La définition de Morne du dictionnaire français. Signification du mot et son éthymologie - De nombreux exemples d'usage en français ainsi que des citations.

Morne
Nature : s. m.
Prononciation : mor-n'
Etymologie : Espagn. morro, et son augmentatif morron, monticule, qui s'est altéré dans la bouche des créoles français.

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Notre dictionnaire de français vous présente les définitions de morne de manière précise, avec des exemples pertinents pour aider à comprendre la signification du mot.

Notre dictionnaire de définitions comprend des informations complémentaires telles que la nature du mot, sa prononciation, des exemples d'expressions, l'étymologie, les synonymes, les homonymes, les antonymes mais également les rimes et anagrammes. Quand la définition du mot s'y prête nous vous proposons des citations littéraires en rapport avec morne pour illustrer la compréhension du mot ou préciser le sens et de répondre à la question quelle est la signification de Morne ?


La définition de Morne

Nom donné aux petites montagnes dans les Antilles, et, en général, dans les colonies françaises.


Toutes les définitions de « morne »


Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition

MORNE. adj. des deux genres
. Qui est d'une tristesse sombre, allant jusqu'à l'abattement. Vous êtes bien morne aujourd'hui. Il était morne et silencieux, morne et pensif. Par extension, Visage, air, attitude, œil morne. Un morne silence. Fig., Temps morne, Temps obscur et couvert. Fig., Couleur morne, Couleur sombre, obscure, qui n'a ni vivacité ni éclat.

Littré

MORNE (mor-n') adj.
  • 1Qui a la tristesse peinte sur le visage, dans la contenance. Le malheureux lion, languissant, triste et morne, La Fontaine, Fabl. III, 14. ?à ce discours je te trouve un peu morne, Boileau, Sat. X. Tout un peuple suivait, morne, glacé d'horreur, Voltaire, Oreste, V, 7.
  • 2Il se dit aussi des choses. Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour, Corneille, Hor. II, 2. [Des coursiers] L'?il morne maintenant, et la tête baissée, Racine, Phèdre, V, 6. Le morne et triste silence de l'Ingénu, ses yeux sombres, ses lèvres tremblantes, les frémissements de son corps?, Voltaire, l'Ingénu, 20. Morne clarté, Chénier M. J. Charles IX, V, 2. Morne effroi, Chénier M. J. Fénel. I, 1.

    Temps morne, temps obscur et couvert.

    Couleur morne, couleur sombre, qui manque d'éclat.


HISTORIQUE

XIIe s. À l'ostel s'en ala li huem [l'homme de] nostre seignur?; Si clerc furent vers li e murne e en irur, Th. le mart. 109.

XIIIe s. Et au pauvre [la dame] se fait et chiche et morne, Quesnes, Romancero, p. 86. [La femme] Une hore rit, autre hore est morne, la Rose, 3995. À joie et à déduit t'atorne?; Amors n'a cure d'omme morne, ib. 2188.

XVIe s. Quand on peint un tableau, on cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met on au-dessus les guayes et claires, Amyot, De la tranq. d'âme, 31. Un visage morne et contristé, Montaigne, I, 270. Son ?il morne et transi, D'Aubigné, Tragiques. la Chambre dorée (édit. LALANNE, p. 142).

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Encyclopédie, 1re édition

MORNE, adj. (Gramm.) triste, silentieux & sombre. Il ne se dit guere que des personnes & des choses personnifiées. Il y a des animaux en qui la nature est morne, & ils sont ordinairement méchans. Une passion violente & malheureuse est morne. Le désespoir, quand il est extrème, est morne.

Mornes, s. m. (Géog.) c'est ainsi qu'on appelle dans les îles françoises de l'Amérique les montagnes de moyenne hauteur, voisines de la mer, & comme détachées des hautes montagnes qui occupent le milieu des îles ; quelquefois ces dernieres sont aussi appellées mornes, ainsi que le gras morne, le morne du Vauclin & le morne de la Callebasse à la Martinique.

Morne, (Géog.) terme qu'emploient les François de l'Amérique pour signifier un cap élevé ou une petite montagne qui s'avance en mer ; c'est pour cela qu'ils nomment gros morne une haute montagne de l'Amérique septentrionale dans l'île de la Martinique, près du bourg de la Trinité & de l'anse du Gallion. Vainement voudrions-nous rejetter aujourd'hui ces sortes de termes barbares, nous nous trouvons forcés de les adopter. (D. J.)

