Pontchartrain était appliqué, sachant bien sa marine, assez travailleur, Saint-Simon, 305, 233.

  • 5Quelquefois son, sa, ses a une signification méprisante et de reproche. M. Burnet me passe tous les faits que j'ai rapportés sur la réforme anglicane et sur son Cranmer, aussi bien que sur ses autres héros, sans en contredire aucun, Bossuet, Déf. Var. 1er disc. 31.
  • 6Son, sa, ses, placés devant les adverbes comparatifs, forment un superlatif. Son plus riche habit. Sa moins belle robe.
  • 7Son, quoique masculin, se dit au féminin devant un nom commençant par une voyelle ou une h muette?: son âme, son épée, son héroïne. Ce solécisme, qui est passé dans l'usage, n'était pas commis par nos aïeux, qui disaient en élidant l'a comme dans l'article?: s'ame, s'espée?; ce n'est qu'au XIVe siècle qu'il a commencé à s'introduire.

REMARQUE

1. La règle générale est d'employer l'adjectif son, sa, ses, lorsqu'on parle des personnes ou des choses personnifiées, c'est-à-dire auxquelles on attribue des vues et une volonté. Hors ces cas, il vaut mieux employer en. Au lieu de dire?: Le soin qu'on apporte au travail empêche de sentir sa fatigue?; dites?: d'en sentir la fatigue. Cependant ce n'est point une loi grammaticale qui y oblige, c'est la clarté et l'élégance, et plus d'une fois les écrivains s'en sont départis. J'ai honte de ma vie, et je hais son usage, Depuis que je la dois aux effets de ta rage, Corneille, Méd. III, 3. On ne peut d'ailleurs qu'user de son, sa, ses quand le nom est en complément indirect, comme ici?: Lysidas [parlant de sa pièce]?: Tous ceux qui étaient là doivent venir à sa première représentation, Molière, Critique, 7.

2. Pour l'emploi de son, sa, ses avec chacun, voy. CHACUN, Rem. 1.


HISTORIQUE

IXe s. Si Lodhwigs sagrament que son fradre Karlo jurat, conservat?, Serment. Et Karlus meos sendra [mon seigneur], de suo part?, ib.

Xe s. Un edre [un lierre] sore sen cheve [tête] Frag. de Valenc. p. 468. Mult laetatus, por que Deus cel edre li donat à sun soueir e à sun repausement, ib. Ne aiet niuls male voluntatem contra sem peer, ib. p. 469. Elle ent adunet [abandonne] lo suon element [doctrine], Eulalie. Qu'elle perdesse sa virginitet, ib. Par souue clementia, ib.

XIe s. D'icez sons sers [de ces siens serfs], St Alexis, XX. Se [il] mesfeist as homes de sa baillie, Lois de Guill. 2. Serez ses hom [son homme] par honur et par bien, Ch. de Rol. III. Li reis est fiers, et sis curages pesmes, ib. IV.

XIIe s. [Que je] Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir, Couci, XI.

XIIIe s. En terre sen fil [son fils] [il] envoia, Qui aveques nous conversa, St Graal, V. 2183. En son lit en seant [elle] prist ses heures à dire, Berte, XI. Mal lui monstrons semblant que soions si ami, ib. LXXI. Et l'apostoles li manda qu'il sermonnast de la croix par s'auctorité, Villehardouin, I. Savés-vous qui estoit s'amie?? la Rose, 835 Dieu, en qui il mist sa fiance, le gardoit touz jours dès s'enfance, Joinville, 201.

XIVe s. Cest os ou son extremité vers la jointure du coude, H. de Mondeville, f° 21. Comme il se feist voie parmi la tourbe avecques son espée, Bercheure, f° 32, recto. Son ire croissoit, Bercheure, f° 40, verso. Il avoit defraudé son esperance, Bercheure, f° 24, verso. Et doit icellui pecheur dire tout ce qui peut grever son ame, Ménagier, I, 3.

XVe s. Du temps de ses feu pere et mere, Louis XI, Nouv. X.

XVIe s. Et ayme mieux en s'amour avoir peine, Que sans s'amour avoir liesse plaine, Marot, II, 375. Sy luy dirois la peine que j'endure Pour son amour, et elle orroit ma plaincte, Marot, I, 376. Ce disant, Dindenault desguainoyt son espée, Rabelais, Pant. IV, 5. Il tua son homme en ce mesme combat, Montaigne, III, 296. La foy prend son commencement, accroissement et perfection de la parole, Calvin, Instit. 1034. ? que la loy n'a de rien profité à ses observateurs, Calvin, ib. 1045. Au gentilhomme bien né, son estude, exercice et plaisir, doit estre en toutes les vertus, Lanoue, 201. Ainsi qu'on void avenir à une lanterne?: car plus sa vitre est claire, plus sa lumiere interieure s'apperçoit, Lanoue, 531. Il commencea à user d'une franchise de parler, qui sentoit plus son accusateur que sa libre defense, Amyot, Cor. 26.


SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. SON. - REM. Ajoutez?:

3. Cet adjectif possessif peut se dire avec un substantif composé. Son contrains-le [de l'Évangile]?, Voltaire, Philos. Déf. de Milord Bolingbroke, XXXII.


HISTORIQUE

VIIIe s. Per sa preceptione, pour?: per suam praeceptionem (716), dans JUBAINVILLE, De la déclinaison latine en Gaule à l'époque mérovingienne, p. 96.

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Encyclopédie, 1re édition

Son, s. m. (Phys.) est une perception de l'ame qui lui est communiquée par le secours de l'oreille : ou bien c'est un mouvement de vibration dans l'air, qui est porté jusqu'à l'organe de l'ouie. Voyez Ouie.

Pour éclaircir la cause du son, nous observerons, 1°. que pour produire le son, il faut nécessairement du mouvement dans le corps sonore.

2°. Que ce mouvement existe d'abord dans les parties déliées & insensibles des corps sonores, & qu'il y est excité par leur choc & leur collision mutuelle, ce qui produit ce tremblement qui est si facile à remarquer dans les corps qui rendent un son clair, comme les cloches, les cordes des instrumens de musique, &c.

3°. Que ce mouvement se communique à l'air, ou produit un mouvement semblable dans l'air ou dans autant de ses parties qu'il y en a de capables de le recevoir & de le perpétuer ; d'autant plus que le mouvement des corps qui sont à quelque distance, ne peut point affecter nos sens sans la médiation d'autres corps qui reçoivent ces mouvemens du corps sonore, & les communiquent immédiatement à l'organe.

Enfin que ce mouvement doit être communiqué aux parties qui sont les instrumens propres & immédiats de l'ouie.

De plus, ce mouvement d'un corps sonore qui est la cause immédiate du son, doit être attribué à deux causes différentes ; ou au choc de ce corps & d'un autre corps dur, comme dans les tambours, les cloches, les cordes d'instrumens, ou bien au battement & au frottement du corps sonore & de l'air l'un contre l'autre immédiatement, comme dans les instrumens à vent, les flutes, les trompettes, &c.

Mais dans l'un & dans l'autre cas, le mouvement qui est la suite de cette action mutuelle, & la cause immédiate du mouvement sonore, que l'air porte jusqu'à l'oreille, est un mouvement presque insensible, qui se fait remarquer dans les parties déliées & insensibles du corps par un tremblement & des ondulations.

Pour expliquer ce méchanisme, on suppose que tous les corps sensibles sont composés d'un nombre de parties petites & insensibles, ou corpuscules parfaitement durs & incapables d'être comprimés. Voyez Corpuscule.

Ces parties en composent d'autres un peu plus grandes, mais encore insensibles ; & celles-ci different entre elles, selon les différentes figures & l'union des parties qui les composent. Celle-ci constituent encore d'autres masses plus grandes & beaucoup plus distinguées des premieres : & des différentes combinaisons de ces dernieres, sont composés ces corps grossiers qui sont visibles & palpables, &c.

Les premieres & les plus petites parties, comme nous l'avons observé, sont absolument dures ; les autres sont compressibles & unies de telle sorte, qu'étant comprimées par une impulsion extérieure, elles ont une force élastique ou restitutive, au moyen de de laquelle elles se rétablissent d'elles-mêmes dans leur premier état. Voyez Élasticité.

Lors donc qu'un corps en choque un autre, les petites particules par leur force élastique se meuvent avec une grande vîtesse, avec une sorte de tremblement & d'ondulations, comme on l'observe facilement dans les cordes des instrumens de musique, & c'est ce mouvement sonore qui est porté jusqu'à l'oreille ; mais il faut observer que c'est le mouvement insensible de ces particules, qu'on suppose être la cause immédiate du son ; & même parmi celles-là, il n'y a que celles qui sont proches de la surface, qui communiquent avec l'air ; le mouvement du tout ou des parties plus grandes, n'y servant qu'autant qu'il le communique aux autres.

Pour faire l'application de cette théorie, frappez une cloche avec quelque corps dur, vous appercevrez aisément un trémoussement sensible sur la surface qui se répand de lui-même sur le tout, & qui est d'autant plus sensible, que le choc est plus fort. Si on y touche dans quelqu'autre endroit, le tremblement & le son cesse aussi-tôt ; ce tremblement vient sans doute du mouvement des particules insensibles qui changent de situation, & qui sont en si grande quantité & si serrées les unes contre les autres, que nous ne pouvons pas appercevoir leurs mouvemens séparément & distinctement, mais seulement un espece de tremblement ou d'ondulation.

Le corps sonore ayant fait son impression sur l'air contigu, cette impression est continuée de particule en particule, suivant les lois de la pneumatique. Voyez Onde & Ondulation.

Les sons varient à-proportion des moyens qui concourent à leur production ; les différences principales résultent de la figure & de la nature du corps sonore ; de la force, du choc, de la vîtesse, &c. des vibrations qui se suivent ; de l'état & constitution du milieu ; de la disposition, distance, &c. de l'organe ; des obstacles qui se rencontrent entre l'organe, le corps sonore & les corps adjacens. Les différences les plus remarquables des sons, naissent des différens degrés & combinaisons des conditions dont nous venons de parler ; on les distingue en fort & foible, en grave & aigu, long & court.

La vîtesse du son ne differe pas beaucoup, soit qu'il aille suivant ou contre la direction du vent. A la vérité le vent transporte une certaine quantité d'air d'un lieu à un autre, & le son est accéléré tandis que ses vagues se meuvent dans cette partie d'air, lorsque leur direction est la même que celle du vent. Mais comme le son se meut avec beaucoup plus de vîtesse que le vent, l'accélération qu'il en reçoit est peu considérable. En effet, la vîtesse du vent le plus violent que nous connoissions, est à la vîtesse du son comme 1 est à 33 : & tout l'effet que nous appercevons que le vent peut produire, est d'augmenter ou de diminuer la longueur des ondulations ; de sorte qu'au moyen du vent, le son puisse être entendu d'une plus grande distance qu'il ne le seroit autrement.

Que l'air soit le milieu ordinaire du son, c'est ce qui résulte de plusieurs expériences qui ont été faites, soit dans un air condensé, soit dans l'air rarefié. Dans un récipient qui n'est point vuide d'air, une petite sonnette se fait entendre à quelque distance ; mais quand on en a pompé l'air, à-peine l'entend-on tout auprès : si l'air est condensé, le son sera plus fort à-proportion de la condensation ou de la quantité d'air pressé. Nous en avons plusieurs exemples dans les expériences de M. Hauksbée.

Mais l'air n'est pas seul capable des impressions du son, l'eau l'est aussi, comme on le remarque en sonnant une sonnette dans l'eau ; on en distingue pleinement le son : à la vérité il n'est pas si fort & plus bas d'une quarte, au jugement des bons musiciens. Mersene dit qu'un son produit dans l'eau paroît de même, que s'il étoit produit dans l'air & entendu dans l'eau. M. l'abbé Nollet a fait sur les sons entendus dans l'eau, plusieurs expériences curieuses. Mém. académ. 1741.

Le célebre M. Newton a donné à la fin du second livre de ses Principes, une théorie très-ingénieuse & très-savante des vibrations de l'air, & par conséquent de la vîtesse du son. Sa théorie est trop compliquée & trop géométrique pour être rendue ici ; nous nous contenterons de dire qu'il trouve la vîtesse du son par son calcul, à-peu-près la même que l'expérience la donne. Cet endroit des Principes de M. Newton, est peut-être le plus difficile & le plus obscur de tout l'ouvrage. M. Jean Bernoully le fils, dans son Discours sur la propagation de la lumiere, qui a remporté le prix de l'académie des Sciences en 1736, dit qu'il n'oseroit se flater d'entendre cet endroit des Principes. Aussi nous donne-t-il dans la même piece, une méthode plus facile & plus aisée à suivre que celle de M. Newton, & par le moyen de laquelle il arrive à la même formule qu'a donnée ce grand géometre.

Un auteur qui a écrit depuis sur cette matiere, prétend qu'on peut faire contre la théorie de MM. Newton & Bernoully, une objection considérable ; savoir, que ces deux auteurs supposent que le son se transmet par des fibres longitudinales vibrantes, qui se forment successivement, & qui sont toujours égales entr'elles ; or cette hyppothèse n'est point démontrée, & ne paroît point même appuyée sur des preuves solides. Le même auteur prétend que dans cette hyppothèse, M. Bernoully auroit dû trouver la vîtesse du son, double de ce qu'il l'a trouvée, & de ce qu'elle est réellement. M. Euler dans sa Dissertation sur le feu, qui a partagé le prix de l'académie en 1738, a donné aussi une formule pour la vîtesse du son ; elle est différente de celle de M. Newton, & l'auteur n'indique point le chemin qui l'y a conduit.

Voici en général de quelle maniere se font les expériences pour mesurer la vîtesse du son. On sait par la mesure actuelle, la distance d'un lieu A, à un autre B. Un spectateur placé en B, voit la lumiere d'un canon qu'on tire au lieu A, & comme le mouvement de la lumiere est presque instantané à de si petites distances, le spectateur B compte combien il s'écoule de secondes depuis le moment où il voit la lumiere du canon, jusqu'à ce qu'il en entende le bruit. Divisant ensuite l'espace qui est entre les lieux A & B, par le nombre de secondes trouvé, il a le nombre de toises que le son parcourt en une seconde.

