La définition de Comble du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Comble
Nature : s. m.
Prononciation : kon-bl'
Etymologie : Provenç. comol ; espagn. et ital. colmo ; portug. cumulo, et cómoro, combro, tas de terre ; du latin cumulus.

Voir les citations du mot CombleSignification du mot Comble


Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de comble de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec comble pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Comble ?


La définition de Comble

Ce qui tient au-dessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau.


Toutes les définitions de « comble »


Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

COMBLE. n. m.
Ce qui peut tenir au-dessus des bords d'une mesure, d'un récipient déjà plein. Le comble d'une mesure. Il signifie aussi Toute construction de bois, de fer ou de maçonnerie, placée au-dessus d'un édifice, pour soutenir la couverture d'ardoises, de tuiles, de plomb, etc. Un comble de charpente, de fer. Les ouvriers sont sur le comble de la maison pour réparer la couverture. On l'emploie également au pluriel dans ce sens, et surtout en parlant des Logements situés dans la partie la plus élevée d'une maison, d'un édifice. Il loge dans les combles, sous les combles.

DE FOND EN COMBLE, loc. adv. Voyez FOND.

COMBLE désigne figurément le Dernier surcroît, le plus haut degré de quelque chose, particulièrement de la gloire, de la joie, des désirs, de l'affliction, des maux, des vices, etc. Parvenir, arriver au comble des honneurs, au comble de la fortune, au comble de ses désirs. Il est au comble de ses vœux. Il a mis le comble à ma félicité. Ce fut le comble de nos maux. Le comble de son affliction, de sa douleur. C'est le comble de l'effronterie. L'irritation des esprits était au comble.

POUR COMBLE DE, loc. prép.;

POUR COMBLE, loc. adv. Pour dernier surcroît. Il tomba malade, et pour comble de malheur, pour comble de disgrâce, ou simplement pour comble, il perdit, peu de temps après, tout son bien. Il gagna la bataille et, pour comble de gloire, il fit le général ennemi prisonnier.

Littré

COMBLE (kon-bl') s. m.
  • 1Ce qui tient au-dessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau.
  • 2 Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Cette ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie?; Vous m'avez envié le bonheur de ma vie, Corneille, ?dipe, III, 3. S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui?! Corneille, Cid, II, 3. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, Racine, Baj. II, 3. Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs, Racine, Mithr. II, 6. Que le trouble [dans une pièce de théâtre], toujours croissant de scène en scène, à son comble arrivé se débrouille sans peine, Boileau, Art p. III. Lorsque les abominations de Sodome furent montées à leur comble, Massillon, Carême, Imp. Les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, Pascal, Prov. 13. Elle nous mène jusqu'à la mort qui est un comble éternel, Pascal, Vrai bien, 1. C'était là le comble de ses souhaits, La Bruyère, VI. Les vieux capitaines dont la réputation et l'expérience étaient au comble, Fénelon, Télém. X. Encore une parole, j'étais au comble du bonheur, Fénelon, ib. IX. L'iniquité vint à son comble, Bossuet, Hist. II, 4. Les iniquités n'étaient pas au comble où il les attendait, Bossuet, ib. II, 3. Sa gloire parut alors élevée au comble, Bossuet, Hist. I, 9. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble, Bossuet, Bonté, 2. La mesure semble être au comble, Bossuet, Avert. 1. Ses plaisirs sont au comble, et n'ont rien de mortel, Gilbert, Le jugement dern. Le comble à cette vraisemblance était que les marées sont plus hautes à la nouvelle et à la pleine lune, Voltaire, Newt. III, 10.

    Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour mettre le comble à leur malheur, Fénelon, Tél. XI. Pour mettre le comble à sa félicité, Hamilton, Gramm. 7.

    Pour comble de, pour dernier surcroît. Et demandons aux dieux, nos dignes souverains, Pour comble de bonheur l'amitié des Romains, Corneille, Nicom. V, 10. Veux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père?? Corneille, Cid, III 1. Pour comble à sa noire aventure, Corneille, Pomp. II, 2. ?Pour comble d'ennui, Mon c?ur, mon lâche c?ur s'intéresse pour lui, Racine, Andr. V, 1. Pour comble de gloire et de magnificence, Racine, Esth. II, 5. Pour comble de malheur, les dieux, toutes les nuits, Me venaient reprocher ma pitié sacrilége, Racine, Iphig. I, 1. La fortune pour comble de maux me l'a enlevé, Fénelon, Tél. IV.

