Définition de « aboi »


Notre dictionnaire de français vous présente les définitions du mot aboi de manière claire et concise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre le sens du mot.

Il comprend des informations supplémentaires telles que des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes et bien sûr des citations littéraires sur aboi pour aider à enrichir la compréhension du mot Aboi et répondre à la question quelle est la définition de aboi ?

NOM genre (m) de 2 syllabes
Une définition simple : (fr-accord-mf| s=abois | p=abois | ps=a.bwa | pp=a.bwa )

  • (vx) Cri du chien. - L’aboi de ce chien est fort importun.

  • (ext) (pluri) Cris de la meute qui entoure la bête chassée dans une chasse à courre.

  • (méton) (pluri) Moment où la bête pourchassée sarrête.

  • (fig) (pluri) Dernière extrémité - Ils sont aux abois. Synonyme : Cri du chien , aboiement,, Le terme nest plus guère utilisé ainsi, on utilise désormais aboiement., Dans le Littré, il est par ailleurs indiqué que « aboi se dit particulièrement de la qualité naturelle du cri du chien Ce chien a un aboi perçant. aboiement|Aboiement se dit plutôt des cris mêmes de longs aboiements, des aboiements continuels. On dit Faites cesser les aboiements de ce chien, et non pas Faites cesser son aboi ou ses abois.» —




    Définitions de « aboi »


    Trésor de la Langue Française informatisé


    ABOI, subst. masc.