Morné, adj. terme de Blason, il se dit des lions & autres animaux qui n'ont ni dents, ni bec, ni langues, ni griffes, ni queue. Du Halgoet en Bretagne, d'azur au lion morné d'or.

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Wiktionnaire


Adjectif - ancien français

morne \Prononciation ?\ masculin et féminin identiques

  1. Morne.
    • Li paien en sont trestuit morne (Partonopeus de Blois, manuscrit 368 français de la BnF. Fol. 13v. b.)

Nom commun 2 - français

morne \m??n\ féminin

  1. (Vieilli) Anneau qui servait à rendre la lance inoffensive.
  2. Définition manquante ou à compléter. (Ajouter)?
    • Sentir, à travers la morne des feuilles, le soleil mordiller mes avant-bras, mon front et ma poitrine. (Lolita Pille, Eléna et les joueuses, Éditions Stock, Paris, 2019, p. 13)

Nom commun 1 - français

morne \m??n\ masculin

  1. Nom qu'on donne, dans les anciennes colonies françaises (Réunion, Antilles, etc.), à une petite montagne?[2].
    • Sur le morne qui domine la rive septentrionale du goulet de la pointe Riche, nous distinguons un mât de signaux, premier indice de la civilisation européenne en ces cantons. (Voyage de Dumont d'Urville autour du Monde, raconté par lui-même)
    • La nuit se faisait de plus en plus sombre, la lune avait disparu, le vent mugissait sourdement dans les mornes, les pirates avaient fini, les uns après les autres, par se livrer au sommeil. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Ce que l'on est tenté de prendre pour un donjon n'est peut-être qu'un morne pierreux. (Jules Verne, Le Château des Carpathes, J. Hetzel et Compagnie, 1892, p. 17-27)
    • À sa gauche, le paysage défilait, très lentement, car la pétrolette de Jeffries avait fort à faire. C'était une succession de criques sauvages, de mornes déserts, d'îlots de corail, dominés par la masse sombre de la forêt et de la montagne. (Pierre Benoit, Erromango, 1929)
    • Le bois-chandelle pousse à l'état sauvage [?] Il croît en petits bosquets sur les pentes érodées des mornes calcaires, dans les rajets (halliers). (Doryane Kermel-Torrès; Les Huiles essentielles, in Atlas de Haïti, 1985)
    • Seuls les mornes célèbres, dont le pain de sucre, qui sont tout ce qu'il reste aujourd'ui de sauvage dans la baie, sont aujourd'hui reconnaissables. (Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, annexe « À propos des sources de Rouge Brésil »), page 547, éditions Gallimard, 2001)

Adjectif - français

morne \m??n\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est d'une tristesse sombre, allant jusqu'à l'abattement.
    • Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne,
      Peut à peine rugir, par l'âge estropié.
      Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes ;
      (Jean de La Fontaine, Fables, Le Lion devenu vieux)
    • Là étaient les débris vivants des meurtrières rencontres des premiers jours : dragons, zouaves, chasseurs de Vincennes, turcos, soldats de la ligne, hussards, lanciers, tous hâves, silencieux, mornes, traînant ce qui leur restait de souffle. (Amédée Achard, Récits d'un soldat - Une Armée Prisonnière ; Une Campagne Devant Paris, 1871)
    • En de certains jours, ma pauvre petite reste morne, attentive, comme si elle attendait quelqu'un [?] (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les Comanches et les chasseurs restèrent mornes et silencieux, attendant sans bouger l'arrivée des pirates. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Le curé de Melotte [?] n'était plus craint. Ses foudres de carton, ses tonnerres lointains, l'évocation des bûchers infernaux, la promesse des félicités paradisiaques dans un éden, somme toute, passablement morne et fort problématique, ne faisaient plus guère frémir que quelques vieilles dévotes et les gosses de neuf à onze ans [?] (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • L'expression du regard de cette enfant de huit ans était habituellement si morne et parfois si tragique qu'il semblait, à de certains moments, qu'elle fût en train de devenir une idiot ou un démon. (Victor Hugo, Les Misérables, 1862)
  2. (Figuré) Qualifie un temps obscur et couvert.
    • La fatigue, le temps morne (j'entends de la pluie dans le soir), l'ombre qui augmente ma solitude et m'agrandit malgré tous mes efforts et puis quelque chose d'autre, je ne sais quoi, m'attristent. (Henri Barbusse, L'Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
  3. (Figuré) Qualifie une couleur sombre, obscure, qui n'a ni vivacité ni éclat.
    • [?] rien ne resplendit plus, après minuit, que cinq ou six débits mal fréquentés dont l'éclairage ourle le trottoir d'un morne flamboiement. (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
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Trésor de la Langue Française informatisé


MORNE1, adj.