    Absolument. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, Boileau, Sat. V.


HISTORIQUE

XVe s. Quiconque amenera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble, Ord. des rois de Fr. t. II, p. 359. On ne trouveroit nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de graces comme il te appreste?: il te donna beaulté à comble?; il te donna sens et discretion à congnoistre le bien du mal, Lancelot du lac, t. III, f° 78.

XVIe s. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure, Calvin, Instit. 614. Sa libéralité vient jusques à ce comble, de ne rejetter pas nostre obeissance imparfaite, Calvin, ib. 259. Ce que dessus suffira pour faire conoistre que l'injustice aproche de son comble, Lanoue, 13. Droit de mouture est que les meuniers doivent rendre du rès [mesure de grain rase] le comble [mesure de farine comble], Loysel, 262.


SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. COMBLE. - HIST. Ajoutez?: XIIe s. En laqueile conissance [des bienheureux] croist li combles del reguerredon, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 238.
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Encyclopédie, 1re édition

COMBLE, s. m. (Architecture.) du Latin culmen, sommet, ou culmus, chaume. Ce terme en général désigne la forme des couvertures de toutes les especes de bâtimens civils & militaires : on les appelle aussi toit, du Latin tectum, fait de tegere, couvrir.

Ordinairement la construction des combles est de charpente recouverte de cuivre, de plomb, d'ardoise, de tuile, &c. (Voyez Cuivre, Plomb, Ardoise, &c.) leur hauteur dépend de l'usage intérieur qu'on en veut faire, & de l'importance du bâtiment dans lequel ces sortes d'ouvrages entrent pour quelque chose quant à la décoration des façades, selon qu'ils les terminent avec plus ou moins de succès.

Dans le dernier siecle on regardoit comme un genre de beauté dans nos édifices, de faire des combles d'une élévation extraordinaire, tels qu'il s'en voit aux châteaux de Versailles du côté de l'entrée, de Meudon, de Maisons, &c. & à Paris aux palais des Tuileries & du Luxembourg ; aujourd'hui au contraire l'on regarde comme une beauté réelle de masquer les couvertures par des balustrades, à l'imitation des bâtimens d'Italie, tels que se voyent, à Versailles la nouvelle façade du côté des jardins, le palais Bourbon à Paris, l'hôtel de Lassay, &c. Ce qui est certain, c'est que la nécessité d'écouler les eaux du ciel doit déterminer leur hauteur, relativement à leur largeur, afin de leur procurer une pente convenable à cette nécessité. Cette pente doit être déterminée selon la température du climat où l'on bâtit ; de sorte que dans le nord l'on peut faire leur hauteur égale à leur base, afin d'écouler plus promptement les neiges qui y sont abondantes : dans les pays chauds au contraire, leur hauteur peut être réduite au quart de leur base ; & dans les pays tempérés, tels que la France, le tiers ou la moitié au plus suffit pour se préserver de l'intempérie des saisons.

Sous le nom de combles, l'on comprend aussi les dômes de forme quadrangulaire & circulaire qui terminent les principaux avant-corps des façades, tels que se remarquent ceux des châteaux des Tuileries & de la Meutte, les combles à l'impériale, en plateforme, &c.

Dans les combles les plus ordinaires on en compte de trois especes : savoir, les combles à deux égoûts formés d'un triangle isocele, les combles brisés ou à mansardes, dont la partie supérieure est formée d'un triangle isocele, & l'inférieure d'un trapezoïde ; les combles en terrasses sont formés seulement par un trapésoïde. (P)

Comble, terme de Mesureur, usité sur-tout dans le commerce des grains. Il se dit de ce qui reste enfaîté au-dessus des bords de la mesure après que le mesureur l'a remplie. Il y a deux manieres de mesurer ; l'une, à mesure comble, & l'autre à mesure rase. La mesure comble est quand on donne à l'acheteur ce qui reste au-dessus des bords avec la mesure même ; & la mesure rase, quand avant de la délivrer le vendeur la racle avec un morceau de bois qu'on appelle radoire & ailleurs rouleau, & en fait tomber ce qui est au-dessus des bords. Il y a des grains & des légumes qui se vendent à mesure rase, & d'autres à mesure comble. Le charbon, le plâtre, la chaux se vendent à mesure comble. Voyez Mesure & Mesurer. Dictionn. du Comm. Dish. & Trév.