    I.? Cri du chien lorsqu'il aboie. Synon. aboiement.
    A.? Au propre :
    1. ... à peine étendu sur la paille, je m'aperçus, à mon grand déplaisir, que le lieu de réunion où s'étaient rendus les principaux locataires de mon appartement ne pouvait pas être fort éloigné, tant mon oreille fut assourdie d'un mélange confus de hurlements, de jappements, d'abois, de grognements, de grondements, de piaulements, de murmures, pris dans toute l'échelle de la mélopée canine, depuis la base ronflante du mâtin de basse cour jusqu'à l'aigre fausset du roquet, et qui formait certainement le morceau d'ensemble le plus extraordinaire dont il ait jamais été question en musique. Ch. Nodier, La Fée aux miettes,1831, p. 106.
    2. Il n'est pas chose créée qui ne la rappelle à son affreuse condition, et les unes la blessent, les autres la trompent, toutes l'épouvantent, tellement que la contemplation ne manque jamais de la faire hurler à la mort. Elle me fait songer invinciblement à cet aboi insupportable qu'adressent les chiens à la lune;... P. Valéry, Variété 1,1924, p. 152.
    3. ... on n'y entend plus son pas, ni sa voix, ni son rire; ni le cri du coq à l'aurore, le mugissement du b?uf le soir à l'abreuvoir, l'aboi du chien. J. de Pesquidoux, Le Livre de raison,t. 3, 1932, p. 231.
    4. De plus en plus éperonné par le froid, le nourrisson hurle sans trêve, et de sa niche le chien lui répond maintenant par une plainte modulée, qui s'achève en une gamme ascendante d'abois aigus, insupportables. G. Bernanos, Nouvelle histoire de Mouchette,1937, p. 1312.
    ? P. ext. Tout bruit évoquant plus ou moins l'aboiement du chien :
    5. Après avoir salué, il tourna derrière la bourse. Là, enfin, la clameur lointaine, les abois du jeu cessèrent ne furent plus qu'une rumeur vague, perdue dans le grondement de la place. É. Zola, L'Argent,1891, p. 24.
    6. Ils se taisent tous trois. Pluie, éclairs palpitants, abois du vent, sifflement des pins. Colette, Sept dialogues de bêtes,1905, p. 127.
    7. Gardien pur d'un or fixe où l'aboi vague insulte! P. Claudel, Poésies,Premiers vers, celui-là seul... 1952, p. 9.
    B.? Au fig. :
    8. Que j'insulte aux grands noms, et que ma jeune plume. Sur le peuple et les rois frappe avec amertume; Que me font, après tout, les vulgaires abois De tous les charlatans qui donnent de la voix,... A. Barbier, Iambes et poèmes,Iambes, prol., 1840, p. 11.
    9. Les premières minutes furent consacrées à réduire au silence les abois d'une faim de chasseur, la plus féroce des faims, égale en âpreté à celle que les grégeois nomment boulimie :... T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 66.
    II.? VÉN. [Gén. au plur.]
    A.? Cris des chiens au moment où la meute met le gibier à la dernière extrémité :
    10. J'aime de cent chasseurs voir la tourbe effrayante; La voix rauque des cors tonnant au fond des bois; Le halé des valets à la meute aboyante; Puis l'hallali joyeux, les déchirants abois. P. Borel, Rhapsodies,Adroit refus, 1832, p. 36.
    11. ... ? ô déesse intrépide des bois, Qui te plais aux soupirs des cerfs, aux longs abois. Des lévriers lancés sur la trace odorante; Ch.-M. Leconte de Lisle, Poèmes antiques,Khiron, 1852, p. 266.
    12. C'est son premier aboi, signal d'intervention pour le chasseur, aboi qui tourne au hurlement sourd, comme étranglé, à mesure que le chien approche du solitaire. M. Paul se hâte. Il excite, il encourage son limier : « hou! hou. il est là. perce. perce! » ? Et se penchant, il voit, au bout de la coulée, le sanglier se lever devant le chien. L'ajuster? Le tirer? Il n'y faut pas songer. Il s'agit de l'épouvanter, de le pousser vers l'une des issues le maître et le chien redoublent de cris et d'abois. « Hou! hou! c'est lui! mords! mords! » J. de Pesquidoux, Chez nous,t. 2, 1923, p. 9.
    B.? Fig. Aux abois. (Réduit) à la dernière extrémité.
    1. [En parlant de pers.] :
    13. « Une cour voluptueuse et dissipatrice, réduite aux abois par ses dilapidations, imagine de vendre les offices de magistrature, et crée ainsi » (ce qu'elle n'aurait jamais fait librement et avec connaissance de cause), ... J. de Maistre, Des Constitutions politiques et des autres institutions humaines,1810, préf., p. 77.
    14. ... la crise devenait des plus sombres; la police était aux abois, et ne pouvait rien obtenir. E.-D. de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 376.
    15. Quiconque eût vu cet intérieur de famille aurait eu de la peine à croire que le père était aux abois, la mère au désespoir, le fils au dernier degré de l'inquiétude sur l'avenir de son père, et la fille occupée à voler un amoureux à sa cousine. H. de Balzac, La Cousine Bette,1847, p. 47.
    16. Tous finissent par former un tableau d'un aspect bouffon et poétique. Ils mettront la critique aux abois. Quoiqu'ils soient si jolis, ils ne sont pas de bois! Voyez! c'est arlequin avec sa colombine, Ce joli couple en qui le poête combine L'âme avec le bonheur se cherchant tour à tour, Et l'idéal avide, en quête de l'amour! T. de Banville, Odes funambulesques,1859, p. 141.
    17. Tout de même ils riaient sans malice parce qu'ils n'entendaient pas à côté d'eux gémir cet homme ? gibier forcé et aux abois. F. Mauriac, Génitrix,1923, p. 332.
    18. La faim régnait, une faim désespérée, résignée, sans rage, ni fureur, ni révolte. On se sentait dans les mains, d'un ennemi trop fort. Surtout, on le sentait affamé traqué, aux abois comme soi-même. Pas une maison, pas un foyer où ne régnât cette famine, ce vide abrutissant des ventres et des cervelles, une souffrance morne indéfiniment prolongée sans espoir. M. Van der Meersch, L'Invasion 14,1935, p. 332.
