La définition de Doute du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.
Doute
Nature : s. m.
Prononciation : dou-t'
Etymologie : Substantif abstrait de douter ; bourguig. d"te ; proven). dopte, dubte, s. m. ; catal. dubte ; espagn. duda ; portug. duida ; ital. dotta. Doute a été d'abord féminin dans la langue ; c'est vers la fin du XVIe siècle que le genre en commence à devenir incertain, et que quelques-uns le font tantôt féminin, tantôt masculin. Palsgrave, p. 26, remarque qu'on écrit doubte, et qu'on prononce doute. Ce mot, dans l'ancienne langue, à côté du sens de doute, a aussi celui de crainte.
Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de doute de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.
Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec doute pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Doute ?
La définition de Doute
Incertitude où l'on est sur la réalité d'un fait, la vérité d'une assertion. Avoir du doute. Lever tous les doutes.
Toutes les définitions de « doute »
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition
Incertitude sur l'existence ou la vérité d'une chose, sur la vérité ou la fausseté d'une idée. Être en doute. Laisser en doute. Il n'y a point de doute. Cela est hors de doute. Doute bien ou mal fondé. Il lui reste encore quelque doute. N'avoir aucun doute. Lever un doute. Éclaircir un doute. Proposer ses doutes. Laisser un doute. Tirer, ôter, délivrer quelqu'un d'un doute. Nul doute, point de doute que cela ne soit. Ce cas de conscience me laisse encore quelque doute. Maladie du doute, Maladie mentale caractérisée par la difficulté, parfois invincible, d'asseoir son esprit dans une certitude. Mettre une chose en doute, la révoquer en doute, En contester la certitude. Ne faire aucun doute d'une chose, L'admettre comme certaine. Hors de doute, Certain, hors de toute contestation. Cela est hors de doute. Prov., Dans le doute, abstiens-toi, Quand on doute si une action est bonne ou mauvaise, utile ou nuisible, il ne faut pas agir. Le doute philosophique ou méthodique, ou, absolument, Le doute, Méthode par laquelle l'esprit, suspendant son jugement, ne reçoit pour vrai que ce qu'il connaît évidemment être tel. Le doute de Descartes. On dit proverbialement Le doute est le commencement de la sagesse. Il se dit aussi spécialement de l'État d'esprit de celui qui doute des vérités de la religion. Vivre dans le doute.
SANS DOUTE, loc. adv. Assurément, certes. Viendrez-vous demain? Sans doute. C'est là sans doute une très belle action. On dit plus souvent Sans aucun doute, sans nul doute. Il signifie aussi Selon toutes les apparences, probablement. Il arrivera sans doute aujourd'hui.
Littré
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1Incertitude où l'on est sur la réalité d'un fait, la vérité d'une assertion. Avoir du doute. Lever tous les doutes.
Est-ce qu'il peut y avoir du doute à cela?? ?Ote-moi d'un doute?; Connais-tu bien don Diègue??
Corneille, Cid, II, 2.Otez moi donc de doute Et montrez-moi la main qu'il faut que je redoute
, Corneille, Rodog. V, 4.Mille et mille témoins te mettront hors de doute
, Corneille, Nicom. III, 5.Rendez sans différer mes doutes éclaircis
, Gombaud, Danaïdes, I, 2.Des témoins de sa mort viennent à tous moments Condamner votre doute et vos retardements
, Racine, Mithr. I, 3.Un moment quelquefois éclaircit plus d'un doute
, Racine, Iphig. II, 5.Délivrez mon esprit de ce funeste doute
, Racine, Phèd. I, 3.Être en doute, douter.
Vous êtes en doute Ce qu'elle a plus parfait, ou l'esprit, ou le corps
, Malherbe, V, 23.Il vous a obligé de vous expliquer une chose dont je n'étais point en doute
, Guez de Balzac, liv. VI, lett. 3.En êtes-vous en doute??
Corneille, Nicom. I, 2.? tu ne meurs point de honte Qu'il faille que de lui je fasse plus de compte, Et que ton père même, en doute de ta foi, Donne plus de croyance à ton valet qu'à toi?!
Corneille, Ment. V, 3.Laisser une chose en doute, ne pas l'éclaircir.
Laissez la chose en doute, et du moins hésitez Tant qu'on ait par leur bouche appris leurs volontés
, Corneille, ?d. III, 2.Laisser quelqu'un en doute, ne pas dissiper son incertitude.
Il m'a laissé plus en doute que je n'étais
, Fénelon, Tél. IX.Mettre en doute, révoquer en doute, contester la vérité d'un fait.
Jusques ici, madame, aucun ne met en doute Les longs et grands travaux que votre amour vous coûte
, Corneille, Rodog. II, 3.Je n'ai jamais mis en doute que vous ne m'ayez écrit
, Sévigné, 390.Il ne révoque pas les miracles en doute
, Bossuet, Hist. II, 12.Dans le même sens.
On n'en fait aucun doute
, Corneille, Suréna, I, 2.Mettre en doute signifie aussi contester l'obligation de quelque devoir.
L'obéissance est mise en doute
, Bossuet, Hist. II, 1. - 2 Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur paraît douter de ce qu'il doit énoncer. On dit plutôt dubitation.
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3Scepticisme. Une philosophie qui n'aboutit qu'au doute.
Un doute éclairé peut quelquefois servir de flambeau
, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 140, dans POUGENS.Le doute est bien plus le résultat des lumières vagues que de l'ignorance
, Mirabeau, Collection, t. IV, p. 110.Doute méthodique de Descartes, méthode qui consiste à rejeter provisoirement toutes les idées qu'on a reçues.
Défaut de croyance à. une religion révélée.
Le doute est un blasphème
, Voltaire, Fanat. IV, 3.Il serait à souhaiter qu'un doute universel se répandît sur la surface de la terre, et que tous les peuples voulussent bien mettre en question la vérité de leurs religions
, Diderot, Pensées philos. n° 36. -
4Difficulté, scrupule.