Comble, pié comble. Voyez Pié.

Combles, ce sont, chez les Vanniers, tous les intervalles à jour ou pleins qu'il y a entre les faîtes d'un ouvrage.

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Wiktionnaire


Adjectif - français

comble \k??bl\ masculin et féminin identiques

  1. Très ou trop plein.
    • Délicieux souvenirs de meetings aux salles combles, de discours émouvants de nos candidates novices (beaucoup s'exprimaient pour la première fois en public), du succès particulier auprès des médias étrangers. (Gisèle Halimi, Ne vous résignez jamais, 2010)

Nom commun 2 - français

comble \k??bl\ masculin

  1. Ce qui peut tenir au-dessus d'une mesure déjà pleine.
  2. (Figuré) Ce qui dépasse la mesure ; surcroît ; surabondance.
    • Un jour, j'appris une nouvelle terrible et qui venait mettre le comble à mes malheurs: la liberté avait été rendue à ces quatre hommes qui avaient survécu au combat; [?]. (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Ce serait un comble que pour sortir de la crise financière, on oriente l'épargne vers les dettes souveraines. Je préfère qu'on stimule l'économie par la production. (François Hollande, « Si je suis élu, je passerai un contrat avec l'industrie », dans L'Usine nouvelle, n°3246, 30 juin 2011, p.32)

Nom commun 1 - français

comble \k??bl\ masculin

  1. (Architecture) Faîte ; couronnement d'un édifice.
    • La cigogne blanche s'établit sur les combles des édifices. (Buffon)
  2. (Par extension) Partie d'un édifice sur laquelle repose immédiatement la couverture.
    • Un second rang de moises, posé en L à 1m,80 du premier rang, formait l'enrayure des arbalétriers M du comble. (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  3. (Couvertures) Synonyme de toit.
  4. (Figuré) Point culminant ; degré le plus haut.
    • Le lieutenant-colonel du Paty de Clam est en prison. Ô lendemains des jours de victoire. Du Paty de Clam est en prison, et dans la propre cellule de Dreyfus, pour comble d'ironie. (Georges Clemenceau, Au Cherche-Midi dans L'Aurore, 3 juin 1899 - En réunion dans Justice militaire, Stock, 1901, p.96)
    • Les buveurs se regardaient : ils chantaient l'un pour l'autre, au comble de l'émotion : [?]. (Francis Carco, L'Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Ce mouvement absurde et horripilant porte le malaise de la scène à son comble. (Amélie Nothomb, Le Sabotage amoureux, Albin Michel, Paris, 1993, p. 24 de l'éd. 2011)
    • Mon avenir, quoi qu'il arrive, était donc assuré : ou je devenais polytechnicien, ou je devenais un « gadz'arts », mais dans les deux cas, je savais que mon père serait au comble du bonheur. (Louis Legrand, Le roman du petit "nhà-qhê" ou la saga des Caradec, L'Harmattan, 2004, page 128)
    • Le général annamite mit le comble au mécontentement du peuple en ordonnant que l'on cadastrât les propriétés et que l'on fît le recensement de la population. (Jean Moura, Le Royaume du Cambodge, Cambridge University Press, 2015, vol. 2, page 114)
  5. (Figuré) (Par extension) (avec de) La situation la plus exemplaire, le paroxysme d'une idée, d'un phénomène.
    • Nous avons donné le Coran pour héritage à nos élus. Quelques-uns d'eux s'abandonnent à l'iniquité. Le plus grand nombre a embrassé la vertu ; d'autres s'efforcent de se surpasser dans la pratique des bonnes ?uvres ; c'est le comble de la perfection. (Le Coran, traduction par Claude-Étienne Savary, 1782)
    • Donc, de la part de Dreyfus, se procurer ainsi l'écriture qu'il voulait décalquer, eût été le comble de la folie. Il pouvait aussi bien, pour son objet, décalquer l'écriture de n'importe qui. Obtenir celle d'Esterhazy, par un moyen frauduleux qui pouvait être immédiatement découvert, était la pire imprudence. (Jean Jaurès, « Les Preuves », dans La Petite République, 1898)
    • Plus ahurissant, le député Jolin-Barrette qui valorise une semaine de travail à 60 heures en glorifiant le modèle américain. C'est le comble de l'inconscience dans un monde du travail qui se robotise, de s'inspirer du pays le plus inégalitaire. (Réjean Parent, Choisir pour prendre pire sur Journal de Montréal.com, 30 janvier 2018. Consulté le 4 avril 2018)
  6. (Héraldique) Chef réduit à moins de la moitié de sa hauteur ordinaire.
  7. (Héraldique) Partie supérieure du pavillon, sommet de la couronne.
  8. (Technique) Intervalle séparant les têtes d'un ouvrage de vannerie.
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Trésor de la Langue Française informatisé