Le son se transmet en ligne droite ; mais il se transmet aussi en tout sens, & suivant toutes sortes de directions à la fois, quoiqu'avec moins de vîtesse. Cela vient de ce que le son se transmet par un fluide, & que les pressions dans un fluide, se propagent en tout sens ; la lumiere au contraire, ne se propage jamais qu'en ligne droite : c'est ce qui donne lieu de croire qu'elle n'est point causée par la pression d'un fluide. Sur la réflexion du son, voyez Echo & Cabinet secret. (O)

La vîtesse du son est différente, suivant les différens auteurs qui la déterminent. Il parcourt l'espace de 968 piés en une minute suivant M. Isaac Newton : 1300 suivant M. Robert : 1200 suivant M. Boyle : 1338 suivant le docteur Walker : 1474 suivant Mersenne : 1142 suivant M. Flamsteed & le docteur Halley : 1148 suivant l'académie de Florence, & 1172 piés suivant les anciennes expériences de l'académie des Sciences de Paris. M. Derham prétend que la cause de cette variété vient en partie de ce qu'il n'y avoit pas une distance suffisante, entre le corps sonore & le lieu de l'observation, & en partie de ce que l'on n'avoit pas eu égard aux vents.

M. Derham propose quelques-unes des plus considérables questions relatives aux lois du son, & répond à chacun avec exactitude, par les expériences qu'il a faites lui-même sur cette matiere.

Son, en Musique ; quand l'agitation communiquée à l'air par un corps violemment frappé parvient jusqu'à notre oreille, elle y produit une sensation qu'on appelle bruit. Mais il y a une espece de bruit permanent & appréciable qu'on appelle son.

La nature du son est l'objet des recherches du physicien ; le musicien l'examine seulement par ses modifications, & c'est selon cette derniere idée que nous l'envisageons dans cet article.

Il y a trois choses à considerer dans le son : 1, le degré d'élevation entre le grave & l'aigu : 2, celui de véhémence entre le fort & le foible : 3, & la qualité du timbre qui est encore susceptible de comparaison du sourd à l'éclatant, ou de l'aigu au doux.

Je suppose d'abord que le véhicule du son n'est autre chose que l'air même. Premierement, parce que l'air est le seul corps intermédiaire de l'existence duquel on soit parfaitement assuré, entre le corps sonore & l'organe auditif, qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité, & que l'air suffit pour expliquer la formation du son ; & de plus, parce que l'expérience nous apprend qu'un corps sonore ne rend pas de son dans un lieu exactement privé d'air. Si l'on veut absolument imaginer un autre fluide, on peut aisément lui appliquer tout ce que nous avons à dire de l'air dans cet article.

La permanence du son ne peut naître que de la durée de l'agitation de l'air. Tant que cette agitation dure, l'air vient sans cesse frapper l'organe de l'ouie, & prolonge ainsi la perception du son : mais il n'y a point de maniere plus simple de concevoir cette durée, qu'en supposant dans l'air des vibrations qui se succédent, & qui renouvellent ainsi à chaque instant la sensation du son. De plus, cette agitation de l'air, de quelque espece qu'elle soit, ne peut être produite que par une émotion semblable dans les parties du corps sonore. Or c'est un fait certain que les parties du corps sonore éprouvent de telles vibrations. Si l'on touche le corps d'un violoncelle dans le tems qu'on en tire du son, on le sent frémir sous la main, & l'on voit bien sensiblement durer les vibrations de la corde jusqu'à ce que le son s'éteigne. Il en est de même d'une cloche qu'on fait sonner en la frappant du batant ; on la sent, on la voit même frémir, & l'on voit sautiller les grains de sable qu'on jette sur sa surface. Si la corde se détend ou que la cloche se fende, plus de frémissement, plus de son. Si donc cette cloche ni cette corde ne peuvent communiquer à l'air que les mouvemens qu'elles éprouvent elles-mêmes, on ne sauroit douter que le son étant produit par les vibrations du corps sonore, il ne soit propagé par des vibrations semblables, que le même instrument communique à l'air. Tout cela supposé, examinons ce qui constitue le rapport des sons du grave à l'aigu.

Théon de Smyrne témoigne que Lasus, de même que le pythagoricien Hypase de Métapont, pour calculer au juste les rapports des consonances, s'étoient servi de deux vases semblables & resonnans à l'unisson ; que laissant vuide l'un des deux, & remplissant l'autre jusqu'au quart, la percussion de l'un & de l'autre avoit fait entendre la consonance de la quarte ; que remplissant ensuite le second jusqu'au tiers, jusqu'à la moitié, la percussion des deux avoit produit la consonance de la quinte, puis celle de l'octave.

Pythagore, au rapport de Nicomaque & de Censorin, s'y étoit pris d'une autre maniere pour calculer les mêmes rapports. Il suspendit, disent-ils, différens poids aux mêmes cordes, & détermina les rapports des sons sur ceux qu'il trouva entre les poids tendans ; mais les calculs de Pythagore sont trop justes pour avoir été faits de cette maniere, puisque chacun sait aujourd'hui sur les expériences de Vincent Galilée, que les sons sont entr'eux, non comme les poids tendans, mais en raison sous-double de ces mêmes poids.

Enfin on inventa le monocorde, appellé par les anciens canon harmonicus, parce qu'il donnoit la régle de toutes les divisions harmoniques. Il faut en expliquer le principe.

Deux cordes de même métal, de grosseur égale, & également tendues, forment un unisson parfait, si elles sont aussi égales en longueur : si les longueurs sont inégales, la plus courte donnera un son plus aigu. Il est certain aussi qu'elle fera plus de vibrations dans un tems donné ; d'où l'on conclud que la différence des sons du grave à l'aigu, ne procede que de celle du nombre des vibrations faites dans un même espace de tems, par les cordes ou instrumens sonores qui les font entendre ; & comme il est impossible d'estimer d'une autre maniere les rapports de ces mêmes sons, on les exprime par ceux des vibrations qui les produisent.

On sait encore, par des expériences non moins certaines, que les vibrations des cordes, toutes choses d'ailleurs égales, sont toujours réciproques aux longueurs. Ainsi, une corde double d'une autre, ne fera dans le même tems que la moitié du nombre de vibrations de celle-ci, & le rapport des sons qu'elles rendront s'appelle octave. Si les cordes sont comme 2 & 3, les vibrations seront comme 3 & 2, & le rapport des sons s'appellera quinte, &c. Voyez au mot Intervalles.

On voit par-là, qu'il est aisé avec des chevalets mobiles, de former sur une seule corde des divisions qui donnent des sons dans tous les rapports possibles entre eux, & avec la corde entiere ; c'est le monocorde, dont je viens de parler. Voyez son article.

On peut rendre des sons graves ou aigus par d'autres moyens. Deux cordes de longueur égales ne forment pas toujours l'unisson ; car si l'une est plus grosse ou moins tendue que l'autre, elle fera moins de vibrations en tems égaux, & conséquemment le son en sera plus grave. Voyez Cordes.

C'est sur ces deux régles combinées que sont fondés, la construction des instrumens à corde tels que le clavessin, & le jeu des violons & basses, qui, par un perpétuel & différent accourcissement des cordes sous les doigts, produit cette prodigieuse diversité de sons qu'on admire dans ces instrumens. Il faut raisonner de même pour les instrumens à vent. Les plus longs forment des sons plus graves si le vent est égal. Les trous, comme dans les flûtes & haubois, servent à les raccourcir pour faire des sons plus aigus. En donnant plus de vent on les fait octavier, & les sons deviennent plus aigus encore. Voyez les mots Orgue, Flute, Octavier, &c.

Si l'on racle une des plus grosses cordes d'une viole ou d'un violoncelle : ce qui se doit faire plutôt avec douceur qu'avec force, & un peu plus près du chevalet qu'à l'ordinaire ; en prétant une attention suffisante, une oreille exercée entendra distinctement, outre le son de la corde entiere, au-moins celui de son octave, de l'octave de sa quinte, & la double octave de sa tierce : on verra même frémir, & on entendra résonner toutes les cordes montées à l'unisson de ces sons-là. Ces sons accessoires accompagnent toujours un son principal quelconque : mais quand ce son est aigu, ils y sont moins sensibles. On appelle ces sons les harmoniques du son principal ; c'est par eux que M. Rameau prétend que tout son est appréciable, & c'est en eux qu'il a cherché le principe physique de toute l'harmonie. Voyez Harmonie.

Une difficulté qui resteroit à expliquer est de savoir comment deux ou plusieurs sons peuvent être entendus à la fois. Lorsqu'on entend, par exemple, les deux sons de la quinte, dont l'un fait deux vibrations, pendant que l'autre en fait trois ; on ne conçoit pas comment la même masse d'air peut fournir dans un même tems ces différens nombres de vibrations, & bien moins encore, quand il se trouve plus de deux sons ensemble. Mengoli & les autres se tirent d'affaire par des comparaisons. Il en est, disent-ils, comme de deux pierres qu'on jette à-la-fois dans l'eau à quelque distance, & dont les différens cercles qu'elles produisent, se croisent sans se détruire. M. de Mairan donne une explication plus philosophique. L'air, selon lui, est divisé en particules de diverses grandeurs, dont chacune est capable d'un ton particulier, & n'est susceptible d'aucun autre. De sorte qu'à chaque son qui se forme, les particules qui y sont analogues s'ébranlent seules, elles & leurs harmoniques, tandis que toutes les autres restent tranquilles jusqu'à ce qu'elles soient émues à leur tour par les sons qui leur correspondent. Ce système paroit très-ingénieux ; mais l'imagination a quelque peine à se prêter à l'infinité de particules d'air différentes en grandeur & en mobilité, qui devroient être répandues dans chaque point de l'espace, pour être toujours prêtes au besoin à rendre en tout lieu l'infinité de tous les sons possibles. Quand elles sont une fois arrivées au tympan de l'oreille, on conçoit encore moins comment, en les frappant plusieurs ensemble, elles peuvent y produire un ébranlement capable d'envoyer au cerveau la sensation de chacune d'elles en particulier. Il semble qu'on éloigne la difficulté plutôt qu'on ne la surmonte. Mengoli prétendoit aller au-devant de cette derniere objection, en disant que les masses d'air, chargées, pour ainsi dire, de différens sons, ne frappent le tympan que successivement, alternativement, & chacune à son tour ; sans trop songer à quoi cependant il occuperoit celles qui sont obligées d'attendre que les premieres aient achevé leur office.

La force du son dépend de celle des vibrations du corps sonore ; plus ces vibrations sont grandes, plus le son est vigoureux & s'entend de loin.

Quand la corde est assez tendue & qu'on ne force pas trop la voix ou l'instrument, les vibrations restent toujours isochrones, & par conséquent le ton demeure le même, soit qu'on renfle ou qu'on adoucisse le son : mais en raclant trop fort la corde, en soufflant ou en criant trop on peut faire perdre aux vibrations l'isochronisme nécessaire pour l'identité du ton ; & c'est peut-être la raison pourquoi, dans la musique françoise, où c'est un grand mérite de bien crier ; on est plus sujet à chanter faux que dans l'italienne, où la voix se modere plus sagement.

La vitesse du son, qui sembleroit devoir dépendre de sa force, n'en dépend point. Cette vitesse est toujours égale & constante, si elle n'est précipitée ou retardée par ces altérations de l'air : c'est-à dire que le son, fort ou foible, fera toujours la même quantité de chemin, & qu'il parcourra toujours dans deux secondes le double de l'espace qu'il aura parcouru dans une. Au rapport de Halley & de Flamstead, le son parcourt en Angleterre 1070 piés de France en une seconde. Le pere Mersene & Gassendi ont assuré que le vent, favorable ou contraire, n'accéléroit ni ne retardoit le son ; depuis les expériences que Derham & l'académie des sciences ont faites sur ce sujet, cela passe pour une erreur.

Sans ralentir sa marche, le son s'affoiblit en s'étendant, & cet affoiblissement, si la propagation est libre, qu'elle ne soit gênée par aucun obstacle, ni dérangée par le vent, suit ordinairement la raison des quarrés des distances.

Quant à la différence qui se trouve encore entre les sons par la qualité du timbre, il est évident qu'elle ne tient ni au degré de gravité, ni même à celui de force. Un hautbois aura beau se mettre exactement à l'unisson d'une flûte, il aura beau radoucir le son au même degré, le son de la flûte aura toujours je ne sai quoi de doux & de moëlleux, celui du hautbois je ne sai quoi de sec & d'aigre, qui empêchera qu'on ne puisse jamais les confondre. Que dirons-nous des differens timbres des voix de même force & de même portée ? chacun est juge de la variété prodigieuse qui s'y trouve. Cependant, personne que je sache n'a encore examiné cette partie, qui peut être, aussi-bien que les autres, se trouvera avoir ses difficultés : car la qualité de timbre ne peut dépendre, ni du nombre de vibrations qui font le degré du grave à l'aigu, ni de la grandeur ou de la force de ces mêmes vibrations qui fait le degré du fort au foible. Il faudra donc trouver dans les corps sonores une troisieme modification différente de ces deux, pour expliquer cette derniere propriété ; ce qui ne me paroît pas une chose trop aisée ; il faut recourir aux principes d'acoustique de M. Diderot, si l'on veut approfondir cette matiere.

Les trois qualités principales dont je viens de parler, entrent toutes, quoiqu'en différentes proportions, dans l'objet de la musique, qui est en général le son modifié.

En effet, le compositeur ne considere pas seulement si les sons qu'il emploie doivent être hauts ou bas, graves ou aigus, mais s'ils doivent être forts ou foibles, aigres ou doux ; & il les distribue à différens instrumens, en récits ou en ch?urs, aux extrémités ou dans le médium des voix, avec des doux ou des forts, selon les convenances de tout cela. Mais il est certain que c'est uniquement dans la comparaison des sons de l'aigu au grave que consiste toute la science harmonique. De sorte que, comme le nombre des sons est infini, on pourroit dire en ce sens que cette même science est infinie dans son objet.

On ne conçoit point de bornes nécessaires à l'étendue des sons du grave à l'aigu ; & quelque petit que puisse être l'intervalle qui est entre deux sons, on le concevra toujours divisible par un troisieme son. Mais la nature & l'art ont également concouru à limiter cette infinité prétendue par rapport à la pratique de la musique. D'abord, il est certain qu'on trouve bientôt dans les instrumens les bornes des sons, tant au grave qu'à l'aigu ; alongez ou racourcissez à un certain point une corde sonore, elle ne rendra plus de son : on ne peut pas non plus augmenter ou diminuer à discrétion la capacité d'une flûte ni sa longueur ; il y a des limites au-delà desquelles elle ne résonne plus. L'inspiration a aussi ses lois ; trop foible, la flûte ne rend point de son ; trop forte à un certain point, elle ne fait plus, de même que la corde trop courte, qu'un cri perçant qu'il n'est pas possible d'apprécier. Enfin, c'est une chose incontestable par l'expérience, que tous les sons sensibles sont renfermés dans des limites au-delà desquelles, ou trop graves ou trop aigus, ils ne sont plus apperçus, ou deviennent inappréciables. M. Euler a même, en quelque façon, fixé ces limites ; &, selon ses expériences & son calcul rapportés par M. Diderot, tous les sons sensibles sont compris entre les nombres 30 & 7552 ; c'est-à-dire que, selon ce savant auteur, le son le plus grave appréciable à notre oreille, fait trente vibrations par seconde, & le plus aigu 7552 vibrations dans le même tems ; intervalle qui renferme près de huit octaves.