J'ai encore un doute à vous proposer
, Pascal, Prov. 5.Mlle de Duras ayant quelque doute sur la religion
, Bossuet, Conf.Conjecture, soupçon. J'en ai quelques doutes.
Appréhension, crainte. Dans le doute d'un accident fâcheux, il faut prendre ses précautions.
Que si j'avais le moindre doute d'avoir failli et de mériter vos menaces
, Voiture, Lett. 58.Dans le doute mortel dont je suis agité
, Racine, Phèd. I, 1. -
5Sans doute, loc. adv. Assurément, certes. Viendrez-vous demain?? sans doute.
Ironiquement. Me prêterez-vous encore de l'argent?? - Sans doute?; je contribuerai à toutes vos folies.
Selon toutes les apparences.
Sans doute à nos malheurs ton c?ur n'a pu survivre
, Racine, Alex. IV, 1.Il est sans doute que, avec l'indicatif, on ne peut douter.
Il est sans doute qu'il suffit d'avoir appris une fois?
, Pascal, Prov. 3.Il est sans doute qu'il ne se servit pas des termes d'acheter ne de vendre
, Pascal, ib. 12.Il est sans doute que je suis un hérétique
, Pascal, ib. 15.Sans doute que s'emploie aussi pour probablement, tout en tête de la phrase. Sans doute qu'il n'y a plus pensé.
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6Hors de doute, incontestable, certain. Cela est hors de doute. Il est hors de doute qu'il réussira. Son acquittement est hors de doute.
Jusqu'à ce qu'elle ait vu votre hymen hors de doute
, Corneille, Perthar. II, 3.
PROVERBE
Dans le doute abstiens-toi, c'est-à-dire quand une action est douteuse, il est plus prudent, plus sage, plus honnête de s'en abstenir.Le doute est le commencement de la sagesse.
REMARQUE
1. Mettre en doute, dans une phrase négative ou interrogative, suivi de que, demande la particule ne?: Lorsqu'on me trouvera morte, il n'y aura personne qui mette en doute que ce ne soit vous qui m'aurez tuée
, Molière, G. Dand. III, 8. Cependant le ne peut se supprimer?: Je ne mets pas en doute que cela soit.
2. Doute a été longtemps féminin?; il l'est encore dans Malherbe?: Nos doutes seront éclaircies, Et mentiront les prophéties? III, 1. La seule chose Qui m'empêche la mort, c'est la doute que j'ai, V, 13. Rotrou aussi le fait féminin?: Son mépris paraît trop, ma doute n'est point vaine, Bélis. I, 6.
HISTORIQUE
XIIe s. Sans doute [crainte] de perir
, Couci, XVIII.
XIIIe s. Là s'aresterent-il à grant doute, car il douterent [craignirent] ceus de fors, et autant doutoient-il ceus dedens
, Villehardouin, CXXXVII. Et pour chou [ce] qu'il ot paour et doute que ses chevaus ne feust mors ou meshaignés, il s'en tourna le petit pas
, H. de Valenciennes, IV. Car donc, quel part la pointe [de l'aiguille aimantée] vise, La tresmontaigne [le nord] est là sans doute
, Lais inédits, p. IV. Et li autre [larrecins] sont en doute, à savoir se c'est larrecins ou non
, Beaumanoir, XXXI, 1.
XIVe s. Eustrace fait ici une doubte?
, Oresme, Eth. 51. Une doubte semble apparoir en ce qu'il dient
, Oresme, ib. VI, 11.
XVe s. Pour la doute [crainte] des rebellions
, Froissart, II, II, 27. Sans doute, si ce n'eust esté? le roy n'eust jamais souffert?
, Commines, VI, 2. Et y mettoient grans doubtes aucuns, veu que à leurs dos n'avoyent nulles places pour eux retirer
, Commines, I, 2. Le duc [de Bourgongne] lui fist faire [à Louis XI] son logis [à Péronne], et l'asseura fort de n'avoir nulle doubte (le roy estoit entré en grant paour apprenant l'arrivée de ses malvueillans auprès du duc de Bourgongne)
, Commines, II, 5.
XVIe s. N'en faictes doubte aucune
, Marot, J. V, 21. Cela ne se peut revoquer en doute
, Calvin, Instit. 784. Il n'y a nulle doute que c'est une exhortation que Dieu lui fait
, Calvin, ib. 266. Vous m'en avés escript si honnestement que jamais je n'en ay faict une seule doubte
, Marguerite de Navarre, Lett. 101. Puisqu'on est en doubte du plus court chemin, il fault tenir le droict
, Montaigne, I, 132. Il n'y a point de doubte qu'il ne soit plus beau de pardonner?
, Montaigne, I, 132. Qui y peult faire doubte [qui peut en douter]??
Montaigne, I, 174. La chose est de soy tant notoire, que la doute en seroit trop plus deraisonnable, que la preuve necessaire
, Amyot, Préf. XVIII, 47. Non seulement le commun peuple flottoit et branloit en ce doubte, mais aussi les senateurs
, Amyot, Numa, 4. Les reformez, eslevez de leur droict, estimoient toutes doutes effacées
, D'Aubigné, Hist. I, 129. On l'empeschoit, tant sur la reverence du traitté, comme sur le doute de l'execution
, D'Aubigné, ib. I, 185.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
DOUTE. - REM. Ajoutez?:3. J. J. Rousseau a employé doute au sens de crainte?; c'est un archaïsme. Je suis ainsi toujours dans le doute de manquer à vous ou à moi, d'être familier ou rampant, Lettre au maréchal de Luxembourg, 30 avril 1759.
4. On trouve aussi dans des textes anciens?: doute que, pour?: de peur que. Mais doute qu'autres le voulussent faire imprimer?
, Privilége en 1636, dans BAYLE, article Neufgermain, note A.