COMBLE1, subst. masc.

A.? Ce qui est au sommet d'une construction.
1. ARCHIT., gén. au plur. Assemblage de pièces de bois ou de fer situé au-dessus d'un édifice pour supporter la couverture. Combles à surfaces planes : combles simples, brisés, pyramidaux; combles à surfaces courbes : combles cylindriques, coniques ou sphériques; combles à un, deux pans; combles à la Mansart.
2. P. ext., usuel
a) Le comble ou plus fréquemment les combles. Partie du bâtiment située sous le toit. Aménager les combles en appartements; loger dans/sous les combles; chambre, mansarde située dans/sous les combles :
1. Les ateliers occupaient les combles, une suite de salles basses et mansardées, éclairées de larges baies taillées dans le zinc, ... Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 716.
b) Sommet, toit d'un bâtiment. Comble dont la charpente avançait d'un mètre sur le pignon (Zola, Le Rêve, 1888, p. 10); le comble en ardoise de l'un des palais de la place des Vosges (Estaunié, L'Ascension de M. Baslèvre,1919, p. 4).
? P. métaph. :
2. Elle était montée haut cependant, (...) mais les ambitieux, des combles les plus désirés, même les plus inespérés, une fois atteints, se font aussitôt des degrés, pour arriver à davantage. Bourges, Le Crépuscule des dieux,1884, p. 205.
3. Loc. adv. De fond en comble.
a) Au physique. Synon. de : de la cave au grenier.Fouiller la maison de fond en comble. [Châteaux] détruits de fond en comble (Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 755).
b) Usuel, au fig. Être ruiné de fond en comble. Totalement, de telle manière qu'on ne peut l'être davantage.
B.? Le comble + compl. prép. de (ou précédé d'un adj. poss.).Mettre le comble à qqc.
1. Vx. Surplus (de grains) dépassant la mesure déjà remplie. Le comble d'un minot, d'une mesure (Ac. 1835-1932); le comble d'un boisseau d'avoine; la mesure est au comble.
2. Usuel, loc. fig.
a) Pour comble de [le compl. est un inanimé abstr. non déterminé désignant une qualité, un bien, un mal, etc.] et absol. pour comble.Ce qui ajoute encore à [un mal]. Pour comble de disgrâce, d'ennui, d'horreur, d'infortune, de malchance, de malheur, de maux, de misère :
3. Pour comble d'infortune, ou peut-être pour surcroît de ridiculité, au deuil de mon amour venait se joindre le regret absurde des êtres et surtout des objets témoins de mon capricieux bonheur. Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 207.
4. Cantonner dans ces ruines était un problème. Pour comble, après la fin du jour, la neige se mit à tomber. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 113.
b) Emplois abs., au fig., péj.
? La mesure est à son comble. Il est impossible d'en supporter davantage.
? C'est le comble! Cela dépasse la mesure, est inadmissible. C'était le comble, et l'épreuve devenait impossible par son excès même (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 235):
5. ?dipe. ? Par exemple! C'est le comble! Je reçois sans broncher les coups les plus rudes et chacun se ligue pour que j'en reste là et que je ne cherche pas à connaître mes origines. Cocteau, La Machine infernale,1934, IV, p. 126.