    19. En effet, le général De Lattre, tout en saisissant sur le Neckar et sur le Danube les objectifs que je lui ai fixés, ne veut pas laisser derrière lui des forces ennemies encore redoutables. D'ailleurs, le général Guisan, commandant en chef helvétique, qui craint de voir les Allemands aux abois pénétrer en territoire suisse pour y chercher passage ou refuge, a beaucoup insisté auprès du commandant de la 1rearmée pour que des troupes françaises viennent border la frontière le long du Rhin depuis Bâle jusqu'au lac de Constance. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,Le Salut, 1959, p. 332.
    2. P. ext. [En parlant du comportement hum.] :
    20. Ces grandes expressions de l'audace dans la friponnerie, de la ruse aux abois, du stratagème renaissant de ses ficelles coupées, sont quelque chose de médiocre en comparaison de ce colosse d'esprit et de misère. H. de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1848, p. 126.
    21. Laure était criblée de dettes et ne songeait plus qu'à trouver un bon jeune homme qui voulût bien l'enlever et la conduire à Londres. Saccard, de son côté, sentait le sol s'écrouler sous lui; son imagination aux abois cherchait un expédient qui le montrât au public vautré sur un lit d'or et de billets de banque. É. Zola, La Curée,1872, p. 465.
    22. L'atelier n'était malheureusement pas fait pour raffermir son courage à bout de force, pour relever sa vertu aux abois. J.-K. Huysmans, Marthe, histoire d'une fille,1876, p. 24.
    ? Syntagmes styl. : la misère aux abois (H. de Balzac, La Cousine Bette, 1847, p. 403); l'égoïsme aux abois (J. Sandeau, Mademoiselle de La Séglière, 1848, p. 235); la théologie aux abois(E. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Le Séminaire d'Issy, 1881, p. 219); des ombres aux abois (J. Moréas, Poèmes et Sylves, 1896, p. 73).
    Stylistique ? Aboi présente un intérêt styl. dans la mesure où, signifiant autre chose que le cri du chien, il n'entre plus en concurrence avec aboiement dont il est un synon. litt. Comme le verbe aboyer il s'applique à l'homme et aux êtres abstr. mais sans nuance dégradante, le lang. de la vén. étant par déf. noble et valorisant. La vén. a fait entrer aboi dans la lang. cour.; il s'y est fixé notamment dans une expr. usuelle : être aux abois, mettre aux abois, réduire aux abois.
    Prononc. ET ORTH. ? 1. Forme phon. : [abwa]. 2. Homon. : aboie (-s, -nt) du verbe aboyer. 3. Hist. ? La forme mod. apparaît déjà fin xiie, début xiiies. dans un ex. de T.-L. (Récit de la1recroisade fondé sur Baudri de Bourgueil, II, 121); elle est attestée ds Rich. 1680, et s'impose définitivement à partir d'Ac. 1740. Le mot entre dans la lang. sous la forme abai (cf. étymol.), encore attestée dans des ex. de Hug. et ds Cotgr. 1611 (autres var. graph. : abbai, abbay, abay). Dès le xves., on relève les formes : ? abboy (empl. comme vedette ds Fur. 1690 et ds Ac. 1694 et 1718); ? abboi (empl. comme vedette ds Trév. 1704 et ds Fur. 1701, qui emploie conjointement la forme aboi). Pour le passage de abai à aboi par labialisation*, cf. aboyer, prononc. et orth. 3.
    Étymol. ? 1. Av. 1167 « cri du chien » (Lais de Marie de France, Guigemar, éd. Warnke, 93 : Pur l'abai del brachet sailli); xiiies. plur. « cris, aboiements de chiens (poursuivant un cerf) » (Ysopet de Lyon, XLVIII, Dou cerf qui besmoit ses jambes, éd. Bastin, 16 : A grant esbais chiens soreviegnent, Vers lui [le cerf] tout droit la trace tiegnent); 1354-1376 venir aux abois « se mettre à aboyer furieusement face au cerf arrêté dans sa course (en parlant des chiens) » terme cynégétique (Modus XXV, 12-20 ds Tilander, Nouv. mél. cynég., 177 : mes se tous les chiens sont venus aus abois et il ont une pieche abaié...); 1394 rendre aux abais « s'arrêter en fin de course et faire face aux chiens qui aboient (en parlant du cerf) » terme cynégétique (Hardouin, Trésor de Venerie, 478, éd. Michelant ds T.-L. : Adonc verrés vostre cerf rendre Aux abais lors sens plus attendre Y devés vos josnes chiens mestre); 2. p. anal., ca 1167 « cri bruyant et incessant (d'un homme) » (Benoit, Chron. ducs Norm., éd. C. Fahlin, 18 048 : Folient le, mais bien le sai Que molt prise poi lor abai), id. « poursuite hostile accompagnée de cris » (ibid., 7780 : Quer cil d'amunt sunt molt cuvert E molt apris d'estre en esmai E de sofrir un grant abai). Dév. de aboyer* aux sens propre et fig. HIST. ? Apparaît sous les formes abay (var. graph. aba, abai, abbay, habaix), esbais (cf. étymol. et T.-L.), aboy (var. graph. abboy, abboi, aboi). L'hist. du mot est marquée par la disparition presque totale du sens premier (passé au dér. concurrent aboiement, cf. aboiement, hist.) et corrélativement par sa restriction à la lang. de la vén. (dans qq. emplois techn. figés où le mot n'existe plus qu'au plur.). Cette évolution princ. a eu pour conséquences : ? de donner à un mot originellement tout à fait commun une valeur litt. tenant au caractère d'abord noble, puis noble et arch., de la lang. de la vén.; ? de lui permettre de donner carrière à toute une série d'emplois fig. à partir des choses de la vén. encore que l'évolution de la civilisation qui a fait perdre à la vén. son importance ait entraîné une régression de ces emplois (la lang. exigeant de ces métaph. qu'elles soient moins heurtées, plus filées qu'à l'époque class.; cf. inf. II B cas de Corneille). I.? Disparitions av. 1789. ? Elles sont d'importance second. : A.? Aboi « cri du loup » (Gdf.). B.? Expr. 1. abboys du parchemin « chants d'église » cf. Rabelais, III, 15 (Hug.) (pour explication, cf. aboyer, hist. II B 2); 2. tenir qqn en aboy « le repaître de vaines espérances » (Gdf.), « lui tenir tête » (Hug.), cité encore par Cotgr., Fur., Trév. (Littré le cite mais sans ex.) : Il [Bayart] tint les ennemys trois sepmaines durant en aboy. Hist. de Bayart, 63 (Hug.). Ne faut douter que ceste façon de parler ne soit aussi venue de la venerie : mais il y a apparence que ce soit des bestes noires plustost que des autres, comme quand un sanglier se laisse abbayer par les chiens, perdans leur peine. H. Estienne, Precellence, 125 (Hug.). II.? Hist. des sens et emplois attestés apr. 1789. ? A.? Sém. sens I « cri du chien, aboiement ». 