Encyclopédie, 1re édition
DOUTE, s. m. (Log. & Mét.) Les Philosophes distinguent deux sortes de doutes, l'un effectif & l'autre méthodique. Le doute effectif est celui par lequel l'esprit demeure en suspens entre deux propositions contradictoires, sans avoir aucun motif dont le poids le fasse pencher d'un côté plûtôt que d'un autre. Le doute méthodique est celui par lequel l'esprit suspend son consentement sur des vérités dont il ne doute pas réellement, afin de rassembler des preuves qui les rendent inaccessibles à tous les traits avec lesquels on pourroit les attaquer.
Descartes naturellement plein de génie & de pénétration, sentant le vuide de la philosophie scholastique, prit le parti de s'en faire une toute nouvelle. Etant en Allemagne, & se trouvant fort des?uvré dans l'inaction d'un quartier d'hyver, il s'occupa plusieurs mois de suite à repasser les connoissances qu'il avoit acquises, soit dans ses études, soit dans ses voyages ; il y trouva tant d'obscurité & d'incertitude, que la pensée lui vint de renverser ce mauvais édifice, & de rebâtir, pour ainsi dire, le tout à neuf, en mettant plus d'ordre & de liaison dans ses principes.
Il commença par mettre à l'écart les vérités revélées, parce qu'il pensoit, disoit-il, que pour entreprendre de les examiner, & pour y réussir, il étoit nécessaire d'avoir quelque extraordinaire assistance du ciel, & d'être plus qu'Homme. Il prit donc pour premiere maxime de conduite, d'obéir aux lois & aux coûtumes de son pays, retenant constamment la religion dans laquelle Dieu lui avoit fait la grace d'être instruit dès son enfance, & se gouvernant en toute autre chose selon les opinions les plus modérées ; il crut qu'il étoit de la prudence de se prescrire par provision cette regle, parce que la recherche successive des vérités qu'il vouloit savoir, pouvoit être très longue, & que les actions de la vie ne souffrant aucun délai, il falloit se faire un plan de conduite ; ce qui lui fit joindre une seconde maxime à la précedente, qui étoit d'être le plus ferme & le plus résolu dans ses actions qu'il le pourroit, & de ne pas suivre moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsqu'il s'y seroit une fois déterminé, que si elles eussent été très-assûrées. Sa troisieme maxime fut de tâcher toûjours de se vaincre plûtôt que la fortune, & de changer plûtôt ses desirs que l'ordre du monde.
Descartes s'étant assûré de ces maximes, & les ayant mises à part avec les vérités de foi, qui ont toûjours été les premieres en sa créance, jugea que pour tout le reste de ses opinions il pouvoit librement entreprendre de s'en défaire. En cela il a eu raison ; mais il s'est trompé lorsqu'il a crû qu'il suffisoit pour cela de les révoquer en doute. Douter si deux & deux font quatre, si l'homme est un animal raisonnable, c'est avoir des idées de deux, de quatre, d'homme, d'animal, de raisonnable. Le doute laisse donc subsister les idées telles qu'elles sont ; ainsi nos erreurs venant de ce que nos idées ont été mal faites, il ne les sauroit prévenir. Il peut pendant un tems nous faire suspendre nos jugemens ; mais enfin nous ne sortirons d'incertitude qu'en consultant les idées qu'il n'a pas détruites ; & par conséquent si elles sont vagues & mal déterminées, elles nous égareront comme auparavant. Le doute de Descartes est donc inutile : chacun peut éprouver par lui-même qu'il est encore impraticable ; car si l'on compare des idées familieres & bien déterminées, il n'est pas possible de douter des rapports qui sont entr'elles : telles sont, par exemple, celles des nombres. Si l'on peut douter de tout, ce n'est que par un doute vague & indéterminé, qui ne porte sur rien du tout en particulier.
Si Descartes n'avoit pas été prévenu pour les idées innées, il auroit vû que l'unique moyen de se faire un nouveau fonds de connoissances, étoit de détruire les idées mêmes, pour les reprendre à leur origine, c'est-à-dire aux sensations. La plus grande obligation que nous puissions avoir à ce philosophe, c'est de nous avoir laissé l'histoire des progrès de son esprit. Au lieu d'attaquer directement les scholastiques, il représente le tems où il étoit dans les mêmes préjugés ; il ne cache point les obstacles qu'il a eus à surmonter pour s'en dépoüiller ; il donne les regles d'une méthode beaucoup plus simple qu'aucune de celles qui avoient été en usage jusqu'à lui, laisse entrevoir les découvertes qu'il croit avoir faites, & prépare par cette adresse les esprits à recevoir les nouvelles opinions qu'il se proposoit d'établir. Je crois que cette conduite a eu beaucoup de part à la révolution dont ce philosophe est l'auteur.
Le doute introduit par Descartes, est bien différent de celui dans lequel se renferment les Sceptiques. Ceux-ci, en doutant de tout, étoient déterminés à rester toûjours dans leur doute ; au lieu que Descartes ne commença par le doute, que pour mieux s'affermir dans ses connoissances. Dans la philosophie d'Aristote, disent les disciples de Descartes, on ne doute de rien, on rend raison de tout, & néanmoins rien n'y est expliqué que par des termes barbares & inintelligibles, & que par des idées obscures & confuses ; au lieu que Descartes, s'il vous fait oublier même ce que vous connoissiez déjà, fait vous en dédommager abondamment, par les connoissances sublimes auxquelles il vous mene par degrés ; c'est pourquoi ils lui appliquent ce qu'Horace dit d'Homere :
Non fumum ex fulgore, sed ex fumo dare lucem
Cogitat, ut speciosa dehinc miracula promat.
Il faut le dire ici, il y a bien de la différence entre douter & douter : on doute par emportement & par brutalité, par aveuglement & par malice, & enfin par fantaisie, & parce que l'on veut douter ; mais on doute aussi par prudence & par défiance, par sagesse & par sagacité d'esprit. Les Académiciens & les Athées doutent de la premiere façon, les vrais Philosophes doutent de la seconde. Le premier doute est un doute de ténebres, qui ne conduit point à la lumiere, mais qui en éloigne toûjours. Le second doute naît de la lumiere, & il aide en quelque façon à la produire à son tour. C'est de ce doute qu'on peut dire qu'il est le premier pas vers la vérité.