3. Au fig., usuel. Le plus haut degré (d'une qualité, d'un sentiment, d'un bien ou d'un mal) auquel on puisse atteindre et qui constitue parfois un excès, une démesure. Le comble de la joie. Synon. plénitude, perfection, excès :
6. Le ciel qui jusqu'alors m'avoit prodigué ses faveurs, y mit le comble, je devins mère; la joie de M. de Senneterre surpassoit la mienne; nous avions un fils. Fiévée, La Dot de Suzette,préf., 1798, p. 30.
SYNT. Le (au) comble de [le compl. inanimé abstr., souvent au sing., désigne une qualité, un sentiment, un bien ou un mal] : le comble de l'absurdité, de l'agitation, de l'anxiété, de l'audace, du bonheur, des douleurs, de l'exaltation, de la félicité, de la fureur, de la gloire, de l'habileté, de l'horreur, de l'injustice, du ridicule, de la surprise. Verbe + comble : atteindre le comble de; mettre le comble à [ma curiosité]; être au comble [du bonheur]; mettre au comble de [la joie]; porter au comble [l'émotion]; parvenir au comble de [l'étonnement]. L'agitation était à son comble, le désordre extrême (Bernanos, L'Imposture, 1927, p. 408).
? JEUX. Jeu des combles. Jeu de société consistant à questionner sur ce qui est le comble de quelque chose et à répondre en ayant recours aux jeux de mots, calembours, contrepèteries, etc. Le comble du patriotisme : fuir un ciel bleu de Prusse (Renard, Journal,1887, p. 6).
7. Jadis la forme de l'« à peu près » était « le comble ». Mais elle était surannée, personne ne l'employait plus, il n'y avait plus que Cottard pour dire encore parfois, (...) : « savez-vous quel est le comble de la distraction? C'est de prendre l'édit de Nantes pour une Anglaise. » Les combles avaient été remplacés par les surnoms. Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 937.
Prononc. et Orth. : [k? ?:bl?]. Grammont Prononc. 1958, p. 56, assimile le groupe final [bl?] (entre autres, v. aussi [d? ?, st? ?, b? ?, fl?, g? ?, bl?]) au cas d'allongement des voyelles nasales en syll. fermée par une consonne. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1160 loc. adverbiale a cumble « de manière à dépasser les bords de la mesure » (Wace, Rou, III, 727 ds Keller); 2. 2emoitié xiies. fig. « le maximum, le plus haut degré de quelque chose » (Dialogue Gregoire, 238, 21 ds T.-L. : li combles del reguerredon [cumulus retributionis]); 3. a) 1260 archit. (Willard de Honnecourt, XXXIII, ibid.); 1811 plur. « logements situés immédiatement sous le toit » (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 1, p. 6); b) av. 1574 loc. adv. de comble en fons au propre (Des Masures, ?uvres poét., Epitre ds Hug.); 1589 fig. « complètement » (P. Matthieu, Aman, I, p. 7, ibid.); 1680 de fond en comble (Rich.). Du lat. cumulus « tas, amoncellement, grande quantité » et au fig. « surplus » et « couronnement, apogée »; en ce dernier sens synon. de culmen, mot auquel le sens de « sommet, faîte » semble emprunté. Fréq. abs. littér. : 1 604. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 372, b) 2 048; xxes. : a) 2 007, b) 2 493. Bbg. Archit. 1972, p. 30. ? Delamaire (J.). Meuniers et moulins à vent. Vie Lang. 1970, 629. ? Goug. Mots t. 1 1962, p. 180.


COMBLE2, adj.