1. Au propre : dep. 1167 cf. étymol. 1 et aussi : ? xiiies. : Il oï l'abai des chiens qui moult li estoient prochiens. Ren., 15 759 (T.-L.). ? xvies. : Il n'y a non plus de raison en son dire qu'à l'abbay d'un chien. Calvin, Resp. à un Hollandois, IX, 598 (Hug.). ? xviies. : L'abboy de ce chien est fort importun (Ac. 1694). ? xviiies. : Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses (...). A. Chénier, 23 (Littré). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 1 à 3 (plur.), 6 (sing.) et aussi : Le soir était tout vibrant d'appels de bergers, d'abois de chiens, de rires. F. Mauriac, L'Enfant chargé de chaînes, p. 226 (Rob.). 2. Au fig. a) En parlant de l'homme : dep. la fin du xiies. cf. étymol. 2 et aussi : ? xvies. nombreux ex. ds Hug. et : Je vous prie, messieurs, s'il est permis de jecter encore ces derniers abois en liberté, considérons ung peu. Sat. Men., Harangue de d'Aubray, p. 128 (Gdf.). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 8 à 10. b) En parlant de l'estomac, de la faim : ? xvies. Rabelais (Hug.). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 10. ? Rem. Le sing. qui était possible à l'orig. (cf. étymol. 2) ne l'est plus guère aux xixeet xxes. (l'ex. 7, de Claudel ds sém. est exceptionnel). B.? Sém. sens II (vén.). 1. Schéma de filiation des accept. a) le plur. les abois « cris des chiens »; b) tout en conservant encore longtemps ce sens gén. (cf. supr. II A et aboiement, hist.), ce plur. s'est très tôt spécialisé dans l'accept. « cris des chiens traquant le cerf ou plus généralement un gibier » (dep. xiiies. cf. Ysopet de Lyon ds étymol.); c) les abois « moment même où le cerf, ? ou un autre gibier, ou enfin figurément toute chose assimilée ?, prisonnier des chiens qui aboient, est à la dernière extrémité », « dernière extrémité, agonie, etc. ». 2. Bien que le terme les abois dans les accept. b et c ci-dessus soit toujours disponible pour des constr. originales, il se fige très tôt dans qq. expr. : a) Au propre : ? En parlant de la bête chassée : être aux abois, rendre aux abois (dep. 1394 cf. étymol.); tenir les chiens en aboi (disparu, cf. sup. I B 2 ex. H. Estienne); ? En parlant des chiens (et des chasseurs) : mettre aux abois venir aux abois (dep. mil. du xives. cf. étymol.); b) Au fig. : ? En parlant de tout ce qu'on assimile au cerf : être aux abois; rendre les abois : tenir qqn en aboi (disparu, cf. sup. I, B 2 ex. Hist. de Bayart); ? En parlant de tout ce qu'on assimile aux chiens : mettre qqn aux abois; réduire qqn aux abois. 3. ex. a) Au propre cf. étymol. 1 et aussi : ? xvies. : Rendre les abbois proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s'accule en quelque lieu le plus avantageux qu'il peut trouver, et là attendant les chiens endure d'être abbayé par eux. H. Estienne, Precellence, 124 (Hug.). ? xviies. : Son frère ayant couru mainte haute aventure, mis maint cerf aux abois. La Font., Fab. VIII, 24 (Littré). ? xviiies. : Abois au pluriel, se dit proprement de l'extrémité où le cerf est réduit quand il est sur ses fins. Le cerf est aux abois, tient les abois. Ac. 1740. ? xixeet xxes. : cf. sém. ex. 11, 12; ? Rem. Brunot (t. 6, p. 1335) signale qu'Ac. avait reproché à Vaugelas d'avoir fait rendre les abois à d'autres animaux qu'à des cerfs en parlant de chevaux, d'éléphants, de chiens (Quinte-Curce, V, 13; VIII, 14; IX, 1) et que Mercier (Tableau, I, 72) parle des abois d'un b?uf. Sur cette réaction gén. tendant à ramener abois à son sens strict en vén., (cf. aussi inf. b, rem.). b) Au fig. ? xves. : (...) lequel [le pauvre peuple] est a present aux plus grans abbois du monde. Caquet de l'accouchée, 3ejourn. (Gdf.). ? xvies. : S'ell' ne fait rendre les abbois à Monsieur, je veux qu'on me tonde. R. Belleau, La Reconnue, I, 4 (Hug.). ? Rem. Nombreux ex. de cette expr. au propre et au fig. (Hug.). ? Expr. les derniers abois, les derniers abois de la mort, les abois de la mort, cf. 4 ex. ds Hug. dont : (...) leurs compaignons les plus foibles et alangouris, voire qui tendoient aux derniers abbays de la mort. (Cholieres, 1rematinée, p. 22). ? xviies. cf. très nombreux ex. ds Littré, 3o, dont 9 de Corneille : [Il] nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord. Corn., Rod. I, 6 (Littré). Unissons ma vengeance à votre politique Pour sauver des abois toute la République. Id., Sert. I, 3 (Littré). Et ses esprits légers approchant des abois, Pourraient bien se dédire une seconde fois. Id., Nic., IV, 2 (Littré). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 14 et 15 (être aux abois), 13 (réduire aux abois), 16 (mettre aux abois). ? Rem. Le xviiies., notamment avec Voltaire dans ses éd. critiques de Corneille, amorce une réaction contre l'abus de l'emploi métaph. du mot. Si l'ex. de Rodogune cité plus haut n'a pas vieilli, il n'en est pas de même des ex. de Sertorius et Nicomède; à ce sujet cf. Cayrou s.v. abois et aussi : Corneille dans la tragédie de Sertorius a dit sauver des abois. C'est une faute; abois signifie les derniers soupirs. On ne sauve point d'un soupir, on sauve du péril et on tire d'une extrémité; on rappelle des portes de la mort, mais on ne sauve point des abois. (...). Dans la tragédie de Nicomède, M. Corneille dit encore approcher des abois. Cette expression, qui par elle-même n'est pas noble, n'est plus d'usage aujourd'hui. Voltaire (Trév. 1771). Littré après avoir rappelé ce jugement de Voltaire sur l'expr. des abois ,,qui n'est plus d'usage aujourd'hui`` remarque : Néanmoins cette expression est restée, à juste titre, dans l'usage et elle n'a rien qui l'empêche d'entrer dans le meilleur style. Seulement on en use moins librement qu'au xviiesiècle et on peut voir plus haut quelques emplois qu'en fait Corneille et qui paraissent un peu surannés.
    STAT. ? Fréq. abs. litt. : 296. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 294, b) 579; xxes. : a) 544, b) 370.
    BBG. ? Baudr. Chasses 1834. ? Littré-Robin 1865. ? Remig. 1963.