A. ? [Appliqué à une pers.] Qui est dans un état d'abattement, d'ennui ou de tristesse se manifestant par un manque de vitalité et une tendance plus ou moins marquée au mutisme. Je suis morne toujours. Je n'ai plus d'exaltations, plus de ferveur. Hier je n'ai pas eu la force de souffrir de Pelléas. La vie de caserne est affreuse et les jours ne passent pas. Je pense à toi avec lassitude (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1906, p.289).Une foule morne qui piétinait dans le noir sans rien dire et sans se bousculer, ce qui m'impressionna beaucoup car à Naples la foule est habituellement gaie et bruyante et portée à la chanson (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.162):
1. L'homme en qui s'exagéraient ordinairement les sentiments du bord, pénibles ou joyeux, Paganel, lui qui au besoin eût inventé l'espérance, Paganel demeurait morne et silencieux. On le voyait à peine. Sa loquacité naturelle, sa vivacité française s'étaient changées en mutisme et en abattement. Il semblait même plus complètement découragé que ses compagnons. Verne, Enf. cap. Grant, t.3, 1868, p.207.
? [P. méton.] Qui exprime, traduit cet état, ou se traduit, est accompagné par cet état.
? [En parlant d'un aspect de la pers., d'une manifestation de son comportement] Air, sourire morne; silence morne. Il apportera donc à sa femme un regard morne, une humeur sombre, un front morose, tout ce qui caractérise un mari qui aime ailleurs que chez lui (Ponson du Terr., Rocambole, t.2, 1859, p.252).
? [En parlant d'un sentiment, d'un état physique ou psychique] Un morne désespoir; un morne ennui; une morne fatigue. Ils se remirent en marche, ayant dans leur allure le morne accablement des bêtes de somme (Moselly, Terres lorr., 1907, p.2):
2. Il n'y avait plus rien sur ce visage impénétrable et simple comme le granit, qu'une morne tristesse. Toute sa personne respirait l'abaissement et la fermeté, et je ne sais quel accablement courageux. Hugo, Misér., t.1, 1862, p.252.
? Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. [Certains fous] passés à l'état de pierre stupide au fond de laquelle suinte quelque chose qu'on ne voit pas et qui est le désespoir et l'insanité. ? Leur immobilité est d'un morne qui fend le coeur. Ils révèlent l'éternité du supplice par l'immobilité rigide de la pose (Barb. d'Aurev., Memor. 3, 1856, introd., p.62).
B. ? [Appliqué à une chose] Qui provoque un état de lassitude, d'ennui par son uniformité, son absence d'intérêt, son manque d'éclat. Synon. ennuyeux, monotone; gris, terne, maussade.Vie, existence, travail morne; temps, ciel morne; paysage, ville, plaine morne; couleur, ton morne; style morne. Le travail que n'illumine pas le sens du divin est triste et sans but; il tourne aisément à la corvée morne, au pensum, quelle que soit sa nature (L. Daudet, Homme et poison, 1925, p.9).Ce fut une journée morne, triste. Il faisait très chaud. Un temps sourd, de peu de lumière, aux nuées basses (Bosco, Mas Théot., 1945, p.160):
3. La campagne... morne, dans la nuit morne... L'immense campagne... Quelle désolation uniforme!.. rapide, dans les vastes espaces de silence, le petit char glisse sur la route déserte entre les bras noirs des sapins!... G. Leroux, Roul. tsar, 1912, p.164.
REM.
Mornement, adv.D'une manière morne. Le poème de la matière marche, lourd et lent comme une charrue. Courbet la poussera jusqu'à l'extrémité de son large sillon unique, qui luit mornement comme un sol humide et chauffé (Faure, Hist. art, 1921, p.188).
Prononc. et Orth.: [m? ?n?]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1140 murne agn. «abattu par la tristesse (en parlant d'une personne)» (Geiffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 2536); ca 1160 morne «id.» (Enéas, 8398 ds T.-L.); 2. 1181-90 «empreint d'une sombre tristesse (en parlant du visage, etc.)» (Chrétien de Troyes, Conte du Graal, éd. F. Lecoy, 7785); 3. a) 1549 temps morne (Est.); b) 1572 [éd.] couleur morne (Amyot, ?uvres morales et meslées de Plutarque, t.1, p.74). Prob. issu d'un anc. verbe morner, v. morné.
STAT. ? Morne1, 2 et 3. Fréq. abs. littér.: 2384. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2167, b) 4477; xxes.: a) 5435, b) 2620.