Il est plus difficile qu'on ne pense de douter. Les esprits bouillans, dit un auteur ingénieux, les imaginations ardentes ne s'accommodent pas de l'indolence du sceptique ; ils aiment mieux hasarder un choix que de n'en faire aucun, se tromper que de vivre incertains : soit qu'ils se méfient de leurs bras, soit qu'ils craignent la profondeur des eaux, on les voit toûjours suspendus à des branches dont ils sentent toute la foiblesse, & auxquelles ils aiment mieux demeurer accrochés que de s'abandonner au torrent. Ils assûrent tout, bien qu'ils n'ayent rien soigneusement examiné ; ils ne doutent de rien, parce qu'ils n'en ont ni la patience ni le courage : sujets à des lueurs qui les décident, si par hasard ils rencontrent la vérité, ce n'est point à tâtons, c'est brusquement & comme par révélation : ils sont entre les dogmatiques, ce que sont les illuminés chez le peuple dévot. Les individus de cette espece inquiete ne conçoivent pas comment on peut allier la tranquillité d'esprit avec l'indécision.
Il ne faut pas confondre le doute avec l'ignorance. Le doute suppose un examen profond & desintéressé ; celui qui doute parce qu'il ne connoît pas les raisons de credibilité, n'est qu'un ignorant.
Quoiqu'il soit d'un esprit bien fait de rejetter l'assertion dogmatique dans les questions qui ont des raisons pour & contre, & presqu'à égale mesure, ce seroit néanmoins agir contre la raison, que de suspendre son jugement dans des choses qui brillent de la plus vive évidence ; un tel doute est impossible, il traîne après lui des conséquences funestes à la société, & ferme tous les chemins qui pourroient conduire à la vérité.
Que ce doute soit impossible, rien n'est plus évident ; car pour y parvenir il faudroit avoir sur toutes sortes de matieres des raisons d'un poids égal pour ou contre : or, je le demande, cela est-il possible ? Qui a jamais douté sérieusement s'il y a une terre, un soleil, une lune, & si le tout est plus grand que sa partie ? Le sentiment intime de notre existence peut-il être obscurci par des raisonnemens subtils & captieux ? On peut bien faire dire extérieurement à sa bouche qu'on en doute, parce que l'on peut mentir ; mais on ne peut pas le faire dire à son esprit. Ainsi le pyrrhonisme n'est pas une secte de gens qui soient persuadés de ce qu'ils disent ; mais c'est une secte de menteurs : aussi se contredisent-ils souvent en parlant de leur opinion, leur c?ur ne pouvant s'accorder avec leur langue, comme on peut le voir dans Montaigne, qui a tâché de le renouveller au dernier siecle.
Car après avoir dit que les Académiciens étoient différens des Pyrrhoniens, en ce que les Académiciens avoüoient qu'il y avoit des choses plus vraissemblables les unes que les autres, ce que les Pyrrhoniens ne vouloient pas reconnoître, il se déclare pour les Pyrrhoniens en ces termes : or l'avis, dit-il, des Pyrrhoniens est plus hardi, & quant & quant plus vraissemblable. Il y a donc des choses plus vraissemblables que les autres ; & ce n'est point pour dire un bon mot qu'il parle ainsi, ce sont des paroles qui lui sont échappées sans y penser, & qui naissent du fond de la nature, que le mensonge des opinions ne peut étouffer.
D'ailleurs chaque action que fait un pyrrhonien, ne dément-elle pas son système ? car enfin un pyrrhonien est un homme qui dans ses principes doit douter universellement de toutes choses, qui ne doit pas même savoir s'il y a des choses plus probables les unes que les autres ; qui doit ignorer s'il lui est plus avantageux de suivre les impressions de la nature, que de ne pas s'y conformer. S'il suivoit ses principes, il devroit demeurer dans une perpétuelle indolence, sans boire, sans manger, sans voir ses amis, sans se conformer aux lois, aux usages & aux coûtumes, en un mot se pétrifier & être immobile comme une statue. Si un chien enragé se jette sur lui, il ne doit pas faire un pas pour le fuir : que sa maison menace ruine, & qu'elle soit prête à s'écrouler & à l'engloutir sous ses ruines, il n'en doit point sortir ; qu'il soit défaillant de faim ou de soif, il ne doit manger ni boire : pourquoi ? parce qu'on ne fait jamais une action qu'en conséquence de quelques jugemens intérieurs, par lesquels on se dit qu'il y a du danger, qu'il est bon de l'éviter ; que pour l'éviter il faut faire telle ou telle chose. Si on ne le fait pas, c'est que l'esprit demeure dans l'inaction, sans se déterminer. Heureusement pour les Pyrrhoniens, l'instinct supplée avec usure à ce qui leur manque du côté de la conviction, ou plûtôt il corrige l'extravagance de leur doute.
Mais il suffit, diront-ils, que le danger paroisse probable, pour qu'on soit obligé de le fuir : or nous ne nions pas les apparences ; nous disons seulement que nous ne savons pas que les choses soient telles en effet qu'elles nous paroissent. Mais cette réponse n'est qu'un vain subterfuge, par lequel ils ne pourront échapper à la difficulté qu'on leur fait. Je veux que le danger leur paroisse probable ; mais quelle raison ont-ils pour s'y soustraire ? Le danger qu'ils redoutent est peut-être pour eux un très-grand bien. D'ailleurs je voudrois bien savoir s'ils ont idée de danger, de doute, de probabilité ; s'ils en ont idée, ils connoissent donc quelque chose, savoir qu'il y a des dangers, des doutes, des probabilités : voilà donc pour eux une premiere marque de vérité. C'est un point fixe & constant chez eux, qu'il faut vivre comme les autres, & ne point se singulariser ; qu'il faut se laisser aller aux impressions qu'inspire la nature ; qu'il faut se conformer aux lois & aux coûtumes. Mais où ont-ils pris tous ces principes ? Sceptiques dans leur façon de penser, comment peuvent-ils être dogmatiques dans leur maniere d'agir ? Ce seul point qu'ils accordent, est un écueil où viennent se briser toutes leurs vaines subtilités.