    Wiktionnaire


    Nom commun - français

    aboi \a.bwa\ masculin

    1. (Vieilli) Cri du chien.
      • [?], nous voici près du village, nous devrions déjà entendre les abois des chiens, le chant des coqs et ces mille bruits qui dénoncent les lieux habités. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    2. (Par extension) (Au pluriel) Cris de la meute qui entoure la bête chassée dans une chasse à courre.
      • Pendant toute la nuit, les aboiements vibrants comme des cloches déferlèrent en se répercutant parmi les collines, et [eux] suivirent la chasse à cheval, guidés par les abois des chiens [...] (William Faulkner, Sartoris, trad. René-Noël Raimbault & Henri Delgove, éd. Gallimard, 1937, rééd. Folio, p. 413)
    3. (Par métonymie) (Au pluriel) Moment où la bête pourchassée s'arrête.
    4. (Figuré) (Au pluriel) Dernière extrémité.
      • Ils sont aux abois.
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    Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

    ABOI. n. m.
    Cri du chien. L'aboi de ce chien est fort importun. En ce sens, il est moins usité qu'ABOIEMENT.

    ABOIS, au pluriel, désigne les Cris de la meute qui entoure la bête, et, par extension, la Situation de la bête entourée par la meute. Le cerf est aux abois. Fig., Être aux abois, se dit d'une Personne qui a épuisé toutes les ressources, qui est réduite à la dernière extrémité. À bout de ressources, il est aux abois. On dit aussi Cette place, cette citadelle est aux abois, Elle ne peut plus se défendre. Sa vertu est aux abois, Elle est bien près de succomber.

    Littré

    ABOI (a-boi) s. m.
    • 1Cri du chien. L'aboi des différentes espèces de chiens. Dans la rage, l'aboi du chien est modifié d'une façon caractéristique. Leur maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perçassent les nues, La Fontaine, Fab. XII, 23. Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses?, Chénier, 23.
    • 2 S. m. plur. Moment où le cerf, serré par les chiens qui aboient après lui, est à l'extrémité. Le cerf est aux abois. Il tient les abois. Son frère ayant couru mainte haute aventure, Mis maint cerf aux abois, maint sanglier abattu, La Fontaine, Fab. VIII, 24.
    • 3 Fig. Dernière extrémité. Ils sont aux abois. Les assiégés étaient réduits aux derniers abois. Mais pardonne aux abois d'une vieille amitié, Qui ne peut expirer sans me faire pitié, Corneille, Cinna, III, 2. [Il] nous surprend, nous assiége, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord, Corneille, Rod. I, 6. Unissons ma vengeance à votre politique Pour sauver des abois toute la république, Corneille, Sert. I, 3. Ah?! quel âpre tourment?! quels douloureux abois?! Corneille, Méd. v, 5. Ah?! je m'en souviendrai jusqu'aux derniers abois [la mort], Corneille, Théod. I, 2. En cet heureux moment rappelés des abois, [ils] Rendent grâces au Ciel d'une commune voix, Corneille, ?d. v, 11. Et ces esprits légers, approchant des abois, Pourraient bien se dédire une seconde fois, Corneille, Nic. IV, 2. J'en laissai deux sans vie et mis l'autre aux abois, Corneille, ?d. I, 6. De sa haine aux abois la fierté se redouble, Corneille, Soph. v, 8. D'effroyables remords, mégères éternelles, Invisibles bourreaux des âmes criminelles, Vous persécuteront jusqu'aux derniers abois, Rotrou, Antig. v, 5. Sans languir si longtemps aux abois, Régnier, Dial. Une nymphe fuyante Qui, réduite aux abois?, Régnier, Ép. I. Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois, Boileau, Sat. I. Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux abois, Boileau, ib. VII. Cette idée est capable de me réduire aux abois, Molière, 1er interm. de la Princ. Louis XIV réduisant l'hérésie aux derniers abois, La Fontaine, Disc. à l'Acad. Il semblait, à me voir, que je fusse aux abois, La Fontaine, Épît. XXII, 19. Réduire un esprit aux abois, La Fontaine, Je vous prends sans verd, 3. Nous sommes réduits aux abois, Bossuet, Pent. I. Philisbourg est aux abois en huit jours, Bossuet, L. de Bourb. L'idolâtrie qui semblait aux abois, Bossuet, Hist. II, 12.
    • 4Tenir quelqu'un en aboi, le repaître de vaines espérances.

    REMARQUE

    Voltaire, sur le vers de Nicomède cité plus haut, remarque que l'expression des abois, qui par elle-même n'est pas noble, n'est plus d'usage aujourd'hui. Néanmoins cette expression est restée, à juste titre, dans l'usage, et elle n'a rien qui l'empêche d'entrer dans le meilleur style. Seulement, on en use moins librement qu'au XVIIe siècle, et on peut voir plus haut quelques emplois qu'en fait Corneille et qui paraissent un peu surannés.


    SYNONYME

    ABOI, ABOIEMENT. Aboi se dit particulièrement de la qualité naturelle du cri du chien. Ce chien a un aboi perçant. Aboiement se dit plutôt des cris mêmes?: de longs aboiements, des aboiements continuels. On dit?: Faites cesser les aboiements de ce chien, et non pas?: Faites cesser son aboi ou ses abois, LAVEAUX.


    HISTORIQUE

    XIIIe s. Il n'a garde d'aba de chien, Rutebeuf, 253. Renart li commença à rire, Si lui a jeté un abai?; Certes, fait-il, je me gabai?; Ce fis je pour vous peor [peur] faire, Ren. 1785.