D'un autre côté, on voit par la génération harmonique des sons, que parmi tous les sons possibles il n'y en a qu'un très-petit nombre qui puissent être admis dans un bon système de musique ; car tous ceux qui ne forment pas des consonances avec les sons fondamentaux, ou qui ne naissent pas médiatement ou immédiatement des différences de ces consonances, doivent être proscrits du système ; voilà pourquoi quelque parfait que puisse être aujourd'hui notre système de musique, il est pourtant borné à 12 sons seulement dans l'étendue d'une octave, desquels douze toutes les autres octaves ne contiennent que des répliques. Que si l'on veut compter toutes ces répliques pour autant de sons différens, en les multipliant par le nombre d'octaves auquel est bornée l'étendue des sons sensibles, on trouvera 96 en tout pour le plus grand nombre de sons praticables dans notre musique sur un même son fondamental.

On ne pourroit pas évaluer avec la même précision le nombre de sons praticables dans l'ancienne musique : car les Grecs formoient, pour ainsi dire, autant de système de musique qu'ils avoient de manieres différentes d'accorder leurs tétracordes. Il paroît par la lecture de leurs traités de musique, que le nombre de ces manieres étoit grand, & peut-être indéterminé. Or chaque accord particulier changeoit les sons de la moitié du système, c'est-à-dire, des deux cordes mobiles de chaque tétracorde. Ainsi l'on voit bien ce qu'ils avoient de sons dans une seule maniere d'accord, c'est-à-dire, seize seulement ; mais on ne peut pas calculer au juste combien ce nombre devoit se multiplier dans tous les changemens de mode, & dans toutes les modifications de chaque genre, qui introduisoient de nouveaux sons.

Par rapport à leurs tétracordes, les Grecs distinguoient les sons en deux classes générales ; savoir, les sons stables & permanens, dont l'accord ne changeoit jamais, & qui étoient au nombre de huit ; & les sons mobiles, dont l'accord changeoit avec le genre & avec l'espece du genre : ceux-ci étoient aussi au nombre de huit, & même de neuf & de dix, parce qu'il y en avoit qui se confondoient quelquefois avec quelques-uns des précédens, & quelquefois s'en séparoient ; ces sons mobiles étoient les deux moyens de chacun des cinq tétracordes. Les huits sons immuables étoient les deux extrèmes de chaque tétracorde, & la corde proslambanomene. Voyez tous ces mots.

Ils divisoient de-rechef les sons stables en deux especes, dont l'une s'appelloit soni apieni, & contenoit trois sons ; savoir, la proslambanomene, la nete synnéménon, & la nete hyperboleon. L'autre espece s'appelloit soni baripieni, & contenoit cinq sons, l'hypate hypaton, l'hypate meson, la mese, la paramese, & la nite drezeugnumenon. Voyez ces mots.

Les sons mobiles se subdivisoient pareillement en soni mesopieni, qui étoient cinq en nombre ; savoir, le second & montant de chaque tétracorde, & en cinq autres sons appellés soni oxipieni, qui étoient le troisieme en montant de chaque tétracorde. Voyez Tétracorde, Système, Genre, &c.

A l'égard des douze sons du système moderne, l'accord n'en change jamais, & ils sont tous immobiles. Brossard prétend qu'ils sont tous mobiles, fondé sur ce qu'ils peuvent être altérés par dièse ou par bémol ; mais autre chose est de substituer un son à un autre, & autre chose d'en changer l'accord. (S)

Sons harmoniques, ou Sons flutés, sont une qualité singuliere de sons qu'on tire de certains instrumens à corde, tels que le violon & le violoncelle, par un mouvement particulier de l'archet, & en appuyant très-peu le doigt sur certaines divisions de la corde. Ces sons sont fort différens, pour le degré & pour le timbre, de ce qu'ils seroient si l'on appuyoit tout-à-fait le doigt. Ainsi ils donneront la quinte quand ils devroient donner la tierce, la tierce quand ils devroient donner la quarte, &c. & pour le timbre, ils sont beaucoup plus doux que ceux qu'on tire à plein de la même corde, en la faisant porter sur la touche ; c'est pourquoi on les a appellés sons flûtés. Il faut pour en bien juger, avoir entendu M. Mondonville tirer sur son violon, ou le sieur Bertaud sur son violoncelle, une suite de ces beaux sons. En glissant même le doigt légerement de l'aigu au grave, depuis le milieu d'une corde qu'on touche en même tems de l'archet, on entend distinctement une succession de ces mêmes sons du grave à l'aigu, qui étonne fort ceux qui n'en connoissent pas la théorie.

Le principe sur lequel est fondée la regle des sons harmoniques, est qu'une corde étant divisée en deux parties commensurables entre elles, & par conséquent avec la corde entiere, si l'obstacle qu'on mettra au point de division, n'empêche qu'imparfaitement la communication des vibrations d'une partie à l'autre ; toutes les fois qu'on fera sonner la corde dans cet état, elle rendra non le son de la corde entiere, mais celui de la plus petite partie si elle mesure l'autre, ou si elle ne la mesure pas, le son de la plus grande aliquote commune à ces deux parties. Qu'on divise donc une corde 6 en deux parties 4 & 2, le son harmonique résonnera par la longueur de la petite partie 2 qui est aliquote de la grande partie 4 ; mais si la corde 5 est divisée selon 2 & 3, comme la petite partie ne mesure pas la grande, le son harmonique ne résonnera que selon la moitié 1 de la petite partie ; laquelle moitié est la plus grande commune mesure des deux parties 3 & 2, & de toute la corde

Au moyen de cette loi qui a été trouvée sur les expériences faites par M. Sauveur à l'académie des Sciences, & avant lui par Wallis, tout le merveilleux disparoît : avec un calcul très-simple, on assigne pour chaque degré le son harmonique qui lui répond : & quant au doigt glissé le long de la corde, on n'y voit plus qu'une suite de sons harmoniques, qui se succedent rapidement dans l'ordre qu'ils doivent avoir selon celui des divisions sur lesquelles on passe successivement le doigt.

Voici une table de ces sons qui peut en faciliter la recherche à ceux qui desirent de les pratiquer. Cette table indique les sons que rendroient les divisions de l'instrument touchées à plein, & les sons flûtés qu'on peut tirer de ces mêmes divisions touchées harmoniquement.

Table des sons harmoniques. La corde entiere à vuide, donne l'unisson.

La tierce mineure, donne la dix-neuvieme ou la double octave de la quinte.

La tierce majeure, donne la dix-septieme ou la double octave de la tierce majeure.

La quarte, donne la double octave.

La quinte, donne la douzieme, ou l'octave de la même quinte.

La sixte mineure, donne la triple octave.

La sixte majeure, donne la dix-septieme majeure, ou la double octave de la tierce.

L'octave, donne l'octave.

Après la premiere octave, c'est-à-dire, depuis le milieu de la corde jusque vers le chevalet, où l'on retrouve les mêmes sons harmoniques répétés dans le même ordre sur les mêmes divisions 1, c'est-à-dire, la dix-neuvieme sur la dixieme mineure ; la dix-septieme sur la dixieme majeure, &c.

Nous n'avons fait dans cette table aucune mention des sons harmoniques relatifs à la seconde & à la septieme ; premierement, parce que les divisions qui les donnent, n'ayant entre elles que des aliquotes fort petites, les sons en deviendroient trop aigus pour être agréables à l'oreille, & trop difficiles à tirer par un coup d'archet convenable : & de plus, parce qu'il faudroit entrer dans des soûdivisions trop étendues, qui ne peuvent s'admettre dans la pratique : car le son harmonique du ton majeur seroit la vingt-troisieme, ou la troisieme octave de la seconde, & l'harmonique du ton mineur seroit la vingt-quatrieme ou la troisieme octave de la tierce majeure. Mais quelle est l'oreille assez fine & la main assez juste, pour pouvoir distinguer & toucher à sa volonté un ton majeur ou un ton mineur ? (S)

Son, (Commerce.) on sait que c'est la peau des grains moulus séparée de la farine par le moyen du blutoir, du sas, ou du tamis. Les Amidonniers se servent du son de froment pour faire leur amidon, qui n'est autre chose que la fécule qui reste au fond des tonneaux où ils ont mis le son tremper avec de l'eau. Les Teinturiers mettent le son au nombre des drogues non colorantes, parce que de lui-même il ne peut donner aucune couleur ; c'est avec le son qu'ils font les eaux sûres, dont ils se servent dans la préparation de leurs teintures. (D. J.)

Son, (Littérature.) les anciens se frottoient de son dans leurs cérémonies lustrales ; ils en usoient aussi dans leurs cérémonies magiques, principalement quand ils vouloient inspirer de l'amour. Nous lisons dans le prophete Baruch, c. vj. vers. 42. que les femmes de Chaldée assises dans les rues y brûloient du son à ce dessein. Il est vrai qu'il y a dans la vulgate, succendentes ossa olivarum, brûlant des noyaux d'olive. L'auteur de la vulgate lisoit probablement ici, ??? ?????????, expression qui en effet signifie (Athén. l. II.) noyaux d'olive brûlés ; mais il est certain qu'il y a dans le texte ?? ??????, mot qui signifie du son. Théocrite dans sa Pharmaceutrie, nous fournit encore un exemple de cet usage ; l'enchanteresse Siméthe, après avoir essayé de plusieurs charmes pour enflammer le c?ur de son amant ; je vais maintenant brûler du son, ???? ?????? ; & elle ajoute vers la fin de l'Idylle, qu'elle a appris ce secret d'un assyrien. (D. J.)

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Adjectif possessif - français

son \s??\ masculin singulier

  1. Troisième personne du sujet, objet masculin singulier.
    • J'ai lu son livre.
    • Son coup droit fait mal.
  2. (Familier) Indique des rapports d'habitude, de connaissance, etc.
    • Voilà son public.
    • Posséder son Homère.
    • Il sait bien son arithmétique.
  3. Joint aux verbes « sentir, faire » dans le langage familier, il renforce le sens de la phrase.
    • Il sent son homme de qualité ; il sent son hypocrite.
    • Il fait son malin.

son féminin singulier

  1. Forme supplétive de sa, utilisée quand la chose possédée est au féminin, pour effectuer une liaison obligatoire avec le mot suivant qui commence par une voyelle ou un h muet.
    • Une ville, sa ville ; une île, son île.
    • Une maison, sa maison, son immense maison.

Nom commun 1 - français

son \s??\ masculin

  1. Quelque chose que l'on peut écouter ou entendre.
    • Tout à coup, comme si le son s'évadait brusquement du tournant de la montagne, on entendit des voix hurlantes, beuglant de tous leurs poumons, aussi faux que possible. (Louis Pergaud, Le retour, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Au bord même de notre abri, un 88 dirigeait son tir foudroyant ; tous les combattants connaissent cette pièce autrichienne dont le projectile arrive plus vite que le son. (Alain, Souvenirs de guerre, page 207, Hartmann, 1937)
    • Depuis l'Argonne de 1914, [?] je n'ai pas l'oreille si mal bâtie que d'avoir, en vingt et un ans, oublié l'art d'apprécier au son la trajectoire d'un obus et le point de chute probable. (Marc Bloch, L'étrange défaite : La déposition d'un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, page 86)
    • J'éduquais mon oreille à traduire des multitudes de sons infimes, petits trots de souris et grincements de bois, [?]. (Claude Collignon, L'?il de la chouette, Éditions du Seuil, 1988, page 41)
    • (Par extension) ? Cet animal s'oriente dans l'espace par écholocation : il émet des sons de très haute fréquence et utilise l'écho renvoyé par les obstacles ou les proies pour les localiser. (Olivier Raurich, Science, méditation et pleine conscience, Chêne-Bourg : Jouvence Éditions, 2017)
  2. (En particulier) Bruit harmonieux produit par un instrument de musique, caractérisé par un timbre et représenté par une note.
    • Oh ! les chastes églogues ! Oh ! les idylles chantées par les poètes ! Oh ! les paysanneries enrubannées et naïves qui défilent, conduites par la muse de Mme Deshoulières, au son des flageolets et des tambourins ! (Octave Mirbeau, Le Tripot aux champs, Le Journal, 27 septembre 1896)
    • Il ne savait aucune des paroles du grand choral de Luther, mais il ouvrait toute grande sa bouche et émettait des sons vastes, graves et partiellement harmonieux? (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d'Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 263 de l'édition de 1921)
    • La texture des sons elle-même ne ressemblait à rien. Elle n'avait pas, comme le violon, les gémissements de la voix humaine, ne bôombait pas à la manière des profonds tambours qui s'apparentent aux cloches ni ne tintait, même dans les aigus, comme les sonnailles. (Bruno Nassim Aboudrar, Ici-bas, Éditions Gallimard, 2009, p. 256)
  3. (Linguistique) Phone.
    • Le phonème \r\ par exemple correspond aux sons : [r], [?], [?], [?], [?], [?], etc.

Nom commun 2 - français

son \s??\ masculin

  1. (Meunerie) Résidu de la mouture du blé et d'autres céréales, provenant du péricarpe des grains.
    • Si l'on écrase entre deux pierres des grains de blé, l'enveloppe corticale de chaque grain est brisée, et les débris, qui portent le nom de son, se mêlent à la farine provenant de la trituration de la partie intérieure ; comme cette dernière est plus fine il suffit d'un tamisage pour la séparer du son. (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l'industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 107)
    • Nous nous en allions, quand nous apercevons une petite boutique en plein vent, une charmante boutique d'objets à 0,50 franc : glaces de poche, images, bonbons, bagues en or, colliers blancs ou roses, tous perdus dans des tas de son, et on farfouille dedans comme on veut. (Colette Vivier, La maison des petits bonheurs, 1939, éd. Casterman Poche, page 168.)
    • Du fait de la richesse en cellulose (35%), le son est un bon laxatif mécanique, mais il peut irriter l'intestin de certains malades.(François Couplan, Le Régal végétal, 2015, page 127)
  2. (Par analogie) (Familier) Déchets de bois produits lorsque l'on scie, sciure.
    • Le poète reparut dans l'amant, il replaçait sur un piédestal de déesse la poupée dont il avait entrevu le son sous la couverte de peau rose. (Joris-Karl Huysmans, Marthe, 1876)

Adjectif - ancien français

son \Prononciation ?\ masculin

  1. Son, à lui, à elle, à soi (etc).

Préposition - ancien français

son \Prononciation ?\

  1. Variante de segont.

Nom commun 2 - ancien français

son \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de saon.