Pyrrhon agissoit quelquefois en conséquence de son principe. Persuadé qu'il n'y avoit rien de certain, il portoit son indifférence en certaines choses aussi loin que son système le comportoit. On dit de lui qu'il n'aimoit rien, & ne se fâchoit de rien ; que quand il parloit, il se mettoit peu en peine si on l'écoutoit ou si on ne l'écoutoit pas ; & qu'encore que ses auditeurs s'en allassent, il ne laissoit pas de continuer. Si tous les hommes étoient de ce caractere, que deviendroit alors parmi eux la société ? Oüi, rien ne lui est plus contraire que ce doute. En effet, il détruit & renverse toutes les lois, soit naturelles, soit divines, soit humaines ; il ouvre un vaste champ à tous les desordres, & autorise les plus grands forfaits. De ce principe qu'il faut douter de tout, il s'ensuit qu'il est incertain s'il y a un être suprème, s'il y a une religion, s'il y a un culte qui nous soit nécessairement commandé. De ce principe qu'il faut douter de tout, il s'ensuit que toutes les actions sont indifférentes, & que les bornes sacrées qui sont posées entre le bien & le mal, entre le vice & la vertu, sont renversées.
Or qui ne voit combien ces conséquences sont pernicieuses à la société ? Jugez-en par Pyrrhon lui-même, qui voyant Anaxarque son maître tombé dans un précipice, passa outre, sans daigner lui tendre la main pour l'en retirer : Anaxarque qui étoit imbu des mêmes principes, loin de l'en blâmer, parut lui on savoir bon gré ; sacrifiant ainsi à l'honneur de son système, le ressentiment qu'il devoit avoir contre son disciple.
Ce doute n'est pas moins contraire à la recherche de la vérité ; car ce doute une fois admis, tous les chemins pour arriver à la vérité sont fermés, on ne peut s'assûrer d'aucune regle de vérité : rien ne paroît assez évident pour n'avoir pas besoin de preuve ; ainsi dans cet absurde système il faudroit remonter jusqu'à l'infini, pour y trouver un principe sur lequel on pût asseoir sa croyance.
Je vais plus loin : ce doute est extravagant, & indigne d'un homme qui pense ; quiconque s'y conformeroit dans la pratique, donneroit assûrément des marques de la plus insigne folie : car cet homme douteroit s'il faut manger pour vivre, s'il faut fuir quand on est menacé d'un danger pressant : tout doit lui paroître également avantageux ou desavantageux. Ce doute est encore indigne d'un homme qui pense, il l'abaisse au-dessous des bêtes mêmes ; car en quoi l'homme differe-t-il des bêtes ? si ce n'est en ce qu'outre les impressions des sens qui lui viennent des objets extérieurs, & qui lui sont peut-être communes avec elles, il a encore la faculté de juger & de vouloir : c'est le plus noble exercice de sa raison, la plus noble opération de son esprit ; or le scepticisme rend ces deux facultés inutiles. L'homme ne jugera point, il s'est fait une loi de s'abstenir de juger, & ils appellent cela époque. Or si l'homme ne juge point, vous concevez que sa volonté n'a plus aucun exercice, qu'elle demeure dans l'inaction, & comme assoupie ou engourdie ; car la volonté ne peut rien choisir, que l'esprit n'ait connu auparavant ce qui est bon ou mauvais ; or un esprit imbu des principes pyrrhoniens est plongé dans les ténebres. Mais il peut juger, dira-t-on, qu'une chose lui paroît plus aimable que les autres. Cela ne doit point être dans leur système ; néanmoins en leur accordant ce point, on ne leur accorde pas en même tems qu'il y ait une raison suffisante pour se déterminer à poursuivre un tel objet ; cette raison ne sauroit être que la ferme conviction où l'on seroit, qu'il faut suivre les objets les plus aimables.
Que conclure de tout ceci ? sinon qu'un pyrrhonien réel & parfait parmi les hommes, est dans l'ordre des intelligences un monstre qu'il faut plaindre. Le pyrrhonisme parfait est le délire de la raison, & la production la plus ridicule de l'esprit humain. On pourroit douter avec raison s'il y a de véritables Sceptiques ; quelques efforts qu'ils fassent pour le faire croire aux autres, il est des momens, & ces momens sont fréquens, où il ne leur est pas possible de suspendre leur jugement ; ils reviennent à la condition des autres hommes : ils se surprennent à tous momens, aussi décidés que les plus fiers dogmatiques ; témoin Pyrrhon lui-même, qui se fâcha un jour contre sa s?ur, parce qu'il avoit été contraint d'acheter les choses dont elle eut besoin pour offrir un sacrifice. Quelqu'un lui remontra que son chagrin ne s'accordoit pas avec l'indolence dont il faisoit profession. Pensez-vous, répondit-il, que je veuille mettre en pratique pour une femme cette vertu ? N'allez pas vous imaginer qu'il vouloit dire qu'il ne renonçoit pas à l'amour, ce n'étoit point sa pensée ; il vouloit dire que toutes sortes de sujets ne méritoient pas l'exercice de son dogme, de ne se fâcher de rien. Voyez Pyrrhonisme, Sceptique.
Doute, (Belles-lettres.) figure de rhétorique par laquelle l'orateur paroît en suspens & indéterminé sur ce qu'il doit dire & faire ; par exemple : Que ferai-je ? aurai-je recours à ces amis que j'ai négligés ? m'adresserai-je à ceux qui m'ont à-présent oublié ?