    XVe s. Quand il eut esté bien reprouvé et rigolé de ses compagnons, et, comme un sanglier, mis aux abois de tous costés, Louis XI, Nouv. 19.

    XVIe s. Las?! quantes fois par rochers et par bois, Les chiens courans l'ont tenu aux abbois, Marot, IV, 82. Avoir pour son exercice Force oiseaux et force abbois, Du Bellay, J. III, 87, recto. Et finirent leur vie, chantans jusques aux derniers abois un cantique, D'Aubigné, Hist. I, 67. L'authorité duquel doit bien rabattre tous les abois de ce chien mastin, Calvin, Inst. 321. Par leur importunité, comme par aboi, ils arrachent?, Calvin, ib. 875. L'empereur avoit deja rendu les abbois [cédé] et fait toutes submissions proposées par le duc Maurice, Carloix, IV, 25. L'autre pressant le cerf d'abois, Devient satyre des bocages, Ronsard, 882. Car tant seulement mangeoit pour refrener les abois de l'estomac, Rabelais, Garg. I, 23. Rendre les abbois [n'en pouvoir plus] a bonne grâce en ce passage de BELLEAU?: Aussitost que ces advocas Nous ont empietez une fois, Ils nous font rendre les abbois, H. Estienne, Précell. p. 90.

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    Étymologie de « aboi »

    Voy. ABOYER.

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    Dérivé du verbe aboyer.
    Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l'identique 3.0