Nom commun 1 - ancien français

son \Prononciation ?\ masculin

  1. Son, chant, musique.
    • De lor douz sons e de lor chant (Le Roman de Troie, édition de Constans, tome IV, page 230, c. 1165)
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Trésor de la Langue Française informatisé


SON1, SA, SES, adj. poss.

[Déterm. du subst. ayant d'une part une fonction d'actualisation comparable à celle de l'art. le, la, les et renvoyant, d'autre part, par anaphore au possesseur de 3epers. Comme déterm., il s'accorde en genre (son, sa) et en nombre (ses) avec le subst. du groupe nom.; comme élém. anaphorique, il marque le nombre du possesseur (son, sa, ses p. oppos. à leur, leurs)]
Rem. 1. Le poss. renvoie anaphoriquement soit au suj. de la prop. (poss. réfl.: il a perdu son portefeuille), soit à un autre possesseur (elle lui a rendu son portefeuille): Elle fit sa toilette, l'enveloppa de son linceul, la descendit dans sa bière (Flaub., C?ur simple, 1877, p. 44). Pour éviter une ambiguïté, ou pour accentuer ou préciser l'idée de possession, le poss. est parfois renforcé par l'adj. propre ou par à lui, à elle (v. lui2A 1 c en partic.) ou à + subst. désignant une pers.: D'être le compère à quelqu'un, cette étoile qu'on était sans le savoir, la sortir, c'est son job à c'te personne (Claudel, Échange, 1954, I, p. 739). 2. Le poss. est parfois empl. dans une rel. introd. par dont (v. dont 1reSection I B 4 a ? et rem.). 3. Le poss. se répète devant chaque subst., notamment pour opposer 2 entités différentes (avoir ses grands et ses petits côtés); il ne se répète pas devant des subst. désignant la même pers. (sa nièce et filleule) ou des entités de sens voisin (ses père et mère); v. père I A 1 a) ou dans certaines expr. lexicalisées: en son âme et conscience (v. conscience II B), à ses risques et périls (v. péril A 1 a).
I. ? [Marque diverses relations entre un possesseur (auquel son, sa ou ses renvoie anaphoriquement) et la pers. ou la chose que désigne le subst. introd. par le poss.]
A. ? [Le possesseur est un animé ou un inanimé personnifié]
1. [Le subst. déterminé est également un animé] Qui est de lui, d'elle; qui est à lui, à elle; qui vient de lui, d'elle; qui lui appartient, qui lui est propre, qui le/la concerne.
? [Pour marquer un rapport de parenté, de filiation, des relations familiales, sociales, de travail, de voisinage] Son père, sa mère, son fils, ses enfants, sa belle-mère, ses amis, ses voisins. J'avois un frère que mon père bénit, parce qu'il voyoit en lui son fils aîné (Chateaubr., Génie, t. 1, 1803, p. 418).Une femme le reçut [mon ami] (...) Son homme, assis sous un arbre, se leva (Maupass., Sur l'eau, 1888, p. 338).Il ne quittait pas son interlocuteur du regard (Malraux, Cond. hum., 1933, p. 262).
? P. méton. [Portant sur un subst.] Entre vos saintes mains je le remets... Adieu! Préparez-le, mon père, à répondre à son Dieu (Dumas père, Christine, 1830, v, 6, p. 284).
? [Avec valeur hypocor. devant papa, maman, tante,... suivi du prénom] V. le1I A ex. de Vailland.
? [Avec valeur hypocor. devant un nom propre ou un prénom]
? Emphatique. [Exprime des nuances affectives d'admiration, d'affection, de sympathie] Gustave ne reconnaissait plus son Bonmont. Il était touché et il était surpris (France, Anneau améth., 1899, p. 273).
? P. iron. ou péj. [Exprime le mépris, la colère, la désapprobation] Son Thiffensau est décidément à nos yeux un fripon, ou bien près (Delacroix, Journal, 1822, p. 16).
? Souvent avec une nuance iron. [Le poss. renvoie à un personnage, le subst. à un être qui lui est affectivement proche ou pour lequel il manifeste de l'intérêt] Tartarin s'informa de son homme (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 83).
? [Marque une connaissance approfondie, une habitude] Je l'ai observé, maître Mouche; il est cérémonieux et guette son monde du coin de l'?il (France, Bonnard, 1881, p. 403).
2. [Le subst. déterminé est un inanimé]
a) [Pour marquer un rapport de possession inaliénable] Perdre, donner son sang:
Ce n'est pas son pas!... Ou bien il porte un lourd fardeau!... Si. C'est son pas quand il me portait... Que porte-t-il donc de plus lourd que moi encore? C'est sa voix! C'est son ombre! (...) Ah! C'est lui! Giraudoux, Siegfried, 1928, I, 7, p. 50.
? En partic. [Quand le poss. est réfl.]
? [Le subst. désigne une partie du corps] Sa tête, son visage, son petit doigt, ses mains, ses pieds; son c?ur bat. Elle a tiré sur la plante à deux mains et elle a couru grand risque de tomber sur son derrière quand la tige s'est rompue (France, P. Nozière, 1899, p. 47).Dans des loc. fig. Prendre ses jambes à son cou*; garder toute sa tête*.
? [Le subst. désigne un aspect de la pers.] Son c?ur, son esprit, son intelligence, sa sensibilité. Dans des loc. verb. fig. Perdre, reprendre ses esprits (v. esprit 1reSection II B 2 a). Dans des loc. fig. Casser* sa pipe (fam.). Dans des loc. adv. De tout son c?ur, de toute son âme, de toutes ses forces, de tout son esprit, de son (plein) gré*.
Rem. L'empl. du poss. est exclu avec les verbes pronom. réfl. ou avec des verbes admettant le compl. indir. à qqn: se laver la tête; il lui lave la tête (v. lui1). L'art. tend à remplacer le poss. chaque fois que la rel. poss. est évidente; le choix est impossible dans certaines loc. lexicalisées: avoir mal à la tête; perdre la raison; mais: n'en pas croire* ses yeux, ses oreilles.
b) [Pour marquer un rapport d'appartenance à un milieu spatial, temporel, socioculturel, ou un rapport d'orig., d'appartenance à un groupe, à une collectivité, à un pays, à une période de la vie de la pers.] Sa ville natale, son petit village, ses origines, son milieu, son quartier, sa paroisse, sa vie, son histoire, son passé, son enfance, sa jeunesse; de son temps, à son âge, dans son enfance, dans sa jeunesse, de son vivant. S'il [Mozart] fut si grand (...) ce ne fut pas sa faute, mais celle de son pays, de son époque (Veuillot, Odeurs de Paris, 1866, p. 211).Aussi, comme elle s'ennuyait, la malheureuse, à la campagne; comme elle regrettait son Paris! (A. Daudet, Femmes d'artistes, 1874, p. 33).
? [Pour marquer un rapport de possession ou d'appartenance à une pers. physique ou morale, ou des rapports plus lâches de dépendance] Son argent, sa maison, son appartement, sa voiture, ses clefs, ses papiers. Gobseck recevait encore lui-même ses pratiques, ses revenus, et avait si bien simplifié ses affaires qu'il lui suffisait de faire faire quelques commissions par son invalide pour les gérer au dehors (Balzac, Gobseck, 1830, p. 437).Beethoven veille dessus [un petit pécule], maintenant, comme le dragon sur son trésor (Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 40).Dans des loc. fig. Rendre son tablier*.
c) P. ext. [Pour marquer un simple rapport thématique] Dont il est question, qui importe au moment présent. Maître Mouche retourna tout doucement à sa place où (...) il tailla un bouchon (...) Puis, se tournant vers le notaire qui se tenait coi, le nez sur son bouchon (France, Bonnard, 1881, p. 457).D'un geste large, (...), il offrit à Mélanie le journal (...). ? Tenez! Je vous le donne! Et son geste, et son: « Je vous le donne! » n'auraient pas été plus magnifiques, s'il lui avait fait cadeau d'un diadème (Montherl., Célibataires, 1934, p. 739).
? Avec valeur emphatique. Pelletan me dit aujourd'hui: « Ce que nous avons entendu de mieux, c'est Viviani ». (Son fameux morceau sur le ministère du Travail) (Barrès, Cahiers, t. 5, 1907, p. 164).
d) En partic.
? [Pour marquer que la pers. considère qqc. comme un acquis, comme un dû] Ses congés, ses dimanches; donner* ses huit jours (à un domestique); gagner* son pain. Le cordonnier fait le lundi, le galérien a des dimanches, le soldat son 15 Août (Vallès, Réfract., 1865, p. 25).
? [Pour marquer le produit d'une activité intellectuelle, manuelle ou artistique] Son ?uvre, son livre, son exposé, ses tableaux. Quand (...) le peintre [flamand du XVIe] (...) imite avec discrétion les bons modèles classiques, ses nus ne sont pas beaucoup plus heureux (Taine, Philos. art, t. 2, 1865, p. 36).
? [Pour marquer l'habitude, la répétition, la caractéristique d'une pers. ou d'un objet plus ou moins personnifié] En accompagnant Pierret chez lui pour son mal au genou, je me suis reposé un moment (Delacroix, Journal, 1822, p. 20).Oh! la Reine Élisabeth est connue dans le port; vous pouvez vous informer à qui vous voudrez si elle ne file pas ses huit n?uds à l'heure (Dumas père, Kean, 1836, iii, 3etabl., 2, p. 138).Comme tous les grands carnassiers, il avait ses heures de gaîté charmante (France, Lys rouge, 1894, p. 24).
? [Pour marquer un rapport de convenance, d'obligation] Faire ses Pâques, son devoir (v. devoir2); remplir ses obligations; faire ses études, son droit (v. droit3), sa médecine; faire ses devoirs; apprendre ses leçons. Henri, l'aîné, a onze ans passés. Il ne sait pas encore un mot de catéchisme. Je ne sais vraiment pas comment nous lui ferons faire sa première communion (France, P. Nozière, 1899, p. 110).
? Dans des loc. adv. À son gré*, à sa place*, à son idée*, à son goût*, à sa façon, à son insu*; de son propre mouvement*; dans son intérêt; sur sa demande; pour sa part (v. part1); par son entremise.
e) [Quand l'anaphore se fait au suj. de la prop., le poss. peut présenter le procès du point de vue subjectif de la pers. dont il est question]
? Fam. [Avec faire + son/sa + subst. désignant un comportement] Faire son important, faire sa maligne (v. faire1III E 1 c ?). Dans des loc. verb. Faire sa cour (v. cour2); faire son choix*; faire son enquête; piquer sa crise*; prendre son élan (v. élan2). Et le ver luisant fera son ?uvre, et le hibou dira son mot (Laforgue, Moral. légend., 1887, p. 207).
? [Avec des verbes comme savoir, connaître, posséder + son/sa/ses + subst. désignant une matière, une ?uvre, un lieu ou, p. méton., un auteur (suivi d'un nom propre)] Connaître* ses auteurs, ses classiques, son Homère, son Cicéron; posséder* son latin; savoir son catéchisme. Elle a beaucoup voyagé, beaucoup lu, et connaît bien son Paris (Feuillet, Pte ctesse, 1857, p. 42).Et puis elle est artiste (...). Elle peint, elle chante, elle danse... enfin, elle connaît son Lamartine! (Labiche, Point de mire, 1864, ii, 11, p. 413).V. i ex. 5.
? (Y) perdre son latin*.
? [Pour marquer qu'une activité est de la responsabilité de la pers. dont il est question] Faire ses comptes; rendre compte de sa gestion; faire son ménage, ses courses, ses achats. Notre professeur ne fit pas sa classe. Il nous lut la distribution des Aigles, dans le Consulat et l'Empire de M. Thiers (France, Vie fleur, 1922, p. 427).
? Dans des expr. et des loc. verb. lexicalisées. Faire son affaire* de (qqc.); prendre son parti* (de); aller, continuer, poursuivre son chemin*; vivre* sa vie; tenter sa chance*; jouer* son va-tout; faire sa toilette*; faire ses choux gras de (qqc.) (fam.; v. chou D); faire ses (beaux) dimanches de (qqc.) (fam., vieilli; v. dimanche A); se mettre sur son trente-et-un*; monter sur ses ergots (v. ergot A 1 a), sur ses grands chevaux (v. cheval B 4 c); être sur ses gardes (v. garde1I A 1 b); rester sur son quant-à-soi*; avoir ses têtes (v. tête); faire de son mieux*.
B. ? En partic. [Le possesseur est un indéf. ou un suj. indéterminé] Qui est à soi.