Il n'y a peut-être jamais eu de doute si marqué & en même tems si singulier, que ce commencement d'une lettre de Tibere au sénat, rapporté par Tacite, livre VI. de ses annales, n°. 6. Quid scribam vobis, P. C. aut quomodo scribam, aut quid omnino non scribam hoc tempore, dii me deæque pejùs perdant, quàm perire quotidiè sentio, si scio. Ce n'étoit pas néanmoins pour faire une figure de rhétorique de propos délibéré, que ce prince écrivoit de la sorte ; ces expressions étoient la vive image de la perplexité, de l'agitation & des remords dont il étoit alors troublé : Adeo, ajoûte l'historien, dont les paroles & la réflexion sont trop belles pour ne mériter pas place ici ; adeo facinora atque flagitia sua ipsi quoque in supplicium verterant : neque frustra præstantissimus sapientiæ firmare solitus est, si reclu dantur tyrannorum mentes, posse aspici laniatus et ictus, quando ut corpora verberibus, ita sævitia, libidine, malis consultis animus dilaceretur. Quippe Tiberium, ajoûte-t-il, non fortuna, non solitudines protegebant quin tormenta pectoris suasque ipse panas fateretur. Le doute & la perplexité sont incontestablement le langage de la nature dans une conscience ainsi bourrelée. (G)
Wiktionnaire
Nom commun - ancien français
doute \Prononciation ?\ féminin
-
Peur, crainte.
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Mout a grant dote Peleüs
Que le regne ne li laist plus ? (Le Roman de Troie, édition de Constans, tome I, p. 39, c. 1165. Manuscrit peleus.)
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Mout a grant dote Peleüs
- Doute.
Nom commun - français
doute \dut\ masculin
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Incertitude sur l'existence ou la vérité d'une chose, sur la vérité ou la fausseté d'une idée.
- Dans la connaissance des choses humaines, notre esprit ne doit jamais se rendre esclave en s'assujettissant aux fantaisies d'autruy. Il faut étendre la liberté de son jugement, et ne rien mettre dans sa tête par aucune autorité purement humaine. Quand on nous propose la diversité des opinions, il faut choisir s'il y a lieu ; sinon, il faut demeurer dans le doute. ? (Maximes et pensées diverses, par Madame de Sablé, Paris : chez Sébastien Mabre-Cramoisy, 1678)
- Mais lorsque Aimery mit pied à terre sur le trottoir de la gare, il lui resta encore un peu de doute, c'est à dire une espérance. ? (Pierre Louÿs, Psyché, 1927, page 115)
- [?] : l'Atlantide. Que cette contrée ait existé, cela est hors de doute. Mais il paraît certain qu'elle avait déjà disparu bien avant l'apparition de l'homme sur la terre, [?]. ? (René Thévenin & Paul Coze, M?urs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., page 15)
- Les évaluations de propriétés la passionnaient. Nul doute que cette domination sur une grande étendue de forêt l'ait séduite. ? (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
- L'enfant devient adulte, entre autres, par l'apprentissage du doute. ? (Cyrille Barrette, La vraie nature de la bête humaine, Éditions Multimonde, 2020, page 247)
- Personne ne répondit. Le doute flottait dans tous les esprits. ? (Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 134)
- N'avoir aucun doute.
- Lever un doute.
- Éclaircir un doute.
- Proposer ses doutes.
- Laisser un doute.
- Tirer, ôter, délivrer quelqu'un d'un doute.
- Nul doute, point de doute que cela ne soit.
- Ce cas de conscience me laisse encore quelque doute.
- Maladie du doute, Maladie mentale caractérisée par la difficulté, parfois invincible, d'asseoir son esprit dans une certitude.
- Mettre une chose en doute, la révoquer en doute, En contester la certitude.
- Ne faire aucun doute d'une chose, L'admettre comme certaine.
- Hors de doute, Certain, hors de toute contestation.
- Cela est hors de doute.
- (Proverbial) Dans le doute, abstiens-toi, Quand on doute si une action est bonne ou mauvaise, utile ou nuisible, il ne faut pas agir.
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(Philosophie) Méthode par laquelle l'esprit, suspendant son jugement, ne reçoit pour vrai que ce qu'il connaît évidemment être tel.
- Le commencement de la philosophie pour Descartes, c'est le doute ; cela seul est toute sa méthode. C'est la proclamation du droit au libre examen. L'avenir de la philosophie est attaché à ce principe. ? (Jules Simon, Introduction de: « ?uvres de Descartes », édition Charpentier à Paris, 1845)
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État d'esprit de celui qui doute des vérités de la religion.
- Vivre dans le doute.
Trésor de la Langue Française informatisé
DOUTE, subst. masc.
Doute au Scrabble
Le mot doute vaut 6 points au Scrabble.
Informations sur le mot doute - 5 lettres, 3 voyelles, 2 consonnes, 5 lettres uniques.