MORNE2, subst. masc.

[Principalement dans une île ou sur un littoral] Colline, montagne. Un gros morne la termine [une île] à chacune de ses extrémités; et un pic, ou plutôt un volcan, à en juger par sa forme, s'élève au milieu (Voy. La Pérouse, t.3, 1797, p.96).Aux Gonaïves, près du Port-au-Prince. On voit une habitation en ruine sur les flancs élevés d'un morne qui domine une rade (Lamart., T. Louverture, 1850, I, 1, p.1263).Le côté de l'est est barré par de hauts mornes ferrugineux qu'enserre et couronne le bleu de la mer (T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p.88).
Prononc. et Orth.: [m? ?n?]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1640 (Bouton, Relation de l'establissement des François depuis l'an 1635 dans l'Isle de la Martinique, p.30). Mot du créole des Antilles qui s'est répandu ensuite aux créoles de la Réunion, d'Haïti et de la Martinique, d'orig. incertaine (cf. FEW t.21, p.15a). Peut-être issu, par altération, de l'esp. morro «monticule, rocher» (1591 ds Cor.-Pasc.) qui représente un type *murrum, du rad. prérom. *murr-, v.moraine et morion1. Cf. Bl.-W.1-5et Chaudenson, Le Lex. du parler créole de la Réunion, t.1, p.619. Fréq. V. morne1. Bbg. Dulong (G.). Le Mot morne en canad. fr. In: Congrès Internat. Des Sc. Onom. Wien, 1969, t.1, pp.255-258.


MORNE3, susbt. fém.

HIST. DES ARM. (Moy. Âge). Anneau utilisé pour garnir la pointe d'une arme courtoise et la rendre ainsi moins meurtrière. On attachait des mornes à l'extrémité des fers des lances dont on faisait usage dans les tournois, pour empêcher ces fers de pénétrer dans les défauts de la cuirasse, et pour les rendre par conséquent, moins dangereux (Havard1890).
Prononc.: [m? ?n?]. Étymol. et Hist. 1. 1478 «virole de fer» (Douët d'Arcq, Comptes de l'Hôtel des rois de France, p.353); 2. 1479 «anneau servant à rendre la lance inoffensive» (Arnaud d'Agnel, Comptes du roi René, t.1, p.395). Dér. régr. de morné «émoussé» (v. ce mot). Fréq. V. morne1.

MORNE1, adj.
Étymol. et Hist. 1. Ca 1140 murne agn. «abattu par la tristesse (en parlant d'une personne)» (Geiffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 2536); ca 1160 morne «id.» (Enéas, 8398 ds T.-L.); 2. 1181-90 «empreint d'une sombre tristesse (en parlant du visage, etc.)» (Chrétien de Troyes, Conte du Graal, éd. F. Lecoy, 7785); 3. a) 1549 temps morne (Est.); b) 1572 [éd.] couleur morne (Amyot, ?uvres morales et meslées de Plutarque, t.1, p.74). Prob. issu d'un anc. verbe morner, v. morné.

Morne au Scrabble


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morne

Informations sur le mot morne - 5 lettres, 2 voyelles, 3 consonnes, 5 lettres uniques.

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Les citations avec le mot Morne


  1. Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes, - Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes - Sur la terre étendu ...

    Auteur : Victor Hugo - Source : Les Rayons et les Ombres (1840)


  2. ... de mornes descriptions d'une sexualité minutieuse, scolaire et appliquée. Elles ne tiennent pourtant pas au sujet, car «l'acte», en 1944, n'était pas réglé autrement, ni ne comportait pas plus de variations que cent ans plus tôt ou dix ans plus tard.

    Auteur : François Mauriac - Source : Bloc-notes


  3. Ah ! le toit de chaume aspire au repos ! Elle aspire au repos, la minime flamme dansante sur l'étang morne ! Il aspire au repos, l'esprit vigilant qui se débat dans la chair des hommes depuis le commencement du monde.