1. [Avec des pron. ou loc. indéf. comme qui, quiconque, celui qui, tout homme qui, ou des pron. indéf. nég. comme nul, personne, aucun] Maintenant, milords, celui qui, après ce que j'ai dit, exprimera le moindre doute, celui-là donnera un démenti à son roi (Dumas père, C. Howard, 1834, iv, 7etabl., 2, p. 294).
? Proverbe. Qui veut voyager loin* ménage sa monture.
? [Avec on] V. on I B 2 c ex. de Bernanos et ex. 3.
? [Avec chacun] V. chacun I A 3 a.Chacun son tour (v. tour3).
2. [Le suj. indéterminé n'est pas exprimé, notamment avec un inf.] Conserver son calme (v. calme1II C 2); laver* son linge (sale) (en famille) (au fig.). Songer à son salut: égoïsme (Gide, Journal, 1890, p. 18).
C. ? [Le possesseur est de l'inanimé concr. ou abstr.]
1. Qui est à lui, à elle (en tant qu'objet). Si le monument n'a aucune utilité pratique, (...) elle [l'architecture] a du caractère. Si la pensée est précise (...) et que l'édifice ait une destination positive, (...) il [l'édifice] aura son caractère (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p. 101).Et quand elle s'éteint, en un murmure mystérieux (...), c'est pour ramener, avec le thème de la fugue et son nouveau développement, sa combinaison avec le motif de l'épisode religieux (Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 302).
? [Pour marquer l'appropriation, l'acquisition] La musique n'a pas eu encore son Raphaël (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1464).
? [Avec sentir + son/sa + subst. de l'animé ou de l'inanimé; pour désigner une action, une attitude outrée ou affectée] Démétrius voulait éblouir ses hôtes (...) son luxe barbare, ses chasses héroïques sentent fort son parvenu (Mérimée, Faux Démétrius, 1853, p. 237).[Le chat] n'est pas confiant, dit toujours le Buffon. Voyez ce regard faux, cet ?il à double fond, Cette allure équivoque, oblique, tortueuse: Tout cela ne sent pas son âme vertueuse (Pommier, Colifichets, 1860, p. 95).
? Dans l'expr. fig. (ça) ne nourrit pas son homme. V. homme ex. 30.
? Dans des loc. Tirer son origine* de; avoir, prendre sa source; avoir son charme (v. charme2ex. 16);
battre son plein* (v. aussi battre1I A 2).
Rem. Quand le possesseur est de l'inanimé, le poss. est en concurrence avec en (v. en2I A 1 a rem.).
2. En partic. [Renvoyant à un indéf.] Chaque chose à sa place*, en son temps*.
Proverbe. À chaque jour* suffit sa peine.
II. ? [Transpose dans le groupe nom. le pron. pers. il, elle; le subst. est un subst. d'action ou bien le subst. compl. d'un verbe opérateur] Le... de lui, d'elle. Il intervient ? son intervention; il fait une démarche ? sa démarche.
A. ? [Le renvoi anaphorique se fait à une pers. physique ou morale]
1. [Le subst. déterminé désigne un agent] Ses juges (ceux qui le/la jugent), ses persécuteurs (ceux qui le/la persécutent), son représentant, son interprète. Bardot, à qui le professeur Sègre laissait toute la besogne, ne sympathisait qu'à demi avec son assistant, le docteur Mazet (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 761).
2. [Le subst. déterminé désigne une action ou un état]
a) [Le poss. est l'équivalent de il, elle, lui2, soi, suj. actif d'un procès ou siège d'un état]
? [Le subst. est lié morphologiquement à un verbe] Son acceptation, son arrivée, son départ, son retour, sa venue, son appel, sa réponse. Au lendemain de son entrée à l'École, il s'était fait des moustaches avec de l'encre (Gide, Si le grain, 1924, p. 407).
? [Le subst. est le compl. d'un verbe opérateur] Ses accusations (celles qu'il porte), sa commande (celle qu'il a faite, qu'il fait, qu'il va faire, qu'il a à faire). Le criminel revient toujours au lieu de son crime (Giraudoux, Intermezzo, 1933, i, 5, p. 36).
? [Le subst. corresp. à des verbes d'état ou à des constr. attributives] Son angoisse (il est angoissé), sa joie (il est joyeux), sa soif (il a soif). La France a reculé devant de trop beaux atouts. Elle a eu peur de ses chances, de son bonheur (Barrès, Cahiers, t. 5, 1907, p. 185).
? Dans des expr. ou loc. En son honneur; en sa faveur (v. faveur1B 2 a).
b) [Le syntagme nom. exprime une action subie par le suj., à la forme passive] Son arrestation (il a été arrêté), son expulsion (il a été expulsé). [Gise] ne connaissait Daniel de Fontanin que depuis son amputation (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 799).
B. ? [Le renvoi anaphorique se fait à un inanimé concr. ou abstr.] Son explication, son éclaircissement (celle d'une affaire). Ce pays de Balbec (...) sa répartition territoriale, son ensemencement extensif, tout le long de la côte, en cultures diverses, donnaient forcément aux visites que je faisais à ces différents amis la forme du voyage (Proust, Sodome, 1922, p. 1111).
III. ? [Avec des valeurs affaiblies]
A. ? [Dans l'interpellation]
1. [Précédant les titres honorifiques de certains personnages importants, pour s'adresser à eux avec révérence ou parler d'eux à la 3epers. du sing.; s'écrit dans ce cas avec une majuscule] Sa (Gracieuse) Majesté la Reine de; Son Altesse Royale; Son Altesse Sérénissime le Prince de; Sa Sainteté le Pape...; Son Éminence le Cardinal...; Son Excellence l'Ambassadeur de, le Ministre de. Sa Majesté Monégasque songea que l'opération lui coûterait bien cher (Maupass., Sur l'eau, 1888, p. 352).
? P. plaisant. Sa Majesté la Presse. V. influent B 1 a p. métaph. ex. de Coston.
2. [Précédé de monsieur, madame, et suivi de père, mère, tante..., pour s'adresser à une pers. à la 3epers. du sing. ou parler d'elle par déférence] Monsieur son père, Madame sa mère. La s?ur tourière avertissait par le tour que mademoiselle de Clavelin était appelée auprès de madame sa mère (France, Mannequin, 1897, p. 261).Et M. l'abbé Coignard (...) accompagna la belle Sophie au logis de madame sa tante (France, Contes Tournebroche, 1907, p. 177).
B. ? Dans la lang. fam. ou arg. [Pour désigner qqn à la 3epers. du sing.] Lui.
? Arg. Ses gants. V. gant II B 1.
? Fam. Sa pomme. V. pomme B 4 a.Sa poire. V. poire III A 1.
Prononc. et Orth.: [s? ?], [sa], [se]. Pour son, liaison de [n] devant voy. ou h muet, avec ou sans dénasalisation: son ami [s?nami] ou [s? ?nami]; son habit [s?nabi] ou [s? ?nabi]. ,,La dénasalisation (...) est signalée pour toutes les voyelles nasales à la liaison dès le xvieou le xviiesiècle`` (G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n o1 1981, p. 199; v. mon). Mais dep. le xixes., sous l'infl. de son [s? ?] devant cons., la prononc. avec nasale [s? ?nami] concurrence devant voy. ou h muet la prononc. dénasalisée et tend à l'emporter sur elle. Auj. on remplace sa devant la voy. ou h muet d'un nom fém. par son: son amie, son habitude (contrairement aux textes anc. où il y a élision: s'amie). Att. ds Ac. dep. 1694. Homon. et homogr. son2 et 3; homon. formes de être : (ils) sont. Étymol. et Hist. Déterm. poss. atone fonctionnant comme un art. A. Fait réf. à une pers. simple 1. masc. a) sing. ?) 842 cas régime (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie, I, 6: si cum om per dreit son fradra saluar dift; 19: Si Lodhuuigs sagrament que son fradre Karlo iurat conservat); 937-952 sen [dial. du Nord? E. Koschwitz, Commentar zu den ältesten frz. Sprachdenkmälern, Heilbronn, 1886, p. 153; v. aussi Pope, § 853, § 1320 XII] (Jonas, éd. G. de Poerck, 145: un edre sore sen cheve); ca 1050 sum [Pope, § 610] (St Alexis, éd. Chr. Storey, 54: sum pedre corocier); ?) id. cas suj. (ibid., 99: Tant an retint [Alexis, de l'aumône] dunt ses cors puet guarir; 289); ca 1100 agn. sis [Pope, § 853] (Roland, éd. J. Bédier, 56); b) plur. ?) 2emoit. xes. cas régime (St Léger, éd. J. Linskill, 145: Sos clerjes pres il revestiz [sos infl. mérid., v. éd., p. 90]); ca 1050 (St Alexis, 294: ses fedeilz); ?) id. cas suj. (ibid., 222: Plurent si oil); 2. fém. a) sing. ?) 881 cas régime (Ste Eulalie ds Henry, op. cit., II, 17: sa virginitet); 2emoit. xes. forme élidée devant voy. (St Léger, 122: en s'evesquet); ca 1240 forme masc. a toute son ost (Jean de Thuin, Jules César, 30, 10 ds T.-L., v. la recension de P. Rickard ds Arch. ling. t. 11 1959, pp. 32-43); ?) fin xes. cas suj. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 12: Sa passïuns toz nos redenps); b) plur. ?) 2emoit. xes. cas régime (St Léger, 146: ob ses croix); ?) ca 1100 cas suj. (Roland, 1757: Karles l'oït [Rollant] e ses cumpaignes tutes). B. Fait rarement réf. à la 3epers. multiple [? 937-952 (Jonas, 190: per cel triduanum jejunium si contrition fisient e si corrovement fisient; v. comment. p. 49)] ca 1200 (Dialoge Gregoire lo Pape, 194 ds T.-L.: li homme neit en ceste avogleteit de son exil). Ses, son ? si, ses; sa, ses sont issus du parad. lat. vulg. atone (proclitique): masc. sing. sus [< class. su?us] so?s > ses; sum [< su?um] so?m > son; plur. so?s > ses, entraînant par réfection anal. le cas suj. si; fém. sing. sa, plur. sas > ses. Cette série atone de type sus ? sum, relevée au viies. par le grammairien Virgilius Maro (Pope, § 855a; Vään., § 284) est basée sur l'amuïssement, à basse époque, du u post-tonique devant u (Vään., § 80; cf. conju[g]i so, CIL t. 5, 2007; ixes. in so frundo = in suo fronde, Mél. Wilmotte [M.], p. 509), su?us > sus ayant entraîné sos; sa, sas; le maintien du -m final de suum, sum comparé à son amuïssement dans sua(m), sa(m) est dû à sa plus grande résistance derrière u que derrière toute autre voy., Vään. Inscr., pp. 132-135. Ce parad. atone constitue, dans la lang. parlée à basse époque, une série distincte du parad. tonique, cf. sien. Tandis qu'à l'époque class., suus est le poss. réfl. de la 3epers. du sing. et du plur., il peut, à basse époque, désigner un possesseur différent du suj. (cas où la lang. class. utilisait le génitif des dém.: ejus, illius, eorum, illorum): 1remoit. iiies., Cyprien, Ep., 58, 4: sufficit ad testimonium martyrii sui [= ejus] testis ille; fin ives., Aug., Emer., 9 ds Blaise Lat. chrét.: post damnationem suam [= eorum] susceperunt illos. L'empl. lat. en réf. à la 3epers. multiple (3epers. plur.) a laissé qq. traces en a. fr. (supra B) qui régulièrement utilise lor, leur*; il est fréq. en prov. (1318, Arnaut Vidal, Guillaume de la Barre, éd. P. Meyer, 3465; v. aussi Mistral, s.v. soun).
STAT. ? Fréq. abs. littér. Son: 315 434. Sa: 257 195. Ses: 212 974. Fréq. rel. littér. Son: xixes.: a) 445 811, b) 464 800; xxes.: a) 472 207, b) 428 049. Sa: xixes.: a) 357 317, b) 388 781; xxes.: a) 398 904, b) 340 691. Ses: xixes.: a) 324 227, b) 319 287; xxes.: a) 305 607, b) 274 208.
BBG. ? Harris (M.). Demonstratives, articles and third person pronouns in Fr. Z. rom. Philol. 1977, t. 93, pp. 249-261. ? Hatcher (A. G.). Il tend les mains... Studies in Philology. 1944, t. 41, pp. 457-481. ? Herzog (E.). Die vokalischen Formen mon, ton, son beim Femininum. Z. rom. Philol. 1896, t. 20, pp. 84-86. ? Högberg (P.). Die vorvokalischen Formen mon, ton, son beim Femininum. Z. rom. Philol. 1912, t. 36, pp. 491-496. ? Langacker (R. W.). Observations on Fr. possessives. Language. Baltimore. 1968, t. 44, pp. 51-75. ? Pinchon (J.). Morphosyntaxe du fr., Paris, 1986, pp. 105-113; les Pron. adv. en et y. Genève, 1972, pp. 152-165. ? Rickard (P.). The rivalry of m(a), t(a), s(a) and mon, ton, son before feminine nouns in Old and Middle Fr. Archivum linguisticum. 1959, t. 11, pp. 21-47, 115-147. ? Togeby (K.). Suus et illorum ds les lang. rom. R. rom. 1968, t. 3, pp. 66-71. ? Voretzsch (K.). Zu mon, ton, son vor Feminin. Z. rom. Philol. 1912, pp. 600-601. ? Wunderli (P.). Les Struct. du possessif en moy. fr. In: Ét. de synt. du moy. fr. Éd. par R. Martin. Paris, 1978, pp. 111-119.