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Les mots proches de Doute
Douaire Douairier Douairière Douane Doublage Doublant, ante Double Doublé, ée Doubleau Doublement Doublement Doubler Doublerie Doublet Doublon Doublure Douc Doucé Douceâtre Doucement Doucereux, euse Doucet, ette Doucettement Douceur Douche Doucin Douelle Douer Douet Douille Douillet, ette Douillette Douillettement Douleur Douloir (se) Douloureusement Douloureux, euse Doussin Doute Douter Douteur Douteusement Douteux, euse Douve Douvelle Doux, douce Douzain Douzaine Douze Douzième Douadic Douai Douai Douai Douai Douai Douains douaire douairière douairières douait douane douanes douanier douanier douanière douanières douaniers douaniers douar Douarnenez douars Douaumont doubla doublage doublages doublai doublaient doublais doublait doublant doublard doublards doublât double double double doublé doublé doublé double-cliqué double-cliquer double-croche double-décimètre double-fond double-six doubleau doubleaux doublée doubléeMots du jour
Terrestréité Farder Entrepas Sectile Apathique Affiquet Désordonnément Logicien Bousillage Décevance
Les citations avec le mot Doute
- Le dépressif est incapable de prendre du recul par rapport à sa vie qu’il considère comme misérable. Je lui réponds généralement que la dépression est sans doute l’invention la plus lucrative de l’industrie pharmaceutique et que je n’ai ni le temps ni les moyens de contribuer à l’enrichissement d’entreprises déjà pleines aux as. Auteur : Camilla Grebe - Source : Un cri sous la glace (2017)
- Sans doute est-il nécessaire que je m'explique, moi Pierre Pachet, sur le texte étrange qu'on va lire et pour lequel j'ai tenu la plume. Quel est le sens de ce projet, et comment l'ai-je réalisé ? Dans l'enfance, je m'ennuyais beaucoup (…) Seule ma mère avait la sympathie et la finesse nécessaires pour me comprendre et m'aider(…) Mon père, lui, n'émergeait de son travail que pour rechercher le repos, en « s'allongeant » ou en partant se promener. Mais l'ennui, chez moi, ne voulait pas des promenades.Auteur : Pierre Pachet - Source : Autobiographie de mon père (1987)
- Ce que je redoute toujours, c'est d'être réduit à un présent qui ne donnerait rien, à un présent muet - muet comme une carte d'identité, comme une pierre tombale. Les mots tuent quand ils nous désignent.Auteur : Jean-Bertrand Pontalis - Source : L'amour des commencements (1986)
- Je vais plus loin : je vous dis qu'il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! mon frère le Turc ? mon frère le Chinois ? le Juif ? le Siamois ? Oui, sans doute; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ?Auteur : Voltaire - Source : Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas (1763), XXII
- J'ai parcouru tous ces kilomètres pour me perdre, sans doute, mais peut-être aussi pour me trouver...Auteur : Brigitte Giraud - Source : Une année étrangère (2009)
- L'incertitude du coeur est l'aléa de l'amour: c'est sans doute ce qui fait qu'on se passionne de ce jeu-là.Auteur : Louis Dumur - Source : Petits aphorismes sur l'amour (1892)
- Ne nous lassons pas de jeter sur notre route des semences de bienveillance et de sympathie. Sans doute il en périra beaucoup, mais, s'il en est une seule qui lève, elle embaumera notre route et réjouira nos yeux.Auteur : Sophie Swetchine - Source : Airelles
- Même dans les mariages heureux et les carrières réussies, il y a toujours un doute. On ne peut pas s’empêcher de se demander à quoi nos vies auraient ressemblé si nous avions choisi un autre chemin – ou des chemins, toujours au pluriel.Auteur : Elif Shafak - Source : Trois filles d’Eve, Elif Shafak, éd. Flammarion, coll. « J’ai lu », 2018
- Car, je n'en doute point, cette jeune beauté - Garde en vain un secret que trahit sa fierté; - Et son silence même, accusant sa noblesse, - Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse.Auteur : Jean Racine - Source : Iphigénie en Aulide (1674), I, 2, Agamemnon
- Tenir les agendas et arroser les plantes de façon impeccable, c'est sans doute deux aspects d'une même chose : une vie où il n'y a pas de place pour le hasard.Auteur : Henning Mankell - Source : L'Homme qui souriait (1994)
- Sans doute les larmes font-elles du bien parfois; sans doute rafraîchissent-elles l'atmosphère comme le fait la pluie.Auteur : Abraham Stoker, dit Bram Stoker - Source : Dracula (1897)
- L'âme a sa pudeur sans doute; mais cette pudeur-là n'est, chez les amoureux qu'un reflet des flammes qui brûlent ailleurs dans leur être.Auteur : Joseph Arthur, comte de Gobineau - Source : Mademoiselle Irnois (1848)
- Sans doute ai-je hérité moi aussi du complexe d'Isis, celle qui réunit les morceaux dispersés, l'obsession de relier entre eux des faits épars, de reconstituer des trajectoires, un roman n'est jamais loin du rêve de reconstituer un corps.Auteur : Isabelle Sorente - Source : La Faille (2015)
- L'oeil fixé sur le compas, je m'appliquais à tenir une route rigoureuse quand un plan est douteux, les scrupules d'exécution rassurent.Auteur : Jacques Perret - Source : Rôle de plaisance (1957)
- Pourquoi les créateurs de légendes n'ont-ils jamais imaginé un monde peuplé d'êtres dépourvus d'illusion? Sans doute parce que la vie de tels êtres ne serait pas concevable.Auteur : Gustave Le Bon - Source : Les Incertitudes de l'heure présente
- La morale sans doute est l'âme de la fable ;
C'est une fleur qui doit donner son fruit.Auteur : Antoine Houdar de La Motte - Source : Fables (1719), V, 3, Le Renard prédicateur - Alourdi par la mésestime de soi, l'humain ralentit. Les doutes le font stagner. La peur, reculer.Auteur : Sophie Jomain - Source : Quand la nuit devient jour (2016)
- La liberté générale bannira du monde entier les absurdes oppressions qui accablent les hommes et fera renaître une fraternité universelle, sans laquelle tous les avantages publics et individuels sont si douteux et si précaires.Auteur : Mirabeau - Source : Collection
- Devenir musicien, c'est sans doute chercher à mettre la main sur les sons, chercher à éduquer leur violence, à apaiser la vieille souffrance sonore.Auteur : Pascal Quignard - Source : Le salon du Wurtemberg
- L'incertitude, l'indécision et le doute, ces trois morceaux de la même croix. Auteur : Georges Picard - Source : Le génie à l'usage de ceux qui n'en ont pas (2004)
- Ceux qui obéissent à des principes moraux sont sans doute mieux armés pour affronter les manifestations de la jalousie que ceux que leur philosophie libertine laisse désemparés face à des explosions passionnelles. Auteur : Catherine Millet - Source : La Vie sexuelle de Catherine M. (2001)
- Maintenant que je me défais peu à peu et que dans le miroir peu à peu je lui ressemble, je doute que, revenant, elle me reconnaisse pour sa fille.Auteur : Sidonie Gabrielle Colette - Source : La Naissance du jour (1928)
- Sans aucun doute, on pourrait écrire mieux telle ou telle phrase d'A la recherche du temps perdu. Mais où trouver ce fou qui voudrait lire un Proust amélioré?Auteur : Milan Kundera - Source : Les testaments trahis
- En fonction de l’évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français, mais je fais le choix de la confiance.Auteur : Emmanuel Macron - Source : Emmanuel Macron s'adresse au pays ce lundi 12 juillet 2021 à 20h, dans un discours solennel.