    ABOI, subst. masc.
    Étymol. ? 1. Av. 1167 « cri du chien » (Lais de Marie de France, Guigemar, éd. Warnke, 93 : Pur l'abai del brachet sailli); xiiies. plur. « cris, aboiements de chiens (poursuivant un cerf) » (Ysopet de Lyon, XLVIII, Dou cerf qui besmoit ses jambes, éd. Bastin, 16 : A grant esbais chiens soreviegnent, Vers lui [le cerf] tout droit la trace tiegnent); 1354-1376 venir aux abois « se mettre à aboyer furieusement face au cerf arrêté dans sa course (en parlant des chiens) » terme cynégétique (Modus XXV, 12-20 ds Tilander, Nouv. mél. cynég., 177 : mes se tous les chiens sont venus aus abois et il ont une pieche abaié...); 1394 rendre aux abais « s'arrêter en fin de course et faire face aux chiens qui aboient (en parlant du cerf) » terme cynégétique (Hardouin, Trésor de Venerie, 478, éd. Michelant ds T.-L. : Adonc verrés vostre cerf rendre Aux abais lors sens plus attendre Y devés vos josnes chiens mestre); 2. p. anal., ca 1167 « cri bruyant et incessant (d'un homme) » (Benoit, Chron. ducs Norm., éd. C. Fahlin, 18 048 : Folient le, mais bien le sai Que molt prise poi lor abai), id. « poursuite hostile accompagnée de cris » (ibid., 7780 : Quer cil d'amunt sunt molt cuvert E molt apris d'estre en esmai E de sofrir un grant abai). Dév. de aboyer* aux sens propre et fig. HIST. ? Apparaît sous les formes abay (var. graph. aba, abai, abbay, habaix), esbais (cf. étymol. et T.-L.), aboy (var. graph. abboy, abboi, aboi). L'hist. du mot est marquée par la disparition presque totale du sens premier (passé au dér. concurrent aboiement, cf. aboiement, hist.) et corrélativement par sa restriction à la lang. de la vén. (dans qq. emplois techn. figés où le mot n'existe plus qu'au plur.). Cette évolution princ. a eu pour conséquences : ? de donner à un mot originellement tout à fait commun une valeur litt. tenant au caractère d'abord noble, puis noble et arch., de la lang. de la vén.; ? de lui permettre de donner carrière à toute une série d'emplois fig. à partir des choses de la vén. encore que l'évolution de la civilisation qui a fait perdre à la vén. son importance ait entraîné une régression de ces emplois (la lang. exigeant de ces métaph. qu'elles soient moins heurtées, plus filées qu'à l'époque class.; cf. inf. II B cas de Corneille). I.? Disparitions av. 1789. ? Elles sont d'importance second. : A.? Aboi « cri du loup » (Gdf.). B.? Expr. 1. abboys du parchemin « chants d'église » cf. Rabelais, III, 15 (Hug.) (pour explication, cf. aboyer, hist. II B 2); 2. tenir qqn en aboy « le repaître de vaines espérances » (Gdf.), « lui tenir tête » (Hug.), cité encore par Cotgr., Fur., Trév. (Littré le cite mais sans ex.) : Il [Bayart] tint les ennemys trois sepmaines durant en aboy. Hist. de Bayart, 63 (Hug.). Ne faut douter que ceste façon de parler ne soit aussi venue de la venerie : mais il y a apparence que ce soit des bestes noires plustost que des autres, comme quand un sanglier se laisse abbayer par les chiens, perdans leur peine. H. Estienne, Precellence, 125 (Hug.). II.? Hist. des sens et emplois attestés apr. 1789. ? A.? Sém. sens I « cri du chien, aboiement ». 1. Au propre : dep. 1167 cf. étymol. 1 et aussi : ? xiiies. : Il oï l'abai des chiens qui moult li estoient prochiens. Ren., 15 759 (T.-L.). ? xvies. : Il n'y a non plus de raison en son dire qu'à l'abbay d'un chien. Calvin, Resp. à un Hollandois, IX, 598 (Hug.). ? xviies. : L'abboy de ce chien est fort importun (Ac. 1694). ? xviiies. : Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses (...). A. Chénier, 23 (Littré). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 1 à 3 (plur.), 6 (sing.) et aussi : Le soir était tout vibrant d'appels de bergers, d'abois de chiens, de rires. F. Mauriac, L'Enfant chargé de chaînes, p. 226 (Rob.). 2. Au fig. a) En parlant de l'homme : dep. la fin du xiies. cf. étymol. 2 et aussi : ? xvies. nombreux ex. ds Hug. et : Je vous prie, messieurs, s'il est permis de jecter encore ces derniers abois en liberté, considérons ung peu. Sat. Men., Harangue de d'Aubray, p. 128 (Gdf.). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 8 à 10. b) En parlant de l'estomac, de la faim : ? xvies. Rabelais (Hug.). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 10. ? Rem. Le sing. qui était possible à l'orig. (cf. étymol. 2) ne l'est plus guère aux xixeet xxes. (l'ex. 7, de Claudel ds sém. est exceptionnel). B.? Sém. sens II (vén.). 1. Schéma de filiation des accept. a) le plur. les abois « cris des chiens »; b) tout en conservant encore longtemps ce sens gén. (cf. supr. II A et aboiement, hist.), ce plur. s'est très tôt spécialisé dans l'accept. « cris des chiens traquant le cerf ou plus généralement un gibier » (dep. xiiies. cf. Ysopet de Lyon ds étymol.); c) les abois « moment même où le cerf, ? ou un autre gibier, ou enfin figurément toute chose assimilée ?, prisonnier des chiens qui aboient, est à la dernière extrémité », « dernière extrémité, agonie, etc. ». 2. Bien que le terme les abois dans les accept. b et c ci-dessus soit toujours disponible pour des constr. originales, il se fige très tôt dans qq. expr. : a) Au propre : ? En parlant de la bête chassée : être aux abois, rendre aux abois (dep. 1394 cf. étymol.); tenir les chiens en aboi (disparu, cf. sup. I B 2 ex. H. Estienne); ? En parlant des chiens (et des chasseurs) : mettre aux abois venir aux abois (dep. mil. du xives. cf. étymol.); b) Au fig. : ? En parlant de tout ce qu'on assimile au cerf : être aux abois; rendre les abois : tenir qqn en aboi (disparu, cf. sup. I, B 2 ex. Hist. de Bayart); ? En parlant de tout ce qu'on assimile aux chiens : mettre qqn aux abois; réduire qqn aux abois. 3. ex. a) Au propre cf. étymol. 1 et aussi : ? xvies. : Rendre les abbois proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s'accule en quelque lieu le plus avantageux qu'il peut trouver, et là attendant les chiens endure d'être abbayé par eux. H. Estienne, Precellence, 124 (Hug.). ? xviies. : Son frère ayant couru mainte haute aventure, mis maint cerf aux abois. La Font., Fab. VIII, 24 (Littré). ? xviiies. : Abois au pluriel, se dit proprement de l'extrémité où le cerf est réduit quand il est sur ses fins. Le cerf est aux abois, tient les abois. Ac. 1740. ? xixeet xxes. : cf. sém. ex. 11, 12; ? Rem. Brunot (t. 6, p. 1335) signale qu'Ac. avait reproché à Vaugelas d'avoir fait rendre les abois à d'autres animaux qu'à des cerfs en parlant de chevaux, d'éléphants, de chiens (Quinte-Curce, V, 13; VIII, 14; IX, 1) et que Mercier (Tableau, I, 72) parle des abois d'un b?uf. Sur cette réaction gén. tendant à ramener abois à son sens strict en vén., (cf. aussi inf. b, rem.). b) Au fig. ? xves. : (...) lequel [le pauvre peuple] est a present aux plus grans abbois du monde. Caquet de l'accouchée, 3ejourn. (Gdf.). ? xvies. : S'ell' ne fait rendre les abbois à Monsieur, je veux qu'on me tonde. R. Belleau, La Reconnue, I, 4 (Hug.). ? Rem. Nombreux ex. de cette expr. au propre et au fig. (Hug.). ? Expr. les derniers abois, les derniers abois de la mort, les abois de la mort, cf. 4 ex. ds Hug. dont : (...) leurs compaignons les plus foibles et alangouris, voire qui tendoient aux derniers abbays de la mort. (Cholieres, 1rematinée, p. 22). ? xviies. cf. très nombreux ex. ds Littré, 3o, dont 9 de Corneille : [Il] nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord. Corn., Rod. I, 6 (Littré). Unissons ma vengeance à votre politique Pour sauver des abois toute la République. Id., Sert. I, 3 (Littré). Et ses esprits légers approchant des abois, Pourraient bien se dédire une seconde fois. Id., Nic., IV, 2 (Littré). ? xixeet xxes. cf. sém. ex. 14 et 15 (être aux abois), 13 (réduire aux abois), 16 (mettre aux abois). ? Rem. Le xviiies., notamment avec Voltaire dans ses éd. critiques de Corneille, amorce une réaction contre l'abus de l'emploi métaph. du mot. Si l'ex. de Rodogune cité plus haut n'a pas vieilli, il n'en est pas de même des ex. de Sertorius et Nicomède; à ce sujet cf. Cayrou s.v. abois et aussi : Corneille dans la tragédie de Sertorius a dit sauver des abois. C'est une faute; abois signifie les derniers soupirs. On ne sauve point d'un soupir, on sauve du péril et on tire d'une extrémité; on rappelle des portes de la mort, mais on ne sauve point des abois. (...). Dans la tragédie de Nicomède, M. Corneille dit encore approcher des abois. Cette expression, qui par elle-même n'est pas noble, n'est plus d'usage aujourd'hui. Voltaire (Trév. 1771). Littré après avoir rappelé ce jugement de Voltaire sur l'expr. des abois ,,qui n'est plus d'usage aujourd'hui`` remarque : Néanmoins cette expression est restée, à juste titre, dans l'usage et elle n'a rien qui l'empêche d'entrer dans le meilleur style. Seulement on en use moins librement qu'au xviiesiècle et on peut voir plus haut quelques emplois qu'en fait Corneille et qui paraissent un peu surannés.