SON2, subst. masc.

A. ? [Considéré d'un point de vue subjectif] Lang. usuelle, PHYSIOL.
1.
a) Sensation auditive produite sur l'organe de l'ouïe par la vibration périodique ou quasi-périodique d'une onde matérielle propagée dans un milieu élastique, en particulier dans l'air; p. méton., cette onde matérielle; ce qui frappe l'ouïe, avec un caractère plus ou moins tonal ou musical, par opposition à un bruit. Tu contiens, mer d'ébène (...) Un port retentissant où mon âme peut boire À grands flots le parfum, le son et la couleur (Baudel.,Fl. du Mal, 1859, p. 41):
1. ... j'ai observé quelquefois, en écoutant la musique (...) que je ne percevais plus, en quelque sorte, les sons des instruments en tant que sensations de mon oreille. La symphonie elle-même me faisait oublier le sens de l'ouïe. Elle se changeait si promptement, si exactement, en vérités animées et en universelles aventures, ou encore en abstraites combinaisons, que je n'avais plus connaissance de l'intermédiaire sensible, le son. Valéry,Eupalinos, 1923, p. 84.
? [P. oppos. à un bruit] Les primitifs semblent préférer les bruits aux sons (Ch. Lalo, Esthét. mus. sc., 1908, p. 79).Leur analyse [des Grecs] n'a pas su séparer dans le langage cet élément qui s'oppose au reste du discours comme un son s'oppose à un bruit: la poésie étant ce qui n'est fait que de tels sons, à l'exclusion des bruits (Valéry,Lettres à qq.-uns, 1945, p. 128).
? [À propos d'une matière heurtée qui vibre, d'une substance sonore ou d'un instrument] Le son du clairon. Tout ce que la jeunesse aimait alors (...) le son des cloches, les cathédrales, les cimetières (France,Vie littér., 1890, p. 233).Dans la cour, un garçon ferrait à froid les chevaux de demain (...). On entendait le son d'argent du marteau, et le claquement des sabots sur le pavé râpeux et rose (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 519).V. cor1A ex. de Vigny, délicat ex. 2.
? [À propos d'une arme à feu] Synon. de bruit.Au son du canon. V. carmagnole ex. 1.
? [À propos d'un élément de la nature] Connaissez-vous la blanche tombe Où flotte avec un son plaintif L'ombre d'un if? (Gautier,Poés., 1872, p. 236).V. érable ex. 2.
? Son plein. V. plein I A 1 b p. méton.Anton. son creux*.
? Loc. prép. Au(x) son(s) de. En suivant la musique de. Synon. au rythme de.Danser au son d'un accordéon, d'un orchestre; chanter au son d'une flûte, d'un tambourin. Selon les auteurs grecs, Orphée apprivoisait les animaux féroces aux sons de sa Lyre (Grillet,Ancêtres violon, t. 1, 1901, p. xi).À présent j'entends parfaitement bien la musique. Au son des instruments que je ne puis voir, des messieurs tourbillonnent avec des dames parées (...). La musique cesse; les danseurs s'arrêtent (Gide,Si le grain, 1924, p. 362).
SYNT. Son clair, grave, aigu, mat, sourd, doux, fort, faible, mourant, éclatant, perçant, strident, argentin, cristallin, cuivré, moelleux, léger, agréable, harmonieux, criard, discordant, aigrelet, nasillard, délié, fin, flûté, caverneux, creux; sons nets, brefs, secs, saccadés, heurtés, confus; son puissant, prolongé; son d'une flûte; sons d'un orchestre; son de cloche; son des guitares; éclat, intensité d'un son; entendre, écouter, percevoir, émettre, produire, rendre un son, des sons; tirer des sons (d'un instrument); soutenir, réfléchir, renvoyer, répercuter un son; un son croît, grandit, diminue, meurt.
b) Au fig. Je relis les quelques feuillets qu'au jour le jour durant la bataille de la Marne j'écrivais à Paris, cherchant à savoir heure par heure la palpitation de notre anxiété! Il y a là un son de vérité, une nuance de piété pour la patrie (Barrès,Cahiers, t. 11, 1916, p. 187):
2. Est-ce une impiété si des soupirs et des pleurs de tendresse, si les effusions, très diverses, que suscitent les faveurs de Bernadette, les grandeurs de Jeanne et les voluptés de Racine, m'émeuvent pareillement? J'y reconnais les plus purs sons de l'âme. Barrès,Amit. fr., 1903, p. 237.
? Expr. Son de cloche. V. cloche1A.Proverbe. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son. V. cloche1A.
? Loc. Prendre les lièvres au son du tambour. Ne pas faire une chose avec tout le secret qu'elle requiert. (Ds Littré).
? Rendre un son (+ adj.). [Le suj. désigne, p. méton., une chose concr. ou abstr.] Produire telle impression, paraître sous tel aspect. Rendre un son authentique, vrai; rendre un son faux (synon. sonner faux (v. faux1), sonner creux*). Envisagé comme homme, un Newton, un Cuvier, un Heyne, rend un moins beau son qu'un sage antique, un Solon ou un Pythagore par exemple (Renan,Avenir sc., 1890, p. 12).? Pourquoi Loti rend-il toujours le même son? (...) ? Sa lyre n'a qu'une corde, concluait Bouvard (Proust,Plais. et jours, 1896, p. 100).
? (Verbe +) à son de trompe. (Dire, faire quelque chose) de façon bruyante et ostentatoire, pour attirer l'attention. Synon. haut et fort (v. haut1), sur (tous) les toits (v. toit), à qui veut l'entendre*, sur tous les tons (v. ton3); anton. discrètement, secrètement.Publier à son de trompe. Confessant humblement notre infériorité, nous célébrons à son de trompe l'excellence de tous les auteurs d'outre-mer nés ou à naître (Chateaubr.,Litt. angl., t. 1, 1836, pp. 301-302).Un pharisien était (...) un pédant certain d'avoir raison (...) faisant l'aumône à son de trompe (Renan,Vie Jésus, 1863, p. 342).
2. En partic.
a) Sensation auditive produite par la vibration des cordes vocales de l'homme (voix humaine) ou de certains animaux (cri ressemblant à la voix humaine ou à de la musique). Synon. sonorité.Sons articulés, inarticulés; son étranglé, étouffé, tremblant, chevrotant, gras, nasillard, clair, voilé, pur; son de la voix. Elle a un son de voix qui ressemble à celui d'Élisabeth Salter dont le souvenir commence à s'effacer (Delacroix,Journal, 1822, p. 3).Les sons acérés d'un chat ténor habile aux trémolos (Colette,Naiss. jour, 1928, p. 12).
b) Élément perceptible du langage parlé. [Mallarmé] conçoit, d'autre part, avec une force et une netteté remarquables, que l'art implique et exige une équivalence et un échange perpétuellement exercé entre la forme et le fond, entre le son et le sens, entre l'acte et la matière (Valéry,Variété III, 1936, p. 28).Un véritable poète, un homme pour qui les sons du langage ont une importance égale (...) à celle du sens (Valéry,Variété III, 1936, p. 280).
3. Spécialement
a) PHONÉT. Émission de voix, simple ou articulée; en partic., ,,phonème qui comporte une émission de caractère musical: voyelle ou diphtongue, sonante, consonne nasale ou liquide`` (Mar. Lex. 1933). Son ouvert, fermé, nasal, guttural, mouillé. On compte, de plus [en grec], neuf diphtongues (syllabes composées de deux sons différents que l'on prononce d'une seule émission de voix) (É. Leclerc,Nouv. manuel typogr., 1932, p. 430).La rime est par définition même une correspondance de sons. Mais il est aisé de comprendre que l'on peut s'en servir pour produire des impressions diverses et assez variées. Impression de monotonie par la répétition des mêmes rimes (...). Impression d'accumulation par l'emploi d'une suite de rimes qui, sans être exactement la même rime, se rappellent l'une l'autre par leur son principal (Grammont1950, p. 420).
b) MÉD. Matité* (d'un son); son tympanique*.
c) PSYCHOPHYSIOL. Son (subjectif). Sensation sonore engendrée au niveau des éléments sensoriels, et liée aux stimuli extérieurs (d'apr. Piéron 1973). Son intermédiaire. Des physiologistes ont constaté (...) une aptitude (...) à voir les sons. Cette sorte de névrose s'appelle l'audition colorée (France,Vie littér., 1890, p. vii).
B. ? [Considéré d'un point de vue objectif] SC., ACOUST., MUS. Mouvement vibratoire, périodique ou quasi-périodique, simple ou composé, de fréquence fondamentale et de timbre déterminé, consistant en une perturbation dans la pression, la contrainte, le déplacement ou la vitesse des ondes matérielles qui se propagent ensemble ou isolément dans un milieu élastique, et capable de provoquer une sensation auditive. Sons audibles, inaudibles; qualités du son, d'un son; limite des sons perceptibles; mesure des sons. Les six premiers sons ainsi obtenus forment, par rapport au son générateur, les intervalles d'octave, quinte (D'Indy,Compos. mus., t. 1, 1897-1900, p. 97).
? Au sing. Le phénomène vibratoire périodique. Célérité, vitesse (de propagation) du son; puissance du son; réfraction, diffraction, interférences, réflexion du son. Il reste (...) le moyen d'évaluer les distances à l'aide du son, en se basant sur sa vitesse à raison de 340 m par seconde, et sur le temps qui s'écoule entre l'éclair et le bruit des coups de canon ou de fusil (Ledieu, Cadiat,Nouv. matér. nav., t. 1, 1889, p. 360):
3. Ces particules exécuteraient sans relâche des mouvements de toute nature, tantôt vibratoires, tantôt de translation; et les phénomènes physiques, les actions chimiques, les qualités de la matière que nos sens perçoivent, chaleur, son, électricité, attraction même peut-être, se réduiraient objectivement à ces mouvements élémentaires. Bergson,Essai donn. imm., 1889, p. 115.
? Mur du son. V. mur C 3.Synon. mur* sonique.
? [Suivi d'un adj. ou d'un compl. de n. déterminant sa nature physique ou sa qualité] Son pur. V. pur I B 4 a.Synon. son simple*.Son complexe. V. complexe I B 2.Anton. son pur*, son simple*.Son musical. V. musical I A.Son naturel. V. naturel I A 6.Synon. son fondamental*, son ouvert*.Son hululé. V. ululé.Son fondamental. V. fondamental B 1 a.Synon. son naturel*.Son(s) aliquote(s)*, concomitant(s)*, harmonique(s)*, partiel(s)*. Son pédale. V. pédale1A 3 a.Son de flageolet. V. flageolet1A 2.
? [Suivi d'un adj., d'un part. passé en empl. adj. ou d'un compl. de n. indiquant la nature ou le mode d'exécution] Son(s) ouvert(s). V. ouvert II A 2 b.Synon. son(s) naturel(s)*.Son(s) bouché(s). V. bouché II B 2.Son filé. V. filé II B 2 a.Filer un son. V. filer I B 1 c.Sons liés. V. lié II A 1 c.Sons flûtés. V. flûté II A.Son(s) de poitrine. V. poitrine I C 2.Son(s) de tête*.
SYNT. Agencement, combinaison, échelle des sons; son détaché, piqué; sons en sourdine, cuivrés; sons glissés, portés, appuyés, marqués, martelés, soutenus, étouffés, répercutés, syncopés, tremblés.
C. ? [Considéré d'un point de vue tonal, musical ou vocal]
1. MUS., lang. usuelle. Degré de l'échelle musicale, dont la hauteur tonale est déterminée; p. méton., son simple ou complexe de hauteur tonale déterminée émise par un instrument, par un corps sonore ou par la voix humaine. Synon. note, ton3, tonalité.Art des sons. [La musique] peint avec des sons la paix du sommeil, le calme de la nuit, le désert (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p. 59).Chaque soir, Julien joua plus fort. Ses lèvres enflaient le son, sa fièvre passait dans la vieille flûte de bois jaune (Zola,Cap. Burle, 1883, p. 142).
? P. ext. [À propos de plusieurs instruments ensemble] Le son de l'orchestre arrive, étouffé, jusqu'à la caissière, portant parfois sur une vague de musique le cri d'un soprano populacier (Colette,Music-hall, 1913, p. 159).
2. AUDIOVISUEL, RADIO, CIN., TÉLÉV., TÉLÉCOMM.
a) Au sing. ou au plur. Matière sonore susceptible d'être enregistrée, diffusée, transmise, reproduite par un procédé technique, acoustique, électronique; en partic., signal sonore, ensemble de signaux sonores; intensité sonore d'un appareil. Lecteur de son; enregistrement, reproduction, diffusion, transmission du son; baisser le son. Un système perfectionné de télévision permettant de transmettre simultanément trois émissions différentes sur une même longueur d'onde (son, synchronisation et image) (Vocab. radioph.,[1933-52]):
4. ... le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur ? et on dirait un film dont le son s'est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n'est qu'une image... Anouilh,Antig., 1946, p. 165.
? Son digital. [Corresp. à digital2] Piste sonore enregistrée sous forme numérique, soumise à des variations continues. Son digitalisé. Signal sonore codifié ou converti en numérique. D'ordinateur à ordinateur, le son et l'image digitalisés se baladent donc sur les fils du réseau Numeris pour pouvoir être restitués puis écoutés, sans que leur qualité en soit altérée de n'importe quel coin de France (Le Monde, 11 oct. 1989, p. 44, col. 2).
? Son analogique. Signal sonore représenté par un codage à fonctions continues. Anton. son digital (supra).
? Au sing.
? Prise* de son. Preneur de son. V. preneur II A 3 d.
? Chasseur de son. Reporter à la recherche du son en extérieur à l'aide d'un poste d'enregistrement. Trois cents « chasseurs de son amateurs » seront sur les pistes pour rapporter à France-Musique un millier d'heures d'enregistrements qui alimenteront les émissions régulières dans les mois prochains (Le Nouvel Observateur, 24 mai 1976, p. 90, col. 3).
? CIN., TÉLÉV. Son direct. Matière sonore enregistrée sur la bande directement avec l'image (d'apr. Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Pour les utilisateurs d'une caméra sonore le son direct et le commentaire sur le vif sont des documents irremplaçables (Le Point, 5 déc. 1977, p. 135, col. 1).
? Son stéréophonique*.
b) P. méton., au sing. Le son. Ensemble des techniques et des moyens matériels d'enregistrement, de reproduction, de diffusion et de transmission de la matière sonore, en particulier de la musique.
? Ingénieur du son. V. ingénieur B 1 spéc.
c) Spectacle son et lumière et, p. ell., son et lumière, subst. masc. Spectacle nocturne ayant pour cadre un monument ancien ou un site pittoresque et ayant pour objet une reconstitution historique du lieu au moyen d'une évocation sonore et musicale (illuminations, jeux de lumière, récits, musique, bruitage). En Loir-et-Cher, et particulièrement à Blois, on se rappelle le dynamisme cordial, l'efficacité d'administrateur de l'ancien préfet, M. Pierre Sudreau, celui qui avait lancé, au château de Chambord, le premier « Son et Lumière » mondial (L'Express, 26 déc. 1966-1erjanv. 1967, p. 21, col. 1).
REM. 1.
-son, élém. de compos.a) [Corresp. à supra A] V. abat-son.Phys. V. infrason (s.v. infra- I B 2 b), ultrason.b) Audio-visuel, néol. ?) [Corresp. à supra C 2 a]
Appareil-son, subst. masc.Les appareils-son (magnétophone, ampli) (Le Point, 10 déc. 1979, p. 189, col. 5).
Bande(-)son,(Bande son, Bande-son) subst. fém.Bande sonore d'un film, d'un montagne audiovisuel. Le film (...) est pensé et créé à partir de la bande son (Les Lettres fr., 3 nov. 1966, p. 24, col. 3).
Contact-son, subst. masc.Contact sonore d'une caméra sonore. De plus, le contact-son [de la caméra] est déclenché dès la position-test de la gâchette (L'Express, 17 mai 1976, p. 46, col. 3).
Fondu son, subst. masc.Ajoutons le fondu son [de la caméra], le contrôle automatique du niveau sonore et l'écouteur de contrôle, l'alimentation H-F antiparasite (L'Express, 17 mai 1976, p. 46, col. 3).
Piste-son, subst. fém.Piste sonore d'une caméra sonore. La vitesse [de la caméra] est stabilisée électroniquement par un palpeur de boucle, un défilement constant de la piste-son sur la tête d'enregistrement (L'Express, 17 mai 1976, p. 46, col. 3).
?) [Corresp. à supra C 2 b]
Photo-ciné-son, subst. apposé.Une assurance (...) prend le relais en cas de chômage et règle à la place de l'emprunteur les échéances, pendant douze mois maximum, sans qu'il ait à rembourser quoi que ce soit en fin de contrat (...). Le système couvre l'électro-ménager, les meubles et l'équipement photo-ciné-son, sur un réseau de distribution (Le Point, 27 févr. 1978, p. 35, col. 2).
2.
Sone, subst. masc.,acoust., psychophysiol. Unité subjective d'intensité sonore, de sonie (infra dér. 1), établie en fonction de l'intensité et de la fréquence mais aussi du nombre des composantes des sons, correspondant à l'intensité produite par un son pur de mille hertz et de quarante décibels au-dessus du seuil d'audition, et équivalant à quarante phones (d'apr. Pir. 1964, Encyclop. Sc. Techn. t. 2, 1970, s.v. audition et Méd. Biol. t. 3 1972). L'unité de sonie est (...) le sone. La valeur du sone a été fixée de manière arbitraire de façon à ce qu'un sone corresponde à la sensation produite par 40 phones (Encyclop. Sc. Techn.t. 21970, s.v. audition).
Prononc. et Orth.: [s? ?]. Homon. et homogr. son1 et 3; homon., forme de être : (ils) sont. Certains mots de la famille de son (de graph. très irrégulière) prennent 1 n (assonance, assonant; consonance, consonant; dissonance, dissonant, dissoner; résonance, résonateur; sonate, sonatine; sonore, sonorité), d'autres 2 n (consonne; malsonnant; résonner, résonnant; sonner, sonnant, sonnerie, sonnet, sonnette, sonneur, sonnaille, sonnailler). Thim. Princ. 1967, pp. 71-72 propose qq. rectifications et dégage la règle suivante: ,,L'n terminal de son n'est doublé que s'il est suivi de la lettre e: assonner ? assonance, consonne ? consonance, résonner ? résonance, sonnet ? sonate, sonnerie ? sonore, sonneur ? sonorité.`` Pour les part. prés. ils ,,s'alignent normalement sur le verbe (sonnant sur sonner, dissonnant sur dissonner, etc.)``. Seuls sonnaille et sonnailler conservent 2 n parce que: ,,Les suffixes -aille et -ailler comptent parmi les 24 suffixes d'origine populaire avec lesquels l'n des mots en -on est toujours doublé. (V. cochonnaille, poissonnaille, etc.)``. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1220-50 « air, mélodie » (Grant mal fist Adam, I, 101 ds T.-L.: Löenges et suns De dolce armonie); 1155 « chanson » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 10546: öir chançuns, Rotrüenges e novels suns); b) ca 1165 « chant des oiseaux » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 27346); 2. « bruit » a) 1remoit. xiies. des flots, de la mer (Psautier d'Oxford, éd. Fr. Michel, LXIV, 7: le suen de ses fluez [sonum fluctuum]); b) ca 1165 d'épées frappant les heaumes (Benoît de Ste-Maure, op. cit., 21353); 1erquart xiiies. son d'argent fig. (Renclus de Molliens, Carité, éd. A. G. van Hamel, XVIII, 6: Drois se tapist a son d'argent); c) ?) ca 1165 des cris (Benoît de Ste-Maure, op. cit., 2385); fin xiies. li suens de la voix (Sermons de St Bernard, éd. W. Foerster, p. 64, 5); ?) ca 1225 son des chiens (Auberon, éd. J. Subrenat, 717); 3. ca 1165 « action de sonner, de jouer d'un instrument; les harmonies qui en résultent » le son des estrumenz (Benoît de Ste-Maure, op. cit., 14806); ca 1220 son de harpes, de vïeles (Comte de Poitiers, 893 ds T.-L.); fin xives. sons de tabours, sons de cloches (Eustache Deschamps, ?uvres, VII, 269; 270, ibid.). Suen, suon est issu du lat. sonus « son [sonus tubae; nervorum; vocis], bruit, retentissement; sonorité, accent [de la voix, de la prononciation] ». La forme son suppose une réfection d'apr. le lat. ou d'apr. soner (sonner*). Fréq. abs. littér.: 7 245. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 11 705, b) 9 375; xxes.: a) 10 185, b) 9 674.
DÉR. 1.
Sonie, subst. fém.,acoust., psychophysiol. Sensation subjective d'intensité sonore qui détermine la magnitude de la sensation auditive produite par un son, fonction de la pression acoustique et de la structure du son, et dont l'unité est le sone (supra rem. 2) (d'apr. Pir. 1964, Envir. Écol. 1982 et Mathieu-Kastler Phys. 1983). Synon. force sonore* (vx), sonorité (vx.).L'intensité perçue (la sonie) d'un son donné peut se trouver réduite en présence d'un son de fréquence différente: on dit qu'il y a effet de masque (R. Chocholle,Le Bruit, Paris, P.U.F., 1973, p. 35).? [s?ni]. ? 1reattest. 1964 (Lar. encyclop.); de son2, suff. -ie*.
2.
Sonique, adj.a) Propre, relatif au son. Vitesses soniques (G. Coutaud, Y. Teissier, Le Pilotage des avions subsoniques, Paris, P.U.F., 1974, p. 125). En partic. ?) Sc., technol., aéron. Qui concerne la vitesse du son ou les vitesses avoisinant celle du son. Mur* sonique. Accroissement extraordinairement rapide de la traînée; l'air semble vouloir s'opposer au moindre accroissement de vitesse de l'avion; de là l'évocation d'un obstacle compact, consacrée par les expressions « mur de traînée », « barrière sonique », « mur sonique » (G. Coutaud, Y. Teissier,Le Pilotage des avions subsoniques, Paris, P.U.F., 1974, p. 125). ?) Mécan. des fluides appl., néol. Blocage sonique, subst. masc. ,,Régime de fonctionnement d'une tuyère caractérisé par une vitesse d'écoulement au col égale à la vitesse du son`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983, s.v. blocage sonique). b) Électron. Relatif aux ultra-sons. ?) Ligne sonique. ,,Tube rempli de mercure dans lequel des trains d'impulsion sont envoyés à l'aide de transducteurs piézoélectriques`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983, s.v. ligne sonique). ?) Générateur d'ondes soniques, néol. Appareil dentaire à ultra-sons servant à nettoyer et à dévitaliser une dent rapidement. Le générateur d'ondes soniques (...) permet, en envoyant des vibrations avec une fréquence d'environ 1500 Hz (...) de nettoyer le canal [dentaire] (en évacuant les déchets) et de l'élargir (Le Monde, 2 oct. 1985, p. 14, col. 4).? [s?nik]. ? 1reattest. 1949 vitesse sonique (Nouv. Lar. univ. t. 2, p. 811c); de son2, suff. -ique*.
BBG. ? De Gorog (R.). L'Étymol. et la formation des mots désignant bruit en fr. médiév. R. Ling. rom. 1977, t. 41, p. 371. ? Mercier (S.). Les Sons fondamentaux de fr. Paris, 1976, 110 p. ? Quem. DDL t. 5, 8. ? Schneiders (H.-W.). Der Frz. Wortschatz zur Bezeichnung von Schall. Genève, 1978, pp. 56-74. - Straka (G.). Les Sons et les mots, Paris, 1979, 643 p.