    Auteur : Georges Bernanos - Source : Dialogues d'ombres (1955)


  4. Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte,
    L'Espoir, dont l'éperon attisait ton ardeur,
    Ne veut plus t'enfourcher! Couche-toi sans pudeur,
    Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte.


    Auteur : Charles Baudelaire - Source : Les Fleurs du Mal (1857), LXXX - Le goût du néant


  5. J'aime l'araignée et j'aime l'ortie - Parce qu'on les hait; - Et que rien n'exauce et que tout châtie - Leur morne souhait.

    Auteur : Victor Hugo - Source : Les Contemplations (1856), III, 27


  6. Cependant on vous voit une morne tristesse
    Alors que dans vos yeux doit briller l'allégresse.


    Auteur : Molière - Source : L'étourdi, ou Les contretemps (1655), V, 2, Andrès


  7. Là-bas où dans les joncs croupissent les eaux mornes,
    l'eau vive se jouait au temps de ma jeunesse,
    des sonnailles passaient de la lande au pacage...
    Le soleil garde seul son âge et sa beauté.


    Auteur : Conrad Ferdinand Meyer - Source : Le soleil garde seul


  8. Rien n'égale en longueur les boiteuses journées, - Quand sous les lourds flocons des neigeuses années - L'Ennui, fruit de la morne incuriosité, - Prend les proportions de l'immortalité.

    Auteur : Charles Baudelaire - Source : Les Fleurs du Mal (1857), Spleen


  9. Les femmes des champs ne rient guère d'ailleurs. C'est affaire aux hommes, cela! Elles ont l'âme triste et bornée, ayant une vie morne et sans éclaircie.

    Auteur : Guy de Maupassant - Source : Contes


  10. En votre absence je me noie ou plutôt je me cache parfois dans de mornes soirées à refaire l'inutile, à chercher un regard pour finir la nuit, à ne pas vous trouver, à regretter d'être venu, de ne pas être ailleurs, tout simplement ailleurs.

    Auteur : Bernard Giraudeau - Source : Cher amour (2009)


  11. ... L'homme de caractère confère à l'action la noblesse; sans lui morne tâche d'esclave, grâce à lui jeu divin du héros.

    Auteur : Charles de Gaulle - Source : Le Fil de l'épée (1932)


  12. Aux abords immédiats de la mosquée ... il y a une morne réverbération de soleil sur le pavage blanc et sur les édicules secondaires, portiques ou mirhabs, dont le sanctuaire est entouré.

    Auteur : Louis Marie Julien Viaud, dit Pierre Loti - Source : Jérusalem (1894)


  13. Les orties disputent le terrain aux dalles de ciment. Perdus dans ces microjungles citadines, des lutins de platre aux braies délavees par trop d'averses observent le passant d'un oeil morne.

    Auteur : Richard Canal - Source : La Malédiction de l'éphémère (1986)


  14. O morne infini des années venues s'interposer entre hier et aujourd'hui, ô grisaille de la mer séparant des rivages perpétuellement invisibles, séparant deux coeurs!

    Auteur : Stefan Zweig - Source : Fragment d'une nouvelle


  15. Qu'elle est belle, qu'il est beau!
    Le morne oubli prend dans l'ombre,
    Par degrés, l'épaisseur sombre
    De la pierre du tombeau.


    Auteur : Victor Hugo - Source : Les Chansons des rues et des bois (1865), L'oubli


  16. Sait-on ce qui peut venir à l'esprit d'un homme en promenade, les rêves qui lui font oublier un instant la morne réalité, qui le sollicitent, le taquinent, émeuvent son imagination et lui sont chers, même s'il est persuadé qu'ils ne se réaliseront jamais ?

    Auteur : Nikolaï Gogol - Source : Les Ames mortes (1842)


  17. Willett avait compté trente marches lorsqu'il entendit un bruit lointain. Après cela, il arrêta de compter. C'était un cri impie, un sons très bas, insidieux outrage à la nature, comme il ne devrait pas en exister. Parler de mornes gémissements, de pleurs de jugement dernier, de hurlements désespérés de, chœurs tourmentés, de chairs sans âme lacérées par le fouet, ne permettrait pas de décrire la quintessence de son horreur, ni ses harmoniques écœurants jusqu'à l'âme.