A.? Vx ou littér.
1. [En parlant d'une mesure, d'un récipient] Qui est rempli au maximum de sa contenance avec un surplus qui dépasse. Un boisseau comble. Les feuilles de bananier combles de rosée chaviraient l'une après l'autre (Giraudoux, Suzanne et le Pacifique,1921, p. 107).
? Région. (Canada). Bien rempli. Assiette comble (G. Roy, Bonheur d'occasion, 1945, p. 124); sacs combles (G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 75).
? P. anal., MÉD. VÉTÉR. Pied comble. ,,Nom donné au sabot dont la sole porte seule à l'appui, dépassant, par cette convexité morbide, le bord plantaire de la muraille`` (Littré).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Lar. encyclop., DG, Quillet 1965.
2. Loc. fig., péj. La mesure est comble! Il est impossible d'en supporter davantage :
1. rosette. ? Que signifie cette scène? bruno. ? Que la mesure est comble et que je romps avec toi. Montherlant, Un Incompris,1944, 4, p. 415.
B.? P. hyperb., lang. cour. [En parlant d'un établissement public ou privé, d'un lieu clos, d'un moyen de transport collectif] Plein au-delà de sa contenance normale, en sorte que personne ne pourrait plus entrer. Boutique comble; spectacle, artiste qui fait salle comble. La salle était comble et je ne me souviens pas d'avoir jamais vu un théâtre aussi rempli (Delécluze, Journal,1827, p. 455):
2. 17 février 1898. Au Palais de Justice : la cour d'Assises, 10ejournée du procès Zola. (...). Salle comble. Un public tassé, grouillant, bavard, gesticulant sur place. R. Martin du Gard, Jean Barois,1913, p. 380.
Prononc. et Orth. Cf. comble1. Étymol. et Hist. 1. Ca 1200 « qui est rempli par-dessus les bords » ici fig. « riche, comblé » (Renart, éd. M. Roques, 11397, br. X); 1213-14 comble d'avoir (Faits des Romains, 31, 28 ds Romania, t. 65, 1939, p. 485); 2. 1817 « (d'un endroit) empli de monde » salle comble (Mmede Staël, Considérations sur les princ. événements de la Révolution fr., t. 2, p. 398); 3. 1393 art. vétér. piés combles (Ménagier, II, 74 ds T.-L.). Dér. régr. de combler*. Fréq. abs. littér. : 134. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 258.

COMBLE1, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1. Ca 1160 loc. adverbiale a cumble « de manière à dépasser les bords de la mesure » (Wace, Rou, III, 727 ds Keller); 2. 2emoitié xiies. fig. « le maximum, le plus haut degré de quelque chose » (Dialogue Gregoire, 238, 21 ds T.-L. : li combles del reguerredon [cumulus retributionis]); 3. a) 1260 archit. (Willard de Honnecourt, XXXIII, ibid.); 1811 plur. « logements situés immédiatement sous le toit » (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 1, p. 6); b) av. 1574 loc. adv. de comble en fons au propre (Des Masures, ?uvres poét., Epitre ds Hug.); 1589 fig. « complètement » (P. Matthieu, Aman, I, p. 7, ibid.); 1680 de fond en comble (Rich.). Du lat. cumulus « tas, amoncellement, grande quantité » et au fig. « surplus » et « couronnement, apogée »; en ce dernier sens synon. de culmen, mot auquel le sens de « sommet, faîte » semble emprunté.

Comble au Scrabble


Le mot comble vaut 11 points au Scrabble.

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Les citations avec le mot Comble


  1. Ne pas connaître le bonheur ou bien savoir qu'il existe et ne pouvoir le saisir? : le souvenir du bonheur est suffisant pour combler toute la vie.

    Auteur : Claire Martin - Source : Il s'appelait Thomas (2003)


  2. Aussitôt, au lieu de l'intervalle impossible à combler entre mon désir et l'action, l'effet de l'alcool traçait une ligne qui les conjoignait tous deux.

    Auteur : Marcel Proust - Source : A la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe (1922-1923)


  3. Car, pour combler les voeux, calmer la fièvre ardente
    Du pauvre solitaire et qui n'est pas de bois
    Nulle n'est comparable à l'épouse inconstante.
    Femmes de chefs de gare, c'est vous la fleur des bois.


    Auteur : Georges Brassens - Source : Fernande (1972), A l'ombre des maris


  4. Faisceaux: A former, est le comble de la difficulté dans la garde nationale.

    Auteur : Gustave Flaubert - Source : Dictionnaire des idées reçues (1913)


  5. Dieu seul peut combler une femme. Et encore.

    Auteur : Roland Jaccard - Source : Des femmes disparaissent (1985)


  6. Le comble du fossoyeur ? - C'est de se creuser la tête.

    Auteur : Philippe Héraclès - Source : Le Grand Livre de l'Humour Noir


  7. Le destin peut blesser un être autant qu'il a pu le combler, et je me demande vraiment pourquoi, de toutes les femmes que j'aurais pu aimer, il a fallu que je m'éprenne de celle qui me serait enlevée.