SON3, subst. masc.

A. ? MEUN. et dans la lang. usuelle
1.
a) Résidu de la mouture des grains de céréales, principalement du froment, représentant en majeure partie l'enveloppe du grain et séparé de la farine après blutage. Synon. bran (région.), issue (v. ce mot D 2), mouture (v. ce mot A 1).Son de maïs, d'orge; son fin, son gros de blé. Au son de blé cultivé sans engrais ni produits chimiques, les biscottes (...) permettent d'accélérer le transit intestinal. Des travaux scientifiques ont en effet prouvé que le son de blé est un moyen efficace de résoudre le problème de la constipation grâce à l'action des fibres végétales qu'il contient (Elle, 10 déc. 1980, p. 48, col. 1).
? En partic. Résidu le plus grossier du blé. C'était un navire symbole, qui flottait toujours, mais vers des rives dénudées, des révoltes sans lendemain, inutiles, avortées (...) transportant sa cargaison qui ne nourrirait jamais personne, non pas le blé d'une moisson, mais seulement un « son », une « balle », sans principes vitaux (Vialar, Risques et périls, 1948, p. 115).V. bran A ex. de J. de Maistre, farine ex. de Wolkowitsch.
? Son gras. Son qui contient beaucoup de farine. Les sons gras ont été employés [pour empêcher l'adhérence des dépôts dans les chaudières] (Armengaud, Moteurs à vapeur, t. 1, 1861, p. 302).
? Son sec, son maigre. Son qui est séparé de toute la farine (d'apr. Chesn. t. 2 1858).
? Son amélioré. Son additionné de moutures de farines nutritives. Pour remédier à ce manque d'éléments nutritifs ordinaire, on produit un son dit « amélioré » avec des « recoupettes » et du « remoulage » (TondraCheval1979).
? Loc. fig. et proverbiales, fam.
? Loc. adj. proverbiale, vx. Moitié farine et moitié son. Ce sont des choses mêlées, un mélange confus, équivoque. (Ds Hautel 1808). Moitié de gré, moitié de force. (Dict. xixeet xxes.).
? Loc. verb. proverbiale, vx. Aimer mieux le son que la farine. Préférer une chose grossière à une chose délicate, le commun au distingué.
? Loc. fig., fam. ou péj. Faire l'âne pour avoir du son. V. âne A loc.
? Arg. (des bagnes). Éternuer dans le son, dans du son. V. éternuer A 2.
b) [En compl. du n. dans des lexies où il signifie « additionné ou mêlé de son ou, p. méton., de farine de son »]
? Farine de son. Farine où l'on a mêlé du son. (Ds Rob.). P. ell. Pain de son, pain au son, biscotte au son. Pain, biscotte à la farine de son. Le pain de son résulte d'un mélange farineux qui, pour 1 000 g, comprendra 200 g de gros son, et 800 g de farine type 55 (R. Calvel, Le Pain et la panification, Paris, P.U.F., 1979, p. 105).La diététique a découvert les propriétés intéressantes du son et recommande le pain au son, plutôt que le pain blanc, souvent trop raffiné (CourtineGastr.1984).
? Eau de son. Eau où l'on a fait bouillir ou tremper du son ou de la farine de son, utilisée soit comme boisson pour le bétail et les chevaux, soit en pharmacie pour ses propriétés émollientes. Oh! dans l'eau de son qui mousse Les pourceaux hurluberlus Frais comme l'herbe qui pousse! (Rollinat, Névroses, 1883, p. 224).
? P. ell., PHARM., subst. + de son.À base d'eau de son. Lavement de son. Bain de son (Deschamps d'Avallon, Compendium pharm. prat., 1868, p. 551).
? Vinaigre de son. Eau où l'on a fait macérer du son devenu acide (d'apr. Littré Suppl. 1877).
2. P. anal., arg. milit. Boule de son. V. boule I C 3.
B. ? P. anal., fam., dans la lang. usuelle. Sciure servant à bourrer, à remplir, à garnir. Le poète reparut dans l'amant, il replaçait sur un piédestal de déesse la poupée dont il avait entrevu le son sous la couverte de peau rose (Huysmans, Marthe, 1876, p. 83).
? Poupée de son. Elle restait là, assise, les yeux clos, comme une molle poupée de son (Vialar, Carambouille, 1949, p. 67).
? P. anal. [Pour exprimer l'idée d'une pers. molle, sans personnalité] Je cherche des hommes et non des mannequins, des hommes de chair et d'os, se confessant à nous, et non des menteurs qui n'ont que du son dans le ventre (Zola, Mes haines, 1866, p. 226).
C. ? Fam. Tache(s) de son. Tache(s) de rousseur. Synon. éphélide.Imaginez un grand diable de vingt-cinq ans, d'un blond roux, ardent, avec une peau blafarde sous laquelle couraient des taches de son à peine visibles, avec des pommettes d'un rose un peu trop vif (Arnoux, Juif Errant, 1931, p. 227).Elle était toujours la même, tavelée de taches de son, la voix criarde, sa tignasse rouge ébouriffée (Genevoix, Rroû, 1931, p. 53).
? Taché, tavelé de son. Celle-ci, quoique hâlée par le soleil et tachée de son, comme disent les excellentes métaphores populaires, était vraiment une charmante et délicate créature (Hugo, Alpes et Pyr., 1885, p. 39).L'attention, le calcul maigrissaient son visage (...) tavelé de son sur les pommettes (Colette, Seconde, 1929, p. 97).
Prononc. et Orth.: [s? ?]. Homon. et homogr. son1 et 2; homon. formes de être : (ils) sont. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) [1243 lat. médiév. seonno « résidu de la mouture du blé, provenant du péricarpe des grains » (doc. ds Du Cange, s.v. seonnum)] ca 1393 (Ménagier de Paris, éd. G. E. Brereton et J. M. Ferrier, p. 140, 23); b) 1718 eau de son (Ac.); 2. a) 1805 tache de son « tache de rousseur » (Cuvier, Anat. comp., t. 2, p. 598); 1872 son « id. » (Littré); b) 1835 boule de son « pain de munition » (d'apr. Esn., s.v. boule2); 3. 1872 « sciure servant à remplir des poupées, à garnir des emballages » (Littré). Du lat. secundus « second », le son étant issu d'un deuxième tamisage de la farine. Cf. aussi l'a. cat. segon, sagon « son », cat. segó, segon « id. » (Alc.-Moll), a. prov. segon « seconde farine » (Rayn.). Voir H. Lüdtke, G. Colón, Die Etymologie von fr. son ,,Kleie`` ds Vox rom. t. 23, 1964, pp. 69-84 et FEW t. 17, p. 633a.