    Auteur : Howard Phillips Lovecraft - Source : L'affaire Charles Dexter Ward


  18. Un morne engourdissement de l'esprit me fait végéter depuis trois ans. Peut-être, m'occupant trop de mon jardin, au contact des plantes ai-je pu prendre leurs habitudes.

    Auteur : André Gide - Source : Journal, novembre 1904


  19. Autant Malaga est gaie, riante, animée, autant Carthagène est morne, renfrognée ...

    Auteur : Théophile Gautier - Source : Voyage en Espagne (1843)


  20. O combien de marins, combien de capitaines - Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, - Dans ce morne horizon se sont évanouis! - Combien ont disparu, dure et triste fortune! - Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune...

    Auteur : Victor Hugo - Source : Les Rayons et les Ombres (1840), Oceano Nox


  21. Avoir vingt ans jusqu'à quatre-vingts ans et plus, quelle morne répétition d'inanités et de fadaises! - Quel narcissisme bégayant et désespérant!

    Auteur : Louis Pauwels - Source : Les dernières chaînes


  22. Le vin qui libère et asservit, je le bois, parfois sans mesure excessive, mais toujours dans la joie, par amour de la vie plutôt que du morne plaisir, avec l'Aimée, avec les amis, sans une once de tristesse.

    Auteur : Christopher Gérard - Source : Le Prince d'Aquitaine


  23. Longtemps, je me considérais comme de passage dans cet En-ville, avec dans l'idée d'entreprendre, sitôt mes poches bien pleines, un Noutéka des mornes… pauvre épopée de mon pauvre Esternome… Je me la ressassais dans ces lits misérables ou j'inspirais de la poussière… […] la misère des cœurs soucieux de s'y grandir […], pauvre épopée, levée complice d'une amertume

    Auteur : Patrick Chamoiseau - Source : Texaco (1992)


  24. L'inaction morne de certains hommes rebelles à tout effort ne diffère pas sensiblement du repos de la tombe. Ces morts vivants n'ont de la vie que l'apparence.

    Auteur : Gustave Le Bon - Source : Hier et Demain


  25. Le premier jour d'usine est terrifiant pour tout le monde, beaucoup m'en parleront ensuite, souvent avec angoisse. Quel esprit, quel corps peut accepter sans un mouvement de révolte de s'asservir à ce rythme anéantissant, contre nature, de la chaîne ? L'insulte et l'usure de la chaîne, tous l'éprouvent avec violence, l'ouvrier et le paysan, l'intellectuel et le manuel, l'immigré et le Français. Et il n'est pas rare de voir un nouvel embauché prendre son compte le soir même du premier jour, affolé par le bruit, les éclairs, le monstrueux étirement du temps, la dureté du travail indéfiniment répété, l'autoritarisme des chefs et la sécheresse des ordres, la morne atmosphère de prison qui glace l'atelier.

    Auteur : Robert Linhart - Source : L'Etabli (1978)


Les citations du Littré sur Morne


  1. Absorbé par cette funeste contemplation [Moscou brûlant], il [Napoléon] ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : Ceci nous présage de grands malheurs

    Auteur : SÉGUR - Source : Hist. Nap. VIII, 7


  2. L'air morne, l'oeil éteint, pourtant dans leur tristesse Se laissait entrevoir un rayon d'allégresse

    Auteur : DELILLE - Source : Paradis perdu, I


  3. Ses superbes coursiers.... L'oeil morne maintenant et la tête baissée, Semblaient se conformer à sa triste pensée

    Auteur : Jean Racine - Source : Phèd. V, 6


  4. Mont-gommery rompit en la visiere si rudement que la morne descrocha de la hautepiece

    Auteur : D'AUB. - Source : Hist. I, 85


  5. On cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met-on au dessus les guayes et claires

    Auteur : AMYOT - Source : De la tranq. d'âme, 31


  6. Les lances avec lesquelles l'on joustoit en ces tournois, avoient des rochets ou mornes rondes, plus larges que la paulme de la main, semblables à celles que les bateliers ont au bout de leurs longues piques, lorsqu'ils joustent sur la riviere de Seine

    Auteur : LA COLOMBIÈRE - Source : Théât. d'honneur, t. I, p. 233, dans LACURNE


  7. Il le revoit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence ; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu.... absorbé par cette funeste contemplation, il ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : ceci nous présage de grands malheurs

    Auteur : SÉGUR - Source : Hist. de Nap. VIII, 7


  8. Et au pauvre [la dame] se fait et chiche et morne

    Auteur : QUESNES - Source : Romancero, p. 86


  9. Son oeil morne et transi

    Auteur : D'AUB. - Source : Tragiques. la Chambre dorée (édit. LALANNE, p. 142).