    Auteur : Nicholas Sparks - Source : Une bouteille à la mer (1998)


  8. Elle venait juste d'avoir treize ans et pensait que le sarcasme était le comble de la distinction.

    Auteur : John Boyne - Source : Le Garçon en pyjama rayé (2006)


  9. Un sentiment esthétique intense me transporta au moment où je posai ma main sur ta peau, sans rien faire d'autre, sans rien vouloir d'autre, un sentiment profond qui avait cette dimension étrange des sentiments esthétiques, qui exaltent et qui comblent, et qui continuent après avoir comblé de procurer une exaltation inépuisable.

    Auteur : Alexis Jenni - Source : Dans l'attente de toi


  10. L'opéra, qui vient d'être brûlé de fond en comble.

    Auteur : Jean le Rond d'Alembert - Source : Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781


  11. Les Hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la Nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible excès d'orgueil, qu'elle était là avant, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent.

    Auteur : Cécile Coulon - Source : Le Roi n'a pas sommeil (2012)


  12. La vie réelle, la vie véritable n'a jamais suffi ni ne réussira jamais à combler les désirs humains. Et sans cette insatisfaction vitale que les mensonges de la littérature excitent et apaisent à la fois, il n'y a jamais d'authentique progrès.

    Auteur : Mario Vargas Llosa - Source : La vérité par le mensonge (2006)


  13. Les guerres font de ces trucs : au début, il y a le bon et le méchant et à la fin la confusion est à son comble, tout se mélange.

    Auteur : Jean-Jacques Schuhl - Source : Ingrid Caven (2000)


  14. Les mères grandissent dans la vie en même temps que leur enfant, et comme l'enfant est dès sa naissance l'égal de Dieu, les mères sont d'emblée au saint des saints, comblées de tout, ignorantes de tout ce qui les comble.

    Auteur : Christian Bobin - Source : Le Très-Bas (1992)


  15. Il espérait que les plantes, les mousses enlaceraient ses jambes, qu'il ne pourrait se dépêtrer de cette eau bourbeuse et qu'enfin sa bouche, ses yeux seraient comblés de vase, que nul ne le verrait plus, et qu'il ne verrait plus les autres le voir.

    Auteur : François Mauriac - Source : Le Désert de l'amour (1924)


  16. Quand la mort met le comble aux maux que j'ai soufferts, - Le beau soulagement d'être mangé des vers.

    Auteur : Voltaire - Source : Poème sur le désastre de Lisbonne (1756)


  17. Il y a des personnes qu'il suffit de voir pour se sentir comblé. On n'a besoin de rien d'autre. Elles nous donnent de l'énergie.

    Auteur : Albert Espinosa - Source : Si tu me dis viens, je laisse tout tomber... (2014)


  18. Une série de mots de ce genre, parents pauvres des mots véritables. Et combien y en a-t-il de ces mots - sorte de petits déchets - qu'on prononce en toute hâte et qui comblent provisoirement le vide!

    Auteur : Vladimir Nabokov - Source : La défense Loujine (1930)


  19. Soupçonner qu'un rival est aimé est déjà bien cruel, mais se voir avouer en détail l'amour qu'il inspire, par la femme qu'on adore, est sans doute le comble.

    Auteur : Henri Beyle, dit Stendhal - Source : Le Rouge et le Noir (1830)


  20. Sommes-nous donc si seuls, et même lorsque nous sommes aimés, que la moindre des complicités galantes nous éclaire et nous comble?

    Auteur : Cécile Gavriloff, dite Alice Ferney - Source : La conversation amoureuse (2000)


  21. Comble du droit, comble de l'injustice.

    Auteur : Cicéron - Source : Des devoirs, I, 10, 33


  22. Que des femmes aient été condamnées parce qu'elles avaient osé porter des habits d'homme, c'est déjà aberrant, mais le comble, c'est qu'elles l'aient été par des hommes qui portaient la robe.