SON1, SA, SES, adj. poss.
Étymol. et Hist. Déterm. poss. atone fonctionnant comme un art. A. Fait réf. à une pers. simple 1. masc. a) sing. ?) 842 cas régime (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie, I, 6: si cum om per dreit son fradra saluar dift; 19: Si Lodhuuigs sagrament que son fradre Karlo iurat conservat); 937-952 sen [dial. du Nord? E. Koschwitz, Commentar zu den ältesten frz. Sprachdenkmälern, Heilbronn, 1886, p. 153; v. aussi Pope, § 853, § 1320 XII] (Jonas, éd. G. de Poerck, 145: un edre sore sen cheve); ca 1050 sum [Pope, § 610] (St Alexis, éd. Chr. Storey, 54: sum pedre corocier); ?) id. cas suj. (ibid., 99: Tant an retint [Alexis, de l'aumône] dunt ses cors puet guarir; 289); ca 1100 agn. sis [Pope, § 853] (Roland, éd. J. Bédier, 56); b) plur. ?) 2emoit. xes. cas régime (St Léger, éd. J. Linskill, 145: Sos clerjes pres il revestiz [sos infl. mérid., v. éd., p. 90]); ca 1050 (St Alexis, 294: ses fedeilz); ?) id. cas suj. (ibid., 222: Plurent si oil); 2. fém. a) sing. ?) 881 cas régime (Ste Eulalie ds Henry, op. cit., II, 17: sa virginitet); 2emoit. xes. forme élidée devant voy. (St Léger, 122: en s'evesquet); ca 1240 forme masc. a toute son ost (Jean de Thuin, Jules César, 30, 10 ds T.-L., v. la recension de P. Rickard ds Arch. ling. t. 11 1959, pp. 32-43); ?) fin xes. cas suj. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 12: Sa passïuns toz nos redenps); b) plur. ?) 2emoit. xes. cas régime (St Léger, 146: ob ses croix); ?) ca 1100 cas suj. (Roland, 1757: Karles l'oït [Rollant] e ses cumpaignes tutes). B. Fait rarement réf. à la 3epers. multiple [? 937-952 (Jonas, 190: per cel triduanum jejunium si contrition fisient e si corrovement fisient; v. comment. p. 49)] ca 1200 (Dialoge Gregoire lo Pape, 194 ds T.-L.: li homme neit en ceste avogleteit de son exil). Ses, son ? si, ses; sa, ses sont issus du parad. lat. vulg. atone (proclitique): masc. sing. sus [< class. su?us] so?s > ses; sum [< su?um] so?m > son; plur. so?s > ses, entraînant par réfection anal. le cas suj. si; fém. sing. sa, plur. sas > ses. Cette série atone de type sus ? sum, relevée au viies. par le grammairien Virgilius Maro (Pope, § 855a; Vään., § 284) est basée sur l'amuïssement, à basse époque, du u post-tonique devant u (Vään., § 80; cf. conju[g]i so, CIL t. 5, 2007; ixes. in so frundo = in suo fronde, Mél. Wilmotte [M.], p. 509), su?us > sus ayant entraîné sos; sa, sas; le maintien du -m final de suum, sum comparé à son amuïssement dans sua(m), sa(m) est dû à sa plus grande résistance derrière u que derrière toute autre voy., Vään. Inscr., pp. 132-135. Ce parad. atone constitue, dans la lang. parlée à basse époque, une série distincte du parad. tonique, cf. sien. Tandis qu'à l'époque class., suus est le poss. réfl. de la 3epers. du sing. et du plur., il peut, à basse époque, désigner un possesseur différent du suj. (cas où la lang. class. utilisait le génitif des dém.: ejus, illius, eorum, illorum): 1remoit. iiies., Cyprien, Ep., 58, 4: sufficit ad testimonium martyrii sui [= ejus] testis ille; fin ives., Aug., Emer., 9 ds Blaise Lat. chrét.: post damnationem suam [= eorum] susceperunt illos. L'empl. lat. en réf. à la 3epers. multiple (3epers. plur.) a laissé qq. traces en a. fr. (supra B) qui régulièrement utilise lor, leur*; il est fréq. en prov. (1318, Arnaut Vidal, Guillaume de la Barre, éd. P. Meyer, 3465; v. aussi Mistral, s.v. soun).

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Les citations avec le mot Son


  1. Dans la ville, bâtie en escargot sur son plateau, à peine ouverte vers la mer, une torpeur morne régnait.

    Auteur : Albert Camus - Source : La Peste (1947)


  2. Si, au jour de Saint-Samson, le pinson est au buisson, - Pour le vigneron c'est vin bon.

    Auteur : Dictons - Source : 28 juillet


  3. Je pars aujourd'hui. Quand je reviendrai, nous chanterons de tout autres chansons. Avec de si belles espérances, l'adieu est comme une fête.

    Auteur : Johann Wolfgang Goethe - Source : Pensées (1815-1832)


  4. Songez que les blessures que vous portez à l'amour propre de vos frères ne se cicatrisent jamais, et que sans cesse elles distillent un poison dans lequel il trempe les traits qu'il vous lance à son tour.

    Auteur : Félix Guillaume Marie Bogaerts - Source : Pensées et Maximes


  5. Faire de son devoir son mérite par rapport à Dieu, son plaisir par rapport à soi-même, et son honneur par rapport au monde, voilà en quoi consiste la vraie vertu de l'homme et la solide dévotion du chrétien.

    Auteur : Louis Bourdaloue - Source : Pensées, tome I


  6. La mort est la chose la plus simple qui soit si on évite de philosopher à son sujet.

    Auteur : Madeleine Ouellette-Michalska - Source : La femme de sable


  7. L'homme qui réfléchit cherche des raisons pour s'interdire d'agir.

    Auteur : Gotthold Ephraïm Lessing - Source : Nathan le Sage (1779), II, 8


  8. Que voulez-vous, ils sont froids, les British, ils sont constipés. Question sentiments, ils ferment de bonne heure.

    Auteur : Claude Sarraute - Source : Dans Le Monde, 19 décembre 1985


  9. Ce n'est pas parce que les malais sont laids, les portugais gais, les colombiens biens que les espagnols sont gnols.

    Auteur : Alphonse Allais - Source :


  10. Rien durant leur formation professionnelle ne les préparaient à ce genre de situation. Annoncer la mort d'un proche faisait partie des tâches poubelles du policier et annoncer à des parents la mort de leur enfant était le pire de tout. Ça dépassait l'entendement. Personne de devrait être forcé de délivrer de tels messages.

    Auteur : Camilla Läckberg - Source : Le Tailleur de pierre (2009)


  11. Tu changes de ville, de chambre, de visage, de ville, d'amour, mais même quand tu te dépouilles de tout, il reste toujours quelque chose de permanent, qui réside en toi depuis que tu es doué de mémoire et depuis bien avant que tu aies atteint l'âge de raison, le noyau ou la moelle de ce que tu es, de ce qui jamais ne s'est éteint, non pas une conviction ni un désir, mais un sentiment, parfois amorti comme la braise du feu de la veille cachée sous les cendres, mais presque toujours très vif, qui palpite dans tes actions et qui colore les choses d'un éloignement durable dans le temps; tu as le sentiment d'être déraciné, étranger, de ne jamais être tout à fait nulle part, de ne pas partager les certitudes d'appartenance qui pour d'autres semblent si naturelles ou faciles, ni l'assurance avec laquelle beaucoup d'entre eux s'accommodent ou possèdent, ou bien tiennent pour acquises la solidité du sol où ils marchent, la fermeté de leurs idées, la durée future de leur vie.

    Auteur : Antonio Muñoz Molina - Source : Séfarade (2005)


  12. C'est une erreur de croire que les gens ne prennent des décisions qui engagent leur vie que quand ils deviennent ou sont adultes. Les enfants se jettent avec la même détermination que les adultes dans des entreprises ou des manières de vivre. Ils ne se tiennent pas pour toujours à leurs décisions, mais les adultes aussi jettent parfois aux oubliettes les décisions qu'ils avaient prisés pour la vie.

    Auteur : Bernhard Schlink - Source : Amours en fuite (2001)


  13. Nous sommes tous quelqu'un d'influent quand nous sommes absolument convaincus de ce que nous faisons.

    Auteur : Paulo Coelho - Source : Comme le fleuve qui coule (2006)


  14. Mon idée du ciel: manger du foie gras au son des trompettes.

    Auteur : Sydney Smith - Source :


  15. Itineris a raison de ne pas se l'SFR !

    Auteur : Alain Chabat - Source : Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002)


  16. Un drôle d'état de fatigue, se dit-il, lorsqu'un type mort depuis plus d'un siècle vous fait des clins d'oeil sur son portrait.

    Auteur : Timothy Thomas Powers, dit Tim Powers - Source : Les Voies d'Anubis (1986)


  17. Mon père disait qu'il existe des personnes qui apparaissent dans votre vie comme des rayons de lumière et que d'autres sont comme des nuages.

    Auteur : Gilles Legardinier - Source : Complètement cramé ! (2012)


  18. L'orateur qui dit sans cesse trop ou trop peu est une horloge qui sonne l'heure à la demie.

    Auteur : Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn - Source : Bluettes et boutades (1846)


  19. Voyant des statues érigées à plusieurs personnages, Caton l'Ancien disait : «Quant à moi, j'aime mieux que l'on demande pourquoi il n'y a pas de statue de Caton, que si l'on demandait pourquoi on lui en a élevé.»

    Auteur : Plutarque - Source : Oeuvres morales, Apophtegmes des Romains


  20. L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines.

    Auteur : Théophile Gautier - Source : Mademoiselle de Maupin (1835), Préface


  21. Et pour quelles raisons étranges
    Les gens qui tiennent à leurs rêves, ça nous dérange


    Auteur : Michel Berger - Source : Il jouait du piano debout (1980)


  22. La science n'a jamais tout à fait raison, mais elle a rarement tout à fait tort, et, en général, elle a plus de chance d'avoir raison que les théories non scientifiques. Il est donc rationnel de l'accepter à titre d'hypothèse.

    Auteur : Bertrand Russell - Source : Histoire de mes idées philosophiques (1961)


  23. Dans un monde qui ne respecte que la jeunesse, les êtres sont peu à peu dévorés.

    Auteur : Michel Houellebecq - Source : Les Particules élémentaires (1998)


  24. Cent ans ne sont pas si longs qu'ils en ont la mine.

    Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


  25. Les gens équilibrés sont ainsi, ils ont l'habitude de tout simplifier et après, mais toujours trop tard, on les voit s'étonner de l'inépuisable diversité de la vie.

    Auteur : José Saramago - Source : L' Autre comme moi (2002)


Les citations du Littré sur Son


  1. Ils prirent Jérémie, et ils le jetèrent dans la basse-fosse de Melchias qui était dans le vestibule de la prison

    Auteur : SACI - Source : Bible, Jérémie, XXXVIII, 6


  2. L'aveuglement de ceux qui apportent la seule autorité pour preuve dans les matières physiques, au lieu du raisonnement ou des expériences

    Auteur : Blaise Pascal - Source : Fragm. Traité du vide.


  3. Il se repose sur la parole de celui qui a promis à ceux qui le servent d'envoyer son épouvantement devant eux

    Auteur : BALZAC - Source : le Prince, 8


  4. Il a une grande fille qu'on appelle Mlle Marianne, qui voudrait bien aussi se marier sans le dire à son père ; ils sont fort secrets dans cette famille-là

    Auteur : DANCOURT - Source : Foire Besons, sc. 16


  5. El liu oil apert mix [mieux], ou par bonnes [bornes] anciennes qui sont trouvées, ou par douves anciennes de fossés qui sont trouvées

    Auteur : BEAUMANOIR - Source : XXV, 9


  6. Il voulait dire apparemment qu'il ne convenait pas à un roi de rendre raison à son peuple, et qu'il fallait en user comme le parlement qui ne motive jamais ses arrêts

    Auteur : Voltaire - Source : Lett. d'Argental, 30 mars 1776


  7. Charles reçut tous ces prisonniers d'importance avec une politesse aussi aisée et un air aussi humain que s'il leur eût fait dans sa cour les honneurs d'une fête

    Auteur : Voltaire - Source : Charles XII, 2


  8. Les formes d'un grand nombre de haches, de couteaux en silex, en obsidienne, en quartz compacte, extraits de tumulus de l'Attique, de la Béotie, de l'Achaïe, des Cyclades, sont identiques à celles des pareilles armes qu'on recueille çà et là dans notre sol

    Auteur : A. MAURY - Source : Rev. des Deux-Mondes 1er avril 1867, p. 651


  9. Les dedans de la main sont fort enflés

    Auteur : Madame de Sévigné - Source : 280


  10. Cet airain résonnant qui, balancé dans l'air, Intercédait le ciel et conjurait l'orage

    Auteur : MASSON - Source : Helvétiens, V


  11. Mme de Fontanges est duchesse avec vingt mille écus de pension ; elle recevait aujourd'hui dans son lit ; le roi y a été publiquement

    Auteur : Madame de Sévigné - Source : 418


  12. Le feu estoit mort au foier de son coeur, et tous ces soufflets [ces attaques] n'en faisoient voller que de la cendre

    Auteur : D'AUB. - Source : ib. II, 439


  13. Comme on peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épais ses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds, ainsi l'on peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société

    Auteur : Montesquieu - Source : ib. XXIV, 1


  14. Puis s'adressant aux deputez du clergé et de la noblesse, leur dit qu'il avoit bien senti qu'on leur avoit fait entendre que l'hospital de la noblesse estoit le temporel du clergé, comme si le gentilhomme avoit le principal de son bien fondé sur la marmite

    Auteur : FROUMENTEAU - Source : Finances, IIIe livre, p. 426


  15. Et les hales sont faites à la guise des cloistres de ces moinnes blans

    Auteur : JOINV. - Source : 205


  16. Celui qui tumbe [meurt] obstiné en son courage

    Auteur : MONT. - Source : I, 243


  17. La superstition, en général, est toujours une erreur ; mais les superstitions particulières ont quelquefois un fondement raisonnable

    Auteur : BUFF. - Source : Ois. t. XII, p. 29


  18. Que Marinette est sotte après son gros René

    Auteur : Molière - Source : le Dépit, IV, 4


  19. Les hommes devraient employer les premières années de leur vie à devenir tels, par leurs études et par leur travail, que la république elle-même eût besoin de leur industrie et de leurs lumières, qu'ils fussent comme une pièce nécessaire à tout son édifice....

    Auteur : LA BRUY. - Source : II


  20. Je ne trouve personne, avant le père Jean Falconi, qui ait enseigné le nouveau prodige de cet acte irréitérable [demande à Dieu qu'il n'est pas nécessaire de réitérer]

    Auteur : BOSSUET - Source : États d'oraison, I, 24


  21. Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu'ils voudront accepter

    Auteur : Jean Racine - Source : Mithr. I, 5


  22. Il y a deux de ces messieurs [du parlement de Paris] qui sont à Berlin ; ils ont désiré voir le roi de Prusse, et le roi n'y a consenti qu'après qu'ils ont assuré qu'ils n'avaient pas été d'avis de consulter la Sorbonne sur l'inoculation

    Auteur : D'ALEMB. - Source : Lett. à Voltaire, 8 déc. 1763


  23. Les choses semblent estre involontaires quand ilz sont faites par violence ou quant il sont faittes par ignorance

    Auteur : ORESME - Source : Eth. 47


  24. Il faut accorder les contradictions qui ne sont qu'apparentes ; il faut faire un choix bien raisonné, quand elles sont réelles

    Auteur : FONTEN. - Source : de Lisle.


  25. Disant qu'il trouvoit cela laid et mal seant à une personne d'honneur, que de tenser ses serviteurs, et quereller avec eulx pour son ventre

    Auteur : AMYOT - Source : Caton, 44




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Mise à jour le mercredi 22 mars 2023 à 13h47







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