  10. Ses superbes coursiers.. L'oeil morne maintenant et la tête baissée, Semblaient se conformer à sa triste pensée

    Auteur : Jean Racine - Source : Phèdre, V, 6


  11. Requinqua proprement vaut autant à dire comme se reverdir et esgayer, et se dict coustumierement ce verbe à gens qui sont naturellement songeards, mornes et taciturnes, et qui sont aussi peu eveillés qu'une teste de boeuf endormie près d'un buisson ; mais le plus souvent il se dit à vieilles gens, juxta vulgarem cantilenam tolosanam : Requinque te, vieillo, requinque te donc

    Auteur : ODDE DE TRIORS - Source : Joy. rech. de la langue tolosane, p. 23


  12. Il en est [des diables] de lourdauds, de hargneux et de mornes ; Il en est d'enjoués, il en est de grondants, De danseurs sur la corde et d'arracheurs de dents ; Il en est de village, il en est de grand monde ; Il en est à la mode, il en est à la Fronde

    Auteur : TH. CORN. - Source : Feint astrologue, V, 6


  13. Et ele lieve les despuelles [dépouilles, récoltes] el tens de sa grossesse ; et se li enfes est mornés, voirs est que li heritages du mort esquiet [échoit] à ses plus prochins parens

    Auteur : BEAUMANOIR - Source : XX, 7


  14. Il s'éloigne et reprend sa morne rêverie ; Mais la chanson du pâtre assis dans la prairie Apprivoisa du moins sa farouche douleur

    Auteur : LAHARPE - Source : Épît. à M. le comte de Schowaloff.


  15. Ô vastes cieux ! ô profondeurs sacrées ! Morne sérénité des voûtes azurées !

    Auteur : Victor Hugo - Source : les Burgraves, II, 3


  16. Son oeil morne et transi en voyant ne void pas

    Auteur : D'AUB. - Source : Tragiques, éd. LALANNE, p. 142


  17. Morne clarté

    Auteur : M. J. CHÉN. - Source : Charles IX, V, 2


  18. [Des coursiers] L'oeil morne maintenant, et la tête baissée

    Auteur : Jean Racine - Source : Phèdre, V, 6


  19. Un visage morne et contristé

    Auteur : MONT. - Source : I, 270


  20. Et ce qu'il parloit peu, et qu'il s'en alloit triste, morne et pensif, monstroit plustost un courage envenimé au dedans, que non pas humilié par son bannissement

    Auteur : AMYOT - Source : Marius, 76


  21. Le pertuis de la Morne comprenait, à l'exception des autres passages, un travail de main d'homme : c'était un des ouvrages accessoires de la machine de Marly, construite pour amener l'eau à Versailles ; on y avait construit un passe-lit, entre bajoyers de charpente, de 10 mètres de largeur : on ne pouvait le franchir qu'en mettant cinquante chevaux après un seul bateau, lorsque la hauteur d'eau s'élevait à 2 mètres ou 2m, 50, c'est-à-dire pendant les meilleures eaux

    Auteur : E. GRANGEZ - Source : ib. p. 628


  22. Le morne et triste silence de l'Ingénu, ses yeux sombres, ses lèvres tremblantes, les frémissements de son corps....

    Auteur : Voltaire - Source : l'Ingénu, 20


  23. Monseigneur, je n'ai pas été sociable depuis que vous êtes parti d'ici ; personne n'a su me faire parler, et je ne romps encore ce morne silence que pour vous dire que je suis le plus triste de tous les ermites

    Auteur : BALZ. - Source : Lett. II, liv. VI


  24. De cette ouverture, on aperçoit, sur la gauche, la montagne appelée le morne de la découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'île

    Auteur : BERN. DE ST-P. - Source : Paul et Virg.


  25. Sa langue, dont le ciel tolère l'insolence, N'a pas langui dix ans dans un morne silence

    Auteur : C. DELAV. - Source : Paria, II, 2




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Mise à jour le lundi 9 février 2026 à 18h13










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