- Je doute parfois qu'il soit permis de sauver l'homme d'aujourd'hui. Mais il est encore possible de sauver les enfants de cet homme dans leur corps
et dans leur esprit. Il est possible de leur offrir en même temps les chances du bonheur et celles de la beauté. Auteur : Albert Camus - Source : Prométhée aux Enfers in L'été, 1946
Les citations du Littré sur Doute
- Quant à vous, suivez Mars, ou l'amour, ou le prince ; Allez, venez, courez ; demeurez en province ; Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement ; Les gens en parleront, n'en doutez nullementAuteur : Jean de La Fontaine - Source : Fab. III, 1
- Ce sont des doutes qui passent dans l'espritAuteur : BOSSUET - Source : Lett. Corn. 101
- Sans doute on ne veut pas que, mêlant nos douleurs, Nous nous aidions l'un l'autre à porter nos malheursAuteur : Jean Racine - Source : Brit. I, 3
- Je ne saurais douter que toute la théorie des lois romaines sur le vol ne fût tirée des institutions lacédémoniennesAuteur : Montesquieu - Source : Esp. XXIX, 13
- Sa parole le lie sans doute, parce qu'il est fidèle et véritable ; mais le lien n'est pas moins volontaire qu'inviolableAuteur : BOSSUET - Source : Var. VI, § 30
- On doute avec fondement que les épitomes ou sommaires qui sont à la tête des livres de Tite-Live soient de FlorusAuteur : ROLLIN - Source : Hist. anc. t. XII, p. 289, dans POUGENS
- Je doute qu'une démonstration mathématique parût une vérité à quelqu'un dont elle combattrait une passion forte ; il y supposerait des paralogismesAuteur : DUCLOS - Source : Consid. moeurs, 14
- Le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vieAuteur : BOSSUET - Source : Anne de Gonz.
- Le chemin que vostre eau a à tenir sera finement nivelé avec le grand niveau.... et moiennant que le plomb du niveau pende tant soit peu, ne doutés que l'eau n'aille par le canal ainsi mesuréAuteur : O. DE SERRES - Source : 755
- Sans doute, du VIe au VIIIe siècle, l'état de la Gaule a changé ; les rapports des hommes, les institutions, les moeurs ont été modifiés, moins cependant qu'on ne pourrait être tenté de le croire ; le chaos était extrême, et le chaos est essentiellement stationnaireAuteur : GUIZOT - Source : Hist. de la civil. en France, 8e leçon.
- Qui ne sçait rien, de rien ne douteAuteur : ID. - Source :
- Tous eurent le courage de lui être fidèles ; et lui, de ne pas douter qu'ils ne le fussentAuteur : D'ALEMB. - Source : Éloges, milord Maréchal
- On ne se douterait pas qu'un chant aussi varié que celui du rossignol est renfermé dans les bornes étroites d'une seule octave ; c'est cependant ce qui résulte d'une observation attentive d'un homme de goût, qui joint la justesse de l'oreille aux lumières de l'espritAuteur : BUFF. - Source : Ois. t. IX, p. 137, dans POUGENS
- Je proposeray ici la somme de ma doctrine : la quelle comme je ne doute pas estre veritable, aussi j'espere qu'elle sera approuvée à tous bons coeurs et craignans DieuAuteur : CALV. - Source : ib. 1099
- Faites promptement fortifier la gorge de la redoute avec ces chariotsAuteur : MÉRIMÉE - Source : l'Enlèvement de la redoute.
- L'orgueil seroit si grand en toutes communautés que tous gentilshommes s'en douteroient, et jà en avoit-on vu l'apparent en AngleterreAuteur : Jean Froissard - Source : II, II, 203
- Le fait des araignées qui descendent de leur toile et se tiennent suspendues tant que le son des instruments continue, et qui remontent ensuite à leur place, ne peut guère être révoqué en douteAuteur : BUFF. - Source : De l'ouïe.
- Votre tombeau sera pompeux, sans doute ; J'aurai sous l'herbe une fosse à l'écartAuteur : BÉRANG. - Source : à mes amis devenus ministres.
- Vous vous êtes bien douté qu'étant au nombre des reconnaissants, je serais au nombre des importunsAuteur : Voltaire - Source : Lett. Fargès, 26 janv. 1776
- Cette prédiction ne pouvait lui être douteuseAuteur : FLÉCH. - Source : t. I, p. 389
- Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie.... d'une pénitence nulle, douteuse si vous le voulez....Auteur : BOSSUET - Source : Anne de Gonz.
- Toute la conduite de notre vie dépend de nos sens, entre lesquels celui de la vue étant le plus universel et le plus noble, il n'y a point de doute que les inventions qui servent à augmenter sa puissance ne soient des plus utiles qui puissent êtreAuteur : DESC. - Source : Dioptr. I
- La tigresse qui voit enlever sa portée, Est moins à redouter qu'une femme irritéeAuteur : TRISTAN - Source : Mariane, II, 6
- Qui donc ne s'écrierait à un si soudain changement : Le doigt de Dieu est ici ? la suite ne permet pas d'en douterAuteur : BOSSUET - Source : Anne de Gonz.
- Et le ciel qui pour moi fit pencher la balance, Dans ce temps-là sans doute agissait sur son coeurAuteur : Jean Racine - Source : Esth. I, 1
Les mots débutant par Dou Les mots débutant par Do
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Mise à jour le jeudi 12 février 2026 à 13h56
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