    aboi au Scrabble


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    Les citations sur « aboi »

    1. Chien au chenil aboie sur ses puces,
      Chien qui chasse ne les sent pas.


      Auteur : Proverbes chinois - Source : Proverbe


    2. Les chiens aboient, la caravane passe.

      Auteur : Proverbes arabes - Source : Proverbe


    3. Son frère, ayant couru mainte haute aventure, - Mis maint Cerf aux abois, maint Sanglier abattu, - Fut le premier César que la gent chienne ait eu.

      Auteur : Jean de La Fontaine - Source : Fables (1668 à 1694), Livre huitième, XXIV, l'Education


    4. Mais un fat me déplaît et me blesse les yeux;
      Je le poursuis partout, comme un chien suit sa proie,
      Et ne le sens jamais qu'aussitôt je n'aboie.


      Auteur : Nicolas Boileau-Despréaux - Source : Satires (1660-1711), VII


    5. Contrairement à l'idée requise,
      La parole n'est pas créatrice d'un monde;
      L'homme parle comme le chien aboie
      Pour exprimer sa colère, ou sa crainte.
      Le plaisir est silencieux,
      Tout comme l'est l'état de bonheur.


      Auteur : Michel Houellebecq - Source : La Possibilité d'une île (2005)


    6. Notez ici que son dîner était sobre et frugal, car tant seulement mangeait pour réfréner les abois de l'estomac; mais le souper était copieux et large.

      Auteur : François Rabelais - Source : Gargantua (1542)


    7. Si le vieux chien aboie, il donne conseil.

      Auteur : Proverbes espagnols - Source : Proverbe


    8. Même à un chien qui n'aboie pas il ne faut pas retirer un os sans précaution.

      Auteur : Proverbes ivoiriens - Source : Proverbes


    9. Vieux chien n'aboie pas en vain.

      Auteur : Proverbes allemands - Source : Proverbe


    10. Le chien aboie, la caravane passe.

      Auteur : Proverbes turcs - Source : Proverbe


    11. Lorsque votre chien aboie en voyant passer un étranger devant votre clôture, en quoi son mobile diffère t-il de celui qui vous a incité à la construire ?

      Auteur : Shlomo Sand - Source : Comment la terre d'Israël fut inventée (2012)


    12. Qui a chien
      N'aboie pas.


      Auteur : Charles de Leusse - Source : Au Sommet (2004)


    13. Le soir était tout vibrant d'appels de bergers, d'abois de chiens, de rires.

      Auteur : François Mauriac - Source : L'Enfant chargé de chaînes


    14. Bon chien n'aboie pas à faux.

      Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


    15. Toutes mes joies, tous mes drames sont d'Italie. Je viens d'une terre où la beauté est toujours aux abois. Qu'elle s'endorme cinq minutes, la laideur l’égorgera sans pitié. Les génies naissent ici comme de mauvais herbes. On chante comme on tue, on dessine comme on trompe, on fait pisser les chiens sur les murs des églises.

      Auteur : Jean-Baptiste Andrea - Source : Veiller sur elle (2023)


    16. Un bon chien n'aboie point à faux.

      Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


    17. Défie-toi d'un homme qui parle peu,
      D'un chien qui n'aboie guère,
      Et de l'et cetera d'un notaire.


      Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


    18. Tout chien aboie sur sa porte,
      Tout lion se carre dans sa forêt.


      Auteur : Proverbes arabes - Source : Proverbe


    19. Ce que le chien voit lorsqu'il aboie ne perturbe pas le mouton, qui reste calme.

      Auteur : Proverbes béninois - Source : Proverbes


    20. La lune se soucie-t-elle de l'aboiement d'un chien?

      Auteur : Robert Burton - Source : The Anatomy of Melancholy, II


    21. Tout chien qui aboie, ne mord pas.

      Auteur : Proverbes français - Source : Proverbe


    22. La voix suprême de notre temps, celle qui fait taire tout amour, tout génie, toute conscience, c'est l'horrible aboiement du canon.

      Auteur : Julien Green - Source : Les Années faciles (1926-1934), Journal I (1938), 18 février 1931


    23. Ils ressemblent à des chiens, mais aboient avec les loups.

      Auteur : Libanios - Source : Discours


    24. Chien aboie et porc mange.

      Auteur : Proverbes corses - Source : Proverbe


    25. Ah! quel âpre tourment! quels douloureux abois!

      Auteur : Pierre Corneille - Source : Médée (1635), V, 5, Créuse


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    Les synonymes de « aboi»

    Les synonymes de aboi :

      1. jappement
      2. glapissement
      3. hurlement
      4. grognement
      5. aboiement

    synonymes de aboi

    Fréquence et usage du mot aboi dans le temps


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