    Auteur : Louise Leblanc - Source : Croque-messieurs


  23. Le comble de l'Orgueil, ou de l'Abjection, est le comble de l'ignorance de soi-même.

    Auteur : Baruch Spinoza - Source : L'Ethique (1677), Livre IV


  24. Les caresses sont la salle d'attente de l'amour. Comblé ou non, tout désir dépérit.

    Auteur : Robert Sabatier - Source : Le livre de la déraison souriante (1991)


  25. Je courais après quelque chose qui n'existe pas ; on ne peut jamais combler les carences affectives de l'origine.

    Auteur : David Foenkinos - Source : Je vais mieux (2013)


Les citations du Littré sur Comble


  1. La ville fut renversée de fond en comble

    Auteur : BOSSUET - Source : Hist. II, 8


  2. Il est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement

    Auteur : BOSSUET - Source : La Vallière, Profession.


  3. Ce même peuple [russe] était souverainement fier, plein de mépris pour tout ce qu'il ne connaissait pas : c'est le comble de l'ignorance que d'être orgueilleux

    Auteur : FONTENELLE - Source : Czar Pierre.


  4. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneaus à grant foison, qui enfondroient et abatoient les combles des tours

    Auteur : Jean Froissard - Source : I, I, 115


  5. La régie était un chaos, l'ignorance extrême, le brigandage au comble

    Auteur : Voltaire - Source : Louis XIV, 4


  6. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble

    Auteur : BOSSUET - Source : Bonté, 2


  7. Je partage les maux dont je la vois comblée

    Auteur : Corneille - Source : Sertor. IV, 3


  8. Dissipez mes soupçons, ôtez-moi cette horreur, Ce trouble qui m'accable au comble du bonheur

    Auteur : Voltaire - Source : Zaïre, II, 3


  9. Que doit faire un prince magnanime Qui veut combler d'honneur un sujet qu'il estime ?

    Auteur : Jean Racine - Source : Esth. II, 5


  10. Que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie ?

    Auteur : Jean Racine - Source : Iphig. I, 2


  11. Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres, et le comble des grandeurs avec leurs ruines ?

    Auteur : BOSSUET - Source : Marie-Thér.


  12. Lorsque les abominations de Sodome furent montées à leur comble

    Auteur : MASS. - Source : Carême, Imp.


  13. Cet hommage rendu à l'Académie par un savant illustre que l'Europe avait comblé de titres littéraires, honore à la fois cette compagnie et la nation

    Auteur : CONDORCET - Source : Linné.


  14. Dieu de mes pères, qu'ai-je fait pour mériter une pareille récompense ? toute ma vie, j'ai offensé vos lois, et vous me comblez de félicité

    Auteur : CHATEAUBR. - Source : Mart. XIII


  15. Il verra, le perfide, à quel comble d'horreur De mes ressentiments peut monter la fureur

    Auteur : Corneille - Source : Médée, I, 5


  16. Écoutez : ce serait le comble de mes voeux De pouvoir aujourd'hui vous réunir tous deux

    Auteur : Voltaire - Source : Adélaïde, III, 5


  17. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure

    Auteur : CALV. - Source : Instit. 614


  18. Le mérite en repos s'endort dans la paresse ; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est mille fois monté

    Auteur : BOILEAU - Source : Ép. VII


  19. Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaits Le vendangeur ravi de ployer sous le faix

    Auteur : BOILEAU - Source : Ép. VI


  20. Encore une parole, j'étais au comble du bonheur

    Auteur : FÉN. - Source : ib. IX.


  21. Elle a tissu elle-même cette toile.... L'accable de baisers, et pour comble lui donne Un bracelet de façon fort mignonne, En lui disant : il est de mes cheveux, Je l'ai tissu

    Auteur : Jean de La Fontaine - Source : Joc.


  22. De clameurs, o Seigneur, j'ay comblé tes oreilles.... Vas-tu donc pour les morts tes hauts faits reser vant ? Se releveront-ils pour chanter tes merveilles ?

    Auteur : DESPORTES - Source : Oeuv. chrét. XVIII, psal. 88


  23. On donnera au toit ou comble pour hauteur la moitié de la largeur du bâtiment ; si on le surbaisse jusqu'au tiers, il en sera mieux

    Auteur : GENLIS - Source : Maison rust. t. I, p. 64, dans POUGENS


  24. Et qui peut nous combler de honte et de dépit, Moi d'en avoir trop su, vous d'en avoir trop dit

    Auteur : Voltaire - Source : Indiscr. I, 3


  25. Comblette

    Auteur : COTGRAVE - Source :




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Mise à jour le vendredi 6 février 2026 à 22h11








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